Claque n°2 : quand tu réalises que tu n’auras jamais ta place dans le « monde d’après »

J’ai tendance à m’identifier comme une personne relativement optimiste, sur tous les plans. Les expériences, par exemple, quelles qu’elles soient, sont pour moi des occasions d’apprendre, et jamais des échecs. Un échec professionnel n’en est pas un, par exemple; c’est simplement un exercice de plus pour mieux avancer sur le chemin de la vie.

Une mauvaise rencontre, une rupture amoureuse, aussi douloureuses puissent-elles être, nous enseignent et nous permettent d’évoluer.

Sur le plan de la société, j’ai également tendance à être positive et pleine d’espoir. Je préfère me concentrer sur les avancées qui ont été réalisées en matière d’égalité, de parité, plutôt que d’être dans la méfiance constante, d’un complot raciste par exemple. Alors, certes, je suis une femme noire qui voit clairement les effets de ce double « handicap » (femme + noire) sur mon parcours, sur mes barrières mentales et mes limites, mais tout de même, je reste optimiste.

Idem sur le plan humain. J’ai tendance à louer de bonnes intentions à toutes les initiatives qui œuvrent pour un meilleur cadre de vie, un monde meilleur, plus sain. Si les intentions sont bonnes, alors elles valent la peine d’être mises en avant, d’être supportées, et ce, même s’il y a quelques écarts, quelques malaises parfois dans certains discours. L’idée globale est bonne, alors oublions le reste.

C’est cette philosophie, cet état d’esprit qui me permet de rester motivée, de ne pas baisser les bras.

Pourtant, aujourd’hui, j’en veux terriblement à mon esprit trop optimiste, trop naïf.

Je ne suis pas optimiste, je suis aveugle.

Aveuglée par un système qui m’a forcé à arrondir mes angles pour rentrer dans le moule.

Aveuglée par un système qui m’a fait oublier qui j’étais, et d’où je viens.

Aveuglée par un système qui m’a fait minimiser et taire mes blessures, celle de mes ancêtres.

Je me suis éloignée de mon histoire

Fin mai, la France commémorait l’abolition de l’esclavage; le 22 mai en Martinique, et le 27 mai en Guadeloupe. Cette date, je la connaissais, mais je n’ai jamais participé aux commémorations. Pourquoi ?

Parce que j’ai toujours ressenti un malaise, un mal-être. Je ne me suis jamais associée aux commémorations de l’abolition de l’esclavage car cela en revenait à faire face à une histoire, à un passé peu glorieux.

L’histoire de mes ancêtres, une blessure tranchante, une plaie encore ouverte mais que j’ai tenté de cacher par de nombreux artifices. Esthétiques d’abord, à travers les défrisages et autres; géographiquement ensuite, en préférant voyager dans tous les pays plutôt qu’aux Antilles, d’où je suis originaire. Et socialement, enfin, en m’éloignant le plus possible des miens, et de tout ce qui traitait de l’histoire de l’esclavage, de l’Afrique.

Je me sens coupable de ça. Même si, au fond, je sais que je ne suis pas entièrement responsable de cet effacement.

L’histoire a été écrite par les vainqueurs. Ceux qui ont terrassé et exploité tout un peuple pour asseoir leur domination et leur oppression. Mes ancêtres font partie du peuple vaincu, du peuple esclave. Tout ce qu’il reste de ce peuple, c’est la version écrite par les vainqueurs. Un vainqueur va-t-il tarir d’éloge celui qu’il a sauvagement terrassé, froidement et injustement ? Non.

Dans l’histoire, ils sont les perdants, les moins-que-rien. Ils ont disparu des livres d’école, leurs victoires ont été effacées, leurs mémoires, leur richesse… Ils ont disparu, tout court.

Alors j’ai joué le jeu, j’ai oublié, aussi. Je n’ai pas cherché, je ne me suis pas renseignée et j’ai arrondi les angles.

Je me suis tue pour trouver ma place dans le système

Pour arrondir les angles, il fallait aussi que je me taise, que je ne fasse pas trop de vagues. J’ai été docile, j’ai fait semblant de ne pas voir les actes racistes qui se déroulaient sous mon nez, prétextant la naïveté, l’insouciance des autres. « Ce n’est pas de leur faute », « Je sais qu’il.elle n’est pas raciste, c’était pour rire ». J’ai ri aux blagues douteuses, j’ai ri jaune, certes, mais j’ai ri.

Je ne voulais surtout pas être le stéréotype de la « noire énervée », celle qu’on portrait dans les médias, qui vocifère pour un rien, qui hurle avec de grands yeux. C’est cette image qui a été imprimée dans mon esprit. Une femme noire qui s’énerve n’est pas crédible.

Alors je me suis tue, au point où je me suis sentie invisible. Ou je me sens encore invisible.

Quelle est ma place ?

Auprès de tous ces blancs dans mon open-space, dont « l’insouciance » et la « naïveté » ré-ouvrent mes blessures ancestrales chaque jour ? Dont les privilèges m’écrasent, m’annihilent ?

Auprès de cet homme blanc qui a choisi de sortir avec moi pour mon côté « exotique » ?

Finalement, j’ai cherché ma place ailleurs qu’auprès des êtres humains. Si je n’avais plus foi en eux, je pouvais au moins avoir foi en la Terre, aux autres êtres vivants qui sont eux aussi opprimés, oppressés. Je me sentais alors proche des souffrances de la Terre Mère. Je pensais avoir enfin trouvé ma place.

Ma place dans le « monde d’après »

Alors je me suis lancée corps et âme dans la cause environnementale. « Corps », à travers des actions militantes, la création d’une association, et « âme » car j’ai fait confiance à tous ceux qui portaient les mêmes valeurs que moi.

J’ai cru, en rejoignant les acteurs de la cause environnementale en France, que j’y aurai ma place, et que je ne serai plus invisibilisée, car leurs intentions étaient bienveillantes, inclusives.

Même en étant la seule femme noire à participer à leurs conférences, même en ne voyant aucune personne racisée s’emparer du micro dans leurs prises de parole, j’ai cru être au bon endroit.

Pire, dans mes questionnements, je reprochais ce manque de diversité dans les mouvements écologistes aux personnes racisées, et non aux personnes blanches monopolisant l’espace public.

Pourquoi suis-je la seule à prendre part au mouvement ? Ne voient-ils pas qu’ils seront les premiers concernés par le réchauffement climatique ? Les populations du Sud; noires, asiatiques, arabes, hispaniques… Où sont-elles ?

Et, dans une énième et dernière désillusion, mon passé est revenu à moi. La réalité implacable, la fameuse claque dont on ne se remet jamais vraiment.

Si la cause environnementale est et doit être la priorité de tous, en France, je n’y ai tout de même pas ma place, non plus. Moi, femme noire, je n’ai pas ma place dans un mouvement qui pourtant devrait me concerner en premier lieu.

Là aussi, les vainqueurs ont pris soin de nous invisibiliser. Le racisme systémique est partout. Indolore, incolore, inconscient.

Les luttes écologistes et sociales que mènent les habitants des départements d’Outre-Mer, par exemple, ne sont pas relayées par ces mouvements, comme si elles n’avaient pas autant d’importance. Les militants non-blancs ne sont pas invités à prendre la parole, car ils gênent, ils tachent l’image lisse, blanche et pure, celle qui passe bien dans les médias.

Sans s’en rendre compte, les mouvements écologistes en France participent activement au racisme systémique qui gangrène la société depuis l’ère de mes ancêtres.

La claque qui secoue, qui réveille d’une léthargie

Tout ce que j’avais tenté d’occulter durant la majeure partie de ma vie m’est revenue en pleine face. J’avais beau faire bonne figure, me fondre dans le moule, être docile, je restais ni plus ni moins qu’une femme noire, au milieu d’un monde d’hommes blancs.

Alors enfin, j’ai compris.

A la lumière des évènements qui bousculent nos sociétés aujourd’hui, il faut en finir avec l’optimisme. Nous devons tous accepter d’avoir des discussions désagréables, de mettre le nez dans le cambouis. Noir ou blanc, nous devons faire face à notre passé.

