Intelligence artificielle contre Intelligence naturelle : l’être humain devient-il obsolète ?

Disclaimer : sortez le second degré de votre poche, vous en aurez besoin! 😉

L’obsolescence correspond à la dépréciation d’un produit qui, malgré le fait qu’il fonctionne, ne répond plus aux exigences du marché, ne parvient plus à suivre le rythme des mises à jour, ou ne plait plus au consommateur. Dans ce cas, il est remplacé par une version plus élaborée, plus performante. Jouons à un petit jeu. Disons, par exemple, que ce consommateur devienne Mr Croissance ou Mme Capitaliste. Est-ce que nous deviendrions, nous aussi, pauvres êtres humains, un produit obsolète qu’il faut remplacer par une nouvelle version plus efficace ?

L’obsolescence de l’homme n’est pas une expression tout droit sortie de mon imaginaire un peu tordu. Edouard Jolly l’évoque dans l’ouvrage dédié à Günther Anders, « la politique de la technique » et y dédie un chapitre. L’homme obsolète, épuisé par une déshumanisation progressive de la société au profit de l’innovation et du shoot d’adrénaline qu’offre l’intelligence artificielle à la croissance. Pourquoi devenons-nous obsolètes ? Quelles sont ces failles si préjudiciables à la société ?

L’être humain n’est pas assez rapide

Dans la course à la croissance, l’être humain semble être à bout de souffle. Il faut sans cesse se réinventer, innover, être productif, être force de proposition, être flexible… Autant de contraintes qui pourraient néanmoins être réalisables si le laps de temps pour le faire n’était pas si serré. Le problème, c’est qu’à ce jeu, un adversaire est passé maître depuis bien longtemps et dicte le tempo. J’ai nommé l’intelligence artificielle, IA pour les intimes. Tel le messie, l’IA promets monts et merveilles à Mr Croissance et Mme Capitaliste : une productivité qui défie toute concurrence, une rentabilité parfaite, une capacité d’apprentissage optimale. Comment l’être humain, avec ces huit heures de sommeil minimum nécessaire par jour et sa rapidité limitée, peut-il rivaliser ?

A l’image de Pazzi, ce pizzaïolo fait de câbles et d’algorithmes. Avec une cadence imbattable de 100 pizzas cuites à l’heure, d’une capacité de travail de 24/24h et 7/7j, il met n’importe quel pizzaïolo moustachu à l’amende. Il est actuellement en test dans une pizzeria de Seine-et-Marne. Ses fabricants, enthousiastes, espèrent le déployer dans les centres-villes courant de l’année 2020.

Depuis quelques décennies, on voit les dégâts causés par cette cadence infernale rythmée par la technologie. L’épuisement professionnel est un des premiers symptômes d’un être humain qui s’est calé au rythme de l’IA et qui perd le contrôle.

En effet, dans une entreprise où les emails sont envoyés à la vitesse de l’éclair, où les projets s’empilent et où la demande évolue constamment, l’employé modèle a souvent l’impression d’avoir besoin de bien plus qu’une journée de travail pour accomplir ses tâches. La seule option est donc d’étendre la durée de sa journée de bureau. Pourtant ce n’est pas la solution. Pour pouvoir aller aussi vite que la vitesse des emails, il faudrait pouvoir augmenter physiquement sa rapidité. Ecrire un email en deux secondes, traverser l’open-space en accéléré pour titiller un collègue… Le rêve. Mais ce n’est qu’un rêve, malheureusement. Nos limites physiques nous le rappellent. Et la poursuite de ce rêve inatteignable tourne inévitablement au cauchemar. Le burn-out, c’est le nouveau fléau des victimes du monde impitoyable du travail.

Et il ne touche pas que les employés du secteur tertiaire. Ce rythme endiablé touche aussi les ouvriers, dont l’IA était censée faciliter la tâche… Le piège. Comme l’évoque Eric Sadin dans son ouvrage « L’intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle », l’automatisation et la robotisation des usines pour épargner l’Homo Faber des tâches pénibles, n’est qu’un leurre. Je cite, « Allez donc demander à un ouvrier qui doit se plier aux cadences imposées par des processeurs […] si cette architecture organisationnelle lui permet […] de s’acquitter de tâches dignes de lui ! ». L’ouvrier devient la marionnette de la machine, dont l’objectif est d’optimiser la productivité, pas le bien-être du travailleur.

