Lecture du mois : « Les Quatre Accords Toltèques »

Toujours dans la lignée du développement personnel et de cette recherche de bien-être intérieur, ce deuxième épisode de mes lectures du mois va traiter d’un livre que j’ai lu il y a très peu de temps, mais qui fait partie des ouvrages incontournables (selon mes amis déjà familiers de ces thématiques), que toute personne souhaitant un mieux-vivre et un apaisement de l’esprit devrait avoir sur sa table de chevet.

Ce livre, intitulé « Les Quatre Accords Toltèques : la voie de la liberté personnelle » a été écrit par Don Miguel Ruiz, un chirurgien natif du Mexique et baigné dès son enfance dans un univers très ancré dans la spiritualité, élevé par une mère guérisseuse et un grand-père chaman. En ajoutant à cela un chemin de vie parsemé d’évènements marquants (dont une expérience de mort imminente au début des années 1970), c’est tout naturellement qu’il décide de consacrer une partie de sa vie à la maitrise des préceptes de la sagesse intérieure, enseignés par ses ancêtres Toltèques (une civilisation ancienne originaire du Mexique).

Comme vous l’aurez compris, ce livre tente donc de nous éclairer et de nous aider à nous libérer des angoisses et des frustrations de notre quotidien, en nous suggérant un mode de pensées digne des chamans mexicains, qui révèlent entres autres les freins et les causes du mal-être ambiant et constant chez l’être humain : conditionnement collectif, croyances limitantes, peur de l’autre, suggestions erronées… Des blocages qui nous empêchent d’atteindre une paix intérieure, et de retrouver la sagesse, ou encore « L’Amour Inconditionnel », un des fondements des enseignements toltèques. A la fois terre à terre, puis surréaliste, voire mystiqus, il faut rester ouvert d’esprit et ne pas avoir peur des histoires un peu irrationnelles et teintées d’une spiritualité qui frise avec le surnaturel et l’étrange. Pour autant, ses récits n’en sont pas moins clairs, et évocateurs. Pour ma part, je me suis très souvent retrouvée dans beaucoup de situations décrites dans le livre, et ces conseils peuvent s’appliquer au quotidien.

Vous aussi vous souhaitez retrouver la sagesse intérieure ? Ne plus vous prendre le chou pour des broutilles ? Lâcher prise ? Allez, comme je suis sympa, je partage avec vous ces 4 règles d’or !

1er accord : Que ta parole soit impeccable

Cette première règle peut en effrayer plus d’un de prime abord, car il impliquerait de contrôler constamment ses pensées, et de ne s’autoriser aucune transgression. Ce n’est pas tout à fait exact.

Selon l’auteur, la parole revêt un pouvoir qui pourrait aisément s’apparenter à de la magie. Elle a une force insoupçonnée sur la personne qui reçoit cette parole. Et quand on y réfléchit bien, c’est par la parole que se prend bien souvent des décisions importantes et radicales. Dans la politique, par exemple, un simple discours d’un candidat aux élections présidentielles peut déterminer l’issue de sa campagne. C’est également par la parole qu’une sentence est invoquée par un juge. C’est aussi par la parole qu’un infirmier doit annoncer le décès d’un proche à la famille. Bien souvent, un couple se réconcilie en échangeant des mots, en dévoilant ses pensées, en communiquant.

Telle est donc la force de la parole. D’où l’intérêt de mesurer ses mots, qu’ils soient dirigés vers autrui, ou vers soi-même.

Pour ma part, j’aime beaucoup la métaphore de la « magie », l’idée de voir la parole comme un pouvoir, et le fait de lancer une parole peut aussi ressembler au fait de jeter un sort.

« Quelqu’un exprime une opinion : regarde cette fille, comme elle est moche ! La fille en question entend cela, croit qu’elle est laide et grandit avec l’idée qu’elle n’est pas belle. Peu importe qu’elle le soit ou non : tant qu’elle est d’accord avec cette opinion, elle croira qu’elle est laide. Elle subit l’influence d’un sort ».

Don Miguel Ruiz

Dans cette époque où le jugement, la compétition et la concurrence contrôlent nos existences (en atteste ce fléau des émissions télé qui mettent en compétition des personnes sur des sujets divers et variés : la cuisine, le shopping, et même le mariage !), la parole devient de plus en plus décomplexée, libre, sans limites. Mais personne n’a vraiment conscience de l’impact de ses paroles sur lui et les autres. Les « sorts », donc, se jettent sans arrêt, à la volée, sans réfléchir.

