GIEC : un nouveau rapport alarmant sur l’état de notre système alimentaire

Ce jeudi, le GIEC a rendu public un rapport spécial, basé sur l’étude approfondie de l’état de nos terres agricoles, ainsi que l’impact de nos activités humaines sur la qualité des sols. Ce texte, approuvé hier par 195 pays au terme d’un long débat et d’une session de discussion de plus de 24 heures, est un nouveau cri d’alerte du groupe d’experts, après leur premier rapport en Octobre 2018.

De quoi parle ce rapport ?

Ce rapport de plus de 1 000 pages se consacre au « changement climatique, à la désertification, à la dégradation des sols, à la gestion durable des terres, à la sécurité alimentaire et aux flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». Autant vous dire que ce rapport n’est donc pas à prendre à la légère! C’est d’ailleurs le rapport le plus complet jamais réalisé à ce sujet.

En clair, cette étude a été initiée dans l’objectif de comprendre les limites de notre système alimentaire mondial ainsi que de sonner l’alarme sur la sur-exploitation des sols, qui participe à grande échelle au réchauffement climatique global. Élevage intensif, agriculture de masse, pesticides, labourage excessif… Nous pouvons presque parler d’acte de « maltraitance » envers nos sols, qui tentent tant bien que mal de nourrir une population qui ne cesse de grandir; en 2100, nous serons plus de 11 milliards à se partager les ressources alimentaires sur la planète.

Ce rapport met également en lumière les failles importantes de notre modèle agricole global, fortement remis en question par des déséquilibres importants. En effet, 820 millions de personnes souffrent de famine dans le monde, alors que, en parallèle, 2 millions d’adultes sont en situation d’obésité morbide, et que 30% de la nourriture mondiale est gaspillée.

Finalement, la vraie problématique que pose les experts du GIEC, et qui doit devenir une priorité pour répondre aux enjeux de notre civilisation, est d’arriver à résoudre cette équation : comment parvenir à nourrir une population grandissante et extrêmement gourmande en ressources, tout en maintenant le réchauffement climatique à 1,5°C, limite au delà duquel les conséquences seront désastreuses pour la survie des espèces, y compris l’espèce humaine. Pour le GIEC, c’est notre gestion des sols mais également notre régime alimentaire qu’il faut revoir.

Comment l’exploitation des sols participe au réchauffement climatique ?

Les observateurs du GIEC ont identifié plusieurs raisons aux effets négatifs de notre exploitation des sols, parmi lesquelles :

L’agriculture. Notre modèle agricole est responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre. Ces gaz sont relâchés par les engrais minéraux et organiques, mais aussi par la digestion des animaux d’élevage (la fameuse histoire des pets de vaches qui relâchent du méthane), ainsi que le moteur des machines agricoles.

L’exploitation forestière. Les forêts, qui ont l’avantage de pouvoir absorber le trop-plein de CO2 dans l’atmosphère, sont massivement détruites pour exploiter leurs ressources, ou étendre les terres d’élevage. Selon la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en 2016, 37% de la surface terrestre était occupée pour l’agriculture, et seulement 30% était couverte de forêts (le restant étant occupé par des zones naturelles). Ce ratio est très certainement encore plus inégal aujourd’hui…

Les produits chimiques et l’homogénéité des sols. Les produits chimiques (pesticides, produits phytosanitaires, graines hybrides) sont extrêmement défavorables à la bonne santé des sols, car ils fragilisent leur immunité face aux virus et aux espèces nocives pour l’agriculture. Les surfaces agricoles deviennent donc dépendantes, tout en souffrant d’asphyxie par ces produits chimiques qui empoisonnent les racines et les graines, qui deviennent un danger pour la Terre et pour les êtres humains qui consomment cette nourriture. Par ailleurs, selon les experts du GIEC, la monoculture, (le fait de ne faire pousser qu’une certaine catégorie de produits sur une large partie d’un champ d’élevage) pénalise fortement la bonne pérennité des sols. Il faut impérativement créer un espace varié en ressources naturelles, afin de créer une biodiversité et une interconnexion entre les différents éléments naturels.

Pour réduire tous ces dysfonctionnements et créer un modèle agricole plus durable, des pas de géants sont nécessaires, aussi bien de la part des pouvoirs politiques que de la population globale.

Bioénergies, remèdes de grand-mère et régime alimentaire

Dans son rapport, les experts du GIEC proposent des solutions pour amorcer le virage incontournable de la transition vers un modèle agricole durable et soutenable. Inévitablement, ces solutions appellent à retour en arrière, ou du moins « un retour au bon sens », selon Eric Schmidt, directeur de l’institut de l’agriculture durable.

Premièrement, un des premiers leviers est le recours à des énergies plus vertes, rempart aux énergies fossiles. Il est nécessaire de transformer progressivement les ressources énergétiques, et de faire appel, par exemple aux bio-énergies (également appelés énergies renouvelables) : énergie solaire, énergie au bois… Mais également en faisant fonctionner les machines avec de l’agrocarburant : déchets organiques, bois, etc…

Dans un second temps, il est urgent de revoir nos pratiques agricoles, qui ne sont plus soutenables. Le rapport appelle donc à un retour à une agriculture plus « traditionnelle », suivant un fonctionnement plus doux et respectueux de l’environnement : rotation des cultures pour une meilleure variété des sols, mise en jachère… Ces pratiques peuvent faire penser au mouvement d’agroécologie, de plus en plus plébiscité par les agriculteurs à la recherche de solutions plus durables pour la préservation de leurs sols.

