Claque n°1 : quand tu réalises que tu as pris le mauvais chemin

J’adore écrire. Je peux passer des heures à taper mes pensées ou mon imaginaire sur un clavier, ou avec mon stylo. Dans le disque dur de mon ordinateur, se cachent des dizaines d’histoires, tantôt des récits fantaisistes, tantôt des narrations dystopiques ou de science-fiction, ou encore des histoires vraies. J’écris des tas d’articles issus de recherches sur des sujets qui m’intéressent. J’aime chercher, écrire, raconter. Je ne m’en étais jamais vraiment rendue compte, jusqu’à ce que je retrouve dans le grenier de la maison de mes parents, des « nouvelles » , 5 pages A4 agrafées maladroitement, et dotées d’une page de couverture particulièrement colorée, titrant « Séverine au pays des furbys » ou « Le Bac d’Olivia ». Des récits innocents et maladroits d’une petite fille de 8 ans, mais qui traduisent une passion pour l’écriture dès l’enfance. Aujourd’hui je tiens un blog, où j’écris encore une fois, et même si parfois (souvent) je m’arrache les cheveux devant ma page blanche, une fois que je suis lancée je ne m’arrête plus.

J’aime apprendre. L’école me manque pour ça. Nourrir son cerveau de nouvelles données, de nouvelles informations. J’aime apprendre sur des sujets complètement différents l’un de l’autre : qu’il s’agisse de sciences, de technologie, de culture ou de sujets de société, j’ai une curiosité qui ne connait pas de limites. Si je n’apprends plus, je déprime, je m’ennuie. J’ai besoin d’être entourée de personnes qui m’inspirent et me stimulent. Je n’ai pas nécessairement besoin d’être entourée de Barack Obama ou des 100 personnes les plus influentes selon le TIME Magazine, mais simplement de personnes passionnées, qui ont des choses à dire, des idées, des avis. Je crois que l’apprentissage est un fait dont on ne se satisfait jamais ; on apprend dès son enfance, et jusqu’à ces derniers instants. De mon avis, personne ne peut se permettre de dire qu’il n’a plus rien à apprendre.

J’aime rencontrer des gens. Je n’ai jamais été aussi heureuse que lorsque je suis partie seule, en voyage au Mexique (le premier épisode de mon voyage, ici). Au cours de mon périple, j’ai rencontré des centaines de personnes, venant des quatre coins de la planète. J’ai rencontré beaucoup de locaux aussi, qui m’ont raconté leur vie, qui leur parait très sommaire, mais qui pour moi était fascinante, tant elle est différente de la nôtre ici en France. J’aime discuter et connaitre la vie de personnes du monde entier, quels sont leurs codes, leur façon de vivre, leurs pensées. Je n’arrive pas à me satisfaire d’être simplement entourée de mes proches (que j’aime de tout mon cœur, bien sûr). J’ai besoin de parler à des gens qui ne sont pas de mon milieu, qui vivent dans d’autres sphères, d’autres horizons. J’aime discuter et échanger de vive voix avec les personnes.

J’ai des valeurs fortes. Elles se sont confirmées en évoluant et en grandissant. Je suis particulièrement attachée au respect de l’environnement et aux lois de la Nature, à l’écologie et au bien-être animal. Je pense que nous, êtres humains, nous nous sommes perdus dans l’attrait d’une vie où le confort, le matériel et l’argent sont devenus une priorité au-dessus des choses simples et naturelles. Nous en avons même perdu nos valeurs humaines. Au risque de paraitre un peu « bisounours », je porte beaucoup d’importance aux relations humaines saines et honnêtes, à la bienveillance. Sans forcément être dans une gentillesse à outrance, j’apprécie d’être entourée de personnes qui mesurent la portée de leurs paroles et qui font en sorte de ne pas heurter la sensibilité d’autrui.  L’échange et la transmission sont des valeurs qui me touchent, aussi. Pas seulement une transmission de compétences professionnelles, mais aussi et surtout de compétences humaines, dans sa forme la plus littérale du terme ; en effet, les synonymes d’humain sont « bienveillant, bon ».