Et cela implique de laisser parler le peuple blessé, invisibilisé. Enfin.

Les blancs doivent comprendre leurs privilèges, et admettre qu’ils bénéficient d’un système qui tue à petit-feu les peuples racisés. Il faut qu’ils entendent nos souffrances, nos revendications.

En ce qui me concerne, je dois arrêter de chercher ma place dans un monde qui n’est pas le mien. Tu ne trouveras jamais ta place si tu n’es pas dans la bonne salle de cinéma, dans le bon film.

Ma place, je dois la créer, avec mes armes, celles de la connaissance, de la confiance en soi et en son histoire. Et il y a de quoi être fière.

Car, quand je cherche l’autre version de l’histoire, celle que les vainqueurs ont tenté de me cacher, je réalise à quel point mes ancêtres n’étaient pas des perdants, des moins-que-rien. Mes ancêtres africains ont été riches, puissants, courageux. Leur règne a duré des milliers d’années, bien plus longtemps que n’a duré leur chute.

Ils ont été les premiers hommes sur Terre. Ils ont inventé le feu, les outils, l’art. Ils ont été des explorateurs. Aujourd’hui, ils sont des inventeurs, des artistes, des scientifiques, des écrivains, des présidents… Malgré les persécutions, les harcèlements, les barrières, la communauté noire a toujours su se relever, faire face, à contre-courant.

C’est à ça que je dois m’accrocher, c’est à ça que nous devons tous, personnes racisées, nous accrocher pour enfin avoir notre place dans ce fameux « monde d’après ».

Intelligence artificielle contre Intelligence naturelle : l’être humain devient-il obsolète ?

Disclaimer : sortez le second degré de votre poche, vous en aurez besoin! 😉

L’obsolescence correspond à la dépréciation d’un produit qui, malgré le fait qu’il fonctionne, ne répond plus aux exigences du marché, ne parvient plus à suivre le rythme des mises à jour, ou ne plait plus au consommateur. Dans ce cas, il est remplacé par une version plus élaborée, plus performante. Jouons à un petit jeu. Disons, par exemple, que ce consommateur devienne Mr Croissance ou Mme Capitaliste. Est-ce que nous deviendrions, nous aussi, pauvres êtres humains, un produit obsolète qu’il faut remplacer par une nouvelle version plus efficace ?

L’obsolescence de l’homme n’est pas une expression tout droit sortie de mon imaginaire un peu tordu. Edouard Jolly l’évoque dans l’ouvrage dédié à Günther Anders, « la politique de la technique » et y dédie un chapitre. L’homme obsolète, épuisé par une déshumanisation progressive de la société au profit de l’innovation et du shoot d’adrénaline qu’offre l’intelligence artificielle à la croissance. Pourquoi devenons-nous obsolètes ? Quelles sont ces failles si préjudiciables à la société ?

L’être humain n’est pas assez rapide

Dans la course à la croissance, l’être humain semble être à bout de souffle. Il faut sans cesse se réinventer, innover, être productif, être force de proposition, être flexible… Autant de contraintes qui pourraient néanmoins être réalisables si le laps de temps pour le faire n’était pas si serré. Le problème, c’est qu’à ce jeu, un adversaire est passé maître depuis bien longtemps et dicte le tempo. J’ai nommé l’intelligence artificielle, IA pour les intimes. Tel le messie, l’IA promets monts et merveilles à Mr Croissance et Mme Capitaliste : une productivité qui défie toute concurrence, une rentabilité parfaite, une capacité d’apprentissage optimale. Comment l’être humain, avec ces huit heures de sommeil minimum nécessaire par jour et sa rapidité limitée, peut-il rivaliser ?

A l’image de Pazzi, ce pizzaïolo fait de câbles et d’algorithmes. Avec une cadence imbattable de 100 pizzas cuites à l’heure, d’une capacité de travail de 24/24h et 7/7j, il met n’importe quel pizzaïolo moustachu à l’amende. Il est actuellement en test dans une pizzeria de Seine-et-Marne. Ses fabricants, enthousiastes, espèrent le déployer dans les centres-villes courant de l’année 2020.

Depuis quelques décennies, on voit les dégâts causés par cette cadence infernale rythmée par la technologie. L’épuisement professionnel est un des premiers symptômes d’un être humain qui s’est calé au rythme de l’IA et qui perd le contrôle.

En effet, dans une entreprise où les emails sont envoyés à la vitesse de l’éclair, où les projets s’empilent et où la demande évolue constamment, l’employé modèle a souvent l’impression d’avoir besoin de bien plus qu’une journée de travail pour accomplir ses tâches. La seule option est donc d’étendre la durée de sa journée de bureau. Pourtant ce n’est pas la solution. Pour pouvoir aller aussi vite que la vitesse des emails, il faudrait pouvoir augmenter physiquement sa rapidité. Ecrire un email en deux secondes, traverser l’open-space en accéléré pour titiller un collègue… Le rêve. Mais ce n’est qu’un rêve, malheureusement. Nos limites physiques nous le rappellent. Et la poursuite de ce rêve inatteignable tourne inévitablement au cauchemar. Le burn-out, c’est le nouveau fléau des victimes du monde impitoyable du travail.

Et il ne touche pas que les employés du secteur tertiaire. Ce rythme endiablé touche aussi les ouvriers, dont l’IA était censée faciliter la tâche… Le piège. Comme l’évoque Eric Sadin dans son ouvrage « L’intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle », l’automatisation et la robotisation des usines pour épargner l’Homo Faber des tâches pénibles, n’est qu’un leurre. Je cite, « Allez donc demander à un ouvrier qui doit se plier aux cadences imposées par des processeurs […] si cette architecture organisationnelle lui permet […] de s’acquitter de tâches dignes de lui ! ». L’ouvrier devient la marionnette de la machine, dont l’objectif est d’optimiser la productivité, pas le bien-être du travailleur.

Amazon, par exemple, pense à affubler les employés de ses entrepôts de bracelets électroniques, afin de les guider pour qu’ils trouvent immédiatement le colis à récupérer. Des vibrations seront émises, en guise d’alerte, s’il ne va pas dans la bonne direction. Ceci pour éviter une des énièmes faiblesses de l’être humain : sa maladresse, mais nous en parlerons un peu plus tard.

Parlons maintenant de cette fameuse histoire de 5G qui fait tant polémique, mais qui n’empêche pas notre bon vieux Elon Musk d’envoyer des satellites dans le ciel pour en décupler la puissance. Ce dernier l’a d’ailleurs dit lui-même : l’intelligence artificielle met en danger la civilisation. Pourtant, ça ne l’empêche pas de mettre au point une nano-puce qui permettrait de relier le cerveau à la machine.

La 5G s’inscrit également dans cette recherche de rapidité insensée. En effet, la 5G nous permettrait de télécharger une vingtaine de films en moins de temps qu’il ne faut pour dire « au secours la civilisation est en train de s’effondrer ». Les photos et les vidéos se partageraient à une vitesse phénoménale, augmentant d’autant plus nos addictions aux écrans et aux réseaux sociaux. Il faudra suivre le rythme, regarder toujours plus de vidéos pour être à la page le lendemain devant la machine à café.

En clair, tel un hamster dans sa roue, l’être humain pédale, mais ne parvient pas à être à la hauteur. Il a trouvé sa nouvelle version, plus élaborée. Bonjour l’obsolescence !

L’être humain est trop maladroit

La croissance ne laisse pas de place à l’erreur. Une erreur sur une ligne de production ralentit la productivité. Une erreur dans la stratégie marketing réduit le retour sur investissement. Une mauvaise appréciation lors d’un entretien provoque la perte de rentabilité d’un salarié, non compétent pour le poste.