Enfin, et non des moindres car c’est la solution sur laquelle la population peut directement agir, et qui nous concerne, donc! Sans surprise, c’est l’alimentation carnée qui est pointée du doigt. Il est fortement recommandé de réduire sa consommation de produits d’origine animale, afin d’éviter, notamment, une exploitation trop élevée des surfaces terrestres pour l’élevage, et un relâchement trop important de CO2. Les animaux les plus dommageables sont notamment le bœuf, l’agneau et la chèvre.

Les produits laitiers font également partie des produits qui ont un impact négatif sur notre environnement. Aujourd’hui, un français consomme près de 260 kg de produits laitiers par an; les experts du GIEC recommandent de n’en consommer que 33 kg par an.

En conclusion…

Ce nouveau rapport souligne l’importance de revoir notre modèle entier, qu’il soit alimentaire, économique ou social. Le GIEC parle bien d’un risque de « crise » alimentaire, car nos sols deviennent de moins en moins fertiles, et ne sont plus capables d’absorber le CO2, alors que la population ne cesse d’augmenter et que contenir le CO2 dans l’atmosphère devient une priorité majeure. Espérons que l’accord des 195 pays sur ce rapport n’est pas qu’un simple accord de principe et que des décisions seront vraiment prises, à grande échelle.

Sources :

https://www.liberation.fr/planete/2019/08/07/climat-etre-ou-ne-plus-etre-le-cheptel-est-la-question_1744290

https://www.huffingtonpost.fr/entry/rapport-du-giec-remedes-grand-mere_fr_5d440e79e4b0aca3411c1b70

Climat : 11 milliards de tonnes de glace ont fondu au Groenland, un record

Si nous pensions que la canicule n’aurait comme seules conséquences nos nuits blanches et la pénurie de ventilateurs chez Leroy Merlin, le Groenland, situé à plus de 3 000 km de l’Europe, nous a prouvé le contraire. Le 1er Août, pas moins de 11 milliards de tonnes de la calotte glaciaire du continent blanc ont fondu et se sont déversées dans l’Océan Arctique, l’équivalent de 4,4 millions de piscines olympiques. Un triste record.

Preuve de notre interconnexion entre tous les espaces de la planète, et des réactions en chaîne qui en résultent, les fortes chaleurs qu’a connu l’Europe ces dernières semaines ont eu un effet dévastateur sur la calotte glaciaire du Groenland. Au total, près de 197 milliards de tonnes de glace ont fondu depuis le début de l’année 2019 (80 millions de piscines olympiques), alors qu’à ce stade de l’année, « seulement » 60 à 70 milliards de tonnes de glace se perdent dans l’océan, conséquence du dérèglement climatique. C’est donc un record qui a dépassé toutes les craintes des météorologues et climatologues. Selon Ruth Mottram, météorologue danoise, il s’agit du « taux de fonte le plus élevé de tous les temps ».

Si les raisons de cette fonte de glace record sont imputables aux fortes chaleurs subies en Europe de l’Est, et qui se sont également ressenties en Arctique et au Groenland (connaissant actuellement des températures de 10 à 15 degrés au-dessus des normales de saison), il faut également noter, selon Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, les conséquences du drame qui se déroule actuellement en Sibérie, à l’indifférence générale : près de 12 millions d’hectares ont péri sous les flammes des feux de forêts touchant actuellement la région (dont les températures culminent actuellement à 30°C), relâchant d’importantes quantités de CO2.

Selon les prévisions, les températures devraient s’atténuer cette semaine au Groenland, apportant un air plus frais, ce qui devrait permettre de diminuer la fonte des glaces, mais le mal est fait. Cette catastrophe écologique a en effet provoqué une montée du niveau des mers de 6 mm. Un dérèglement déjà prévu, certes, par les membres du GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, mais qui ne devait se produire qu’en 2050, et dans les pires scénarios de son rapport paru en Octobre 2018. Vous ne vous souvenez plus de quoi parlait ce rapport ? BRUT vous le résume en 2mn :

Si vous cherchiez une activité sportive à laquelle vous pourriez vous inscrire à la rentrée 2019, vous devriez penser à la nage, ça pourra vous servir dans quelques années…

Sur ces bonnes nouvelles, bon début de semaine !

Source : https://fr.euronews.com/2019/08/03/inquietant-record-de-fonte-glaciaire-au-groenland

5 astuces pour se rafraichir naturellement pendant la canicule

La démarche est lente et lourde, les yeux sont cernés par cette nuit étouffante qui vient de passer (la nuit la plus chaude l’histoire de France selon Météo France), la peau est moite et le moindre effort physique (comme courir après son bus pour se rendre au travail, par exemple) fait rapidement perler de grosses gouttes de sueur sur le front. Pas de doute, la France est en train de vivre une période de canicule très intense.

Si la climatisation (ou clim pour les intimes) semble être la solution la plus efficace pour se refroidir rapidement, elle n’en reste pas moins très polluante, et contribue au réchauffement de la planète et aussi des villes (puisque la climatisation expulse de l’air chaud à l’extérieur). Un cercle vicieux donc, auquel personne n’a envie de participer, n’est-ce pas ?

Heureusement, il existe d’autres moyens plus écologiques de faire baisser la température dans son appartement ou sa maison. Je partage avec vous 5 astuces qui peuvent représenter de bonnes alternatives à l’air conditionné !