Dans mon travail, par exemple, c’est une situation que j’observe très régulièrement, et dont je suis moi-même victime. Les réflexions fusent, et peuvent être parfois blessantes. Le côté pervers d’une parole, c’est que la conséquence n’est parfois pas celle souhaitée par la personne qui l’a lancée. Exemple : un manager fait une réflexion assez dure sur le travail d’un employé; son but aura seulement été de le bousculer un peu (ou pas, les managers malveillants existent). Mais ce que lui ne sait pas, c’est que cette parole n’aura pas la même résonance sur celui qui la reçoit. L’employé, lui, recevra cette parole de manière beaucoup plus violente, se remettra en question, se dévalorisera, déprimera, et la dégringolade peut aller très loin. Voilà l’impact qu’une simple parole peut avoir sur une personne.

Bien sûr, il faut toujours prendre en compte le contexte émotionnel et social d’une situation. Ce manager en question était peut-être sous pression et n’a pas mesuré la portée de ses paroles. De son côté, l’employé est très sensible et réagit plus difficilement que d’autres aux critiques. Mais c’est justement là toute la complexité de l’être humain, mais aussi toute sa richesse : ses émotions, ses ressentis. Il faut les prendre en compte, c’est indispensable pour pouvoir évoluer dans un environnement harmonieux et sain. Relâcher sa pression en jetant des « sorts », en s’acharnant sur une personne peut avoir un effet libérateur pour certains (pas pour moi, en tout cas, c’est un concept que je ne cautionne pas), mais il faut penser à l’impact, toujours. Être actif de ses pensées, de ses paroles.

Encore un autre exemple qui est assez révélateur, et qui je pense vous rappellera des situations que vous avez déjà rencontré, d’un côté ou de l’autre : un appel frustré à un opérateur téléphonique, à la suite d’une panne quelconque (internet, le téléphone, le frigo, la télé). L’incapacité de l’opérateur à régler le problème dans l’immédiat, couplée à la frustration du client de ne pas pouvoir faire usage de son matériel peut, dans certains cas, provoquer une déferlante de haine envers ce pauvre opérateur, qui n’y est très probablement pour rien dans l’affaire. Souvent, après avoir relâché toute cette frustration, le client lancera cette phrase ô combien hypocrite « désolé.e, ce n’est pas contre vous, mais c’est cette situation qui est juste inadmissible ». Si ce n’est pas contre lui, pourquoi donc avoir lâché ce venin ? Car l’impact va bien au-delà d’un simple défoulement occasionnel : cet opérateur prendra cette frustration pour lui, se sentira coupable, ou en colère. Il émettra une mauvaise onde, une mauvaise énergie qui se répandra autour de lui, jusque dans sa vie privée. Eh oui ! Alors, réfléchissez bien avant de disputer ce pauvre opérateur qui ne saura pas réparer votre box internet, la prochaine fois 😉

Mais donc, concrètement, comment passe-t-on cet « accord » avec nous-même ? Comment faire pour que notre parole soit impeccable ?

Pour cela, selon l’auteur, il faut prendre conscience de sa parole et la répandre dans un objectif d’amour et de vérité, et non de médisance et de jugement. Tout en étant honnête, il faut prendre en compte les sensibilités et les aspérités des personnes autour de soi, avant d’émettre un discours. Il faut faire l’effort de se servir de la parole de manière appropriée, juste et censée. Ce n’est pas toujours facile, je le conçois. Mais faire cet effort aura une répercussion que vous ne soupçonnez pas, aussi bien sur les autres et sur votre environnement, que sur vous. Car tout est connecté ; si vous émanez de l’amour et de la bienveillance autour de vous, vous en recevrez en retour. Et l’inverse se produira aussi : du jugement et de la médisance occasionnera irrémédiablement du chaos, de la malveillance et des mauvaises ondes autour de soi.