Amazon, par exemple, pense à affubler les employés de ses entrepôts de bracelets électroniques, afin de les guider pour qu’ils trouvent immédiatement le colis à récupérer. Des vibrations seront émises, en guise d’alerte, s’il ne va pas dans la bonne direction. Ceci pour éviter une des énièmes faiblesses de l’être humain : sa maladresse, mais nous en parlerons un peu plus tard.

Parlons maintenant de cette fameuse histoire de 5G qui fait tant polémique, mais qui n’empêche pas notre bon vieux Elon Musk d’envoyer des satellites dans le ciel pour en décupler la puissance. Ce dernier l’a d’ailleurs dit lui-même : l’intelligence artificielle met en danger la civilisation. Pourtant, ça ne l’empêche pas de mettre au point une nano-puce qui permettrait de relier le cerveau à la machine.

La 5G s’inscrit également dans cette recherche de rapidité insensée. En effet, la 5G nous permettrait de télécharger une vingtaine de films en moins de temps qu’il ne faut pour dire « au secours la civilisation est en train de s’effondrer ». Les photos et les vidéos se partageraient à une vitesse phénoménale, augmentant d’autant plus nos addictions aux écrans et aux réseaux sociaux. Il faudra suivre le rythme, regarder toujours plus de vidéos pour être à la page le lendemain devant la machine à café.

En clair, tel un hamster dans sa roue, l’être humain pédale, mais ne parvient pas à être à la hauteur. Il a trouvé sa nouvelle version, plus élaborée. Bonjour l’obsolescence !

L’être humain est trop maladroit

La croissance ne laisse pas de place à l’erreur. Une erreur sur une ligne de production ralentit la productivité. Une erreur dans la stratégie marketing réduit le retour sur investissement. Une mauvaise appréciation lors d’un entretien provoque la perte de rentabilité d’un salarié, non compétent pour le poste.

Vous souvenez-vous des premiers de la classe, ayant toujours la bonne réponse, le doigt toujours levé à la moindre question ? Aujourd’hui, le premier de la classe, c’est l’IA. Elle est la garante de la vérité, de la justesse. Calibrée au millimètre près grâce à des algorithmes, elle a réponse à tout, et ses réponses sont forcément toujours correctes. C’est au nom de cette justesse implacable qu’elle remplace progressivement certains métiers où le droit à l’erreur n’est pas permis. Dans le domaine de la bourse, par exemple, où 50% des transactions financières sont gérées par des algorithmes. Bientôt, c’est l’analyse financière, qui demande pourtant de la réflexion et du jugement, qui sera déléguée aux machines. Tiens, d’ailleurs en parlant de jugement… Une nouvelle faille de l’être humain que l’IA a l’intention de combler. Nous en parlerons plus tard.

Pourtant, n’est-ce pas la maladresse ou le hasard qui ont conduit à de belles découvertes ? La pénicilline, les grottes de Lascaux ou, plus important encore, la tarte Tatin…

Finalement, l’être humain n’a plus le droit d’avoir deux pieds gauches. Tel un smartphone qui beugue, s’il fait des erreurs, il est mis au ban et remplacée par le premier de la classe.

L’être humain est trop émotif

Enfin, une des plus importantes failles de l’être humain : l’émotivité. Manque d’impartialité, biais cognitifs, erreur de jugement… Que de contraintes que l’IA ne connait pas. Dans une société contemporaine et occidentale qui refoule ses émotions, il est crucial d’éradiquer cette tare qui empêche de prendre des décisions lucides, censées et économiquement viables. Dans les entreprises, une IA aurait-elle soudain besoin de démissionner pour trouver un emploi qui a du sens, qui est en alignement avec ses valeurs ? Non, toutes ces futilités ne l’intéressent pas.

Par ailleurs, pas de place non plus au doute ou à la sensibilité. C’est ainsi que, dans le domaine de la justice, aux Etats-Unis par exemple, des juges utilisent des protocoles algorithmiques pour les aider à se prononcer à propos de l’opportunité de libérer une personne en attente de son jugement, en fonction des probabilités, supposées par l’IA, à commettre entre-temps un nouveau crime.