1 – Installer des plantes vertes

Les plantes vertes, ces magnifiques bêtes silencieuses qui sont bien plus puissantes qu’on ne le croit ! Au-delà d’embellir votre intérieur, certaines plantes ont aussi la capacité de rafraichir l’air ambiant. En effet, lorsque l’environnement se réchauffe, elles libèrent de l’humidité dans l’air grâce à leurs feuilles. Regroupées ensemble, elles peuvent réguler le taux d’humidité de la pièce et donc fortement aider à diminuer la température. De plus, elles absorbent la chaleur et émettent de l’oxygène, ce qui permet d’obtenir une atmosphère bien plus respirable. Parmi les plantes les plus efficaces : l’Aloé Vera, le Ficus, la plante Araignée, les Fougères ou encore les lierres grimpantes, qui créeront un magnifique mur végétalisé rafraichissant ! Allez hop, direction le fleuriste pour faire le plein de belles créatures vertes !

2 – Utiliser un brumisateur

Grâce au phénomène d’évaporation, un brumisateur peut s’avérer être une bonne alternative à la climatisation. En effet, lorsque les gouttelettes d’eau diffusée par brumisation s’évaporent au contact de l’air, elles absorbent la chaleur. Le principe d’évaporation n’apportant aucune chaleur supplémentaire, la température de l’air ambiant peut alors fortement baisser. Vous pouvez donc diffuser votre brumisateur dans votre salon pendant quelques secondes, ou mieux, investir dans un ventilateur brumisateur, qui diffusera de fines gouttelettes d’eau de manière continue.

3 – Étendre un drap mouillé devant vos fenêtres

Sur le même principe que le brumisateur, l’évaporation de l’humidité issue du drap mouillé va aider à rafraichir votre intérieur. Autant joindre l’utile à l’agréable, vous pouvez en profiter pour étendre votre linge et installer le séchoir dans le salon, ça peut aider !

4 – Placer des glaçons devant votre ventilateur

C’est la version « homemade » du rafraichisseur d’air. Plutôt que de pester contre votre pauvre ventilo qui ne sert qu’à ventiler de l’air chaud, aidez-le en plaçant une zone glacée devant lui : des glaçons donc, une bouteille d’eau glacée fera également très bien l’affaire. Votre ventilo va soudain changer de bord et se mettre à ventiler de l’air plus frais ! Seul inconvénient : il faudra régulièrement changer votre bac à glaçons ou votre bouteille d’eau glacée.

5 – Fermer les volets la journée

Enfin, la solution la plus connue : fermer les volets de votre appartement/maison pendant la journée. En fermant les volets, vous empêchez les rayons du soleil de pénétrer dans votre espace et donc de réchauffer toutes les pièces. Votre lieu de vie prend soudain des airs de manoir à vampires, mais c’est pour la bonne cause !

Voilà, vous avez le choix, et donc aucune excuse pour acheter un climatiseur ! Si vous ne souhaitez pas voir se répéter des épisodes caniculaires de plus en plus violents, faites ce petit effort 😊

Insignifiante : l’espèce humaine, grain de sable dans l’univers, mais pourvue d’une arrogance sans limites

En ce dimanche 21 juillet, je vous fait part d’une nouvelle Irréflexion, ce mot que j’ai inventé pour désigner un billet d’humeur spontané, irréfléchi, qui n’est pas un article de recherche sur un sujet en particulier, mais plus d’un avis, d’une opinion, d’un constat. En gros, ce que je ressens, de la manière la plus brute qui soit.

Depuis l’enfance, j’ai toujours été fascinée par ce monde qui bouge, par cette Terre qui pivote à une vitesse si rapide et dont nous ne ressentons pas le mouvement. Mon rêve ultime, l’ultime tâche sur la to-do list de ma vie, serait de pouvoir un jour m’extraire de cette planète, et d’avoir la chance de la contempler d’en haut, perdue dans l’espace, dans le noir abyssal.

Mais en grandissant et en évoluant, cette fascination a malheureusement laissé place à une sidération, une sorte d’incompréhension sur le rôle de notre civilisation au sein du cosmos. Pour être honnête, plus les années défilent et moins je parviens à comprendre le sens que l’Homme moderne a donné à sa condition actuelle.

En quelques centaines de milliers d’années, l’équivalent d’un claquement de doigt pour la planète Terre, âgée de plus de 4 milliards d’années, et non mesurable à l’échelle de l’Univers, âgée de plus de 14 milliards d’années, notre civilisation a réussi la prouesse de contrôler et brutaliser son propre environnement, en s’autodétruisant par la même occasion, à une vitesse jamais égalée par les autres civilisations auparavant.

L’histoire de la Planète se délimite par des Ères. Jusqu’à maintenant, nous vivions dans l’ère de l’Holocène, un épisode géologique qui commença il y a 10 000 ans, et débuta à la fin de la dernière glaciation. C’est une ère durant laquelle le climat de la Terre s’est adouci, causant la fonte des calottes glaciaires qui recouvraient alors plus de 25% des terres immergées. Cette Ère est une ère géologique, causée par un bouleversement naturel, qui nous a permis de bénéficier d’une relative stabilité climatique pendant toutes ces années. Mais aujourd’hui, selon certains scientifiques, cette ère touche à sa fin et nous entrons dans l’Ère de l’Anthropocène, également appelée Ère de l’Homme : cette période durant laquelle les activités humaines ont un impact significatif et global sur l’écosystème terrestre. C’est inédit.

L’Homme commet donc cet exploit d’être directement et durablement impliqué dans le futur de tout un système, le système Terre.

Malgré cette connaisance, l’Homme ne prend toujours pas conscience de son impact, et se pense seul, unique dans son environnement. Il ne se rend pas compte que l’impact qu’il a sur la Terre provoque également des bouleversements pour les autres êtres vivants avec qui il partage cette grande Maison et qui tentent eux aussi de survivre.