J’ai mis du temps avant de réaliser tout ça, tout ce qui faisait ma personnalité, qui je suis, finalement. Mais ce temps qui a été nécessaire pour me comprendre enfin, 28 ans précisément, est passé et j’ai dû prendre des chemins sans vraiment avoir eu le choix. Le temps passe, et nous n’avons pas le temps de réfléchir sur ce que l’on souhaite vraiment. Alors on avance, tête baissée, dans les études, dans les expériences professionnelles. Et on se construit une « fausse identité », avec obstination, une persistance si forte qu’elle prend le pas sur notre vraie identité, nous vivons dans le déni.

Aujourd’hui, j’occupe un poste qui représentait le « job de mes rêves » durant mes études : chef de produit dans le secteur alimentaire. La totalité de mes études supérieures à été dirigée pour y arriver. En y réfléchissant bien, je crois que c’est le côté « créatif » du poste qui me parlait. Je suis en CDI, aussi, le « Graal » pour une bonne partie de la population (même si ce statut est de plus en plus remis en question). Je croyais dur comme fer que c’est ce poste qui me rendrait heureuse et que je pourrais occuper jusqu’au bout de ma carrière. Je voulais même « monter les échelons », devenir « chef de gamme » , « responsable marketing », et toutes ces autres positions si valorisantes aux yeux de la société.

Mais y a-t-il un quelconque lien entre ce que je suis vraiment, entre les éléments que j’ai énuméré précédemment et mon poste actuel ? Aucun. Dans ce poste et au sein de cette entreprise, (une situation qui n’est bien entendu pas une situation isolée et qui se retrouve dans beaucoup d’autres structures, je dédierai un article dessus), la créativité est surtout limitée à des contraintes industrielles, des contraintes d’image ou pire, des contraintes d’ego et de jeux de pouvoir entre les dirigeants. Ce type de poste appelle a être innovant et force de proposition, tout en ayant des normes et des règles à respecter dans des chaînes de production qui n’en finissent pas.

L’essentiel des échanges se fait par email ou téléphone, une relation très lointaine et déshumanisée. Les seuls contacts se font avec les collègues, certains avec qui de liens forts se créent, et d’autres avec qui les affinités ne sont pas très engagées. Dans tout ce modèle d’entreprise basé sur le profit et le business, on en oublie les vrais échanges humains ; des échanges simples, désintéressés, honnêtes et bienveillants. Les remarques et les réflexions fusent, soit pour mettre en lumière la faute d’un collaborateur, soit pour rassurer son ego et montrer son autorité. Mais à aucun moment la question de savoir si la personne a été heurtée n’est posée.

Certes, on nous dira toujours que, dans le milieu professionnel, il ne faut pas prendre les choses pour soi, il ne faut pas trop montrer ses émotions. Mais l’être humain est justement la définition même de l’émotion. Autrement, nous nous appellerions des humanoïdes, ou des robots. Comment peut-on mettre ses émotions et sa sensibilité de côté pendant 8h (voire plus) par jour, 5 jours par semaine ? Moi, en tout cas, je ne peux pas, je ne sais pas faire.

Je me sens parfois comme un OVNI au milieu de mes collègues. Cataloguée comme la seule végétarienne-écolo de l’entreprise, je dois parfois me retenir et ne pas m’exprimer sur les opinions de mes collègues qui sont totalement contraire au miennes. Je suis aussi souvent en pleine dissonance cognitive, submergée par du plastique et autres produits nocifs à l’environnement ; obligée d’imprimer du papier sans cesse pour des factures, des documents… Je dois cacher ma personnalité sensible et engagée, et faire bonne figure.

Alors voilà, je me retrouve dans cette situation où plus de la moitié de mon temps de vie et la totalité de mon énergie sont dédiés à un système qui ne me convient pas, et qui ne m’a jamais convenu, finalement. C’est assez dur de le réaliser ; car on se dit qu’on a perdu énormément de temps, 28 ans à se construire une identité en pensant qu’elle nous conviendrait, alors que non.

Mais, je suis cette catégorie de personnes qui pense que rien n’arrive par hasard. Que des évènements, des rencontres et des situations particulières sont placées stratégiquement à un moment précis, dans le but de nous faire prendre conscience de certaines choses, ou de nous aider à changer. Peut-être qu’il fallait que je passe par cette période pour encore plus embrasser ma vraie identité avec passion. A 28 ans, je me pose aujourd’hui cette question : quelles sont mes ressources, qu’est ce que je veux vraiment faire ? Et je crois que ce n’est pas trop tard. Cette prise de conscience peut aussi bien avoir lieu à 18 ans, à 25 ans, à 30 ans, à 50 ans. Quel que soit l’âge, c’est le temps qui vous a été nécessaire pour vous réveiller, et ça n’aura jamais été une perte de temps ; chacun son rythme.