Pourquoi faire du cas par cas ? Les êtres humains sont tous similaires, ils ont tous la même histoire, les mêmes sentiments, le même fonctionnement… N’est-ce pas ? L’IA ne sera pas attendrie par une mère et ses quatre enfants qui demande un prêt à la banque pour pouvoir s’en sortir. Seule décisionnaire : son algorithme qui estimera que, en fonction de l’historique de cette mère de famille, elle n’est pas apte à recevoir un prêt. Dossier classé !

Néanmoins, on pourrait trouver bien des exemples de sujets pour lesquels la prise en compte de ces émotions prend tout son intérêt. Est-ce que l’IA parvient à faire retrouver le sourire à un enfant malade, comme un clown peut le faire ? Est-ce que l’IA est capable de fédérer une communauté aimante, unie et soudée, comme des êtres humains savent si bien le faire ? Ah, mais tout cela ne rapporte pas d’argent, j’avais oublié ce petit détail…

Cependant, je dois l’admettre, il y a bien un sujet pour lequel l’impartialité de la technologie a fait ses preuves. L’effondrement de la civilisation est un fait que l’IA ne nie pas, bien au contraire. Factuellement, elle est capable de déterminer quels seront les pics de ressources et les périodes de chute des différentes structures de notre société. C’est une simulation informatique du modèle World 3 (créé tout de même par des êtres humains, Donella et Dennis Meadows) qui a permis de mettre en lumière les limites de la croissance. Il suffit d’appuyer sur un bouton, et les faits sont là : selon les modèles de croissance de la civilisation, cette dernière s’effondrera, ou ne s’effondrera pas.

Là, l’IA nous met K.O. Car malgré les faits, l’être humain est incapable de voir l’évidence. La faute aux émotions ? Non, bien au contraire ! C’est parce que l’être humain refuse d’accueillir les émotions que provoquent cette annonce, comme la peur de la mort ou la colère, qu’il refuse d’accepter l’inacceptable.

Comme nous le verrons en fin d’article, la sensibilité et l’émotivité sont les qualités dont l’Homme aura le plus besoin pour survivre dans les décennies à venir.

Quand la technologie devient notre coach de vie

Non contente de nous rabaisser et de nous réduire à un simple être vivant pétri de défauts, l’IA devient à la fois notre bourreau, et notre sauveur.

En effet, sa perspicacité et son intelligence sont indéniables, et nous nous en remettons à elle pour nous aider à vivre une vie plus saine, dans un monde de fou, ou tout va trop vite… Le serpent qui se mord la queue.

Au lever, elle nous réveillera et nous indiquera quelles ont été nos statistiques de sommeil, et comment mieux dormir la nuit prochaine. Alors que nous préparons le petit déjeuner, elle se chargera de régler l’intensité du chauffage ou de la lumière. Avant de partir pour se rendre au travail, elle nous rappellera tous les rendez-vous prévus. Tout au long de la journée, elle nous traquera et comptera nos pas, et nous nous auto-flagellerons de ne pas avoir atteint les 10 000 pas journaliers. Pendant la pause déjeuner, elle nous donnera son avis sur les repas que nous ingérons, et nous en conseillera d’autres, qui nous maintiendrons plus en forme. En fin de journée, nous discuterons avec elle à travers le chat-bot de notre opérateur mobile, qui se chargera de régler la panne de notre smartphone.

Après une journée de travail éreintante, elle se chargera d’allumer la musique, et d’appliquer une lumière tamisée dans le salon, pour se relaxer.

Puis, quand nous surferons sur Internet et que nous verrons une publicité vantant les mérites du dernier smartphone, nous penserons, « c’est un signe, je dois remplacer ce smartphone en panne ! » Non, ça sera simplement l’algorithme qui aura bien fait son travail d’espionnage ce jour-là.

Notre dépendance à la technologie est bien réelle. Bien malin ceux qui pourront dire qu’ils n’ont aucunement besoin de la technologie dans leurs vies. Le tout est de savoir contrôler sa dépendance. Il suffit de suivre ce principe qu’énonce Philippe Bihouix dans son ouvrage « l’âge des low-tech : vers une civilisation techniquement soutenable » : redéfinir ses besoins. A-t-on réellement besoin d’une brosse à dents connectée, ou d’une Alexa au rire douteux qui allume la lumière à notre place ?

Retrouvons notre puissance !