J’ai été touchée par un documentaire, diffusé sur Arte il y a quelques mois maintenant, et qui met en lumière de manière claire et évidente l’absurdité de l’Homme dans ses convictions : Une Espèce à Part, une magnifique mini-série, douce et philosophique. C’est ce documentaire qui m’a amené à approfondir mon questionnement sur notre supériorité supposée face aux autres êtres vivants.

Nous nous pensons uniques, intelligents, supérieurs, et justifions la destruction de la Planète par notre besoin d’accroître encore et toujours notre confort.

Mais de quel droit nous permettons-nous d’écraser les autres espèces vivantes, d’envahir et de détruire leurs espaces de vie, de les polluer, des les abattre, de les brutaliser ? Qu’avons-nous de plus que les autres êtres vivants sur cette Planète, pour justifier une telle tyrannie ? Sommes-nous plus nombreux ? Plus intelligents ? Plus forts ? Plus éveillés ? Non, nous ne sommes ni plus ni moins qu’une simple espèce parmi des milliards d’autres, et pourtant, nous n’avons aucune humilité,  aucun respect de la Nature alors que, sans elle, nous ne pourrions exister.

L’insignifiance de l’espèce humaine, minuscule goutte d’eau dans l’immensité de l’océan du vivant

L’Homme se pense être le centre de l’Univers. Fermé dans sa bulle, il se pense géant et si important dans l’Espace. Dans son imaginaire, il pense que sa Planète trône fièrement au beau milieu de la Voie Lactée, majestueuse et puissante. Mais, si nous pouvions avoir une vue globale de toute notre galaxie, nous nous sentirions bien ridicules. La Voie lactée est peuplée de plus de 150 milliards d’étoiles. En sachant que pour une étoile vivante, 1 à 2 planètes gravitent autour d’elle, il existerait donc au moins 240 milliards de planètes dans notre galaxie. Parmi ces planètes, si nous estimons que 0,001% d’entre elles sont habitables, ça ne laisse pas moins de 240 000 planètes potentiellement similaires à la nôtre. De plus, la Terre n’est pas placée au centre de la Voie Lactée, mais dans l’extrémité d’une des multiples branches de cette magnifique galaxie. Et nous ne parlons là que de notre galaxie. A l’échelle de l’univers, qui contient des millions, voire peut-être des milliards d’autres galaxies, nous n’existons pas, nous ne sommes même pas visibles. Nous devrions donc changer cet imaginaire, et nous voir plutôt comme un petit grain de sable perdu sur une plage à l’horizon infini, et qui virevolte au gré du vent sans pouvoir le contrôler.

Et sur notre planète dans ce cas, sommes-nous moins insignifiants ? La biodiversité de notre Planète est riche et complexe, et toutes les espèces n’ont pas encore été découvertes. Jusqu’à présent, les scientifiques estiment qu’il existe entre 3 et 100 millions d’espèces. L’espèce humaine ne représente donc qu’une petite feuille dans l’immense forêt du vivant. Et nous ne sommes même pas les plus nombreux : les plantes, les bactéries, les insectes, se comptent en dizaines de milliards. Par conséquent, dans notre propre maison, nous devrions là aussi descendre de notre piédestal et nous rendre compte de notre petite place dans l’écosystème.

L’arrogance de l’espèce humaine, se pensant plus intelligente, plus forte, et plaçant sa satisfaction et son confort personnels en priorité, au détriment du bien-être des autres espèces vivantes

Lorsque j’échange avec des personnes qui ne sont pas sensibles à l’écologie, l’argument le plus souvent avancé est qu’ils ne souhaitent pas perdre leur confort de vie, et que respecter la Nature implique de faire trop d’efforts, qu’ils estiment trop compliqués pour eux. Le confort de l’Homme, petite poussière dans un immense manoir de milliers d’étages, je le rappelle, justifie donc de détruire tout un environnement, toute une planète.

C’est comme si, dans cet immense manoir par exemple, peuplé d’hommes, de singes, de chats, chiens, plantes, papillons, une nuée de fourmis rouges avait décidé que ce manoir leur appartenait, et que, parce qu’ils avaient l’impression d’être plus intelligents grâce à leur capacité à construire des armes et des bâtiments, avaient le droit de prendre position dans toutes les pièces du manoir, investissant les draps et empêchant les êtres humains de dormir dans leurs lits, volant la nourriture des chats et des chiens, ou grignotant petit à petit les fondations du manoir. Et même en ayant conscience des dégâts causés, ils estimeraient qu’ils étaient supérieurs à toutes ces autres espèces, et donc qu’ils avaient tous les droits.

C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui. L’Homme a investi la planète entière, il grignote petit à petit les derniers espaces verts restants, repoussant de plus en plus les autres animaux qui ont de moins en moins d’espaces habitables.

Pourtant, l’Homme n’est pas le plus fort de toutes les espèces existantes. Il détruit l’espace de vie des orangs-outangs, mais il ne ferait pas le poids s’il devait faire face, à mains nues, à ce beau primate. Il tue des centaines de milliers de bœufs pour se nourrir, mais il se ferait rapidement tuer si un bovin décidait de charger en sa direction. Il a réussi à instaurer sa dictature par sa capacité à créer des barricades, à se protéger en créant des machines, des armes, des bâtiments qui lui permettent d’exterminer les autres espèces sans même avoir à les toucher. L’Homme n’a par conséquent aucun mérite, et rien ne justifie sa supériorité sur la Nature. Il s’est octroyé un confort par le sang des autres espèces, et en ne jouant pas à armes égales.