Pour ma part, je crois que cette prise de conscience s’est formée par plusieurs situations, et rencontres qui se sont alignées au bon moment.

Une situation tout d’abord ; un poste qui ne correspond plus à mes valeurs, alors qu’il représentait encore il y a quelques années mon projet professionnel ultime. Mais surtout des rencontres, tellement de belles rencontres… En quelques mois, j’ai rencontré des femmes inspirantes et passionnantes avec qui je construis aujourd’hui une association qui tente de distribuer des produits alimentaires sains et peu cher pour des populations en difficulté. J’ai aussi rencontré une belle âme, une personne qui m’aide aujourd’hui à trouver mes ressources, et à briser toute cette fausse identité que je me suis construite au fil de mes études (que je remercie du fond du cœur). J’ai aussi rencontré pleins d’autres personnes, avec qui je n’ai pas forcément gardé contact, mais dont la simple petite discussion au détour d’un verre a été déterminante et m’a apporté encore plus de forces pour entamer ce changement. Toutes ces personnes, sans le savoir, m’accompagnent dans cette évolution qui est en cours, cette remise à plat totale.

Aujourd’hui, c’est le flou dans la suite de mon aventure en tant qu’être humain sur cette planète. Devrais-je continuer et rester dans ce confort d’être en CDI, d’être dans une position plutôt bien placée dans la société ? Ou plutôt me mettre en danger, et prendre des risques pour faire enfin émerger ma vraie personne, celle qui adorait écrire des histoires farfelues dans sa chambre d’enfant, intrépide, gentille, mais qui s’est cachée pour mon bien, pour me laisser m’intégrer dans un société où elle n’avait pas sa place ? Aujourd’hui, j’ai envie de faire de l’écriture mon métier, j’ai envie de dédier toute mon énergie à mon association, j’ai envie de voyager et rencontrer des nouvelles cultures, et j’ai encore tellement d’idées… Qui vont peut-être se rassembler pour créer ma nouvelle vie.

Si vous avez pris le temps de lire ce long billet d’humeur, merci beaucoup. N’hésitez pas à me donner des conseils ou laisser un commentaire, j’adore discuter et parler avec vous 🙂

Lecture du mois : « petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués »

Pour ce premier article de la série des lectures du mois, j’ai choisi de parler d’un livre qui traite d’un sujet assez personnel. Il n’est pas très récent, mais je suis tombée dessus il y a quelques semaines, alors que je cherchais un bouquin sur le développement personnel, étant en pleine « crise de confiance ». Ecrit par Béatrice Millêtre, docteur en psychologie, il s’intitule « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués ». Ce livre parle donc de confiance en soi, d’assurance et de remise en question dans une société assez unilatérale et dirigée autour d’un mode de fonctionnement commun, qui ne s’applique pourtant pas à tous. Dès les premiers paragraphes, j’ai tout de suite été frappée par la description que faisait l’auteur sur ce type de personne en manque de confiance, qui me correspondait en tous points ; l’impression d’être à part, d’être dispersé dans son travail, le fait d’avoir des idées et des projets pleins la tête mais de ne rien pouvoir achever concrètement… Ce livre m’a rassuré ; je n’étais pas seule à ressentir tous ces gênes, mieux, ils traduisent une facette plutôt plaisante de ma personnalité. Je vous fais un petit résumé !

Avez-vous l’impression de venir de la planète Mars ?

Que signifie « ne pas se sentir très doué » ? Selon l’auteur, il s’agit de ces personnes qui ont du mal à s’intégrer dans leur travail, ou dans la société plus généralement, et qui ont l’impression d’avoir une conception globale un peu à part.