L’être humain vit en quelque sorte un syndrome de Stockholm ; il soutient les responsables de son oppression. Mieux, il crée lui-même l’outil qui provoquera son obsolescence. Car derrière les algorithmes et les câbles, se cachent des êtres humains, aveuglés par cette envie d’aller toujours plus loin, de dépasser les limites.

Qu’est-ce qui pousse un ingénieur aussi intelligent et doué, à vouloir créer un robot capable de surpasser l’être humain, en ayant conscience des enjeux ? Les yeux brillants, l’adrénaline, l’imaginaire débordant. Cette excitation que provoque l’innovation, l’invention, l’incroyable.

Mais rien n’est plus incroyable qu’un être humain capable de surmonter sa peur, d’accomplir des exploits physiques et mentaux impensables. L’intuition, par exemple. L’IA peut-elle se vanter d’avoir cette faculté encore inexpliquée, de ressentir les choses, d’avoir un instinct ?

Pour retrouver sa place, il est nécessaire de changer de siège. Car finalement, si l’IA est première de la classe, c’est parce que nous vivons dans un monde qui lui sied parfaitement. Insensible, capitaliste, contre le vivant…

La force de l’humain ne pourra être révélée qu’en ralentissant, en décroissant. Quand les temps seront durs, ce n’est pas d’une intelligence artificielle dont nous aurons besoin, mais d’un être humain de chair et d’os, apportant de la chaleur physique et émotionnelle à ceux qui ont froid, faisant rire les enfants qui auront perdu leurs parents, motivant les troupes quand il faudra à nouveau fuir.

« Très humain plutôt que transhumain », comme disait un auteur de science-fiction bien connu.

PAZZI, reconversion d’un robot en pizzaïolo

Avez-vous déjà vu… Un robot qui fait des pizzas ? Non ? Dans ce cas, allez faire un petit tour du côté de Serris, en Seine-et-Marne, dans une pizzeria obscure perdue en plein milieu d’une zone industrielle; de gros bras en métal s’affairent pour vous préparer leur meilleure Margherita!

Oust les cuistots : bonjour les robots !

PAZZI, la « Pazziria » du futur comme les concepteurs aiment à l’appeler, a été imaginée par deux ingénieurs français, Sébastien Roverso et Cyril Hamon, au sein de la Foodtech EKIM, spécialisée dans l’ingénierie technologique et les intelligences artificielles au service de l’alimentation. Leur ambition est de révolutionner l’univers de la restauration en y intégrant les solutions innovantes et les performances d’une intelligence artificielle.

Le concept ? Le client commande sa pizza sur une borne digitale en y choisissant ses ingrédients, puis PAZZI se met en marche ! Aucun contact avec un employé humain donc, le parcours de vente est entièrement digitalisé.

100% autonome, capable d’évoluer dans un espace de 50 à 60 mètres carrés, ce pizzaïolo du futur est capable de réaliser 100 pizzas par heure, en travaillant 24/24h, 7/7j, et sans pause. Un rendement imbattable et incompatible avec les capacités d’un être humain donc, de quoi mettre nos beaux pizzaïolos moustachus de chair et d’os à la retraite vite fait bien fait. Et le prix onéreux de la concession et du robot (entre 500 000 et 1 million d’euros) ne devrait pas freiner les restaurateurs intéressés car, selon Philippe Goldman, CEO d’EKIM (et ayant également travaillé chez l’Oréal), « Avec 200 pizzas vendues chaque jour, l’investissement sera rentabilisé en trois ans ! »

Source : http://www.ekim.fr

Cet été, la firme française a réussi une levée de fonds de 10 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs français (Eutopia, Daphni) mais pas que; le fond Singapourien Qualdro et la société américaine Partech semblent également voir dans ce nouveau concept un réel potentiel économique. En effet, ce beau pactole va permettre à PAZZI d’accroître son développement technologique et surtout d’ouvrir la première Pazziria au Val d’Europe, centre commercial situé en Seine-et-Marne, dès la rentrée 2019. Mais leur ambition ne s’arrête pas là. L’objectif d’EKIM est de déployer massivement leur concept auprès d’établissements commerciaux (campus universitaires, centres commerciaux, parc de loisirs et artères commerçantes en centre-ville), dès l’horizon 2020. Un concept d’ailleurs déclinable en plusieurs formats : « mode assis, à emporter, food court ou drive-in », comme l’indique le site web de la foodtech. C’est donc le début d’une route toute tracée vers une société entièrement digitalisée, jusque dans nos assiettes.