L’inconscience de l’espèce humaine, se croyant supérieure par sa capacité à se construire un confort matériel, mais qui le conduit finalement à sa perte

Donc, l’humain est un minuscule petit pion dans cette immense partie d’échecs qu’est la vie, il n’est pas plus fort que les autres espèces, et pourtant, on assiste encore à des discours hors-sol, d’individus se vantant de leur réussite économique, industrielle, de leurs inventions, de leur capacité à générer de la croissance, bref, ils se gargarisent de leur intelligence supposée.

Cependant, si nous étions réellement intelligents, la famine existerait-elle toujours ? La pauvreté, les guerres, les maladies seraient-elles encore d’actualité ? Comment avons-nous fait usage de notre intelligence ?

Depuis le début de la civilisation humaine, l’Homme a un et un seul objectif : survivre. Pour cela, il va créer des outils qui lui permettront de pallier aux dangers de la Nature : il va créer le feu pour se protéger du froid, construire des habitations pour se protéger des intempéries, chasser et cultiver pour lutter contre la faim. Au fil du temps, l’Homme va se rendre compte de son impuissance face aux forces de la Nature, et va petit à petit en faire son ennemi, plutôt que son allié. Alors, il va tenter de s’en éloigner, toujours un peu plus, cherchant des moyens de se protéger CONTRE elle, et va développer des stratégies pour aller jusqu’à l’exploiter. Plus il va s’en éloigner, plus il va perdre de vue le vrai pouvoir de la Nature : car c’est grâce à son souffle, de l’oxygène fourni par la complexe connexion entre les différentes composantes terrestres, que l’Homme est parvenu à faire du feu, c’est grâce au bois que l’Homme a réussi à construire un toit sur sa tête, c’est grâce à ces fruits et légumes que nous offre la Nature que l’Homme peut se nourrir et se renforcer en vitamines et minéraux, indispensables à sa survie.

Finalement, nous sommes arrivés à un point de non-retour puisque, voulant l’exploiter encore et toujours un peu plus, nous sommes arrivés à un point où nous ne la contrôlons plus, nous sommes entrés dans un cercle vicieux ou nous tentons de nous protéger toujours plus contre la Nature, tout en la détruisant dans le même temps.

Cela me fait penser à cette période de canicule dans laquelle nous vivons actuellement, conséquence du réchauffement climatique dont nous sommes directement responsables. Pour nous protéger face à ce dérèglement de la Nature qui nous met en danger, nous usons à outrance de climatiseurs, « magnifique » invention de l’Homme, qui a réussit à créer un air frais synthétique. Cependant, un climatiseur est extrêmement nocif pour l’écosystème, car il émet énormément de CO2, et va donc réchauffer la planète encore plus, causant des canicules de plus en plus fréquentes et difficilement supportables… L’Homme tourne en rond, ne sachant plus comment faire pour se protéger des dégâts qu’il a lui-même causé.

Comment pouvons-nous donc affirmer que nous sommes plus intelligents que les autres espèces ? Aucune autre espèce ne détruit sciemment son environnement en ayant conscience des enjeux.  

Remettre en question l’importance de l’Homme sur la planète me fait énormément relativiser, prendre du recul sur ma vie. Nous gigotons et nous nous bagarrons sans cesse, mais sans but, pour rien. Comme le dit si bien la narratrice de ce beau documentaire sur Arte, notre civilisation est encore à l’état de nouveau-né, trop immature pour comprendre ce qui se joue réellement autour d’elle. Alors nous continuons à vivre une vie dénuée de sens, à se tuer au travail pour nourrir une machine, un système qui nous tue à petit feu et nous conduit à notre perte. Nous continuons à tuer des animaux pour le confort de pouvoir déguster du saucisson à l’apéro, nous faisons tourner le climatiseur à fond pour ne pas avoir trop chaud.

Tant que nous n’aurons pas pris conscience de notre place minime et minuscule dans l’Univers et sur la Planète, et tant que nous n’aurons pas compris que c’est en vivant en harmonie avec la Nature que nous serons plus heureux et en bonne santé, jouissant donc de ce qu’on appelle le VRAI confort de vie, et non le confort matériel, nous n’élèverons jamais nos consciences, et nous conduiront nos enfants et nos petits enfants tout droit vers une extinction prochaine.

Bien entendu, l’être humain n’a pas que des défauts, bien au contraire. Il renferme une puissance qui ne demande qu’à se déployer pour faire émerger un monde meilleur, à moins de, justement, retrouver sa place dans ce monde!

ChangeNOW : le rendez-vous des entrepreneurs de la « Positive Impact »

Samedi 29 Septembre, je serai au salon « Change NOW : International Summit for Change » , qui aura lieu à la Station F, à Paris. Ce rendez-vous annuel, qui en est à sa seconde édition, a pour objectif de mettre en avant des start-ups et entrepreneurs qui développent des solutions pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux de notre époque. Des innovations « For Good », qui ne génèrent pas de croissance au détriment de la planète, et qui font en sorte d’avoir un impact positif sur notre société. Il me tarde d’y être !

Un rendez-vous qui fait le lien entre entrepreneuriat et écologie

ChangeNOW est le premier évènement qui s’intéresse à la « Positive Impact », ou tout simplement l’impact positif, en français. L’impact positif, en terme économique, est un principe qui consiste à optimiser et permettre la croissance d’une entreprise ou d’une économie, tout en prenant en compte les paramètres naturels et environnementaux. Et il serait erroné de penser que les jeunes entrepreneurs n’ont en tête que le profit et l’appât du gain.
Il suffit de se rendre compte, dans l’alimentation par exemple, du nombre de start-ups qui proposent de faciliter l’accès aux produits de saison, au zéro déchet ou aux produits bio… Selon Santiago Lefèbvre, CEO de l’évènement ChangeNOW, « Il y a un mouvement générationnel fort derrière cela. […] C’est à notre génération d’agir, aujourd’hui, et d’être le changement attendu. Et c’est un sentiment, une prise de conscience, qui est de plus en plus partagée ».