2ème accord : quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

Cet accord est et en quelque sorte relié à l’accord précédent, car il fait appel au contexte, à toutes les composantes qui créent une situation donnée. L’idée, c’est de se dire que quelque soit ce qui se passe, quelque soit la problématique, qu’elle nous affecte directement ou indirectement, il ne faut pas la prendre pour soi, il ne faut pas en nourrir son Ego. L’auteur parle « d’importance personnelle », le fait de toujours tout rapporter à soi, à sa personne. Selon l’auteur, il y a un côté presque égoïste à cela : le fait de penser qu’on est toujours concerné, que tout ce qui passe autour de nous nous concerne. Alors que, finalement, une personne rencontrera des milliers, si ce n’est des millions de personnes au cours de sa vie, et vous n’occuperez donc jamais toutes ses pensées. De plus, chaque personne à sa façon de penser, sa vision. Pour rester dans cette thématique et le contexte un peu plus imagé du livre, chaque individu vit « dans son propre rêve, sa propre tête », il a son propre vécu, ses blocages… Bref, il y a un nombre incalculable d’équations dans lequel vous n’êtes qu’une donnée arbitraire dans une myriade de probabilités.

Et même lorsqu’une situation ou une parole vous affectent directement, si une personne vous insulte ou vous juge, par exemple, là aussi, vous n’y êtes pour rien et vous ne devez pas le prendre pour vous. Cette réflexion est la conséquence d’une multitude de croyances, de peurs et de blocages qui façonnent la pensée d’une personne et qui se matérialisent par ces injonctions.

 « Si quelqu’un vous donne son opinion en disant : « qu’est ce que tu as l’air gros ! », n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en vérité, cette personne est confrontée à ses propres sentiments, croyances et opinions. Elle essaie de vous envoyer du poison, et si vous en faites une affaire personnelle, alors vous le recevez et vous vous l’appropriez. »

Don Miguel Ruiz

Selon l’auteur, ce qui se passe lorsque vous faites une affaire personnelle d’une situation, c’est que vous êtes offensé par le fait d’être confronté à une autre croyance, à un autre avis qui vous parait injuste, et faux. Vous voulez avoir raison, vous voulez prouver que cette personne a tort. Mais dans quelle dimension souhaitez-vous que cette personne ait tort ? Dans votre dimension, ou dans la sienne ? Dans votre monde, dans votre tête, vous avez raison, vous le savez. Dans la tête d’autrui, c’est une toute autre affaire ; et vouloir à tout prix convaincre autrui, lui prouver qu’il a tort, se défendre, est très souvent un effort vain. Car le façonnement de l’esprit et des croyances d’autrui est une construction de très longue haleine, et il parait très prétentieux de vouloir la changer.

Passer ce second accord avec nous-même, implique donc de lâcher prise, de prendre conscience que vous n’êtes pas responsable des pensées, des paroles et des agissements d’autrui. Il faut cesser de se prendre constamment au sérieux, et il faut parvenir à se détacher d’une situation hostile qui heurte nos croyances, ou qui tente de briser de manière brutale notre rêve, notre idéologie.

Selon Miguel Ruiz, cet accord est crucial car c’est véritablement celui qui nous autorisera à être beaucoup plus apaisé, beaucoup plus serein et maitriser ses émotions.

Si nous reprenons l’exemple de l’opérateur téléphonique qui reçoit le venin du client mécontent, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, et à juste titre, puisqu’il s’agit bien là d’un sort jeté par le client, il devrait plutôt relativiser, et se dire que c’est la frustration de ce dernier, sa croyance selon laquelle tout doit toujours bien fonctionner, sa rigidité, qui a provoqué cette réaction, il n’en est pas responsable. Il ne doit donc pas prendre cette réflexion pour soi.

3ème accord : ne faites pas de suppositions

C’est très probablement l’accord le plus difficile à passer avec soi-même. Faire des suppositions est une spécificité bien humaine, et nous bataillons constamment avec notre esprit pour contrer ces pensées qui nous tourmentent : « il ne m’a pas répondu, il est certainement en colère contre moi », « Je sens qu’il me regarde, il ne doit pas être satisfait de mon travail », « Elle est amoureuse de moi, j’en suis sûr ».

Le problème résulte du fait qu’on ne demande pas d’explications, qu’on ne communique pas ouvertement. Alors nous prêtons des intentions à autrui, sans lui demander son avis.

Selon l’auteur, notre esprit est encombré par nos perceptions, nos suppositions, qui créent un réel chaos dans nos vies. Ce fait se justifie par toutes ces situations que nous avons gâchées, du fait d’avoir supposé des choses, d’avoir imaginé la pensée ou l’opinion d’une autre personne.

