Lecture du mois : « Les Quatre Accords Toltèques »

Toujours dans la lignée du développement personnel et de cette recherche de bien-être intérieur, ce deuxième épisode de mes lectures du mois va traiter d’un livre que j’ai lu il y a très peu de temps, mais qui fait partie des ouvrages incontournables (selon mes amis déjà familiers de ces thématiques), que toute personne souhaitant un mieux-vivre et un apaisement de l’esprit devrait avoir sur sa table de chevet.

Ce livre, intitulé « Les Quatre Accords Toltèques : la voie de la liberté personnelle » a été écrit par Don Miguel Ruiz, un chirurgien natif du Mexique et baigné dès son enfance dans un univers très ancré dans la spiritualité, élevé par une mère guérisseuse et un grand-père chaman. En ajoutant à cela un chemin de vie parsemé d’évènements marquants (dont une expérience de mort imminente au début des années 1970), c’est tout naturellement qu’il décide de consacrer une partie de sa vie à la maitrise des préceptes de la sagesse intérieure, enseignés par ses ancêtres Toltèques (une civilisation ancienne originaire du Mexique).

Comme vous l’aurez compris, ce livre tente donc de nous éclairer et de nous aider à nous libérer des angoisses et des frustrations de notre quotidien, en nous suggérant un mode de pensées digne des chamans mexicains, qui révèlent entres autres les freins et les causes du mal-être ambiant et constant chez l’être humain : conditionnement collectif, croyances limitantes, peur de l’autre, suggestions erronées… Des blocages qui nous empêchent d’atteindre une paix intérieure, et de retrouver la sagesse, ou encore « L’Amour Inconditionnel », un des fondements des enseignements toltèques. A la fois terre à terre, puis surréaliste, voire mystiqus, il faut rester ouvert d’esprit et ne pas avoir peur des histoires un peu irrationnelles et teintées d’une spiritualité qui frise avec le surnaturel et l’étrange. Pour autant, ses récits n’en sont pas moins clairs, et évocateurs. Pour ma part, je me suis très souvent retrouvée dans beaucoup de situations décrites dans le livre, et ces conseils peuvent s’appliquer au quotidien.

Vous aussi vous souhaitez retrouver la sagesse intérieure ? Ne plus vous prendre le chou pour des broutilles ? Lâcher prise ? Allez, comme je suis sympa, je partage avec vous ces 4 règles d’or !

1er accord : Que ta parole soit impeccable

Cette première règle peut en effrayer plus d’un de prime abord, car il impliquerait de contrôler constamment ses pensées, et de ne s’autoriser aucune transgression. Ce n’est pas tout à fait exact.

Selon l’auteur, la parole revêt un pouvoir qui pourrait aisément s’apparenter à de la magie. Elle a une force insoupçonnée sur la personne qui reçoit cette parole. Et quand on y réfléchit bien, c’est par la parole que se prend bien souvent des décisions importantes et radicales. Dans la politique, par exemple, un simple discours d’un candidat aux élections présidentielles peut déterminer l’issue de sa campagne. C’est également par la parole qu’une sentence est invoquée par un juge. C’est aussi par la parole qu’un infirmier doit annoncer le décès d’un proche à la famille. Bien souvent, un couple se réconcilie en échangeant des mots, en dévoilant ses pensées, en communiquant.

Telle est donc la force de la parole. D’où l’intérêt de mesurer ses mots, qu’ils soient dirigés vers autrui, ou vers soi-même.

Pour ma part, j’aime beaucoup la métaphore de la « magie », l’idée de voir la parole comme un pouvoir, et le fait de lancer une parole peut aussi ressembler au fait de jeter un sort.

« Quelqu’un exprime une opinion : regarde cette fille, comme elle est moche ! La fille en question entend cela, croit qu’elle est laide et grandit avec l’idée qu’elle n’est pas belle. Peu importe qu’elle le soit ou non : tant qu’elle est d’accord avec cette opinion, elle croira qu’elle est laide. Elle subit l’influence d’un sort ».

Don Miguel Ruiz

Dans cette époque où le jugement, la compétition et la concurrence contrôlent nos existences (en atteste ce fléau des émissions télé qui mettent en compétition des personnes sur des sujets divers et variés : la cuisine, le shopping, et même le mariage !), la parole devient de plus en plus décomplexée, libre, sans limites. Mais personne n’a vraiment conscience de l’impact de ses paroles sur lui et les autres. Les « sorts », donc, se jettent sans arrêt, à la volée, sans réfléchir.

Dans mon travail, par exemple, c’est une situation que j’observe très régulièrement, et dont je suis moi-même victime. Les réflexions fusent, et peuvent être parfois blessantes. Le côté pervers d’une parole, c’est que la conséquence n’est parfois pas celle souhaitée par la personne qui l’a lancée. Exemple : un manager fait une réflexion assez dure sur le travail d’un employé; son but aura seulement été de le bousculer un peu (ou pas, les managers malveillants existent). Mais ce que lui ne sait pas, c’est que cette parole n’aura pas la même résonance sur celui qui la reçoit. L’employé, lui, recevra cette parole de manière beaucoup plus violente, se remettra en question, se dévalorisera, déprimera, et la dégringolade peut aller très loin. Voilà l’impact qu’une simple parole peut avoir sur une personne.