De belles initiatives mises en avant

Près de 100 start-ups seront présentes à la Station F pour proposer leurs idées, parmi elles :

  • Sea Bubbles, les bateaux volants permettant une mobilité sans émission en ville
  • Fermes d’avenir, qui met en avant la permaculture et le retour à une agriculture durable
  • MeetMyMama, qui propose des plats concoctés par des femmes immigrées venues des 4 coins du monde
  • TechFugees, qui utilise la technologie pour répondre à la crise des réfugiés
  • Svalbard Seed Vault, pour préserver la biodiversité agricole mondiale

Pour en savoir plus sur l’évènement, rendez-vous sur la page officielle de ChangeNOW : http://www.changenow-summit.com/

L’écologie : 4 hypothèses pour comprendre pourquoi le monde s’en fiche

Depuis l’annonce fracassante de Nicolas Hulot et sa démission du gouvernement, le sujet de l’écologie a soudain grimpé l’échelle de priorité dans le quotidien des français qui ont, pendant quelques jours, compris le danger de notre mode de vie actuel et la nécessité d’agir vite pour de ne pas subir un désastre climatique. Seulement voilà, aussi rapide a été cette prise de conscience, aussi vite elle semble s’estomper et redescend au second, voir troisième ou quatrième plan, loin devant d’autres sujets de société. Ce désintérêt de l’Homme pour la nature est une problématique qui m’importe de plus en plus, et dans cet article je vais essayer de comprendre comment on en est arrivés là.


La semaine dernière, j’ai été interpellée par une annonce du chef de l’ONU, Antonio Gutierres, qui alerte les populations sur les risques immédiats du changement climatique. Selon lui, il nous reste 2 ans pour tenter d’enrayer la crise climatique. A l’horizon 2020, si rien n’est fait, il sera trop tard. Son annonce peut sembler extrême et un peu alarmiste, néanmoins, lorsqu’il indique un agenda aussi serré (2 ans, ça passe très vite), son avis a tout de même le mérite de s’y intéresser et de se poser quelques questions. Cependant, dans mon entourage, cette annonce n’a pas fait beaucoup de vagues, et si j’ai pu entendre ça et là, ce type de commentaires : « c’est vrai que c’est grave », « de toute façon on détruit la planète », « oui, les gouvernements ne font rien » … Concrètement je n’ai pas réellement vu d’actions de la part de ces personnes pour changer leurs habitudes. Je me suis donc demandé pourquoi notre pauvre planète Terre n’arrivait pas à attirer un tant soit peu d’attention sur elle.


Ma réflexion sur le sujet du désintérêt de la population à la crise écologique a été inspirée d’un article très intéressant du magazine Reporterre, intitulé « Pourquoi le drame écologique mobilise-t-il si peu ? » Leurs différentes analyses sur le plan social mais aussi psychologique de l’individu, permettent de mieux comprendre l’immobilisme et le déni de la société face à la question environnementale. J’ai également lu le livre de Raj Patel, « Comment notre monde est devenu cheap », qui s’intéresse à la séparation entre la société et le tissu du vivant. Au fil de mes lectures, j’ai réussi à rassembler toutes ces informations en quatre hypothèses, qui permettent de répondre à cette question de l’inertie des Hommes à la crise écologique.

Il y a d’autres problèmes « plus graves » à gérer au quotidien

La première hypothèse émise est que l’être humain ne peut s’intéresser à la cause climatique s’il n’est pas satisfait. Pour comprendre le principe de satisfaction et d’accomplissement de soi, on peut se référer à ce schéma bien connu, qui détaille en 5 domaines, les besoins vitaux d’un être humain : la fameuse Pyramide de Maslow, également appelée la Pyramide des besoins.

​​Selon Reporterre, si les besoins vitaux ne sont pas assurés, il est difficile pour un individu de se focaliser sur d’autres sujets qui ne l’impliquent pas directement. En effet, si les besoins physiologiques, par exemple, ne sont pas atteints (manger, boire, respirer), il parait compliqué de pouvoir s’intéresser au changement climatique. Lorsqu’on a des difficultés à assouvir ses besoins de sécurité (payer son loyer par exemple), la crise écologique nous parait comme le cadet de nos soucis. Il faudrait donc atteindre le haut de la Pyramide, à l’étape de l’accomplissement de soi, pour pouvoir enfin être serein et s’intéresser à son environnement. Le problème, c’est que peu de gens, finalement, arrivent à atteindre le haut de la pyramide. Dans une société basée sur le matériel, le travail et l’argent, les sentiments de frustration et d’insatisfaction sont constants et permanents. L’économie est instable, et le sentiment de sécurité n’est jamais réellement atteint. Quant aux besoins d’estime, il ne peut être atteint que si on a la capacité de s’aimer soi même et d’être en phase avec sa personne ; malheureusement, la routine effrénée dans laquelle nous vivons ne nous permet pas de prendre le temps de se recentrer sur soi.


En partant de ce postulat, on peut se dire que les personnes qui s’intéressent à la crise écologique sont ces personnes qui ont réussi à atteindre le haut de la Pyramide. Et qui sont ces gens ? Les personnes aisées ou du moins stable économiquement, au détriment des personnes plus modestes…  C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une critique était émise sur le fait que l’écologie n’était qu’une affaire de riches, autrement dit ceux qui auraient atteint le haut de la Pyramide, et qui pourraient enfin s’y intéresser.


