GIEC : un nouveau rapport alarmant sur l’état de notre système alimentaire

Ce jeudi, le GIEC a rendu public un rapport spécial, basé sur l’étude approfondie de l’état de nos terres agricoles, ainsi que l’impact de nos activités humaines sur la qualité des sols. Ce texte, approuvé hier par 195 pays au terme d’un long débat et d’une session de discussion de plus de 24 heures, est un nouveau cri d’alerte du groupe d’experts, après leur premier rapport en Octobre 2018.

De quoi parle ce rapport ?

Ce rapport de plus de 1 000 pages se consacre au « changement climatique, à la désertification, à la dégradation des sols, à la gestion durable des terres, à la sécurité alimentaire et aux flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». Autant vous dire que ce rapport n’est donc pas à prendre à la légère! C’est d’ailleurs le rapport le plus complet jamais réalisé à ce sujet.

En clair, cette étude a été initiée dans l’objectif de comprendre les limites de notre système alimentaire mondial ainsi que de sonner l’alarme sur la sur-exploitation des sols, qui participe à grande échelle au réchauffement climatique global. Élevage intensif, agriculture de masse, pesticides, labourage excessif… Nous pouvons presque parler d’acte de « maltraitance » envers nos sols, qui tentent tant bien que mal de nourrir une population qui ne cesse de grandir; en 2100, nous serons plus de 11 milliards à se partager les ressources alimentaires sur la planète.

Ce rapport met également en lumière les failles importantes de notre modèle agricole global, fortement remis en question par des déséquilibres importants. En effet, 820 millions de personnes souffrent de famine dans le monde, alors que, en parallèle, 2 millions d’adultes sont en situation d’obésité morbide, et que 30% de la nourriture mondiale est gaspillée.

Finalement, la vraie problématique que pose les experts du GIEC, et qui doit devenir une priorité pour répondre aux enjeux de notre civilisation, est d’arriver à résoudre cette équation : comment parvenir à nourrir une population grandissante et extrêmement gourmande en ressources, tout en maintenant le réchauffement climatique à 1,5°C, limite au delà duquel les conséquences seront désastreuses pour la survie des espèces, y compris l’espèce humaine. Pour le GIEC, c’est notre gestion des sols mais également notre régime alimentaire qu’il faut revoir.

Comment l’exploitation des sols participe au réchauffement climatique ?

Les observateurs du GIEC ont identifié plusieurs raisons aux effets négatifs de notre exploitation des sols, parmi lesquelles :

L’agriculture. Notre modèle agricole est responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre. Ces gaz sont relâchés par les engrais minéraux et organiques, mais aussi par la digestion des animaux d’élevage (la fameuse histoire des pets de vaches qui relâchent du méthane), ainsi que le moteur des machines agricoles.

L’exploitation forestière. Les forêts, qui ont l’avantage de pouvoir absorber le trop-plein de CO2 dans l’atmosphère, sont massivement détruites pour exploiter leurs ressources, ou étendre les terres d’élevage. Selon la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en 2016, 37% de la surface terrestre était occupée pour l’agriculture, et seulement 30% était couverte de forêts (le restant étant occupé par des zones naturelles). Ce ratio est très certainement encore plus inégal aujourd’hui…

Les produits chimiques et l’homogénéité des sols. Les produits chimiques (pesticides, produits phytosanitaires, graines hybrides) sont extrêmement défavorables à la bonne santé des sols, car ils fragilisent leur immunité face aux virus et aux espèces nocives pour l’agriculture. Les surfaces agricoles deviennent donc dépendantes, tout en souffrant d’asphyxie par ces produits chimiques qui empoisonnent les racines et les graines, qui deviennent un danger pour la Terre et pour les êtres humains qui consomment cette nourriture. Par ailleurs, selon les experts du GIEC, la monoculture, (le fait de ne faire pousser qu’une certaine catégorie de produits sur une large partie d’un champ d’élevage) pénalise fortement la bonne pérennité des sols. Il faut impérativement créer un espace varié en ressources naturelles, afin de créer une biodiversité et une interconnexion entre les différents éléments naturels.

Pour réduire tous ces dysfonctionnements et créer un modèle agricole plus durable, des pas de géants sont nécessaires, aussi bien de la part des pouvoirs politiques que de la population globale.