Vous souvenez-vous des premiers de la classe, ayant toujours la bonne réponse, le doigt toujours levé à la moindre question ? Aujourd’hui, le premier de la classe, c’est l’IA. Elle est la garante de la vérité, de la justesse. Calibrée au millimètre près grâce à des algorithmes, elle a réponse à tout, et ses réponses sont forcément toujours correctes. C’est au nom de cette justesse implacable qu’elle remplace progressivement certains métiers où le droit à l’erreur n’est pas permis. Dans le domaine de la bourse, par exemple, où 50% des transactions financières sont gérées par des algorithmes. Bientôt, c’est l’analyse financière, qui demande pourtant de la réflexion et du jugement, qui sera déléguée aux machines. Tiens, d’ailleurs en parlant de jugement… Une nouvelle faille de l’être humain que l’IA a l’intention de combler. Nous en parlerons plus tard.

Pourtant, n’est-ce pas la maladresse ou le hasard qui ont conduit à de belles découvertes ? La pénicilline, les grottes de Lascaux ou, plus important encore, la tarte Tatin…

Finalement, l’être humain n’a plus le droit d’avoir deux pieds gauches. Tel un smartphone qui beugue, s’il fait des erreurs, il est mis au ban et remplacée par le premier de la classe.

L’être humain est trop émotif

Enfin, une des plus importantes failles de l’être humain : l’émotivité. Manque d’impartialité, biais cognitifs, erreur de jugement… Que de contraintes que l’IA ne connait pas. Dans une société contemporaine et occidentale qui refoule ses émotions, il est crucial d’éradiquer cette tare qui empêche de prendre des décisions lucides, censées et économiquement viables. Dans les entreprises, une IA aurait-elle soudain besoin de démissionner pour trouver un emploi qui a du sens, qui est en alignement avec ses valeurs ? Non, toutes ces futilités ne l’intéressent pas.

Par ailleurs, pas de place non plus au doute ou à la sensibilité. C’est ainsi que, dans le domaine de la justice, aux Etats-Unis par exemple, des juges utilisent des protocoles algorithmiques pour les aider à se prononcer à propos de l’opportunité de libérer une personne en attente de son jugement, en fonction des probabilités, supposées par l’IA, à commettre entre-temps un nouveau crime.

Pourquoi faire du cas par cas ? Les êtres humains sont tous similaires, ils ont tous la même histoire, les mêmes sentiments, le même fonctionnement… N’est-ce pas ? L’IA ne sera pas attendrie par une mère et ses quatre enfants qui demande un prêt à la banque pour pouvoir s’en sortir. Seule décisionnaire : son algorithme qui estimera que, en fonction de l’historique de cette mère de famille, elle n’est pas apte à recevoir un prêt. Dossier classé !

Néanmoins, on pourrait trouver bien des exemples de sujets pour lesquels la prise en compte de ces émotions prend tout son intérêt. Est-ce que l’IA parvient à faire retrouver le sourire à un enfant malade, comme un clown peut le faire ? Est-ce que l’IA est capable de fédérer une communauté aimante, unie et soudée, comme des êtres humains savent si bien le faire ? Ah, mais tout cela ne rapporte pas d’argent, j’avais oublié ce petit détail…

Cependant, je dois l’admettre, il y a bien un sujet pour lequel l’impartialité de la technologie a fait ses preuves. L’effondrement de la civilisation est un fait que l’IA ne nie pas, bien au contraire. Factuellement, elle est capable de déterminer quels seront les pics de ressources et les périodes de chute des différentes structures de notre société. C’est une simulation informatique du modèle World 3 (créé tout de même par des êtres humains, Donella et Dennis Meadows) qui a permis de mettre en lumière les limites de la croissance. Il suffit d’appuyer sur un bouton, et les faits sont là : selon les modèles de croissance de la civilisation, cette dernière s’effondrera, ou ne s’effondrera pas.

Là, l’IA nous met K.O. Car malgré les faits, l’être humain est incapable de voir l’évidence. La faute aux émotions ? Non, bien au contraire ! C’est parce que l’être humain refuse d’accueillir les émotions que provoquent cette annonce, comme la peur de la mort ou la colère, qu’il refuse d’accepter l’inacceptable.

Comme nous le verrons en fin d’article, la sensibilité et l’émotivité sont les qualités dont l’Homme aura le plus besoin pour survivre dans les décennies à venir.

Quand la technologie devient notre coach de vie

Non contente de nous rabaisser et de nous réduire à un simple être vivant pétri de défauts, l’IA devient à la fois notre bourreau, et notre sauveur.

En effet, sa perspicacité et son intelligence sont indéniables, et nous nous en remettons à elle pour nous aider à vivre une vie plus saine, dans un monde de fou, ou tout va trop vite… Le serpent qui se mord la queue.

Au lever, elle nous réveillera et nous indiquera quelles ont été nos statistiques de sommeil, et comment mieux dormir la nuit prochaine. Alors que nous préparons le petit déjeuner, elle se chargera de régler l’intensité du chauffage ou de la lumière. Avant de partir pour se rendre au travail, elle nous rappellera tous les rendez-vous prévus. Tout au long de la journée, elle nous traquera et comptera nos pas, et nous nous auto-flagellerons de ne pas avoir atteint les 10 000 pas journaliers. Pendant la pause déjeuner, elle nous donnera son avis sur les repas que nous ingérons, et nous en conseillera d’autres, qui nous maintiendrons plus en forme. En fin de journée, nous discuterons avec elle à travers le chat-bot de notre opérateur mobile, qui se chargera de régler la panne de notre smartphone.

Après une journée de travail éreintante, elle se chargera d’allumer la musique, et d’appliquer une lumière tamisée dans le salon, pour se relaxer.

Puis, quand nous surferons sur Internet et que nous verrons une publicité vantant les mérites du dernier smartphone, nous penserons, « c’est un signe, je dois remplacer ce smartphone en panne ! » Non, ça sera simplement l’algorithme qui aura bien fait son travail d’espionnage ce jour-là.

Notre dépendance à la technologie est bien réelle. Bien malin ceux qui pourront dire qu’ils n’ont aucunement besoin de la technologie dans leurs vies. Le tout est de savoir contrôler sa dépendance. Il suffit de suivre ce principe qu’énonce Philippe Bihouix dans son ouvrage « l’âge des low-tech : vers une civilisation techniquement soutenable » : redéfinir ses besoins. A-t-on réellement besoin d’une brosse à dents connectée, ou d’une Alexa au rire douteux qui allume la lumière à notre place ?

Retrouvons notre puissance !

L’être humain vit en quelque sorte un syndrome de Stockholm ; il soutient les responsables de son oppression. Mieux, il crée lui-même l’outil qui provoquera son obsolescence. Car derrière les algorithmes et les câbles, se cachent des êtres humains, aveuglés par cette envie d’aller toujours plus loin, de dépasser les limites.

Qu’est-ce qui pousse un ingénieur aussi intelligent et doué, à vouloir créer un robot capable de surpasser l’être humain, en ayant conscience des enjeux ? Les yeux brillants, l’adrénaline, l’imaginaire débordant. Cette excitation que provoque l’innovation, l’invention, l’incroyable.

Mais rien n’est plus incroyable qu’un être humain capable de surmonter sa peur, d’accomplir des exploits physiques et mentaux impensables. L’intuition, par exemple. L’IA peut-elle se vanter d’avoir cette faculté encore inexpliquée, de ressentir les choses, d’avoir un instinct ?

Pour retrouver sa place, il est nécessaire de changer de siège. Car finalement, si l’IA est première de la classe, c’est parce que nous vivons dans un monde qui lui sied parfaitement. Insensible, capitaliste, contre le vivant…

La force de l’humain ne pourra être révélée qu’en ralentissant, en décroissant. Quand les temps seront durs, ce n’est pas d’une intelligence artificielle dont nous aurons besoin, mais d’un être humain de chair et d’os, apportant de la chaleur physique et émotionnelle à ceux qui ont froid, faisant rire les enfants qui auront perdu leurs parents, motivant les troupes quand il faudra à nouveau fuir.

« Très humain plutôt que transhumain », comme disait un auteur de science-fiction bien connu.