Bien sûr, il faut toujours prendre en compte le contexte émotionnel et social d’une situation. Ce manager en question était peut-être sous pression et n’a pas mesuré la portée de ses paroles. De son côté, l’employé est très sensible et réagit plus difficilement que d’autres aux critiques. Mais c’est justement là toute la complexité de l’être humain, mais aussi toute sa richesse : ses émotions, ses ressentis. Il faut les prendre en compte, c’est indispensable pour pouvoir évoluer dans un environnement harmonieux et sain. Relâcher sa pression en jetant des « sorts », en s’acharnant sur une personne peut avoir un effet libérateur pour certains (pas pour moi, en tout cas, c’est un concept que je ne cautionne pas), mais il faut penser à l’impact, toujours. Être actif de ses pensées, de ses paroles.

Encore un autre exemple qui est assez révélateur, et qui je pense vous rappellera des situations que vous avez déjà rencontré, d’un côté ou de l’autre : un appel frustré à un opérateur téléphonique, à la suite d’une panne quelconque (internet, le téléphone, le frigo, la télé). L’incapacité de l’opérateur à régler le problème dans l’immédiat, couplée à la frustration du client de ne pas pouvoir faire usage de son matériel peut, dans certains cas, provoquer une déferlante de haine envers ce pauvre opérateur, qui n’y est très probablement pour rien dans l’affaire. Souvent, après avoir relâché toute cette frustration, le client lancera cette phrase ô combien hypocrite « désolé.e, ce n’est pas contre vous, mais c’est cette situation qui est juste inadmissible ». Si ce n’est pas contre lui, pourquoi donc avoir lâché ce venin ? Car l’impact va bien au-delà d’un simple défoulement occasionnel : cet opérateur prendra cette frustration pour lui, se sentira coupable, ou en colère. Il émettra une mauvaise onde, une mauvaise énergie qui se répandra autour de lui, jusque dans sa vie privée. Eh oui ! Alors, réfléchissez bien avant de disputer ce pauvre opérateur qui ne saura pas réparer votre box internet, la prochaine fois 😉

Mais donc, concrètement, comment passe-t-on cet « accord » avec nous-même ? Comment faire pour que notre parole soit impeccable ?

Pour cela, selon l’auteur, il faut prendre conscience de sa parole et la répandre dans un objectif d’amour et de vérité, et non de médisance et de jugement. Tout en étant honnête, il faut prendre en compte les sensibilités et les aspérités des personnes autour de soi, avant d’émettre un discours. Il faut faire l’effort de se servir de la parole de manière appropriée, juste et censée. Ce n’est pas toujours facile, je le conçois. Mais faire cet effort aura une répercussion que vous ne soupçonnez pas, aussi bien sur les autres et sur votre environnement, que sur vous. Car tout est connecté ; si vous émanez de l’amour et de la bienveillance autour de vous, vous en recevrez en retour. Et l’inverse se produira aussi : du jugement et de la médisance occasionnera irrémédiablement du chaos, de la malveillance et des mauvaises ondes autour de soi.

2ème accord : quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

Cet accord est et en quelque sorte relié à l’accord précédent, car il fait appel au contexte, à toutes les composantes qui créent une situation donnée. L’idée, c’est de se dire que quelque soit ce qui se passe, quelque soit la problématique, qu’elle nous affecte directement ou indirectement, il ne faut pas la prendre pour soi, il ne faut pas en nourrir son Ego. L’auteur parle « d’importance personnelle », le fait de toujours tout rapporter à soi, à sa personne. Selon l’auteur, il y a un côté presque égoïste à cela : le fait de penser qu’on est toujours concerné, que tout ce qui passe autour de nous nous concerne. Alors que, finalement, une personne rencontrera des milliers, si ce n’est des millions de personnes au cours de sa vie, et vous n’occuperez donc jamais toutes ses pensées. De plus, chaque personne à sa façon de penser, sa vision. Pour rester dans cette thématique et le contexte un peu plus imagé du livre, chaque individu vit « dans son propre rêve, sa propre tête », il a son propre vécu, ses blocages… Bref, il y a un nombre incalculable d’équations dans lequel vous n’êtes qu’une donnée arbitraire dans une myriade de probabilités.

Et même lorsqu’une situation ou une parole vous affectent directement, si une personne vous insulte ou vous juge, par exemple, là aussi, vous n’y êtes pour rien et vous ne devez pas le prendre pour vous. Cette réflexion est la conséquence d’une multitude de croyances, de peurs et de blocages qui façonnent la pensée d’une personne et qui se matérialisent par ces injonctions.

 « Si quelqu’un vous donne son opinion en disant : « qu’est ce que tu as l’air gros ! », n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en vérité, cette personne est confrontée à ses propres sentiments, croyances et opinions. Elle essaie de vous envoyer du poison, et si vous en faites une affaire personnelle, alors vous le recevez et vous vous l’appropriez. »

Don Miguel Ruiz

Selon l’auteur, ce qui se passe lorsque vous faites une affaire personnelle d’une situation, c’est que vous êtes offensé par le fait d’être confronté à une autre croyance, à un autre avis qui vous parait injuste, et faux. Vous voulez avoir raison, vous voulez prouver que cette personne a tort. Mais dans quelle dimension souhaitez-vous que cette personne ait tort ? Dans votre dimension, ou dans la sienne ? Dans votre monde, dans votre tête, vous avez raison, vous le savez. Dans la tête d’autrui, c’est une toute autre affaire ; et vouloir à tout prix convaincre autrui, lui prouver qu’il a tort, se défendre, est très souvent un effort vain. Car le façonnement de l’esprit et des croyances d’autrui est une construction de très longue haleine, et il parait très prétentieux de vouloir la changer.