Bioénergies, remèdes de grand-mère et régime alimentaire

Dans son rapport, les experts du GIEC proposent des solutions pour amorcer le virage incontournable de la transition vers un modèle agricole durable et soutenable. Inévitablement, ces solutions appellent à retour en arrière, ou du moins « un retour au bon sens », selon Eric Schmidt, directeur de l’institut de l’agriculture durable.

Premièrement, un des premiers leviers est le recours à des énergies plus vertes, rempart aux énergies fossiles. Il est nécessaire de transformer progressivement les ressources énergétiques, et de faire appel, par exemple aux bio-énergies (également appelés énergies renouvelables) : énergie solaire, énergie au bois… Mais également en faisant fonctionner les machines avec de l’agrocarburant : déchets organiques, bois, etc…

Dans un second temps, il est urgent de revoir nos pratiques agricoles, qui ne sont plus soutenables. Le rapport appelle donc à un retour à une agriculture plus « traditionnelle », suivant un fonctionnement plus doux et respectueux de l’environnement : rotation des cultures pour une meilleure variété des sols, mise en jachère… Ces pratiques peuvent faire penser au mouvement d’agroécologie, de plus en plus plébiscité par les agriculteurs à la recherche de solutions plus durables pour la préservation de leurs sols.

Enfin, et non des moindres car c’est la solution sur laquelle la population peut directement agir, et qui nous concerne, donc! Sans surprise, c’est l’alimentation carnée qui est pointée du doigt. Il est fortement recommandé de réduire sa consommation de produits d’origine animale, afin d’éviter, notamment, une exploitation trop élevée des surfaces terrestres pour l’élevage, et un relâchement trop important de CO2. Les animaux les plus dommageables sont notamment le bœuf, l’agneau et la chèvre.

Les produits laitiers font également partie des produits qui ont un impact négatif sur notre environnement. Aujourd’hui, un français consomme près de 260 kg de produits laitiers par an; les experts du GIEC recommandent de n’en consommer que 33 kg par an.

En conclusion…

Ce nouveau rapport souligne l’importance de revoir notre modèle entier, qu’il soit alimentaire, économique ou social. Le GIEC parle bien d’un risque de « crise » alimentaire, car nos sols deviennent de moins en moins fertiles, et ne sont plus capables d’absorber le CO2, alors que la population ne cesse d’augmenter et que contenir le CO2 dans l’atmosphère devient une priorité majeure. Espérons que l’accord des 195 pays sur ce rapport n’est pas qu’un simple accord de principe et que des décisions seront vraiment prises, à grande échelle.

Sources :

https://www.liberation.fr/planete/2019/08/07/climat-etre-ou-ne-plus-etre-le-cheptel-est-la-question_1744290

https://www.huffingtonpost.fr/entry/rapport-du-giec-remedes-grand-mere_fr_5d440e79e4b0aca3411c1b70

Les 7 aliments végétaux qui contiennent le plus de fer

Si vous êtes végétarien.e.s ou végan.e.s, vous avez très certainement déjà entendu de la part de vos proches cette remarque un peu lourde parfois (aussi bienveillante soit-elle) : « attention, tu vas avoir des carences ! »

Il est vrai que, en retirant une famille entière de produits de son régime alimentaire (ici, des matières animales), on s’expose à un manque important de certains nutriments dont notre corps a besoin. Mais la nature est bien faite, et nous pouvons très souvent retrouver tout ou partie des apports nutritionnels contenus dans les aliments à base de chair animale, dans cette large gamme de matières végétales que la Terre nous offre, et parfois même en plus forte quantité !

Pour ma part, maintenant que je suis devenue végétarienne, je dois redoubler d’efforts et faire d’autant plus attention à mon apport nutritionnel journalier. J’ai fait quelques recherches afin de savoir quels étaient les aliments végétaux contenant le plus de fer, et comment mettre tous les atouts de son côté pour avoir une bonne fixation du fer sur ses petits globules rouges. Je partage mes trouvailles avec vous !

Tout d’abord : fer héminique / non héminique, quelle différence ?