GIEC : un nouveau rapport alarmant sur l’état de notre système alimentaire

Ce jeudi, le GIEC a rendu public un rapport spécial, basé sur l’étude approfondie de l’état de nos terres agricoles, ainsi que l’impact de nos activités humaines sur la qualité des sols. Ce texte, approuvé hier par 195 pays au terme d’un long débat et d’une session de discussion de plus de 24 heures, est un nouveau cri d’alerte du groupe d’experts, après leur premier rapport en Octobre 2018.

De quoi parle ce rapport ?

Ce rapport de plus de 1 000 pages se consacre au « changement climatique, à la désertification, à la dégradation des sols, à la gestion durable des terres, à la sécurité alimentaire et aux flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». Autant vous dire que ce rapport n’est donc pas à prendre à la légère! C’est d’ailleurs le rapport le plus complet jamais réalisé à ce sujet.

En clair, cette étude a été initiée dans l’objectif de comprendre les limites de notre système alimentaire mondial ainsi que de sonner l’alarme sur la sur-exploitation des sols, qui participe à grande échelle au réchauffement climatique global. Élevage intensif, agriculture de masse, pesticides, labourage excessif… Nous pouvons presque parler d’acte de « maltraitance » envers nos sols, qui tentent tant bien que mal de nourrir une population qui ne cesse de grandir; en 2100, nous serons plus de 11 milliards à se partager les ressources alimentaires sur la planète.

Ce rapport met également en lumière les failles importantes de notre modèle agricole global, fortement remis en question par des déséquilibres importants. En effet, 820 millions de personnes souffrent de famine dans le monde, alors que, en parallèle, 2 millions d’adultes sont en situation d’obésité morbide, et que 30% de la nourriture mondiale est gaspillée.

Finalement, la vraie problématique que pose les experts du GIEC, et qui doit devenir une priorité pour répondre aux enjeux de notre civilisation, est d’arriver à résoudre cette équation : comment parvenir à nourrir une population grandissante et extrêmement gourmande en ressources, tout en maintenant le réchauffement climatique à 1,5°C, limite au delà duquel les conséquences seront désastreuses pour la survie des espèces, y compris l’espèce humaine. Pour le GIEC, c’est notre gestion des sols mais également notre régime alimentaire qu’il faut revoir.

Comment l’exploitation des sols participe au réchauffement climatique ?

Les observateurs du GIEC ont identifié plusieurs raisons aux effets négatifs de notre exploitation des sols, parmi lesquelles :

L’agriculture. Notre modèle agricole est responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre. Ces gaz sont relâchés par les engrais minéraux et organiques, mais aussi par la digestion des animaux d’élevage (la fameuse histoire des pets de vaches qui relâchent du méthane), ainsi que le moteur des machines agricoles.

L’exploitation forestière. Les forêts, qui ont l’avantage de pouvoir absorber le trop-plein de CO2 dans l’atmosphère, sont massivement détruites pour exploiter leurs ressources, ou étendre les terres d’élevage. Selon la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en 2016, 37% de la surface terrestre était occupée pour l’agriculture, et seulement 30% était couverte de forêts (le restant étant occupé par des zones naturelles). Ce ratio est très certainement encore plus inégal aujourd’hui…

Les produits chimiques et l’homogénéité des sols. Les produits chimiques (pesticides, produits phytosanitaires, graines hybrides) sont extrêmement défavorables à la bonne santé des sols, car ils fragilisent leur immunité face aux virus et aux espèces nocives pour l’agriculture. Les surfaces agricoles deviennent donc dépendantes, tout en souffrant d’asphyxie par ces produits chimiques qui empoisonnent les racines et les graines, qui deviennent un danger pour la Terre et pour les êtres humains qui consomment cette nourriture. Par ailleurs, selon les experts du GIEC, la monoculture, (le fait de ne faire pousser qu’une certaine catégorie de produits sur une large partie d’un champ d’élevage) pénalise fortement la bonne pérennité des sols. Il faut impérativement créer un espace varié en ressources naturelles, afin de créer une biodiversité et une interconnexion entre les différents éléments naturels.

Pour réduire tous ces dysfonctionnements et créer un modèle agricole plus durable, des pas de géants sont nécessaires, aussi bien de la part des pouvoirs politiques que de la population globale.

Bioénergies, remèdes de grand-mère et régime alimentaire

Dans son rapport, les experts du GIEC proposent des solutions pour amorcer le virage incontournable de la transition vers un modèle agricole durable et soutenable. Inévitablement, ces solutions appellent à retour en arrière, ou du moins « un retour au bon sens », selon Eric Schmidt, directeur de l’institut de l’agriculture durable.

Premièrement, un des premiers leviers est le recours à des énergies plus vertes, rempart aux énergies fossiles. Il est nécessaire de transformer progressivement les ressources énergétiques, et de faire appel, par exemple aux bio-énergies (également appelés énergies renouvelables) : énergie solaire, énergie au bois… Mais également en faisant fonctionner les machines avec de l’agrocarburant : déchets organiques, bois, etc…

Dans un second temps, il est urgent de revoir nos pratiques agricoles, qui ne sont plus soutenables. Le rapport appelle donc à un retour à une agriculture plus « traditionnelle », suivant un fonctionnement plus doux et respectueux de l’environnement : rotation des cultures pour une meilleure variété des sols, mise en jachère… Ces pratiques peuvent faire penser au mouvement d’agroécologie, de plus en plus plébiscité par les agriculteurs à la recherche de solutions plus durables pour la préservation de leurs sols.

Enfin, et non des moindres car c’est la solution sur laquelle la population peut directement agir, et qui nous concerne, donc! Sans surprise, c’est l’alimentation carnée qui est pointée du doigt. Il est fortement recommandé de réduire sa consommation de produits d’origine animale, afin d’éviter, notamment, une exploitation trop élevée des surfaces terrestres pour l’élevage, et un relâchement trop important de CO2. Les animaux les plus dommageables sont notamment le bœuf, l’agneau et la chèvre.

Les produits laitiers font également partie des produits qui ont un impact négatif sur notre environnement. Aujourd’hui, un français consomme près de 260 kg de produits laitiers par an; les experts du GIEC recommandent de n’en consommer que 33 kg par an.

En conclusion…

Ce nouveau rapport souligne l’importance de revoir notre modèle entier, qu’il soit alimentaire, économique ou social. Le GIEC parle bien d’un risque de « crise » alimentaire, car nos sols deviennent de moins en moins fertiles, et ne sont plus capables d’absorber le CO2, alors que la population ne cesse d’augmenter et que contenir le CO2 dans l’atmosphère devient une priorité majeure. Espérons que l’accord des 195 pays sur ce rapport n’est pas qu’un simple accord de principe et que des décisions seront vraiment prises, à grande échelle.

Sources :

https://www.liberation.fr/planete/2019/08/07/climat-etre-ou-ne-plus-etre-le-cheptel-est-la-question_1744290

https://www.huffingtonpost.fr/entry/rapport-du-giec-remedes-grand-mere_fr_5d440e79e4b0aca3411c1b70

Climat : 11 milliards de tonnes de glace ont fondu au Groenland, un record

Si nous pensions que la canicule n’aurait comme seules conséquences nos nuits blanches et la pénurie de ventilateurs chez Leroy Merlin, le Groenland, situé à plus de 3 000 km de l’Europe, nous a prouvé le contraire. Le 1er Août, pas moins de 11 milliards de tonnes de la calotte glaciaire du continent blanc ont fondu et se sont déversées dans l’Océan Arctique, l’équivalent de 4,4 millions de piscines olympiques. Un triste record.

Preuve de notre interconnexion entre tous les espaces de la planète, et des réactions en chaîne qui en résultent, les fortes chaleurs qu’a connu l’Europe ces dernières semaines ont eu un effet dévastateur sur la calotte glaciaire du Groenland. Au total, près de 197 milliards de tonnes de glace ont fondu depuis le début de l’année 2019 (80 millions de piscines olympiques), alors qu’à ce stade de l’année, « seulement » 60 à 70 milliards de tonnes de glace se perdent dans l’océan, conséquence du dérèglement climatique. C’est donc un record qui a dépassé toutes les craintes des météorologues et climatologues. Selon Ruth Mottram, météorologue danoise, il s’agit du « taux de fonte le plus élevé de tous les temps ».