Passer ce second accord avec nous-même, implique donc de lâcher prise, de prendre conscience que vous n’êtes pas responsable des pensées, des paroles et des agissements d’autrui. Il faut cesser de se prendre constamment au sérieux, et il faut parvenir à se détacher d’une situation hostile qui heurte nos croyances, ou qui tente de briser de manière brutale notre rêve, notre idéologie.

Selon Miguel Ruiz, cet accord est crucial car c’est véritablement celui qui nous autorisera à être beaucoup plus apaisé, beaucoup plus serein et maitriser ses émotions.

Si nous reprenons l’exemple de l’opérateur téléphonique qui reçoit le venin du client mécontent, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, et à juste titre, puisqu’il s’agit bien là d’un sort jeté par le client, il devrait plutôt relativiser, et se dire que c’est la frustration de ce dernier, sa croyance selon laquelle tout doit toujours bien fonctionner, sa rigidité, qui a provoqué cette réaction, il n’en est pas responsable. Il ne doit donc pas prendre cette réflexion pour soi.

3ème accord : ne faites pas de suppositions

C’est très probablement l’accord le plus difficile à passer avec soi-même. Faire des suppositions est une spécificité bien humaine, et nous bataillons constamment avec notre esprit pour contrer ces pensées qui nous tourmentent : « il ne m’a pas répondu, il est certainement en colère contre moi », « Je sens qu’il me regarde, il ne doit pas être satisfait de mon travail », « Elle est amoureuse de moi, j’en suis sûr ».

Le problème résulte du fait qu’on ne demande pas d’explications, qu’on ne communique pas ouvertement. Alors nous prêtons des intentions à autrui, sans lui demander son avis.

Selon l’auteur, notre esprit est encombré par nos perceptions, nos suppositions, qui créent un réel chaos dans nos vies. Ce fait se justifie par toutes ces situations que nous avons gâchées, du fait d’avoir supposé des choses, d’avoir imaginé la pensée ou l’opinion d’une autre personne.

En ce qui me concerne, cet accord est quasiment impossible à passer avec mon esprit ; je réfléchis beaucoup trop. De simples situations banales, j’en déduis des conclusions sur ce qu’une personne pense de moi, alors que très souvent, lorsque j’en discute avec cette personne, je réalise qu’il n’en est rien ! C’est très souvent absurde, mais cette supposition me fait énormément souffrir, et peut même m’amener à me faire des films, des montagnes, des histoires fictives complétement farfelues qui se créées uniquement à partir d’une graine ; une simple supposition.

Faire des suppositions, peut également se traduire par la croyance qu’une personne doit forcément savoir comment nous fonctionnons, qu’elle est « dans notre tête », or ce n’est pas le cas !

Les dégâts se ressentent très souvent dans des situations de couple. Exemple : un jeune homme va rentrer du travail, exténué, et va penser que sa femme a préparé un diner. Mais ce n’est pas le cas, car cette dernière a mangé au restaurant avec une amie. Il sera donc fâché, mais elle ne saura pas pourquoi. De cette situation très étrange va en résulter des incompréhensions et des frustrations. Ce jeune homme a supposé que sa femme savait ce qu’il voulait, mais ce n’est pas le cas, elle n’était pas dans son esprit à ce moment-là, et ne pouvait donc pas deviner. Il aurait donc dû exprimer ouvertement le fait qu’il voulait que sa femme prépare un repas. Elle l’aurait très certainement fait (ou pas), mais au moins il n’y aurait pas eu de suppositions, tout aurait été clair.

Mais ce n’est pas tout ! Nous faisons également des suppositions sur nous-mêmes. Nous pensons à tort, par exemple, être capable de faire une telle chose, ou nous nous sous-estimons, pensant ne pas être assez fort, assez intelligent. Mais sur quels éléments se basent ses conclusions ? Bien souvent, il s’agit de suppositions non fondées, de simples croyances limitantes.

L’unique clé qui nous permettra de respecter cet accord, est la communication et l’action. Cela peut paraitre un peu cliché, mais le fait d’échanger, de parler, de poser des questions, de tenter, est le meilleur moyen d’éviter de faire des suppositions, et donc de se créer un film basé sur aucun fait réel. Le manque de clarté dans un échange entre des personnes est le meilleur moyen de se retrouver dans des discussions compliquées et malsaines, qui occasionnent de la tension et de l’incompréhension.

Il ne faut pas hésiter, de la même manière, à exprimer clairement ses besoins. Nous sommes uniques, nous avons des pensées et un imaginaire qui nous sont propres, nous ne pouvons donc pas supposer que nos proches, aussi familiers soient-ils, savent ce que nous souhaitons, c’est impossible.

Ne cédons donc pas à la rumination constante et au tourment de nos esprits, et discutons ! La difficulté de cet accord réside dans le fait que nous agissons bien souvent inconsciemment, notre esprit construisant ses propres suppositions, souvent à notre insu. Il faut donc rester alerte, maitriser ses pensées, et les analyser. C’est un entrainement, mais vous pouvez y arriver.

4ème accord : faites toujours de votre mieux

Cet accord est le socle des trois accords précédemment cités. Personne n’est parfait, et vous n’arriverez probablement pas toujours à respecter vos engagements. Mais quoi qu’il arrive, faites ce que vous pouvez, en fonction de ce que votre énergie du moment est capable de vous procurer.