Le fer est un oligo-élément qui entre dans la composition de l’hémoglobine des globules rouges, et qui permet, entres autres, la bonne oxygénation et le fonctionnement des organes et cellules. Un homme en bonne santé renferme environ 4g de fer dans son organisme, et la femme environ 2,5g. Pour maintenir un taux de fer satisfaisant, l’apport journalier doit être d’environ 11g chez l’homme adulte, entre 11 et 16g chez la femme adulte (en fonction de l’abondance de ses menstruations), et entre 25 et 35g chez la femme enceinte. Jusque-là, c’est plutôt simple (source : Anses). Il faut donc consommer des aliments qui contiennent une bonne source de fer, pour atteindre cet apport journalier. Mais les choses se compliquent ! Car il existe deux types de fer :

Le fer héminique : il s’agit d’un fer dont la biodisponibilité est plus importante ; c’est-à-dire qu’il s’assimile facilement dans le corps humain. Sur la totalité de fer consommé, le corps en assimile environ 25% (pour 100mg de fer héminique ingurgité le corps en garde donc 25mg). Cette forme de fer est majoritairement présente dans les produits carnés et les produits de la mer (végétarien.ne.s/végan.e.s, passez votre chemin !)

Le fer non-héminique : C’est la forme chimique du fer que les végétarien.ne.s et végan.e.s consomment le plus, et dont la biodisponibilité est moins importante : pour 100mg de fer non-héminique ingurgité, le corps en assimile réellement 5%, soit 5mg. La contrainte réside donc dans le fait qu’il faut consommer beaucoup de fer non-héminique pour atteindre les apports nutritionnels. Mais il existe des solutions pour augmenter et faciliter l’assimilation de ce fer dans l’organisme.

Les amis et ennemis du fer

 La meilleure façon d’optimiser son apport en fer et de combiner des aliments riches en fer et riches en vitamine C. En effet, la vitamine C augmente fortement la capacité d’assimilation du fer dans l’organisme. Boire un verre de jus d’orange, manger un fruit ou un légume riche en vitamine C en complément d’un plat végétal riche en fer est donc une bonne alternative au fer héminique.

En revanche, certains aliments bloquent l’absorption du fer dans l’organisme. C’est le cas, par exemple, du thé ou du café qui, pris au cours du repas, risquent de réduire vos efforts à néant. Le calcium (notamment le lait, les yaourts et la crème), semblent aussi empêcher le passage du fer à travers les parois de l’intestin. Il faut donc réduire sensiblement la consommation de ces produits, pour mettre toutes les chances de son côté !

Passons à présent aux choses sérieuses ! Je mets fin au suspense, voici le palmarès des aliments végétaux contenant le plus de fer :

6 – Les noix de cajou – 7 mg par 100g

Une portion de noix de cajou (environ 50g) apporte donc environ 3mg de fer. Attention cependant, la noix de cajou reste un aliment très calorique, à consommer avec modération !

5 – Le cacao maigre en poudre – 14 mg pour 100g

Si nous ne consommons que 2 à 3 cuillères à soupes de cacao maigre en poudre occasionnellement (soit environ 28g, 4 à 5mg de fer environ), on peut aussi en agrémenter des smoothies, des gâteaux maison…

4 – Le sésame – 15 mg pour 100g

La pâte de sésame est un bon moyen de consommer en grande quantité cette graine dorée. Pour ma part, j’en utilise régulièrement pour réaliser des houmous, ou tartiner une tranche de pain complet.

TOP 3

3 – Le soja – 16 mg pour 100g

Le soja est une excellente source de fer, et nous pouvons vite atteindre 100g de consommation de soja en une journée : du tofu en accompagnement, par exemple, un steak de soja, un gâteau à la farine de soja…

2 – La spiruline – 83 mg pour 100g

La spiruline est une véritable bombe d’énergie en poudre. A forte teneur en vitamine A, C, D et en calcium, elle apporte également une très bonne dose de fer. Cependant, il est fortement déconseillé de consommer 100g de spiruline par jour, mais plutôt 3 cuillères à soupe, soit environ 30g, ce qui revient à environ 27mg de fer par portion. Un beau score !

1 – L’ao nori – 234 mg pour 100g

Le champion de l’apport en fer, c’est lui ! Parmi toutes les algues de mer, l’ao nori est celle qui en contient le plus : 30 fois plus que les épinards ! Ajoutant à cela sa très bonne source de calcium (6 fois plus que le lait), c’est une alliée que tous les adeptes du végétarisme / véganisme se doivent d’avoir dans leurs placards. Vous trouverez cette algue sous forme séchée dans toutes les épiceries bio et spécialisées.

Je réaliserai très bientôt des recettes spécifiques pour optimiser son apport en fer. N’hésitez pas à me suivre sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram : Berlingot Station) pour rester informé !