Et quand on parle de riches, de pauvres et d’inégalités sociales, un autre point important rentre en ligne de compte : l’argent. C’est un des arguments émis par les personnes qui ne veulent pas s’intéresser à la cause environnementale : le bio coûte trop cher, et toutes les initiatives permettant d’adopter un mode de vie durable coûtent de l’argent. Pourtant lorsqu’on s’y attarde un peu, adopter une démarche zéro déchet et parfois bien plus économique que de vivre dans un monde de consommation de masse.
Mais il est trop facile de jeter la pierre sur les familles modestes qui n’ont pas le temps de se préoccuper de la crise écologique. Certaines personnes, qui sont plutôt stables économiquement et socialement, et qui sont bien partis pour grimper avec succès cette fameuse Pyramide, ne s’intéressent pourtant toujours pas à la cause environnementale. Pourquoi ?

La routine et le confort : dur de s’en débarrasser!

Une citation de Sylvie Granon, citée dans l’article de Reporterre, illustre parfaitement cette deuxième hypothèse : « Quelqu’un qui propose de continuer comme d’habitude aura toujours raison face à quelqu’un qui appelle à changer ». Ce fait peut se vérifier dans tous les domaines : réformes, changement de travail, d’alimentation… De manière générale, le changement est un acte « violent » pour l’organisme. Il implique de se ré-adapter, de perdre ses repères, en clair, de perdre sa zone de confort, si douce, agréable, et pratique ! Car notre mode de vie actuel est basé sur la praticité : sacs en plastiques, plats préparés, voiture, transports… Tout est fait pour nous rendre la vie facile, au détriment de la nature et de la planète. Changer son mode de vie pour adopter un modèle plus durable, implique donc de faire une croix sur un confort, et ça, ça ne plait pas aux êtres humains en général.


Pourtant, lorsqu’on se confronte au changement, on réalise à quel point il est bénéfique, tant sur le point sociétal que psychologique. Je vous recommande de lire une étude très intéressante de l’organisme Alter&Go sur les français et le changement, à lire ici. Dans cette analyse, on comprend que, malgré le fait que les français soient optimistes face au changement, l’idée de changer leur fait peur, et s’ils doivent changer, il faut que leur changement ait un sens, qu’il puisse reconnaître de manière tangible et quantifiable, l’impact de leurs efforts. Et c’est à partir de là qu’on arrive à la troisième hypothèse.

Le changement climatique, ça ne se voit pas et on ne le comprend pas

Cette troisième hypothèse repose sur le principe de dissonance cognitive. La cognition, représente le système de pensées, de croyances, d’émotions et d’attitudes, construites au cours de sa vie et qui façonnent la réflexion de l’être humain. La dissonance cognitive survient quand un événement perturbe ce système, et quand les différentes composantes du système rentrent en contradiction. Ici, l’évènement perturbant est le sujet du changement climatique. En effet, l’information est souvent décousue, et est difficile à comprendre : d’un côté les ONG qui envoient des signaux d’alerte pré-apocalypse, de l’autre côté les gouvernements qui n’ont pas l’air de vraiment s’alarmer, puis les ONG qui annoncent des délais qui vont de 2 ans à 50 ans, de l’autre côté un dirigeant d’une des premières puissances mondiales qui affirme que le réchauffement climatique n’est qu’un complot… Bref, la population ne comprend pas très bien ce qui se passe, et dans ce cas-là, un phénomène naturel se produit : le déni, ou la négation du sujet. Le cerveau préfère occulter l’information, on bouche les oreilles et on agit comme si le problème n’existait pas.


Il faut ajouter à cela le fait qu’on a du mal à se projeter sur un problème, lorsqu’on ne le ressent pas émotionnellement. En effet, le changement climatique se ressent pour les populations directement affectées : les victimes de typhons, de tsunami, de famine… Mais pour les occidentaux, à part un été très chaud, on n’a pas vraiment l’impression que le réchauffement climatique est un phénomène particulièrement inquiétant. Alors pourquoi changer ses habitudes ?


Enfin, il y a le phénomène de rejet sur l’autre. Lorsqu’on ne comprend pas un sujet, on préfère rejeter la responsabilité sur un autre. Dans le cas de la crise écologique, on estime que c’est aux gouvernements d’agir et de changer, et pas nous. Cette opinion n’est pas foncièrement inexacte: c’est en effet aux pouvoirs publics de mettre tout en œuvre pour permettre à tous d’aborder la transition écologique. Cependant, les actions individuelles de chacun ont également leur impact, et peuvent réellement jouer un rôle. Mais il est très difficile de s’en rendre compte, car le modèle économique dans lequel nous vivons nous coupe de la réalité environnementale et de son intérêt. On en arrive à la quatrième et dernière hypothèse.

Nature et Société : deux entités incompatibles ensemble?