« Quelles que soient les circonstances, faites toujours de votre mieux, ni plus, ni moins. Mais rappelez-vous que votre mieux ne sera jamais le même d’une fois à l’autre. Tout est vivant, tout change constamment, par conséquent votre mieux sera parfois à un haut niveau, et d’autres fois à un moins bon niveau. »

Don Miguel Ruiz

Faire de son mieux, selon Miguel Ruiz, ne signifie pas de se tuer au travail, de lutter de manière acharnée contre ses pensées, quitte à se torturer l’esprit. Lorsqu’on est fatigué, ou malade, on ne peut pas faire autant de choses que lorsque nous sommes pleins d’énergie. Pour autant, nous pouvons achever une petite tâche, une petite mission à la mesure que ce que nous sommes capable de donner à l’instant T, sans se sentir coupable.

Dans son activité, par exemple, il vaut mieux travailler tous les jours 2 heures, que de s’épuiser à travailler 8 heures, pour ensuite être entièrement vidé et ne plus pouvoir avancer pendant les deux semaines qui suivent. Car la vie se construit sur des expériences, des moments de joie, de changements d’état d’esprit, qui sont nécessaires pour développer notre créativité et notre efficacité. Il faut donc se ménager, mais tout en faisant de son mieux !

D’où l’absurdité, selon moi, du mode de travail contemporain, où chaque personne est obligée de travailler à heures fixes, du lundi au vendredi, et être constamment efficace. Cela n’existe pas! Qui n’a pas déjà ressenti une fatigue telle qu’il se sentait incapable d’avancer dans son travail, mais s’est forcé à travailler en allant puiser dans une énergie qu’il n’avait pas à ce moment-là? Bien souvent, cet acharnement va provoquer un épuisement qui empêchera par la suite de travailler pendant une plus longue période : de cela en résultera un arrêt de travail, ou un burn-out. Si cette personne avait écouté son corps et s’était arrêté au bon moment, il n’en serait pas arrivé là.

Dans les relations personnelles, le même constat se vérifie. Vous ne pourrez pas toujours être de bonne humeur, et donc vous ne pourrez pas toujours mesurer vos paroles envers autrui. Mais faire de son mieux, signifie que vous pouvez parler ouvertement, ne pas avoir peur de faire tomber le masque, d’être vrai. Vous aurez fait de votre mieux en exprimant honnêtement vos sentiments, ce qui vous rend de mauvaise humeur. Et si vous êtes si épuisés que vous n’en êtes pas capable, alors vous aurez fait de votre mieux en vous isolant, en prenant du temps pour vous, pour recharger vos batteries. Lorsque ce sera fait, vous pourrez ensuite discuter de manière apaisée avec vos proches.

Après avoir lu ce livre, j’ai réalisé à quel point tout pouvait être simple, si nous respections chacun ces accords ; cependant, les stimulations que notre esprit éprouve quotidiennement, les épreuves, les conditionnements, rendent très difficile la bonne application de tous ces préceptes. C’est un effort de tous les jours, que l’auteur nomme d’ailleurs « la discipline du guerrier ». Je vous rassure, je ne suis pas une guerrière et il m’est très difficile, voire parfois impossible, de respecter ces accords. Pour autant, j’essaie d’être active de mes pensées et de mes actions, dans la mesure du possible, car j’ai conscience de l’impact que je peux avoir sur autrui.

Dans tous les cas, de mon humble avis, ce livre est effectivement à avoir sur sa table de chevet, il est crucial est indispensable, au moins pour élever sa conscience et être réellement maître de sa vie.

Insignifiante : l’espèce humaine, grain de sable dans l’univers, mais pourvue d’une arrogance sans limites

En ce dimanche 21 juillet, je vous fait part d’une nouvelle Irréflexion, ce mot que j’ai inventé pour désigner un billet d’humeur spontané, irréfléchi, qui n’est pas un article de recherche sur un sujet en particulier, mais plus d’un avis, d’une opinion, d’un constat. En gros, ce que je ressens, de la manière la plus brute qui soit.

Depuis l’enfance, j’ai toujours été fascinée par ce monde qui bouge, par cette Terre qui pivote à une vitesse si rapide et dont nous ne ressentons pas le mouvement. Mon rêve ultime, l’ultime tâche sur la to-do list de ma vie, serait de pouvoir un jour m’extraire de cette planète, et d’avoir la chance de la contempler d’en haut, perdue dans l’espace, dans le noir abyssal.

Mais en grandissant et en évoluant, cette fascination a malheureusement laissé place à une sidération, une sorte d’incompréhension sur le rôle de notre civilisation au sein du cosmos. Pour être honnête, plus les années défilent et moins je parviens à comprendre le sens que l’Homme moderne a donné à sa condition actuelle.

En quelques centaines de milliers d’années, l’équivalent d’un claquement de doigt pour la planète Terre, âgée de plus de 4 milliards d’années, et non mesurable à l’échelle de l’Univers, âgée de plus de 14 milliards d’années, notre civilisation a réussi la prouesse de contrôler et brutaliser son propre environnement, en s’autodétruisant par la même occasion, à une vitesse jamais égalée par les autres civilisations auparavant.

L’histoire de la Planète se délimite par des Ères. Jusqu’à maintenant, nous vivions dans l’ère de l’Holocène, un épisode géologique qui commença il y a 10 000 ans, et débuta à la fin de la dernière glaciation. C’est une ère durant laquelle le climat de la Terre s’est adouci, causant la fonte des calottes glaciaires qui recouvraient alors plus de 25% des terres immergées. Cette Ère est une ère géologique, causée par un bouleversement naturel, qui nous a permis de bénéficier d’une relative stabilité climatique pendant toutes ces années. Mais aujourd’hui, selon certains scientifiques, cette ère touche à sa fin et nous entrons dans l’Ère de l’Anthropocène, également appelée Ère de l’Homme : cette période durant laquelle les activités humaines ont un impact significatif et global sur l’écosystème terrestre. C’est inédit.