4 aliments industriels à éviter pour vos enfants

De toutes les catégories de personnes touchées par la malbouffe et les méfaits de l’alimentation industrielle, les enfants en sont les premières victimes. Partant souvent d’une bonne intention, les parents qui ne sont pas assez informés font confiance à l’industrie agroalimentaire et à la grande distribution, qui redoublent d’ingéniosité pour les convaincre que leurs produits sont remplis de vitamines, calcium et autres nutriments nécessaires au bon développement de l’enfant. Mais derrière les packagings colorés et les mascottes mignonnes, il n’en est rien. Si certains produits sont bien moins nutritifs qu’ils en ont l’air, d’autres sont carrément dangereux et nocifs pour l’enfant, à long terme. Mais ça ne dérange pas les industriels qui usent de leur créativité pour attirer les enfants et les parents à acheter leurs produits… Petit coup de gueule !

1 – Les céréales fourrées pour enfants

Les céréales sont, pour la majeure partie des français, l’aliment de base du petit déjeuner. Pour les enfants, c’est également un moment apprécié. C’est bon, c’est sucré, c’est coloré, ils sont contents, et les parents aussi. Mais bien souvent, les parents oublient quel est le but premier des céréales au petit-déjeuner : apporter des fibres, pour l’équilibre intestinal. Le mot « céréales » donne bien l’impression qu’on va apporter de bonnes choses à son enfant, mais en réalité, lorsque l’on regarde le tableau des valeurs nutritionnelles, c’est la panique à bord…

Pourquoi c’est nocif ?

Les céréales fourrées (à l’image des Trésors de Kellog’s, par exemple) et les céréales soufflées (les fameuses « miel pops » et autres boules soufflées au miel) contiennent un taux de sucre affolant, et très peu de fibres. Pour vous donner une idée concrète : L’OMS recommande de limiter l’apport en sucres rapides à 25g maximum pour l’adulte et l’enfant, soit 6 cuillères à café. Pour les fibres, il est conseillé d’apporter environ 15g de fibres par jour à son corps.

  • En moyenne, les céréales fourrées contiennent 26g de sucres, soit plus de 6 cuillères a café. En un bol, un enfant consomme donc quasiment la totalité de son « capital sucre » pour la journée, en sachant qu’il consommera ensuite un dessert au déjeuner, puis son goûter, puis encore un dessert au dîner… Bref, il va certainement exploser son quota de sucre à la fin de la journée.
  • Les sucres présents dans les céréales fourrées sont des sucres rapides. Ce qui signifie que l’enfant aura très certainement faim tout de suite après le petit déjeuner et aura tendance à grignoter.
  • Ces mêmes céréales contiennent en moyenne 3g de fibres. C’est trop peu ! Les céréales doivent apporter en moyenne 7g de fibres. Le reste sera apporté par les fruits et légumes.

Enfin, le bouquet final : toutes ces céréales contiennent beaucoup trop de gras saturé. Le gras saturé est d’origine animale (présent dans les laitages, beurres, viandes), et fait partie de ce qu’on appelle le « mauvais » gras. De manière générale, il faut éviter d’en consommer, même s’il est difficile d’y échapper, surtout dans les produits transformés. Dans ce type de céréales pour enfants, on en retrouve en moyenne 4g… C’est beaucoup trop, sachant qu’il va en consommer tous les jours.

Quelles alternatives?

LES FLOCONS D’AVOINE

C’est l’option la plus saine. Un bol de flocons d’avoine (sans le lait) ne contient quasiment pas de sucres ou de gras saturés (- de 1g), et plus de 4g de fibres. Dans du lait, froid au chaud, le flocon d’avoine se prépare rapidement. Vous pouvez y rajouter un peu de sucre de canne, sirop d’agave, de cacao en poudre, des épices… pour donner un peu de goût. C’est d’ailleurs le seul point négatif du flocon d’avoine : son goût et sa texture restent quand même très différents des céréales industrielles, et risquent d’être mal accueillis par votre bambin.

LES CORN FLAKES

Dans la famille des céréales industrielles, ce sont les plus saines. Elles contiennent en moyenne 6g de sucre, soit une cuillère a café, et quasiment pas de gras saturé. Préférez des corn flakes bio et sans sucre, vous pourrez y ajuster votre dose de sucre vous-même. Seul inconvénient : elles contiennent peu de fibres (3 g en moyenne).