Dans son travail, cela peut se traduire par un manque de concentration et d’implication, dès lors qu’un sujet ne vous intéresse pas trop, ou que vous avez déjà tout compris. On est très vite distrait par ses pensées, ses idées et ses rêves. Ce problème, vous le connaissez depuis l’enfance. Vos professeurs ne vous qualifiaient-ils pas d’élève « dans la lune », sur vos bulletins scolaires ? Pour ma part, j’ai entendu ce reproche tout au long de ma scolarité. Et jusqu’à maintenant ! Il faut parfois me secouer ou claquer des doigts pour me sortir de mon rêve éveillé.

On a l’impression d’être long à la détente, également. Vous est-il déjà arrivé de recevoir une instruction de la part de votre supérieur, un email, mais de ne pas avoir bien compris la demande, qui parait pourtant simple ? A ce moment-là, on se sent un peu « bête », on a l’impression de ne pas bien comprendre les choses, comme tous les autres. L’histoire de ma vie…

Vous avez également un mal fou à faire des « plans détaillés » d’un projet. Pour vous, dans votre tête, vous savez où vous souhaitez aller, et comment y aller, mais il est très dur de l’expliquer aux autres. Prendre des notes, faire des comptes rendus, des tableaux… Tout cela vous parait futile. Le problème, c’est que c’est souvent ce que votre chef attend de vous, et vous allez donc soit oublier de le faire, et donc être mal vu, soit vous allez le faire en prenant un temps fou. Bref, en vous comparant à vos autres collègues qui ne semblent pas être en difficulté, vous vous sentez vraiment très mal. Vous avez également dû mal à comprendre un sujet si vous ne détenez pas les tenants et les aboutissants du sujet en question. Si on vous demande d’exécuter une tâche sans vous expliquer clairement le contexte, l’objectif et la finalité du projet, vous allez avoir beaucoup de mal à vous impliquer et à mener à bien la mission. Ou alors, vous allez chercher par vous-même, et perdre des heures à chercher le fond de chaque dossier… Jusqu’à en oublier la tâche qui vous avait été demandée initialement.

Dans la société, cette personnalité se traduit par un côté un peu « marginal ». Sans forcément être complètement différent des autres, vous vous sentez parfois un peu en décalage, et seul, même en étant entourés de tous vos amis. Sur le moment, tout va bien, vous discutez avec vos proches, vous rigolez, et puis, progressivement, vous allez vous déconnecter du groupe, vous mettre en mode « off ». Vous repartez dans vos rêves, vos pensées. Surtout si le sujet de conversation ne vous intéresse pas. Là aussi, c’est un problème car, vous voulez toujours discuter de sujets profonds, de questionnements, de philosophie, quand vos amis préfèrent parler de la dernière série à succès, du repas de la veille, des histoires du bureau, ou pire, de la pluie et du beau temps… Ce qui n’est pas un reproche bien entendu !

Mais en même temps, cette solitude, ces moments de pure introspection et de rêverie, vous en avez besoin. Vous pouvez passer un bon quart d’heure, voire plus, à réfléchir, les yeux dans le vague, à replonger dans des histoires, réelles ou non. Vous avez besoin de vous retrouver, de vous éloigner un moment de l’effervescence des pensées et opinions des autres qui vous perturbent. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie aussi bien que lorsque j’ai voyagé seule. J’étais libre de rêver, de m’arrêter, de prendre du temps, de me retrouver avec moi-même. J’en avais besoin. En revanche, j’appréciais la compagnie de nouvelles personnes, j’étais curieuse de connaître la vie de toutes ces personnes qui venaient des quatre coins de la planète. Mais j’avais cette possibilité de choisir les moments où je voulais être seule, et les moments où je voulais être entourée. Le paradis !

Et dans la vie, vous avez souvent ce sentiment de perdre votre temps. De rater quelque chose, de ne pas faire des choses vraiment intéressantes. Vous avez besoin d’être constamment stimulé, et c’est pour cette raison que vous avez des projets pleins la tête, vous avez un esprit entrepreneurial. Et pourtant, combien de projets allez-vous vraiment mener à bien ? Vous déprimez car vous avez l’impression de ne jamais finir ce que vous avez commencé. Un blog, l’écriture d’un livre, un cours particulier… Vous commencez pleins de choses, mais vous les finissez rarement. Sur mon ordinateur, j’ai une dizaine de documents Word ; des histoires que j’ai commencé à écrire, mais que je n’ai jamais terminé. Une histoire d’amour, une histoire de science-fiction, une bande-dessinée…

En clair, toutes ces contradictions et ces traits de votre personnalité vous donnent l’impression de ne pas être très doués, de ne pas être très intelligents – bien que vous en ayez l’impression, parfois. Vous avez même parfois cette impression d’être quelqu’un de brillant, mais vous êtes vite rattrapés par les autres, vos collègues, vos amis, qui s’intègrent tellement mieux que vous, qui se sentent tellement plus à l’aise dans le fonctionnement de cette société, que vous en venez à vous dire que c’est vous, le problème. Et pourtant !