L’Homme commet donc cet exploit d’être directement et durablement impliqué dans le futur de tout un système, le système Terre.

Malgré cette connaisance, l’Homme ne prend toujours pas conscience de son impact, et se pense seul, unique dans son environnement. Il ne se rend pas compte que l’impact qu’il a sur la Terre provoque également des bouleversements pour les autres êtres vivants avec qui il partage cette grande Maison et qui tentent eux aussi de survivre.

J’ai été touchée par un documentaire, diffusé sur Arte il y a quelques mois maintenant, et qui met en lumière de manière claire et évidente l’absurdité de l’Homme dans ses convictions : Une Espèce à Part, une magnifique mini-série, douce et philosophique. C’est ce documentaire qui m’a amené à approfondir mon questionnement sur notre supériorité supposée face aux autres êtres vivants.

Nous nous pensons uniques, intelligents, supérieurs, et justifions la destruction de la Planète par notre besoin d’accroître encore et toujours notre confort.

Mais de quel droit nous permettons-nous d’écraser les autres espèces vivantes, d’envahir et de détruire leurs espaces de vie, de les polluer, des les abattre, de les brutaliser ? Qu’avons-nous de plus que les autres êtres vivants sur cette Planète, pour justifier une telle tyrannie ? Sommes-nous plus nombreux ? Plus intelligents ? Plus forts ? Plus éveillés ? Non, nous ne sommes ni plus ni moins qu’une simple espèce parmi des milliards d’autres, et pourtant, nous n’avons aucune humilité,  aucun respect de la Nature alors que, sans elle, nous ne pourrions exister.

L’insignifiance de l’espèce humaine, minuscule goutte d’eau dans l’immensité de l’océan du vivant

L’Homme se pense être le centre de l’Univers. Fermé dans sa bulle, il se pense géant et si important dans l’Espace. Dans son imaginaire, il pense que sa Planète trône fièrement au beau milieu de la Voie Lactée, majestueuse et puissante. Mais, si nous pouvions avoir une vue globale de toute notre galaxie, nous nous sentirions bien ridicules. La Voie lactée est peuplée de plus de 150 milliards d’étoiles. En sachant que pour une étoile vivante, 1 à 2 planètes gravitent autour d’elle, il existerait donc au moins 240 milliards de planètes dans notre galaxie. Parmi ces planètes, si nous estimons que 0,001% d’entre elles sont habitables, ça ne laisse pas moins de 240 000 planètes potentiellement similaires à la nôtre. De plus, la Terre n’est pas placée au centre de la Voie Lactée, mais dans l’extrémité d’une des multiples branches de cette magnifique galaxie. Et nous ne parlons là que de notre galaxie. A l’échelle de l’univers, qui contient des millions, voire peut-être des milliards d’autres galaxies, nous n’existons pas, nous ne sommes même pas visibles. Nous devrions donc changer cet imaginaire, et nous voir plutôt comme un petit grain de sable perdu sur une plage à l’horizon infini, et qui virevolte au gré du vent sans pouvoir le contrôler.

Et sur notre planète dans ce cas, sommes-nous moins insignifiants ? La biodiversité de notre Planète est riche et complexe, et toutes les espèces n’ont pas encore été découvertes. Jusqu’à présent, les scientifiques estiment qu’il existe entre 3 et 100 millions d’espèces. L’espèce humaine ne représente donc qu’une petite feuille dans l’immense forêt du vivant. Et nous ne sommes même pas les plus nombreux : les plantes, les bactéries, les insectes, se comptent en dizaines de milliards. Par conséquent, dans notre propre maison, nous devrions là aussi descendre de notre piédestal et nous rendre compte de notre petite place dans l’écosystème.

L’arrogance de l’espèce humaine, se pensant plus intelligente, plus forte, et plaçant sa satisfaction et son confort personnels en priorité, au détriment du bien-être des autres espèces vivantes

Lorsque j’échange avec des personnes qui ne sont pas sensibles à l’écologie, l’argument le plus souvent avancé est qu’ils ne souhaitent pas perdre leur confort de vie, et que respecter la Nature implique de faire trop d’efforts, qu’ils estiment trop compliqués pour eux. Le confort de l’Homme, petite poussière dans un immense manoir de milliers d’étages, je le rappelle, justifie donc de détruire tout un environnement, toute une planète.

C’est comme si, dans cet immense manoir par exemple, peuplé d’hommes, de singes, de chats, chiens, plantes, papillons, une nuée de fourmis rouges avait décidé que ce manoir leur appartenait, et que, parce qu’ils avaient l’impression d’être plus intelligents grâce à leur capacité à construire des armes et des bâtiments, avaient le droit de prendre position dans toutes les pièces du manoir, investissant les draps et empêchant les êtres humains de dormir dans leurs lits, volant la nourriture des chats et des chiens, ou grignotant petit à petit les fondations du manoir. Et même en ayant conscience des dégâts causés, ils estimeraient qu’ils étaient supérieurs à toutes ces autres espèces, et donc qu’ils avaient tous les droits.

C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui. L’Homme a investi la planète entière, il grignote petit à petit les derniers espaces verts restants, repoussant de plus en plus les autres animaux qui ont de moins en moins d’espaces habitables.