LE MUESLI

L’avantage premier du Muesli, c’est le goût. Vos enfants devraient apprécier ! Souvent agrémenté de pépites de chocolat ou fruits, il est par ailleurs majoritairement composé de flocons d’avoine, il est donc très riche en fibres (7g en moyenne). En revanche, le Muesli industriel contient quand même beaucoup de sucres, d’où le bon goût ! Essayez de trouver du muesli qui ne contient pas plus de 16g de sucre par 100g. L’idéal est de réaliser votre muesli vous-même, il se prépare rapidement et se conserve assez longtemps. Ma recette, ici!

2 – Les poudres chocolatées

Le fameux « chocolat en poudre », qui a bercé mon enfance. Un « bon » goût de chocolat, qui me donne à présent la nausée, tant je le trouve sucré et sans goût de cacao. Mais notre jeune palais ne s’en rend pas compte, surtout lorsque nous ne sommes pas habitués au vrai cacao. Tout comme les céréales, le principe premier du chocolat ne devrait pas juste être le goût, mais les apports nutritionnels : le cacao est riche en magnésium, bon pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, mais aussi pour la relaxation musculaire, l’anxiété et le stress. Un enfant de 4 à 8 ans a besoin de 130 mg de magnésium / jour, et 240 mg pour un pré-ado de 9 à 13 ans.

Pourquoi c’est nocif ?

Les poudres chocolatées préparées sont très pauvres en cacao, et riches en sucre. Leur composition ? 70% de sucre en moyenne, pour 20% de cacao. Inutile de vous dire qu’il s’agit bien entendu de sucres rapides. Quant au magnésium, il est quasiment inexistant. Les poudres chocolatées n’apportent donc rien d’autre que du sucre. Certaines d’entre elles comportent des céréales en poudre, donc vous verrez un riche en apports en fibres. Mais à quel prix ? 

Quelles alternatives ?

CACAO EN POUDRE, NON SUCRE

La seule alternative viable et efficace. Le cacao en poudre peut faire peur, car son goût est très prononcé. Évidemment, lorsqu’on n’est pas habitué au vrai goût du cacao, l’effet est perturbant. Pourtant, en ajustant avec sa propre dose de sucre, un chocolat chaud avec du cacao en poudre est tellement plus gourmand… Et riche en magnésium! 2 cuillères à café de cacao en poudre, soit 10g environ, comportent 7g de sucres lents (le cacao en poudre a un très faible index glycémique, voir mon article ici), et 50mg de magnésium, pour bien démarrer la journée.

3 – Les goûters industriels

Il y a tellement de choix dans les rayons gâteaux des supermarchés, qu’on ne sait pas où donner de la tête. Aux fruits, au chocolat, moelleux, pas moelleux, fourrés, aux pépites de chocolat… Sans oublier leurs packagings colorés qui partent dans tous les sens… Les industriels rivalisent d’ingéniosité pour attirer le regard des enfants, qui vont ensuite forcer leurs parents à mettre leur paquet préféré dans le chariot. Mais tous ces produits ont un point commun : ils apportent du goût, certes, mais aussi un nombre incalculable d’additifs et autres ingrédients douteux, qui donnent le vertige lorsqu’on en regarde la liste.

Pourquoi c’est nocif ?

Par où commencer ! Le premier élément qui devrait vous inciter à reposer ce paquet de gâteaux là où vous l’avez trouvé, c’est la mention de l’ingrédient « sirop de glucose-fructose » dans la recette. Si vous ne comprenez pas pourquoi votre enfant fait une crise lorsque vous ne lui accordez qu’un seul gâteau, et pas un autre, ne le blâmez pas. C’est tout simplement la dépendance au sucre qui fait son job. Le sirop de glucose-fructose, est un sucre créé spécialement pour l’industrie agroalimentaire. Composé de fructose, à  l’index glycémique 5 fois supérieur au sucre, il est liquide, donc facilement utilisable, et bon marché, donc avantageux pour les industriels. Issu d’un procédé chimique, le sirop de glucose-fructose est beaucoup moins efficace que le sucre (déjà peu efficace lui-même) pour calmer la satiété, par son effet sur l’organisme. Le sirop de glucose-fructose serait donc un « super-sucre » au pouvoir dépendant bien plus élevé que le sucre raffiné. Certains chercheurs le considèrent même comme un « poison ». On peut aussi imaginer que, provoquer la dépendance chez un enfant, va faire augmenter les ventes de ce produit, puisque les parents devront constamment en acheter. Mais là, ce serait imaginer que l’industrie agroalimentaire mettrait la santé de vos enfants en danger, juste pour faire des bénéfices. Ils n’oseraient pas, n’est-ce pas ?…