Nicolas Hulot, dans l’entrevue qui a précédé l’annonce de sa démission du gouvernement, a démontré cette hypothèse par un fait simple : selon lui, la « communauté internationale […] s’évertue à entretenir voire à réanimer le modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres ». Autrement dit, notre modèle économique, basé sur le capital et la marchandise, est la cause du réchauffement climatique et de l’inertie des peuples face à la crise écologique. Et, en effet, lorsqu’on s’intéresse à l’économie de marché, au capitalisme et à la recherche constante de cette idée de « profit », on réalise que, finalement, la Nature n’a pas réellement sa place dans notre société. Pourtant, comme l’explique Raj Patel dans son livre « Comment notre monde est devenu cheap », la Nature et la Société ne devraient pas fonctionner comme des entités autonomes, mais devraient se compléter, car « tout ce que font les hommes est coproduit par le reste de la nature : nourriture, vêtements, maisons et lieux de travail, routes, voies de chemin de fer, aéroports, de même que les téléphones et les applications ». Nous utilisons la Nature pour faire du profit, mais le profit ne bénéficie pas à la Nature. Dans son livre, Raj Patel nous explique que ce modèle existe depuis bien plus longtemps qu’on l’imagine : à l’époque du système féodal, le pouvoir était prédominant sur le respect de l’agriculture et des sols. Par conséquent, c’est tout un modèle global économique qu’il faut réformer. La bonne nouvelle, c’est que ce système est actuellement en train de s’essouffler, mais sans l’appui et la force des individus sur les pouvoirs publics, on peut craindre une résurrection de ce modèle non durable.


Enfin, la séparation depuis toujours de la Nature et de la Société a comme conséquence une déconnexion des Hommes avec la Nature. Une illustration concrète est le fait que de nombreuses personnes ne savent pas que les tomates ne poussent pas en hiver, car il y a des tomates toute l’année au supermarché. Ça parait anodin, mais ce fait démontre une réelle perte de conscience de la normalité ou non, de certains faits naturels. Quelqu’un qui naît à une époque où les températures avoisinent les 40 degrés à Paris, pensera que c’est normal, or ça ne l’est pas. Dans notre société, nous n’avons plus de lien avec la Nature, donc nous ne la connaissons pas, ou plus. D’où l’importance d’éduquer la nouvelle génération et de reconnecter les enfants avec la Nature, afin qu’ils puissent prendre la mesure des changements qu’a provoqué le réchauffement climatique.

Mes pistes de réflexions pour tenter de sensibiliser à la cause environnementale

  1. Le bien-être : on l’a bien compris, si la Pyramide de Maslow n’est pas atteinte, l’environnement passe au second plan. Il faudrait donc se diriger vers un modèle plus humain, qui mettrait en avant l’accomplissement et le bien-être de l’individu avant tout.
  2. La compréhension : pour pouvoir s’intéresser à un sujet, il faut le comprendre. Simplifier l’information et la rendre accessible, et selon moi primordial (c’est tout l’intérêt de mon blog :)). De plus, il faut se reconnecter avec la nature : plus d’espaces verts, plus d’éducation à l’écologie et à l’environnement pour les enfants.
  3. Le dépassement de soi : OUI au changement ! Cette piste est valable pour tout. Selon moi, pour pouvoir s’accomplir et avoir une vie riche et bien remplie, il faut pouvoir se renouveler et changer constamment. Il ne faut pas avoir peur du changement car le cerveau est capable de s’adapter facilement. C’est le changement qui permettra aux individus d’accepter un nouveau modèle économique et social.
  4. Les pouvoirs publics : enfin, même si la société civile a son impact sur l’environnement, les gouvernements ont également une grosse part du gâteau. Pétitions, manifestations, actions… Il faut arriver à faire comprendre aux gouvernements que nous sommes prêts pour le changement, et que nous aborderons le virage de la transition écologique, avec ou sans eux.

Et moi, dans tout ça ? Pourquoi suis-je touchée par ce sujet ?

Si on reprend les hypothèses de mon article, les raisons pour lesquelles je suis intéressée par la cause environnementale sont, dans un premier temps, que j’aurais atteint le haut de la Pyramide de Maslow… Du haut de mes 27 ans, je ne suis pas certaine de pouvoir dire que j’ai totalement atteint l’accomplissement de ma personne ! Cependant, il est vrai que mes besoins physiologiques sont atteints (je peux me nourrir, boire et respirer), j’ai un sentiment de sécurité de par le fait que j’ai un foyer, j’ai des amis et une famille plutôt équilibrée, j’ai un travail qui me permet d’avoir une certaine « estime » de moi-même, mais SURTOUT, j’apporte beaucoup d’importance à la découverte de mon bien-être intérieur, en voyageant et en faisant des activités seules notamment, et enfin, au-delà de tout ça, j’ai des convictions et une envie de partager mon maigre accomplissement avec les autres. Mais tout ça n’est pas éternel : je peux tout perdre du jour au lendemain, et des pans de ma Pyramide peuvent s’effondrer. Cela voudra-t-il dire que je me désintéresserai totalement de la crise écologique, à ce moment-là ? Peut-être, mais c’est justement là qu’il faudra se battre et réussir à surpasser ses problèmes, pour garder en tête l’importance de vivre sur une planète qui respire correctement.


Dans mon entourage, l’environnement n’est pas forcément une problématique qui intéresse beaucoup de monde. J’aurai donc pu me rallier aux opinions de mes proches et faire comme eux. Mais c’est au cours de mes voyages et de mes réflexions, que j’ai compris que l’inertie n’était pas la bonne solution. Pour finir, j’ai réalisé à quel point l’environnement pouvait également avoir un impact sur notre santé, et ça, ça a été le vrai déclic. A vous maintenant de trouver VOTRE déclic !

Sources :

https://reporterre.net/Pourquoi-le-drame-ecologique-mobilise-t-il-si-peu https://www.rtl.fr/actu/politique/l-ecologie-fait-un-bond-spectaculaire-dans-les-priorites-des-francais-7794808375

https://alteretgo.fr/les-francais-et-le-changement/

Raj Patel, « Pourquoi notre monde est devenu cheap », éditions Flammarion, 2017