En ce qui me concerne, cet accord est quasiment impossible à passer avec mon esprit ; je réfléchis beaucoup trop. De simples situations banales, j’en déduis des conclusions sur ce qu’une personne pense de moi, alors que très souvent, lorsque j’en discute avec cette personne, je réalise qu’il n’en est rien ! C’est très souvent absurde, mais cette supposition me fait énormément souffrir, et peut même m’amener à me faire des films, des montagnes, des histoires fictives complétement farfelues qui se créées uniquement à partir d’une graine ; une simple supposition.

Faire des suppositions, peut également se traduire par la croyance qu’une personne doit forcément savoir comment nous fonctionnons, qu’elle est « dans notre tête », or ce n’est pas le cas !

Les dégâts se ressentent très souvent dans des situations de couple. Exemple : un jeune homme va rentrer du travail, exténué, et va penser que sa femme a préparé un diner. Mais ce n’est pas le cas, car cette dernière a mangé au restaurant avec une amie. Il sera donc fâché, mais elle ne saura pas pourquoi. De cette situation très étrange va en résulter des incompréhensions et des frustrations. Ce jeune homme a supposé que sa femme savait ce qu’il voulait, mais ce n’est pas le cas, elle n’était pas dans son esprit à ce moment-là, et ne pouvait donc pas deviner. Il aurait donc dû exprimer ouvertement le fait qu’il voulait que sa femme prépare un repas. Elle l’aurait très certainement fait (ou pas), mais au moins il n’y aurait pas eu de suppositions, tout aurait été clair.

Mais ce n’est pas tout ! Nous faisons également des suppositions sur nous-mêmes. Nous pensons à tort, par exemple, être capable de faire une telle chose, ou nous nous sous-estimons, pensant ne pas être assez fort, assez intelligent. Mais sur quels éléments se basent ses conclusions ? Bien souvent, il s’agit de suppositions non fondées, de simples croyances limitantes.

L’unique clé qui nous permettra de respecter cet accord, est la communication et l’action. Cela peut paraitre un peu cliché, mais le fait d’échanger, de parler, de poser des questions, de tenter, est le meilleur moyen d’éviter de faire des suppositions, et donc de se créer un film basé sur aucun fait réel. Le manque de clarté dans un échange entre des personnes est le meilleur moyen de se retrouver dans des discussions compliquées et malsaines, qui occasionnent de la tension et de l’incompréhension.

Il ne faut pas hésiter, de la même manière, à exprimer clairement ses besoins. Nous sommes uniques, nous avons des pensées et un imaginaire qui nous sont propres, nous ne pouvons donc pas supposer que nos proches, aussi familiers soient-ils, savent ce que nous souhaitons, c’est impossible.

Ne cédons donc pas à la rumination constante et au tourment de nos esprits, et discutons ! La difficulté de cet accord réside dans le fait que nous agissons bien souvent inconsciemment, notre esprit construisant ses propres suppositions, souvent à notre insu. Il faut donc rester alerte, maitriser ses pensées, et les analyser. C’est un entrainement, mais vous pouvez y arriver.

4ème accord : faites toujours de votre mieux

Cet accord est le socle des trois accords précédemment cités. Personne n’est parfait, et vous n’arriverez probablement pas toujours à respecter vos engagements. Mais quoi qu’il arrive, faites ce que vous pouvez, en fonction de ce que votre énergie du moment est capable de vous procurer.

« Quelles que soient les circonstances, faites toujours de votre mieux, ni plus, ni moins. Mais rappelez-vous que votre mieux ne sera jamais le même d’une fois à l’autre. Tout est vivant, tout change constamment, par conséquent votre mieux sera parfois à un haut niveau, et d’autres fois à un moins bon niveau. »

Don Miguel Ruiz

Faire de son mieux, selon Miguel Ruiz, ne signifie pas de se tuer au travail, de lutter de manière acharnée contre ses pensées, quitte à se torturer l’esprit. Lorsqu’on est fatigué, ou malade, on ne peut pas faire autant de choses que lorsque nous sommes pleins d’énergie. Pour autant, nous pouvons achever une petite tâche, une petite mission à la mesure que ce que nous sommes capable de donner à l’instant T, sans se sentir coupable.