Le second élément qui doit vous inquiéter, c’est la présence en nombre d’additifs en tout genre. Stabilisants, émulsifiants E472b (gélatine de porc), E475, E476, poudres à lever, diphosphate, carbonate acide de calcium… Oui, oui, on trouve toutes ces bonnes choses dans les recettes de gâteaux industriels pour enfants. Sans aucun intérêt sur le plan nutritionnel, le seul bénéfice reste pour les industriels. En effet, ces additifs permettent pour certains de permettre une longue conservation, et de réduire les coûts. La présence de ces additifs est donc un signe qu’on est en présence d’un produit transformé voir ultra-transformé, à éviter à tout prix.

Quelles alternatives ?

LES BISCUITS BIO

Les biscuits bio restent des biscuits industriels, donc assez sucrés. La différence, c’est que pour la plupart des biscuits bio (toujours vérifier la liste des ingrédients, bien sûr), ils ne contiennent aucun additifs, et souvent du sucre de canne, plutôt que du sucre raffiné. C’est donc une bonne alternative lorsqu’on ne peut pas faire de biscuits soi-même. Mais ils doivent néanmoins rester occasionnels.

BARRE DE CÉRÉALES ET BISCUITS MAISON

Rien de mieux que de préparer ses propres biscuits ! Évidemment, vous ne voyez sûrement pas à quel moment vous pourriez trouver le temps de cuisiner des biscuits pour vos enfants. Mais croyez-moi, c’est possible ! Préparer des biscuits ou des barres de céréales maison prennent peu de temps, se préparent en grand nombre, et elles se conservent 1 à 2 semaines. Économique et pratique ! Découvrez ma recette de barre de céréales maison ici.

4 – Les boissons aux fruits

Les boissons aux fruits ont beaucoup de succès car elles ont des formats pratiques, à l’image des Fruit Shoot ou des poches Caprissone. Pourtant, encore une fois, elles ne remplissent pas leur fonction première : apporter des vitamines, du calcium et du magnésium !

Pourquoi c’est nocif ?

A la différence des jus de fruits, les boissons aux fruits sont majoritairement composées d’eau et de sucres. Selon moi, un jus de fruit que l’on donne à un enfant ne devrait JAMAIS avoir du sucre ajouté dedans, puisqu’il y en a suffisamment dans le fruit, et il s’agit de sucre NATUREL. Le sucre ajouté dans un jus de fruit ne rajoute rien de plus que du goût sucré, qui n’a aucun intérêt. De plus, ces boissons aux fruits sont composées en moyenne de 10% de fruits, et à plus de 80% d’eau. A quoi bon donner un jus de fruit, lorsqu’il est juste composé d’eau ? L’eau c’est le job des bouteilles d’eau. Le boulot des jus de fruits, ce sont les fruits! Enfin, on trouve très souvent des conservateurs dans ces boissons aux fruits. Encore un ingrédient sans intérêt pour l’enfant et nocif.

Quelles alternatives ?

JUS DE FRUITS 100%

C’est la seule alternative ! Pas de nectar, jus de fruits à base de concentré, du VRAI JUS DE FRUIT ! Toujours regarder sur l’emballage si la mention « 100% pur jus » est indiquée, et regarder les ingrédients. Un seul ingrédient doit y figurer : 100% jus de … (pommes, oranges, etc). Pas de sucre, pas d’additifs, pas de conservateurs.

Pour conclure…

En toute honnêteté, j’ai du m’arrêter plusieurs fois à la rédaction de cet article, la tête dans les mains, pour me calmer. Au fur et à mesure de mes recherches, je n’en revenais pas du poison que des enfants (dont notre propre génération) ont ingurgité pendant des décennies. Parce que c’est bon, parce que les industriels arrivent à vous convaincre que leurs produits sont riches en lait, céréales, fibres ou je ne sais quoi, et parce que ça calme les enfants pour un moment (même si ce sont justement ces produits qui les excitent encore plus par la suite), on fait l’impasse sur les vraies questions que posent ces produits. Quant aux industriels, le chiffre d’affaires est le plus important, la santé passe au second plan.

J’espère que cet article vous éclairera lors de vos prochaines courses, et que vous réfléchirez à deux fois avant de mettre cette boîte de chocolat en poudre Nesquik ou ces princes de LU dans votre chariot. Et si votre enfant fait une crise, résistez ! Vous lui sauvez la vie.