Pourtant, l’Homme n’est pas le plus fort de toutes les espèces existantes. Il détruit l’espace de vie des orangs-outangs, mais il ne ferait pas le poids s’il devait faire face, à mains nues, à ce beau primate. Il tue des centaines de milliers de bœufs pour se nourrir, mais il se ferait rapidement tuer si un bovin décidait de charger en sa direction. Il a réussi à instaurer sa dictature par sa capacité à créer des barricades, à se protéger en créant des machines, des armes, des bâtiments qui lui permettent d’exterminer les autres espèces sans même avoir à les toucher. L’Homme n’a par conséquent aucun mérite, et rien ne justifie sa supériorité sur la Nature. Il s’est octroyé un confort par le sang des autres espèces, et en ne jouant pas à armes égales.

L’inconscience de l’espèce humaine, se croyant supérieure par sa capacité à se construire un confort matériel, mais qui le conduit finalement à sa perte

Donc, l’humain est un minuscule petit pion dans cette immense partie d’échecs qu’est la vie, il n’est pas plus fort que les autres espèces, et pourtant, on assiste encore à des discours hors-sol, d’individus se vantant de leur réussite économique, industrielle, de leurs inventions, de leur capacité à générer de la croissance, bref, ils se gargarisent de leur intelligence supposée.

Cependant, si nous étions réellement intelligents, la famine existerait-elle toujours ? La pauvreté, les guerres, les maladies seraient-elles encore d’actualité ? Comment avons-nous fait usage de notre intelligence ?

Depuis le début de la civilisation humaine, l’Homme a un et un seul objectif : survivre. Pour cela, il va créer des outils qui lui permettront de pallier aux dangers de la Nature : il va créer le feu pour se protéger du froid, construire des habitations pour se protéger des intempéries, chasser et cultiver pour lutter contre la faim. Au fil du temps, l’Homme va se rendre compte de son impuissance face aux forces de la Nature, et va petit à petit en faire son ennemi, plutôt que son allié. Alors, il va tenter de s’en éloigner, toujours un peu plus, cherchant des moyens de se protéger CONTRE elle, et va développer des stratégies pour aller jusqu’à l’exploiter. Plus il va s’en éloigner, plus il va perdre de vue le vrai pouvoir de la Nature : car c’est grâce à son souffle, de l’oxygène fourni par la complexe connexion entre les différentes composantes terrestres, que l’Homme est parvenu à faire du feu, c’est grâce au bois que l’Homme a réussi à construire un toit sur sa tête, c’est grâce à ces fruits et légumes que nous offre la Nature que l’Homme peut se nourrir et se renforcer en vitamines et minéraux, indispensables à sa survie.

Finalement, nous sommes arrivés à un point de non-retour puisque, voulant l’exploiter encore et toujours un peu plus, nous sommes arrivés à un point où nous ne la contrôlons plus, nous sommes entrés dans un cercle vicieux ou nous tentons de nous protéger toujours plus contre la Nature, tout en la détruisant dans le même temps.

Cela me fait penser à cette période de canicule dans laquelle nous vivons actuellement, conséquence du réchauffement climatique dont nous sommes directement responsables. Pour nous protéger face à ce dérèglement de la Nature qui nous met en danger, nous usons à outrance de climatiseurs, « magnifique » invention de l’Homme, qui a réussit à créer un air frais synthétique. Cependant, un climatiseur est extrêmement nocif pour l’écosystème, car il émet énormément de CO2, et va donc réchauffer la planète encore plus, causant des canicules de plus en plus fréquentes et difficilement supportables… L’Homme tourne en rond, ne sachant plus comment faire pour se protéger des dégâts qu’il a lui-même causé.

Comment pouvons-nous donc affirmer que nous sommes plus intelligents que les autres espèces ? Aucune autre espèce ne détruit sciemment son environnement en ayant conscience des enjeux.  

Remettre en question l’importance de l’Homme sur la planète me fait énormément relativiser, prendre du recul sur ma vie. Nous gigotons et nous nous bagarrons sans cesse, mais sans but, pour rien. Comme le dit si bien la narratrice de ce beau documentaire sur Arte, notre civilisation est encore à l’état de nouveau-né, trop immature pour comprendre ce qui se joue réellement autour d’elle. Alors nous continuons à vivre une vie dénuée de sens, à se tuer au travail pour nourrir une machine, un système qui nous tue à petit feu et nous conduit à notre perte. Nous continuons à tuer des animaux pour le confort de pouvoir déguster du saucisson à l’apéro, nous faisons tourner le climatiseur à fond pour ne pas avoir trop chaud.

Tant que nous n’aurons pas pris conscience de notre place minime et minuscule dans l’Univers et sur la Planète, et tant que nous n’aurons pas compris que c’est en vivant en harmonie avec la Nature que nous serons plus heureux et en bonne santé, jouissant donc de ce qu’on appelle le VRAI confort de vie, et non le confort matériel, nous n’élèverons jamais nos consciences, et nous conduiront nos enfants et nos petits enfants tout droit vers une extinction prochaine.

Bien entendu, l’être humain n’a pas que des défauts, bien au contraire. Il renferme une puissance qui ne demande qu’à se déployer pour faire émerger un monde meilleur, à moins de, justement, retrouver sa place dans ce monde!

Claque n°1 : quand tu réalises que tu as pris le mauvais chemin

J’adore écrire. Je peux passer des heures à taper mes pensées ou mon imaginaire sur un clavier, ou avec mon stylo. Dans le disque dur de mon ordinateur, se cachent des dizaines d’histoires, tantôt des récits fantaisistes, tantôt des narrations dystopiques ou de science-fiction, ou encore des histoires vraies. J’écris des tas d’articles issus de recherches sur des sujets qui m’intéressent. J’aime chercher, écrire, raconter. Je ne m’en étais jamais vraiment rendue compte, jusqu’à ce que je retrouve dans le grenier de la maison de mes parents, des « nouvelles » , 5 pages A4 agrafées maladroitement, et dotées d’une page de couverture particulièrement colorée, titrant « Séverine au pays des furbys » ou « Le Bac d’Olivia ». Des récits innocents et maladroits d’une petite fille de 8 ans, mais qui traduisent une passion pour l’écriture dès l’enfance. Aujourd’hui je tiens un blog, où j’écris encore une fois, et même si parfois (souvent) je m’arrache les cheveux devant ma page blanche, une fois que je suis lancée je ne m’arrête plus.