Les prémices de la société du futur : La Robolution

Il y a encore quelques décennies, la robotisation et la transformation digitale des entreprises avaient comme uniques intérêts l’accomplissement de tâches rébarbatives et pénibles pour l’Homme, le stockage ou encore l’analyse de données. Mais aujourd’hui, nous voyons apparaitre une toute nouvelle génération de robots, aux capacités sans cesse améliorées. L’être humain, limité par ses aptitudes physiques et physiologiques, que les robots étaient censés compléter, mais reconnu pour sa capacité à créer, faire, fabriquer, se voit aussi mis à l’amende par l’intelligence artificielle qui peut dorénavant lui aussi fabriquer à partir de matières premières, à une vitesse plus rapide et avec une précision inégalée. Là où la crainte principale de perte d’emploi face à la robotisation des métiers résidait dans les emplois dit « sous-qualifiés » (caissiers, employés de ménage, ouvriers mécaniques, livreurs), les employés qualifiés ont aussi du souci à se faire. Dans le domaine des ressources humaines, par exemple: de plus en plus de grandes sociétés font en effet appel à des assistants RH numériques, qui présélectionnent les candidats en analysant leurs profils. Dans le domaine médical, des projets futuristes sont en cours ; au sein de Verily, la filiale santé du Groupe Alphabet (Google), des ingénieurs cherchent à améliorer l’efficacité de notre système de santé grâce à l’intelligence artificielle, via des lentilles de contact mesurant la glycémie ou des bracelets détectant des pathologies, par exemple, mais aussi en remplaçant l’étape parfois fastidieuse de la visite chez le médecin pour une simple ordonnance, par un contrôle réalisé au préalable par une machine. Une substitution qui peut avoir du bon certes, mais qui fait surtout perdre la richesse de la perception et de l’intuition humaine, que le robot ne pourra pas (jusqu’à preuve du contraire) recréer.

Dans un souci de constante optimisation des résultats, qu’ils soient financiers, structurels ou managériaux, l’avènement de l’intelligence artificielle fait craindre une mise au ban de l’intelligence « naturelle », ou du moins plus humaine, incapable d’assouvir les besoins décadents d’une économie capitaliste toujours plus avide de rendements, de gains et de prospérité. En effet, les robots ne se fatiguent pas, ne font pas de burn-out, ne sont pas « en quête de sens » dans leur activité et n’ont pas de « passions » ou de rêve d’entreprenariat, propres à la conscience humaine. Pas de risques de turn-over !

Et la Planète dans tout ça, qu’est-ce qu’elle y gagne ?

Une révolution, ou plutôt « Robolution » de ce genre parait pourtant peu appropriée par les temps qui courent, l’Humanité cherchant davantage à se sauver d’une extinction future causée par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, plutôt que de miser sur des robots pouvant étaler la sauce tomate comme le meilleur pizzaïolo du coin. Pourtant, PAZZI assure que son concept apporte malgré tout sa contribution à un modèle économique plus respectueux de l’environnement, notamment du fait d’ingrédients sains et durables : les légumes sont BIO, la pêche est durable, les fromages AOP, etc. Cependant, la question se pose sur la consommation énergétique d’un robot travaillant sans interruption du matin au soir, et des serveurs faisant le lien entre la borne de commandes et le « Pazzïolo ». Il serait intéressant en effet de comparer le bilan carbone d’une pizzeria classique et d’une « Pazziria ». Il y a de fortes chances que ce dernier soit beaucoup plus gourmand en dioxyde de carbone… Est-ce qu’un robot faisant des pizzas vaut vraiment la peine de sacrifier nos belles années sur cette Terre ? Je ne suis pas sûre… Mais tout de même, il faut se l’avouer, on peut quand même saluer cette belle innovation, et l’inventivité de nos deux ingénieurs français. Cocorico ! 😊

Et vous qu’en pensez-vous ? Irez-vous dans ce restaurant lorsqu’il sera ouvert ? Dites moi ce que vous en pensez dans les commentaires !

Sources :

https://ekim.fr/

https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/pazzi-leve-10-millions-d-euros-pour-ameliorer-ses-robots-pizzaiolos-820665.html