Vous n’êtes pas bêtes, vous êtes des créatifs !

Selon l’auteur, toutes ces caractéristiques ne font pas de vous quelqu’un d’anormal, bien au contraire. Vous avez une intuition très développée, vous comprenez très vite des informations importantes, vous avez une vue globale des choses, que vous percevez rapidement, quand les autres auront plutôt une vision analytique, étape par étape. Vous n’êtes absolument pas long à la détente ! Vous avez simplement besoin d’un peu plus de temps, pour comprendre le projet dans son intégralité. Mais dans le monde du travail, tout est tellement hiérarchisé et séquencé, et vous n’avez pas vraiment le temps de faire fonctionner votre cerveau avec efficacité. Vous apprenez vite, si vite que, parfois, vous vous dites qu’il y a un piège, quelque chose que vous avez oublié, et vous allez bloquer sur le sujet, tourner en rond alors que, si vous vous écoutiez, l’affaire serait déjà pliée !

Vous avez beaucoup d’imagination, aussi. Enfant, vous adoriez inventer des histoires, écrire. Dans votre chambre, vous parliez tout seul, en vous inventant des vies ou des aventures. C’est pour cette raison que vous êtes innovant, vous avez pleins de projets, farfelus parfois, à l’avant-garde, souvent. En faisant du tri dans le grenier, j’ai retrouvé des tas de petites histoires que j’écrivais, où j’étais l’héroïne dans un monde totalement imaginaire. J’inventais des choses également ; comme le tout dernier téléphone capable d’appeler un contact au simple son de la voix (ce qui n’existait pas à l’époque) …

En fait, tout ce qui est plus grand que vous, tout ce qui demande de prendre de la hauteur, du recul, sans forcément s’attarder sur des détails, ça, vous savez faire. Organiser un voyage ? Un jeu d’enfant ! Imaginer le prochain smartphone du futur, avoir des idées pour lancer une gigantesque campagne de communication, pas de problème ! A l’inverse, faire le compte-rendu d’une réunion, rédiger un PowerPoint, passer un coup de fil pour expliquer un projet à votre interlocuteur… Pour certains, c’est bien plus simple, pour vous, c’est une torture.

Vous êtes donc curieux, créatifs, innovants, intuitifs, vous apprenez vite, et pourtant, vous n’y arrivez toujours pas. D’où vient ce mal être ?

Raisonnement intuitif vs séquentiel

Selon l’auteur, si vous avez ce ressenti, c’est simplement parce que la société est basée sur des modèles et des règles qui s’appliquent à la majeure partie de la population, mais pas à tous. La majorité de la population a un raisonnement que l’on appelle « séquentiel ». Il s’agit d’un raisonnement dans lequel chaque action sera découpée, indépendante, et par conséquent, ces personnes seront attachées aux détails, aux procédures, aux process. Leur mode de fonctionnement est méthodique. Ils ont de grandes facilités à suivre les instructions à la lettre, sans s’éparpiller. Minutieux, ils font attention à tous les petits détails, et sont généralement très ordonnés. Ça ne vous ressemble absolument pas, n’est-ce pas ? Comme je vous comprends… Dans la société, la majeure partie de la population fonctionne avec ce raisonnement séquentiel. Et tout est donc construit pour ce mode de fonctionnement : les procédures, la hiérarchie, les règles au travail ; à l’école, l’apprentissage, où un professeur nous donne les instructions que l’on doit suivre à la lettre. Être ordonné est bien vu, mais être « bordélique » même en ayant un bordel bien organisé, est vu négativement. De manière générale, une personne qui sait répondre aux ordres, de manière automatique et analytique, est bien plus appréciée qu’une personne qui remet tout en question, qui propose plein d’idées sans vraiment savoir d’où elles viennent, ou qui rêve souvent. Par conséquent, vous, qui avez plutôt un raisonnement « global et intuitif », allez avoir dû mal à vous intégrer. Ce n’est donc pas vous le problème, c’est la société qui n’accepte pas les différences !