J’aime apprendre. L’école me manque pour ça. Nourrir son cerveau de nouvelles données, de nouvelles informations. J’aime apprendre sur des sujets complètement différents l’un de l’autre : qu’il s’agisse de sciences, de technologie, de culture ou de sujets de société, j’ai une curiosité qui ne connait pas de limites. Si je n’apprends plus, je déprime, je m’ennuie. J’ai besoin d’être entourée de personnes qui m’inspirent et me stimulent. Je n’ai pas nécessairement besoin d’être entourée de Barack Obama ou des 100 personnes les plus influentes selon le TIME Magazine, mais simplement de personnes passionnées, qui ont des choses à dire, des idées, des avis. Je crois que l’apprentissage est un fait dont on ne se satisfait jamais ; on apprend dès son enfance, et jusqu’à ces derniers instants. De mon avis, personne ne peut se permettre de dire qu’il n’a plus rien à apprendre.

J’aime rencontrer des gens. Je n’ai jamais été aussi heureuse que lorsque je suis partie seule, en voyage au Mexique (le premier épisode de mon voyage, ici). Au cours de mon périple, j’ai rencontré des centaines de personnes, venant des quatre coins de la planète. J’ai rencontré beaucoup de locaux aussi, qui m’ont raconté leur vie, qui leur parait très sommaire, mais qui pour moi était fascinante, tant elle est différente de la nôtre ici en France. J’aime discuter et connaitre la vie de personnes du monde entier, quels sont leurs codes, leur façon de vivre, leurs pensées. Je n’arrive pas à me satisfaire d’être simplement entourée de mes proches (que j’aime de tout mon cœur, bien sûr). J’ai besoin de parler à des gens qui ne sont pas de mon milieu, qui vivent dans d’autres sphères, d’autres horizons. J’aime discuter et échanger de vive voix avec les personnes.

J’ai des valeurs fortes. Elles se sont confirmées en évoluant et en grandissant. Je suis particulièrement attachée au respect de l’environnement et aux lois de la Nature, à l’écologie et au bien-être animal. Je pense que nous, êtres humains, nous nous sommes perdus dans l’attrait d’une vie où le confort, le matériel et l’argent sont devenus une priorité au-dessus des choses simples et naturelles. Nous en avons même perdu nos valeurs humaines. Au risque de paraitre un peu « bisounours », je porte beaucoup d’importance aux relations humaines saines et honnêtes, à la bienveillance. Sans forcément être dans une gentillesse à outrance, j’apprécie d’être entourée de personnes qui mesurent la portée de leurs paroles et qui font en sorte de ne pas heurter la sensibilité d’autrui.  L’échange et la transmission sont des valeurs qui me touchent, aussi. Pas seulement une transmission de compétences professionnelles, mais aussi et surtout de compétences humaines, dans sa forme la plus littérale du terme ; en effet, les synonymes d’humain sont « bienveillant, bon ».

J’ai mis du temps avant de réaliser tout ça, tout ce qui faisait ma personnalité, qui je suis, finalement. Mais ce temps qui a été nécessaire pour me comprendre enfin, 28 ans précisément, est passé et j’ai dû prendre des chemins sans vraiment avoir eu le choix. Le temps passe, et nous n’avons pas le temps de réfléchir sur ce que l’on souhaite vraiment. Alors on avance, tête baissée, dans les études, dans les expériences professionnelles. Et on se construit une « fausse identité », avec obstination, une persistance si forte qu’elle prend le pas sur notre vraie identité, nous vivons dans le déni.

Aujourd’hui, j’occupe un poste qui représentait le « job de mes rêves » durant mes études : chef de produit dans le secteur alimentaire. La totalité de mes études supérieures à été dirigée pour y arriver. En y réfléchissant bien, je crois que c’est le côté « créatif » du poste qui me parlait. Je suis en CDI, aussi, le « Graal » pour une bonne partie de la population (même si ce statut est de plus en plus remis en question). Je croyais dur comme fer que c’est ce poste qui me rendrait heureuse et que je pourrais occuper jusqu’au bout de ma carrière. Je voulais même « monter les échelons », devenir « chef de gamme » , « responsable marketing », et toutes ces autres positions si valorisantes aux yeux de la société.

Mais y a-t-il un quelconque lien entre ce que je suis vraiment, entre les éléments que j’ai énuméré précédemment et mon poste actuel ? Aucun. Dans ce poste et au sein de cette entreprise, (une situation qui n’est bien entendu pas une situation isolée et qui se retrouve dans beaucoup d’autres structures, je dédierai un article dessus), la créativité est surtout limitée à des contraintes industrielles, des contraintes d’image ou pire, des contraintes d’ego et de jeux de pouvoir entre les dirigeants. Ce type de poste appelle a être innovant et force de proposition, tout en ayant des normes et des règles à respecter dans des chaînes de production qui n’en finissent pas.