Si les raisons de cette fonte de glace record sont imputables aux fortes chaleurs subies en Europe de l’Est, et qui se sont également ressenties en Arctique et au Groenland (connaissant actuellement des températures de 10 à 15 degrés au-dessus des normales de saison), il faut également noter, selon Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, les conséquences du drame qui se déroule actuellement en Sibérie, à l’indifférence générale : près de 12 millions d’hectares ont péri sous les flammes des feux de forêts touchant actuellement la région (dont les températures culminent actuellement à 30°C), relâchant d’importantes quantités de CO2.

Selon les prévisions, les températures devraient s’atténuer cette semaine au Groenland, apportant un air plus frais, ce qui devrait permettre de diminuer la fonte des glaces, mais le mal est fait. Cette catastrophe écologique a en effet provoqué une montée du niveau des mers de 6 mm. Un dérèglement déjà prévu, certes, par les membres du GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, mais qui ne devait se produire qu’en 2050, et dans les pires scénarios de son rapport paru en Octobre 2018. Vous ne vous souvenez plus de quoi parlait ce rapport ? BRUT vous le résume en 2mn :

Si vous cherchiez une activité sportive à laquelle vous pourriez vous inscrire à la rentrée 2019, vous devriez penser à la nage, ça pourra vous servir dans quelques années…

Sur ces bonnes nouvelles, bon début de semaine !

Source : https://fr.euronews.com/2019/08/03/inquietant-record-de-fonte-glaciaire-au-groenland

PAZZI, reconversion d’un robot en pizzaïolo

Avez-vous déjà vu… Un robot qui fait des pizzas ? Non ? Dans ce cas, allez faire un petit tour du côté de Serris, en Seine-et-Marne, dans une pizzeria obscure perdue en plein milieu d’une zone industrielle; de gros bras en métal s’affairent pour vous préparer leur meilleure Margherita!

Oust les cuistots : bonjour les robots !

PAZZI, la « Pazziria » du futur comme les concepteurs aiment à l’appeler, a été imaginée par deux ingénieurs français, Sébastien Roverso et Cyril Hamon, au sein de la Foodtech EKIM, spécialisée dans l’ingénierie technologique et les intelligences artificielles au service de l’alimentation. Leur ambition est de révolutionner l’univers de la restauration en y intégrant les solutions innovantes et les performances d’une intelligence artificielle.

Le concept ? Le client commande sa pizza sur une borne digitale en y choisissant ses ingrédients, puis PAZZI se met en marche ! Aucun contact avec un employé humain donc, le parcours de vente est entièrement digitalisé.

100% autonome, capable d’évoluer dans un espace de 50 à 60 mètres carrés, ce pizzaïolo du futur est capable de réaliser 100 pizzas par heure, en travaillant 24/24h, 7/7j, et sans pause. Un rendement imbattable et incompatible avec les capacités d’un être humain donc, de quoi mettre nos beaux pizzaïolos moustachus de chair et d’os à la retraite vite fait bien fait. Et le prix onéreux de la concession et du robot (entre 500 000 et 1 million d’euros) ne devrait pas freiner les restaurateurs intéressés car, selon Philippe Goldman, CEO d’EKIM (et ayant également travaillé chez l’Oréal), « Avec 200 pizzas vendues chaque jour, l’investissement sera rentabilisé en trois ans ! »

Source : http://www.ekim.fr

Cet été, la firme française a réussi une levée de fonds de 10 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs français (Eutopia, Daphni) mais pas que; le fond Singapourien Qualdro et la société américaine Partech semblent également voir dans ce nouveau concept un réel potentiel économique. En effet, ce beau pactole va permettre à PAZZI d’accroître son développement technologique et surtout d’ouvrir la première Pazziria au Val d’Europe, centre commercial situé en Seine-et-Marne, dès la rentrée 2019. Mais leur ambition ne s’arrête pas là. L’objectif d’EKIM est de déployer massivement leur concept auprès d’établissements commerciaux (campus universitaires, centres commerciaux, parc de loisirs et artères commerçantes en centre-ville), dès l’horizon 2020. Un concept d’ailleurs déclinable en plusieurs formats : « mode assis, à emporter, food court ou drive-in », comme l’indique le site web de la foodtech. C’est donc le début d’une route toute tracée vers une société entièrement digitalisée, jusque dans nos assiettes.

Les prémices de la société du futur : La Robolution

Il y a encore quelques décennies, la robotisation et la transformation digitale des entreprises avaient comme uniques intérêts l’accomplissement de tâches rébarbatives et pénibles pour l’Homme, le stockage ou encore l’analyse de données. Mais aujourd’hui, nous voyons apparaitre une toute nouvelle génération de robots, aux capacités sans cesse améliorées. L’être humain, limité par ses aptitudes physiques et physiologiques, que les robots étaient censés compléter, mais reconnu pour sa capacité à créer, faire, fabriquer, se voit aussi mis à l’amende par l’intelligence artificielle qui peut dorénavant lui aussi fabriquer à partir de matières premières, à une vitesse plus rapide et avec une précision inégalée. Là où la crainte principale de perte d’emploi face à la robotisation des métiers résidait dans les emplois dit « sous-qualifiés » (caissiers, employés de ménage, ouvriers mécaniques, livreurs), les employés qualifiés ont aussi du souci à se faire. Dans le domaine des ressources humaines, par exemple: de plus en plus de grandes sociétés font en effet appel à des assistants RH numériques, qui présélectionnent les candidats en analysant leurs profils. Dans le domaine médical, des projets futuristes sont en cours ; au sein de Verily, la filiale santé du Groupe Alphabet (Google), des ingénieurs cherchent à améliorer l’efficacité de notre système de santé grâce à l’intelligence artificielle, via des lentilles de contact mesurant la glycémie ou des bracelets détectant des pathologies, par exemple, mais aussi en remplaçant l’étape parfois fastidieuse de la visite chez le médecin pour une simple ordonnance, par un contrôle réalisé au préalable par une machine. Une substitution qui peut avoir du bon certes, mais qui fait surtout perdre la richesse de la perception et de l’intuition humaine, que le robot ne pourra pas (jusqu’à preuve du contraire) recréer.

Dans un souci de constante optimisation des résultats, qu’ils soient financiers, structurels ou managériaux, l’avènement de l’intelligence artificielle fait craindre une mise au ban de l’intelligence « naturelle », ou du moins plus humaine, incapable d’assouvir les besoins décadents d’une économie capitaliste toujours plus avide de rendements, de gains et de prospérité. En effet, les robots ne se fatiguent pas, ne font pas de burn-out, ne sont pas « en quête de sens » dans leur activité et n’ont pas de « passions » ou de rêve d’entreprenariat, propres à la conscience humaine. Pas de risques de turn-over !

Et la Planète dans tout ça, qu’est-ce qu’elle y gagne ?

Une révolution, ou plutôt « Robolution » de ce genre parait pourtant peu appropriée par les temps qui courent, l’Humanité cherchant davantage à se sauver d’une extinction future causée par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, plutôt que de miser sur des robots pouvant étaler la sauce tomate comme le meilleur pizzaïolo du coin. Pourtant, PAZZI assure que son concept apporte malgré tout sa contribution à un modèle économique plus respectueux de l’environnement, notamment du fait d’ingrédients sains et durables : les légumes sont BIO, la pêche est durable, les fromages AOP, etc. Cependant, la question se pose sur la consommation énergétique d’un robot travaillant sans interruption du matin au soir, et des serveurs faisant le lien entre la borne de commandes et le « Pazzïolo ». Il serait intéressant en effet de comparer le bilan carbone d’une pizzeria classique et d’une « Pazziria ». Il y a de fortes chances que ce dernier soit beaucoup plus gourmand en dioxyde de carbone… Est-ce qu’un robot faisant des pizzas vaut vraiment la peine de sacrifier nos belles années sur cette Terre ? Je ne suis pas sûre… Mais tout de même, il faut se l’avouer, on peut quand même saluer cette belle innovation, et l’inventivité de nos deux ingénieurs français. Cocorico ! 😊

Et vous qu’en pensez-vous ? Irez-vous dans ce restaurant lorsqu’il sera ouvert ? Dites moi ce que vous en pensez dans les commentaires !