Comment reprendre confiance en soi?

Dans son livre, l’auteur donne quelques conseils pour arriver à trouver sa place dans une société qui n’a pas de siège adapté à nous. Notre cerveau fonctionne différemment, c’est un fait, alors faites en sorte de le laisser s’exprimer ! Nous avons la capacité de comprendre un projet de manière globale, sans pour autant s’attarder sur chaque détail. Mais pour cela, il faut laisser le temps à son cerveau de rassembler toutes les informations. Et vous savez comment faire ? Eh bien, en ne faisant rien ! Nous avons cette faculté de travailler « inconsciemment », notre cerveau est constamment en ébullition. Donc, quand vous recevez une information, un dossier, lisez-le, puis allez vous promener, lisez un livre, faites autre chose. Cela peut paraître déroutant, mais l’auteur explique que c’est en vous éloignant du sujet que votre cerveau peut faire son travail. Pour ma part, j’ai souvent l’impression que j’ai mieux compris un sujet, ou que je retiens mieux une information en y revenant le lendemain. Sur le moment, je n’avais pas compris.

Ensuite, il faut organiser ses pensées, prioriser. Certes, vous avez besoin de partir dans pleins de directions différentes, de réfléchir à tout et rien à la fois. Cependant, pendant quelques heures, il faut essayer de se concentrer sur un sujet, et un seul. C’est très difficile au début, mais c’est un exercice qui vous permettra de mieux cadrer vos réflexions et d’être plus efficace, de finir vos projets. Mais gardez en revanche des moments pour rêver, partir dans des délires et des projets comme vous savez si bien le faire, votre cerveau se nourrit de ça.

Il faut aussi savoir « s’arrêter ». Lorsque vous avez achevé une tâche, lorsque vous avez le sentiment d’avoir atteint votre objectif, il faut passer à autre chose. Vous auriez bien entendu la possibilité d’aller encore plus loin, de remettre en question certains points, et de tout revoir, mais vous perdriez du temps et l’objectif que vous vous étiez fixés au départ.

En clair, apprenez à maîtriser votre cerveau, le canaliser, tout en le laissant s’exprimer au bon moment !

Lorsque j’ai lu le titre de ce livre, je l’ai trouvé un peu prétentieux, au départ, car je ne me trouve pas particulièrement intelligente. Et c’est en fait tout l’objet de ce livre ; il faut arriver à reprendre confiance en soi, assumer ses capacités, dans un monde qui ne nous ressemble pas. C’est très difficile, je le conçois, et il va falloir un long chemin avant d’arriver, enfin, à se sentir bien dans un monde qui n’est pas fait pour nous. Je remets toujours tout en question ; dans mon travail, j’ai un mal fou à me concentrer car je pense à mon blog, à mes projets, à mon livre… Je m’éparpille, je m’égare, et je m’auto-flagelle constamment, me sentant incapable face à des collègues qui semblent tout savoir et tout réussir.

Si je peux également donner un autre conseil, c’est de ne jamais se comparer aux autres. Comme nous venons de le voir, nous sommes différents jusqu’au fonctionnement même de notre cerveau. Si une personne arrive à faire quelque chose que vous ne réussissez pas, ce n’est pas grave ! Vous, vous arrivez certainement à faire quelque chose qu’elle ne peut pas faire. Votre collègue sait faire des comptes-rendus, de super PowerPoint ? Elle est force de proposition, réussit chaque tâche avec brio ? Tant mieux. Mais vous, vous avez des idées pour changer le monde, pour changer la société, vous seriez capable d’être entrepreneur, de monter votre entreprise. Peut-elle en dire autant ?

Votre amie est très appréciée, elle est très populaire. Très sociable, elle parle facilement avec les autres, a de l’assurance et sait ce qu’elle veut dans la vie. Tant mieux. Mais vous, vous avez ce côté mystérieux, vous rêvez, vous aimez bousculez les règles, les choses établies, vous réfléchissez beaucoup. Vous pouvez donc parler pendant des heures de sujets passionnants. Et ça, c’est une belle qualité !