Dans son activité, par exemple, il vaut mieux travailler tous les jours 2 heures, que de s’épuiser à travailler 8 heures, pour ensuite être entièrement vidé et ne plus pouvoir avancer pendant les deux semaines qui suivent. Car la vie se construit sur des expériences, des moments de joie, de changements d’état d’esprit, qui sont nécessaires pour développer notre créativité et notre efficacité. Il faut donc se ménager, mais tout en faisant de son mieux !

D’où l’absurdité, selon moi, du mode de travail contemporain, où chaque personne est obligée de travailler à heures fixes, du lundi au vendredi, et être constamment efficace. Cela n’existe pas! Qui n’a pas déjà ressenti une fatigue telle qu’il se sentait incapable d’avancer dans son travail, mais s’est forcé à travailler en allant puiser dans une énergie qu’il n’avait pas à ce moment-là? Bien souvent, cet acharnement va provoquer un épuisement qui empêchera par la suite de travailler pendant une plus longue période : de cela en résultera un arrêt de travail, ou un burn-out. Si cette personne avait écouté son corps et s’était arrêté au bon moment, il n’en serait pas arrivé là.

Dans les relations personnelles, le même constat se vérifie. Vous ne pourrez pas toujours être de bonne humeur, et donc vous ne pourrez pas toujours mesurer vos paroles envers autrui. Mais faire de son mieux, signifie que vous pouvez parler ouvertement, ne pas avoir peur de faire tomber le masque, d’être vrai. Vous aurez fait de votre mieux en exprimant honnêtement vos sentiments, ce qui vous rend de mauvaise humeur. Et si vous êtes si épuisés que vous n’en êtes pas capable, alors vous aurez fait de votre mieux en vous isolant, en prenant du temps pour vous, pour recharger vos batteries. Lorsque ce sera fait, vous pourrez ensuite discuter de manière apaisée avec vos proches.

Après avoir lu ce livre, j’ai réalisé à quel point tout pouvait être simple, si nous respections chacun ces accords ; cependant, les stimulations que notre esprit éprouve quotidiennement, les épreuves, les conditionnements, rendent très difficile la bonne application de tous ces préceptes. C’est un effort de tous les jours, que l’auteur nomme d’ailleurs « la discipline du guerrier ». Je vous rassure, je ne suis pas une guerrière et il m’est très difficile, voire parfois impossible, de respecter ces accords. Pour autant, j’essaie d’être active de mes pensées et de mes actions, dans la mesure du possible, car j’ai conscience de l’impact que je peux avoir sur autrui.

Dans tous les cas, de mon humble avis, ce livre est effectivement à avoir sur sa table de chevet, il est crucial est indispensable, au moins pour élever sa conscience et être réellement maître de sa vie.

Lecture du mois : « petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués »

Pour ce premier article de la série des lectures du mois, j’ai choisi de parler d’un livre qui traite d’un sujet assez personnel. Il n’est pas très récent, mais je suis tombée dessus il y a quelques semaines, alors que je cherchais un bouquin sur le développement personnel, étant en pleine « crise de confiance ». Ecrit par Béatrice Millêtre, docteur en psychologie, il s’intitule « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués ». Ce livre parle donc de confiance en soi, d’assurance et de remise en question dans une société assez unilatérale et dirigée autour d’un mode de fonctionnement commun, qui ne s’applique pourtant pas à tous. Dès les premiers paragraphes, j’ai tout de suite été frappée par la description que faisait l’auteur sur ce type de personne en manque de confiance, qui me correspondait en tous points ; l’impression d’être à part, d’être dispersé dans son travail, le fait d’avoir des idées et des projets pleins la tête mais de ne rien pouvoir achever concrètement… Ce livre m’a rassuré ; je n’étais pas seule à ressentir tous ces gênes, mieux, ils traduisent une facette plutôt plaisante de ma personnalité. Je vous fais un petit résumé !

Avez-vous l’impression de venir de la planète Mars ?

Que signifie « ne pas se sentir très doué » ? Selon l’auteur, il s’agit de ces personnes qui ont du mal à s’intégrer dans leur travail, ou dans la société plus généralement, et qui ont l’impression d’avoir une conception globale un peu à part.