Sources :

https://ekim.fr/

https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/pazzi-leve-10-millions-d-euros-pour-ameliorer-ses-robots-pizzaiolos-820665.html

5 astuces pour se rafraichir naturellement pendant la canicule

La démarche est lente et lourde, les yeux sont cernés par cette nuit étouffante qui vient de passer (la nuit la plus chaude l’histoire de France selon Météo France), la peau est moite et le moindre effort physique (comme courir après son bus pour se rendre au travail, par exemple) fait rapidement perler de grosses gouttes de sueur sur le front. Pas de doute, la France est en train de vivre une période de canicule très intense.

Si la climatisation (ou clim pour les intimes) semble être la solution la plus efficace pour se refroidir rapidement, elle n’en reste pas moins très polluante, et contribue au réchauffement de la planète et aussi des villes (puisque la climatisation expulse de l’air chaud à l’extérieur). Un cercle vicieux donc, auquel personne n’a envie de participer, n’est-ce pas ?

Heureusement, il existe d’autres moyens plus écologiques de faire baisser la température dans son appartement ou sa maison. Je partage avec vous 5 astuces qui peuvent représenter de bonnes alternatives à l’air conditionné !

1 – Installer des plantes vertes

Les plantes vertes, ces magnifiques bêtes silencieuses qui sont bien plus puissantes qu’on ne le croit ! Au-delà d’embellir votre intérieur, certaines plantes ont aussi la capacité de rafraichir l’air ambiant. En effet, lorsque l’environnement se réchauffe, elles libèrent de l’humidité dans l’air grâce à leurs feuilles. Regroupées ensemble, elles peuvent réguler le taux d’humidité de la pièce et donc fortement aider à diminuer la température. De plus, elles absorbent la chaleur et émettent de l’oxygène, ce qui permet d’obtenir une atmosphère bien plus respirable. Parmi les plantes les plus efficaces : l’Aloé Vera, le Ficus, la plante Araignée, les Fougères ou encore les lierres grimpantes, qui créeront un magnifique mur végétalisé rafraichissant ! Allez hop, direction le fleuriste pour faire le plein de belles créatures vertes !

2 – Utiliser un brumisateur

Grâce au phénomène d’évaporation, un brumisateur peut s’avérer être une bonne alternative à la climatisation. En effet, lorsque les gouttelettes d’eau diffusée par brumisation s’évaporent au contact de l’air, elles absorbent la chaleur. Le principe d’évaporation n’apportant aucune chaleur supplémentaire, la température de l’air ambiant peut alors fortement baisser. Vous pouvez donc diffuser votre brumisateur dans votre salon pendant quelques secondes, ou mieux, investir dans un ventilateur brumisateur, qui diffusera de fines gouttelettes d’eau de manière continue.

3 – Étendre un drap mouillé devant vos fenêtres

Sur le même principe que le brumisateur, l’évaporation de l’humidité issue du drap mouillé va aider à rafraichir votre intérieur. Autant joindre l’utile à l’agréable, vous pouvez en profiter pour étendre votre linge et installer le séchoir dans le salon, ça peut aider !

4 – Placer des glaçons devant votre ventilateur

C’est la version « homemade » du rafraichisseur d’air. Plutôt que de pester contre votre pauvre ventilo qui ne sert qu’à ventiler de l’air chaud, aidez-le en plaçant une zone glacée devant lui : des glaçons donc, une bouteille d’eau glacée fera également très bien l’affaire. Votre ventilo va soudain changer de bord et se mettre à ventiler de l’air plus frais ! Seul inconvénient : il faudra régulièrement changer votre bac à glaçons ou votre bouteille d’eau glacée.

5 – Fermer les volets la journée

Enfin, la solution la plus connue : fermer les volets de votre appartement/maison pendant la journée. En fermant les volets, vous empêchez les rayons du soleil de pénétrer dans votre espace et donc de réchauffer toutes les pièces. Votre lieu de vie prend soudain des airs de manoir à vampires, mais c’est pour la bonne cause !

Voilà, vous avez le choix, et donc aucune excuse pour acheter un climatiseur ! Si vous ne souhaitez pas voir se répéter des épisodes caniculaires de plus en plus violents, faites ce petit effort 😊

Quand l’industrie « dénature » le BIO

Les fameuses tomates en hiver ; cette illusion prise pour une réalité par des millions de consommateurs en France, et rendue possible par une production contre-nature et aberrante des industriels de l’agroalimentaire.

Aujourd’hui, le vice est poussé à son maximum : un projet de « grande ampleur » est en cours pour massifier la production de fruits et légumes BIO sous serre chauffée, notamment en Bretagne et dans les Pays de La Loire.

C’est une pétition signée par la FNAB (Fédération Nationale des Agriculteurs Biologiques), la FNH (Fondation Nicolas Hulot), GreenPeace, Action Climat, mais également des chefs étoilés, qui a mis au jour cette nouvelle (à lire sur le site de Libération).

POURQUOI DES SERRES CHAUFFÉES ?

Jusqu’à preuve du contraire (et à moins que la Terre en ai décidé autrement), les tomates poussent principalement en été. Les seules tomates que nous trouvons sur nos étales au rayon primeur en hiver viennent pour la plupart de l’étranger (Espagne, Italie, etc). Les producteurs français n’ont donc pas la possibilité de rivaliser avec l’offre agressive des producteurs Outre-Manche; même en proposant des tomates françaises non BIO, il est impossible d’atteindre des prix aussi bas.

C’est donc dans cet objectif toujours aussi pervers de prix cassés et de rendements optimisés que ce type de projet voit le jour. En massifiant le recours à des serres chauffées qui créeraient donc des conditions optimales pour la pousse des tomates (seulement 50 serres de ce type existent en France actuellement), l’industrie aura non seulement la possibilité de commercialiser des tomates toute l’année, mais également de baisser les coûts en augmentant les volumes.

QUE DIT LA PÉTITION ?

Publiée ce mercredi, la pétition demande l’interdiction de l’utilisation de serres chauffées en France pour produire des fruits et légumes BIO. Ce modèle de production est totalement « incompatible avec le label BIO ».

Petit rappel du cahier des charges de ce fameux label BIO :

  • Respect des cycles naturels : la saison des tomates est de mai à juin et de septembre à octobre… Or ces fameuses serres chauffées permettraient de pousser la production jusqu’en hiver
  • Utilisation responsable de l’énergie : chauffer des serres implique un investissement important en énergie, au lieu de laisser la nature faire son travail…

Sans oublier que pour que ces serres soient rentables, les industriels prévoient de ne les utiliser que pour 1 ou 2 fruits/légumes à haute valeur ajoutée (qui rapporte gros, quoi) = perte de diversité est donc appauvrissement des sols.

EN CONCLUSION…

Encore une fois, cette pétition est le symbole d’une économie totalement folle et incompatible avec un respect de la Nature et de l’environnement. En jugeant la prospérité d’une entreprise par sa capacité à être compétitive, rentable, stratégique, on fait passer le respect de l’environnement au second plan, plutôt que de trouver d’autres alternatives sans contourner les lois fondamentales de la Nature (mieux informer la population sur la saisonnalité des produits, renforcer la vente d’autres fruits/légumes en été, imposer des contraintes plus restrictives à l’export).

Encore une fois, l’Homme croit pouvoir dominer la Nature avec des prouesses technologiques, aveuglé par cette ambition du gain financier qui n’a plus aucun sens.

ET TOI, PETIT CONSOMMATEUR, QUE PEUX-TU FAIRE ?