Dans son travail, cela peut se traduire par un manque de concentration et d’implication, dès lors qu’un sujet ne vous intéresse pas trop, ou que vous avez déjà tout compris. On est très vite distrait par ses pensées, ses idées et ses rêves. Ce problème, vous le connaissez depuis l’enfance. Vos professeurs ne vous qualifiaient-ils pas d’élève « dans la lune », sur vos bulletins scolaires ? Pour ma part, j’ai entendu ce reproche tout au long de ma scolarité. Et jusqu’à maintenant ! Il faut parfois me secouer ou claquer des doigts pour me sortir de mon rêve éveillé.

On a l’impression d’être long à la détente, également. Vous est-il déjà arrivé de recevoir une instruction de la part de votre supérieur, un email, mais de ne pas avoir bien compris la demande, qui parait pourtant simple ? A ce moment-là, on se sent un peu « bête », on a l’impression de ne pas bien comprendre les choses, comme tous les autres. L’histoire de ma vie…

Vous avez également un mal fou à faire des « plans détaillés » d’un projet. Pour vous, dans votre tête, vous savez où vous souhaitez aller, et comment y aller, mais il est très dur de l’expliquer aux autres. Prendre des notes, faire des comptes rendus, des tableaux… Tout cela vous parait futile. Le problème, c’est que c’est souvent ce que votre chef attend de vous, et vous allez donc soit oublier de le faire, et donc être mal vu, soit vous allez le faire en prenant un temps fou. Bref, en vous comparant à vos autres collègues qui ne semblent pas être en difficulté, vous vous sentez vraiment très mal. Vous avez également dû mal à comprendre un sujet si vous ne détenez pas les tenants et les aboutissants du sujet en question. Si on vous demande d’exécuter une tâche sans vous expliquer clairement le contexte, l’objectif et la finalité du projet, vous allez avoir beaucoup de mal à vous impliquer et à mener à bien la mission. Ou alors, vous allez chercher par vous-même, et perdre des heures à chercher le fond de chaque dossier… Jusqu’à en oublier la tâche qui vous avait été demandée initialement.

Dans la société, cette personnalité se traduit par un côté un peu « marginal ». Sans forcément être complètement différent des autres, vous vous sentez parfois un peu en décalage, et seul, même en étant entourés de tous vos amis. Sur le moment, tout va bien, vous discutez avec vos proches, vous rigolez, et puis, progressivement, vous allez vous déconnecter du groupe, vous mettre en mode « off ». Vous repartez dans vos rêves, vos pensées. Surtout si le sujet de conversation ne vous intéresse pas. Là aussi, c’est un problème car, vous voulez toujours discuter de sujets profonds, de questionnements, de philosophie, quand vos amis préfèrent parler de la dernière série à succès, du repas de la veille, des histoires du bureau, ou pire, de la pluie et du beau temps… Ce qui n’est pas un reproche bien entendu !

Mais en même temps, cette solitude, ces moments de pure introspection et de rêverie, vous en avez besoin. Vous pouvez passer un bon quart d’heure, voire plus, à réfléchir, les yeux dans le vague, à replonger dans des histoires, réelles ou non. Vous avez besoin de vous retrouver, de vous éloigner un moment de l’effervescence des pensées et opinions des autres qui vous perturbent. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie aussi bien que lorsque j’ai voyagé seule. J’étais libre de rêver, de m’arrêter, de prendre du temps, de me retrouver avec moi-même. J’en avais besoin. En revanche, j’appréciais la compagnie de nouvelles personnes, j’étais curieuse de connaître la vie de toutes ces personnes qui venaient des quatre coins de la planète. Mais j’avais cette possibilité de choisir les moments où je voulais être seule, et les moments où je voulais être entourée. Le paradis !

Et dans la vie, vous avez souvent ce sentiment de perdre votre temps. De rater quelque chose, de ne pas faire des choses vraiment intéressantes. Vous avez besoin d’être constamment stimulé, et c’est pour cette raison que vous avez des projets pleins la tête, vous avez un esprit entrepreneurial. Et pourtant, combien de projets allez-vous vraiment mener à bien ? Vous déprimez car vous avez l’impression de ne jamais finir ce que vous avez commencé. Un blog, l’écriture d’un livre, un cours particulier… Vous commencez pleins de choses, mais vous les finissez rarement. Sur mon ordinateur, j’ai une dizaine de documents Word ; des histoires que j’ai commencé à écrire, mais que je n’ai jamais terminé. Une histoire d’amour, une histoire de science-fiction, une bande-dessinée…

En clair, toutes ces contradictions et ces traits de votre personnalité vous donnent l’impression de ne pas être très doués, de ne pas être très intelligents – bien que vous en ayez l’impression, parfois. Vous avez même parfois cette impression d’être quelqu’un de brillant, mais vous êtes vite rattrapés par les autres, vos collègues, vos amis, qui s’intègrent tellement mieux que vous, qui se sentent tellement plus à l’aise dans le fonctionnement de cette société, que vous en venez à vous dire que c’est vous, le problème. Et pourtant !