Continuer à acheter des tomates hors saison confortent ces industriels dans l’idée que la demande existe et qu’elle est lucrative. Alors, si vous ne pouvez pas agir directement sur cette décision, vous pouvez agir indirectement en changeant votre façon de consommer : on achète uniquement des tomates quand c’est la saison ; c’est aussi bien valable pour les autres produits. Et on évite la grande distribution : on achète ses fruits et légumes directement chez le producteur, ou dans des épiceries indépendantes BIO.

Moi j’ai trouvé mon petit primeur près de chez moi : Le Champ des Rêves. L’offre n’est pas forcément variée, mais elle est de qualité. Les produits sont BIO dans la mesure du possible ou de saison. Je suis sûre que vous pouvez trouver des petites pépites similaires près de chez vous !

ChangeNOW : le rendez-vous des entrepreneurs de la « Positive Impact »

Samedi 29 Septembre, je serai au salon « Change NOW : International Summit for Change » , qui aura lieu à la Station F, à Paris. Ce rendez-vous annuel, qui en est à sa seconde édition, a pour objectif de mettre en avant des start-ups et entrepreneurs qui développent des solutions pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux de notre époque. Des innovations « For Good », qui ne génèrent pas de croissance au détriment de la planète, et qui font en sorte d’avoir un impact positif sur notre société. Il me tarde d’y être !

Un rendez-vous qui fait le lien entre entrepreneuriat et écologie

ChangeNOW est le premier évènement qui s’intéresse à la « Positive Impact », ou tout simplement l’impact positif, en français. L’impact positif, en terme économique, est un principe qui consiste à optimiser et permettre la croissance d’une entreprise ou d’une économie, tout en prenant en compte les paramètres naturels et environnementaux. Et il serait erroné de penser que les jeunes entrepreneurs n’ont en tête que le profit et l’appât du gain.
Il suffit de se rendre compte, dans l’alimentation par exemple, du nombre de start-ups qui proposent de faciliter l’accès aux produits de saison, au zéro déchet ou aux produits bio… Selon Santiago Lefèbvre, CEO de l’évènement ChangeNOW, « Il y a un mouvement générationnel fort derrière cela. […] C’est à notre génération d’agir, aujourd’hui, et d’être le changement attendu. Et c’est un sentiment, une prise de conscience, qui est de plus en plus partagée ».

De belles initiatives mises en avant

Près de 100 start-ups seront présentes à la Station F pour proposer leurs idées, parmi elles :

  • Sea Bubbles, les bateaux volants permettant une mobilité sans émission en ville
  • Fermes d’avenir, qui met en avant la permaculture et le retour à une agriculture durable
  • MeetMyMama, qui propose des plats concoctés par des femmes immigrées venues des 4 coins du monde
  • TechFugees, qui utilise la technologie pour répondre à la crise des réfugiés
  • Svalbard Seed Vault, pour préserver la biodiversité agricole mondiale

Pour en savoir plus sur l’évènement, rendez-vous sur la page officielle de ChangeNOW : http://www.changenow-summit.com/

4 aliments industriels à éviter pour vos enfants

De toutes les catégories de personnes touchées par la malbouffe et les méfaits de l’alimentation industrielle, les enfants en sont les premières victimes. Partant souvent d’une bonne intention, les parents qui ne sont pas assez informés font confiance à l’industrie agroalimentaire et à la grande distribution, qui redoublent d’ingéniosité pour les convaincre que leurs produits sont remplis de vitamines, calcium et autres nutriments nécessaires au bon développement de l’enfant. Mais derrière les packagings colorés et les mascottes mignonnes, il n’en est rien. Si certains produits sont bien moins nutritifs qu’ils en ont l’air, d’autres sont carrément dangereux et nocifs pour l’enfant, à long terme. Mais ça ne dérange pas les industriels qui usent de leur créativité pour attirer les enfants et les parents à acheter leurs produits… Petit coup de gueule !

1 – Les céréales fourrées pour enfants

Les céréales sont, pour la majeure partie des français, l’aliment de base du petit déjeuner. Pour les enfants, c’est également un moment apprécié. C’est bon, c’est sucré, c’est coloré, ils sont contents, et les parents aussi. Mais bien souvent, les parents oublient quel est le but premier des céréales au petit-déjeuner : apporter des fibres, pour l’équilibre intestinal. Le mot « céréales » donne bien l’impression qu’on va apporter de bonnes choses à son enfant, mais en réalité, lorsque l’on regarde le tableau des valeurs nutritionnelles, c’est la panique à bord…

Pourquoi c’est nocif ?

Les céréales fourrées (à l’image des Trésors de Kellog’s, par exemple) et les céréales soufflées (les fameuses « miel pops » et autres boules soufflées au miel) contiennent un taux de sucre affolant, et très peu de fibres. Pour vous donner une idée concrète : L’OMS recommande de limiter l’apport en sucres rapides à 25g maximum pour l’adulte et l’enfant, soit 6 cuillères à café. Pour les fibres, il est conseillé d’apporter environ 15g de fibres par jour à son corps.

  • En moyenne, les céréales fourrées contiennent 26g de sucres, soit plus de 6 cuillères a café. En un bol, un enfant consomme donc quasiment la totalité de son « capital sucre » pour la journée, en sachant qu’il consommera ensuite un dessert au déjeuner, puis son goûter, puis encore un dessert au dîner… Bref, il va certainement exploser son quota de sucre à la fin de la journée.
  • Les sucres présents dans les céréales fourrées sont des sucres rapides. Ce qui signifie que l’enfant aura très certainement faim tout de suite après le petit déjeuner et aura tendance à grignoter.
  • Ces mêmes céréales contiennent en moyenne 3g de fibres. C’est trop peu ! Les céréales doivent apporter en moyenne 7g de fibres. Le reste sera apporté par les fruits et légumes.

Enfin, le bouquet final : toutes ces céréales contiennent beaucoup trop de gras saturé. Le gras saturé est d’origine animale (présent dans les laitages, beurres, viandes), et fait partie de ce qu’on appelle le « mauvais » gras. De manière générale, il faut éviter d’en consommer, même s’il est difficile d’y échapper, surtout dans les produits transformés. Dans ce type de céréales pour enfants, on en retrouve en moyenne 4g… C’est beaucoup trop, sachant qu’il va en consommer tous les jours.

Quelles alternatives?

LES FLOCONS D’AVOINE

C’est l’option la plus saine. Un bol de flocons d’avoine (sans le lait) ne contient quasiment pas de sucres ou de gras saturés (- de 1g), et plus de 4g de fibres. Dans du lait, froid au chaud, le flocon d’avoine se prépare rapidement. Vous pouvez y rajouter un peu de sucre de canne, sirop d’agave, de cacao en poudre, des épices… pour donner un peu de goût. C’est d’ailleurs le seul point négatif du flocon d’avoine : son goût et sa texture restent quand même très différents des céréales industrielles, et risquent d’être mal accueillis par votre bambin.

LES CORN FLAKES

Dans la famille des céréales industrielles, ce sont les plus saines. Elles contiennent en moyenne 6g de sucre, soit une cuillère a café, et quasiment pas de gras saturé. Préférez des corn flakes bio et sans sucre, vous pourrez y ajuster votre dose de sucre vous-même. Seul inconvénient : elles contiennent peu de fibres (3 g en moyenne).

LE MUESLI

L’avantage premier du Muesli, c’est le goût. Vos enfants devraient apprécier ! Souvent agrémenté de pépites de chocolat ou fruits, il est par ailleurs majoritairement composé de flocons d’avoine, il est donc très riche en fibres (7g en moyenne). En revanche, le Muesli industriel contient quand même beaucoup de sucres, d’où le bon goût ! Essayez de trouver du muesli qui ne contient pas plus de 16g de sucre par 100g. L’idéal est de réaliser votre muesli vous-même, il se prépare rapidement et se conserve assez longtemps. Ma recette, ici!