Vous n’êtes pas bêtes, vous êtes des créatifs !

Selon l’auteur, toutes ces caractéristiques ne font pas de vous quelqu’un d’anormal, bien au contraire. Vous avez une intuition très développée, vous comprenez très vite des informations importantes, vous avez une vue globale des choses, que vous percevez rapidement, quand les autres auront plutôt une vision analytique, étape par étape. Vous n’êtes absolument pas long à la détente ! Vous avez simplement besoin d’un peu plus de temps, pour comprendre le projet dans son intégralité. Mais dans le monde du travail, tout est tellement hiérarchisé et séquencé, et vous n’avez pas vraiment le temps de faire fonctionner votre cerveau avec efficacité. Vous apprenez vite, si vite que, parfois, vous vous dites qu’il y a un piège, quelque chose que vous avez oublié, et vous allez bloquer sur le sujet, tourner en rond alors que, si vous vous écoutiez, l’affaire serait déjà pliée !

Vous avez beaucoup d’imagination, aussi. Enfant, vous adoriez inventer des histoires, écrire. Dans votre chambre, vous parliez tout seul, en vous inventant des vies ou des aventures. C’est pour cette raison que vous êtes innovant, vous avez pleins de projets, farfelus parfois, à l’avant-garde, souvent. En faisant du tri dans le grenier, j’ai retrouvé des tas de petites histoires que j’écrivais, où j’étais l’héroïne dans un monde totalement imaginaire. J’inventais des choses également ; comme le tout dernier téléphone capable d’appeler un contact au simple son de la voix (ce qui n’existait pas à l’époque) …

En fait, tout ce qui est plus grand que vous, tout ce qui demande de prendre de la hauteur, du recul, sans forcément s’attarder sur des détails, ça, vous savez faire. Organiser un voyage ? Un jeu d’enfant ! Imaginer le prochain smartphone du futur, avoir des idées pour lancer une gigantesque campagne de communication, pas de problème ! A l’inverse, faire le compte-rendu d’une réunion, rédiger un PowerPoint, passer un coup de fil pour expliquer un projet à votre interlocuteur… Pour certains, c’est bien plus simple, pour vous, c’est une torture.

Vous êtes donc curieux, créatifs, innovants, intuitifs, vous apprenez vite, et pourtant, vous n’y arrivez toujours pas. D’où vient ce mal être ?

Raisonnement intuitif vs séquentiel

Selon l’auteur, si vous avez ce ressenti, c’est simplement parce que la société est basée sur des modèles et des règles qui s’appliquent à la majeure partie de la population, mais pas à tous. La majorité de la population a un raisonnement que l’on appelle « séquentiel ». Il s’agit d’un raisonnement dans lequel chaque action sera découpée, indépendante, et par conséquent, ces personnes seront attachées aux détails, aux procédures, aux process. Leur mode de fonctionnement est méthodique. Ils ont de grandes facilités à suivre les instructions à la lettre, sans s’éparpiller. Minutieux, ils font attention à tous les petits détails, et sont généralement très ordonnés. Ça ne vous ressemble absolument pas, n’est-ce pas ? Comme je vous comprends… Dans la société, la majeure partie de la population fonctionne avec ce raisonnement séquentiel. Et tout est donc construit pour ce mode de fonctionnement : les procédures, la hiérarchie, les règles au travail ; à l’école, l’apprentissage, où un professeur nous donne les instructions que l’on doit suivre à la lettre. Être ordonné est bien vu, mais être « bordélique » même en ayant un bordel bien organisé, est vu négativement. De manière générale, une personne qui sait répondre aux ordres, de manière automatique et analytique, est bien plus appréciée qu’une personne qui remet tout en question, qui propose plein d’idées sans vraiment savoir d’où elles viennent, ou qui rêve souvent. Par conséquent, vous, qui avez plutôt un raisonnement « global et intuitif », allez avoir dû mal à vous intégrer. Ce n’est donc pas vous le problème, c’est la société qui n’accepte pas les différences !

Comment reprendre confiance en soi?

Dans son livre, l’auteur donne quelques conseils pour arriver à trouver sa place dans une société qui n’a pas de siège adapté à nous. Notre cerveau fonctionne différemment, c’est un fait, alors faites en sorte de le laisser s’exprimer ! Nous avons la capacité de comprendre un projet de manière globale, sans pour autant s’attarder sur chaque détail. Mais pour cela, il faut laisser le temps à son cerveau de rassembler toutes les informations. Et vous savez comment faire ? Eh bien, en ne faisant rien ! Nous avons cette faculté de travailler « inconsciemment », notre cerveau est constamment en ébullition. Donc, quand vous recevez une information, un dossier, lisez-le, puis allez vous promener, lisez un livre, faites autre chose. Cela peut paraître déroutant, mais l’auteur explique que c’est en vous éloignant du sujet que votre cerveau peut faire son travail. Pour ma part, j’ai souvent l’impression que j’ai mieux compris un sujet, ou que je retiens mieux une information en y revenant le lendemain. Sur le moment, je n’avais pas compris.

Ensuite, il faut organiser ses pensées, prioriser. Certes, vous avez besoin de partir dans pleins de directions différentes, de réfléchir à tout et rien à la fois. Cependant, pendant quelques heures, il faut essayer de se concentrer sur un sujet, et un seul. C’est très difficile au début, mais c’est un exercice qui vous permettra de mieux cadrer vos réflexions et d’être plus efficace, de finir vos projets. Mais gardez en revanche des moments pour rêver, partir dans des délires et des projets comme vous savez si bien le faire, votre cerveau se nourrit de ça.

Il faut aussi savoir « s’arrêter ». Lorsque vous avez achevé une tâche, lorsque vous avez le sentiment d’avoir atteint votre objectif, il faut passer à autre chose. Vous auriez bien entendu la possibilité d’aller encore plus loin, de remettre en question certains points, et de tout revoir, mais vous perdriez du temps et l’objectif que vous vous étiez fixés au départ.

En clair, apprenez à maîtriser votre cerveau, le canaliser, tout en le laissant s’exprimer au bon moment !

Lorsque j’ai lu le titre de ce livre, je l’ai trouvé un peu prétentieux, au départ, car je ne me trouve pas particulièrement intelligente. Et c’est en fait tout l’objet de ce livre ; il faut arriver à reprendre confiance en soi, assumer ses capacités, dans un monde qui ne nous ressemble pas. C’est très difficile, je le conçois, et il va falloir un long chemin avant d’arriver, enfin, à se sentir bien dans un monde qui n’est pas fait pour nous. Je remets toujours tout en question ; dans mon travail, j’ai un mal fou à me concentrer car je pense à mon blog, à mes projets, à mon livre… Je m’éparpille, je m’égare, et je m’auto-flagelle constamment, me sentant incapable face à des collègues qui semblent tout savoir et tout réussir.

Si je peux également donner un autre conseil, c’est de ne jamais se comparer aux autres. Comme nous venons de le voir, nous sommes différents jusqu’au fonctionnement même de notre cerveau. Si une personne arrive à faire quelque chose que vous ne réussissez pas, ce n’est pas grave ! Vous, vous arrivez certainement à faire quelque chose qu’elle ne peut pas faire. Votre collègue sait faire des comptes-rendus, de super PowerPoint ? Elle est force de proposition, réussit chaque tâche avec brio ? Tant mieux. Mais vous, vous avez des idées pour changer le monde, pour changer la société, vous seriez capable d’être entrepreneur, de monter votre entreprise. Peut-elle en dire autant ?

Votre amie est très appréciée, elle est très populaire. Très sociable, elle parle facilement avec les autres, a de l’assurance et sait ce qu’elle veut dans la vie. Tant mieux. Mais vous, vous avez ce côté mystérieux, vous rêvez, vous aimez bousculez les règles, les choses établies, vous réfléchissez beaucoup. Vous pouvez donc parler pendant des heures de sujets passionnants. Et ça, c’est une belle qualité !