2 – Les poudres chocolatées

Le fameux « chocolat en poudre », qui a bercé mon enfance. Un « bon » goût de chocolat, qui me donne à présent la nausée, tant je le trouve sucré et sans goût de cacao. Mais notre jeune palais ne s’en rend pas compte, surtout lorsque nous ne sommes pas habitués au vrai cacao. Tout comme les céréales, le principe premier du chocolat ne devrait pas juste être le goût, mais les apports nutritionnels : le cacao est riche en magnésium, bon pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, mais aussi pour la relaxation musculaire, l’anxiété et le stress. Un enfant de 4 à 8 ans a besoin de 130 mg de magnésium / jour, et 240 mg pour un pré-ado de 9 à 13 ans.

Pourquoi c’est nocif ?

Les poudres chocolatées préparées sont très pauvres en cacao, et riches en sucre. Leur composition ? 70% de sucre en moyenne, pour 20% de cacao. Inutile de vous dire qu’il s’agit bien entendu de sucres rapides. Quant au magnésium, il est quasiment inexistant. Les poudres chocolatées n’apportent donc rien d’autre que du sucre. Certaines d’entre elles comportent des céréales en poudre, donc vous verrez un riche en apports en fibres. Mais à quel prix ? 

Quelles alternatives ?

CACAO EN POUDRE, NON SUCRE

La seule alternative viable et efficace. Le cacao en poudre peut faire peur, car son goût est très prononcé. Évidemment, lorsqu’on n’est pas habitué au vrai goût du cacao, l’effet est perturbant. Pourtant, en ajustant avec sa propre dose de sucre, un chocolat chaud avec du cacao en poudre est tellement plus gourmand… Et riche en magnésium! 2 cuillères à café de cacao en poudre, soit 10g environ, comportent 7g de sucres lents (le cacao en poudre a un très faible index glycémique, voir mon article ici), et 50mg de magnésium, pour bien démarrer la journée.

3 – Les goûters industriels

Il y a tellement de choix dans les rayons gâteaux des supermarchés, qu’on ne sait pas où donner de la tête. Aux fruits, au chocolat, moelleux, pas moelleux, fourrés, aux pépites de chocolat… Sans oublier leurs packagings colorés qui partent dans tous les sens… Les industriels rivalisent d’ingéniosité pour attirer le regard des enfants, qui vont ensuite forcer leurs parents à mettre leur paquet préféré dans le chariot. Mais tous ces produits ont un point commun : ils apportent du goût, certes, mais aussi un nombre incalculable d’additifs et autres ingrédients douteux, qui donnent le vertige lorsqu’on en regarde la liste.

Pourquoi c’est nocif ?

Par où commencer ! Le premier élément qui devrait vous inciter à reposer ce paquet de gâteaux là où vous l’avez trouvé, c’est la mention de l’ingrédient « sirop de glucose-fructose » dans la recette. Si vous ne comprenez pas pourquoi votre enfant fait une crise lorsque vous ne lui accordez qu’un seul gâteau, et pas un autre, ne le blâmez pas. C’est tout simplement la dépendance au sucre qui fait son job. Le sirop de glucose-fructose, est un sucre créé spécialement pour l’industrie agroalimentaire. Composé de fructose, à  l’index glycémique 5 fois supérieur au sucre, il est liquide, donc facilement utilisable, et bon marché, donc avantageux pour les industriels. Issu d’un procédé chimique, le sirop de glucose-fructose est beaucoup moins efficace que le sucre (déjà peu efficace lui-même) pour calmer la satiété, par son effet sur l’organisme. Le sirop de glucose-fructose serait donc un « super-sucre » au pouvoir dépendant bien plus élevé que le sucre raffiné. Certains chercheurs le considèrent même comme un « poison ». On peut aussi imaginer que, provoquer la dépendance chez un enfant, va faire augmenter les ventes de ce produit, puisque les parents devront constamment en acheter. Mais là, ce serait imaginer que l’industrie agroalimentaire mettrait la santé de vos enfants en danger, juste pour faire des bénéfices. Ils n’oseraient pas, n’est-ce pas ?…

Le second élément qui doit vous inquiéter, c’est la présence en nombre d’additifs en tout genre. Stabilisants, émulsifiants E472b (gélatine de porc), E475, E476, poudres à lever, diphosphate, carbonate acide de calcium… Oui, oui, on trouve toutes ces bonnes choses dans les recettes de gâteaux industriels pour enfants. Sans aucun intérêt sur le plan nutritionnel, le seul bénéfice reste pour les industriels. En effet, ces additifs permettent pour certains de permettre une longue conservation, et de réduire les coûts. La présence de ces additifs est donc un signe qu’on est en présence d’un produit transformé voir ultra-transformé, à éviter à tout prix.

Quelles alternatives ?

LES BISCUITS BIO

Les biscuits bio restent des biscuits industriels, donc assez sucrés. La différence, c’est que pour la plupart des biscuits bio (toujours vérifier la liste des ingrédients, bien sûr), ils ne contiennent aucun additifs, et souvent du sucre de canne, plutôt que du sucre raffiné. C’est donc une bonne alternative lorsqu’on ne peut pas faire de biscuits soi-même. Mais ils doivent néanmoins rester occasionnels.

BARRE DE CÉRÉALES ET BISCUITS MAISON

Rien de mieux que de préparer ses propres biscuits ! Évidemment, vous ne voyez sûrement pas à quel moment vous pourriez trouver le temps de cuisiner des biscuits pour vos enfants. Mais croyez-moi, c’est possible ! Préparer des biscuits ou des barres de céréales maison prennent peu de temps, se préparent en grand nombre, et elles se conservent 1 à 2 semaines. Économique et pratique ! Découvrez ma recette de barre de céréales maison ici.

4 – Les boissons aux fruits

Les boissons aux fruits ont beaucoup de succès car elles ont des formats pratiques, à l’image des Fruit Shoot ou des poches Caprissone. Pourtant, encore une fois, elles ne remplissent pas leur fonction première : apporter des vitamines, du calcium et du magnésium !

Pourquoi c’est nocif ?

A la différence des jus de fruits, les boissons aux fruits sont majoritairement composées d’eau et de sucres. Selon moi, un jus de fruit que l’on donne à un enfant ne devrait JAMAIS avoir du sucre ajouté dedans, puisqu’il y en a suffisamment dans le fruit, et il s’agit de sucre NATUREL. Le sucre ajouté dans un jus de fruit ne rajoute rien de plus que du goût sucré, qui n’a aucun intérêt. De plus, ces boissons aux fruits sont composées en moyenne de 10% de fruits, et à plus de 80% d’eau. A quoi bon donner un jus de fruit, lorsqu’il est juste composé d’eau ? L’eau c’est le job des bouteilles d’eau. Le boulot des jus de fruits, ce sont les fruits! Enfin, on trouve très souvent des conservateurs dans ces boissons aux fruits. Encore un ingrédient sans intérêt pour l’enfant et nocif.

Quelles alternatives ?

JUS DE FRUITS 100%

C’est la seule alternative ! Pas de nectar, jus de fruits à base de concentré, du VRAI JUS DE FRUIT ! Toujours regarder sur l’emballage si la mention « 100% pur jus » est indiquée, et regarder les ingrédients. Un seul ingrédient doit y figurer : 100% jus de … (pommes, oranges, etc). Pas de sucre, pas d’additifs, pas de conservateurs.

Pour conclure…

En toute honnêteté, j’ai du m’arrêter plusieurs fois à la rédaction de cet article, la tête dans les mains, pour me calmer. Au fur et à mesure de mes recherches, je n’en revenais pas du poison que des enfants (dont notre propre génération) ont ingurgité pendant des décennies. Parce que c’est bon, parce que les industriels arrivent à vous convaincre que leurs produits sont riches en lait, céréales, fibres ou je ne sais quoi, et parce que ça calme les enfants pour un moment (même si ce sont justement ces produits qui les excitent encore plus par la suite), on fait l’impasse sur les vraies questions que posent ces produits. Quant aux industriels, le chiffre d’affaires est le plus important, la santé passe au second plan.

J’espère que cet article vous éclairera lors de vos prochaines courses, et que vous réfléchirez à deux fois avant de mettre cette boîte de chocolat en poudre Nesquik ou ces princes de LU dans votre chariot. Et si votre enfant fait une crise, résistez ! Vous lui sauvez la vie.