L’essentiel des échanges se fait par email ou téléphone, une relation très lointaine et déshumanisée. Les seuls contacts se font avec les collègues, certains avec qui de liens forts se créent, et d’autres avec qui les affinités ne sont pas très engagées. Dans tout ce modèle d’entreprise basé sur le profit et le business, on en oublie les vrais échanges humains ; des échanges simples, désintéressés, honnêtes et bienveillants. Les remarques et les réflexions fusent, soit pour mettre en lumière la faute d’un collaborateur, soit pour rassurer son ego et montrer son autorité. Mais à aucun moment la question de savoir si la personne a été heurtée n’est posée.

Certes, on nous dira toujours que, dans le milieu professionnel, il ne faut pas prendre les choses pour soi, il ne faut pas trop montrer ses émotions. Mais l’être humain est justement la définition même de l’émotion. Autrement, nous nous appellerions des humanoïdes, ou des robots. Comment peut-on mettre ses émotions et sa sensibilité de côté pendant 8h (voire plus) par jour, 5 jours par semaine ? Moi, en tout cas, je ne peux pas, je ne sais pas faire.

Je me sens parfois comme un OVNI au milieu de mes collègues. Cataloguée comme la seule végétarienne-écolo de l’entreprise, je dois parfois me retenir et ne pas m’exprimer sur les opinions de mes collègues qui sont totalement contraire au miennes. Je suis aussi souvent en pleine dissonance cognitive, submergée par du plastique et autres produits nocifs à l’environnement ; obligée d’imprimer du papier sans cesse pour des factures, des documents… Je dois cacher ma personnalité sensible et engagée, et faire bonne figure.

Alors voilà, je me retrouve dans cette situation où plus de la moitié de mon temps de vie et la totalité de mon énergie sont dédiés à un système qui ne me convient pas, et qui ne m’a jamais convenu, finalement. C’est assez dur de le réaliser ; car on se dit qu’on a perdu énormément de temps, 28 ans à se construire une identité en pensant qu’elle nous conviendrait, alors que non.

Mais, je suis cette catégorie de personnes qui pense que rien n’arrive par hasard. Que des évènements, des rencontres et des situations particulières sont placées stratégiquement à un moment précis, dans le but de nous faire prendre conscience de certaines choses, ou de nous aider à changer. Peut-être qu’il fallait que je passe par cette période pour encore plus embrasser ma vraie identité avec passion. A 28 ans, je me pose aujourd’hui cette question : quelles sont mes ressources, qu’est ce que je veux vraiment faire ? Et je crois que ce n’est pas trop tard. Cette prise de conscience peut aussi bien avoir lieu à 18 ans, à 25 ans, à 30 ans, à 50 ans. Quel que soit l’âge, c’est le temps qui vous a été nécessaire pour vous réveiller, et ça n’aura jamais été une perte de temps ; chacun son rythme.

Pour ma part, je crois que cette prise de conscience s’est formée par plusieurs situations, et rencontres qui se sont alignées au bon moment.

Une situation tout d’abord ; un poste qui ne correspond plus à mes valeurs, alors qu’il représentait encore il y a quelques années mon projet professionnel ultime. Mais surtout des rencontres, tellement de belles rencontres… En quelques mois, j’ai rencontré des femmes inspirantes et passionnantes avec qui je construis aujourd’hui une association qui tente de distribuer des produits alimentaires sains et peu cher pour des populations en difficulté. J’ai aussi rencontré une belle âme, une personne qui m’aide aujourd’hui à trouver mes ressources, et à briser toute cette fausse identité que je me suis construite au fil de mes études (que je remercie du fond du cœur). J’ai aussi rencontré pleins d’autres personnes, avec qui je n’ai pas forcément gardé contact, mais dont la simple petite discussion au détour d’un verre a été déterminante et m’a apporté encore plus de forces pour entamer ce changement. Toutes ces personnes, sans le savoir, m’accompagnent dans cette évolution qui est en cours, cette remise à plat totale.

Aujourd’hui, c’est le flou dans la suite de mon aventure en tant qu’être humain sur cette planète. Devrais-je continuer et rester dans ce confort d’être en CDI, d’être dans une position plutôt bien placée dans la société ? Ou plutôt me mettre en danger, et prendre des risques pour faire enfin émerger ma vraie personne, celle qui adorait écrire des histoires farfelues dans sa chambre d’enfant, intrépide, gentille, mais qui s’est cachée pour mon bien, pour me laisser m’intégrer dans un société où elle n’avait pas sa place ? Aujourd’hui, j’ai envie de faire de l’écriture mon métier, j’ai envie de dédier toute mon énergie à mon association, j’ai envie de voyager et rencontrer des nouvelles cultures, et j’ai encore tellement d’idées… Qui vont peut-être se rassembler pour créer ma nouvelle vie.

Si vous avez pris le temps de lire ce long billet d’humeur, merci beaucoup. N’hésitez pas à me donner des conseils ou laisser un commentaire, j’adore discuter et parler avec vous 🙂

Mexique, épisode 1 : découverte de Mexico City

Cet article est le premier épisode de ma série de récits au Mexique, mon premier voyage solo ! Un voyage qui m’aura appris énormément sur moi-même, le monde, mais aussi et surtout sur ce beau pays qu’est le Mexique ! A travers mes articles, je vous donnerai des astuces et conseils, si vous planifiez un voyage vers le Mexique, mais également des anecdotes et des ressentis sur un premier voyage en solitaire. Bonne lecture, et bon voyage !

Mon premier voyage seule (hors expatriation à l’étranger), je l’ai réalisé au Mexique. Un choix risqué pour certains, car le Mexique n’a pas une très bonne réputation : cartels de drogue, délinquance, enlèvements… Un voyage à travers ce pays pourrait en effrayer plus d’un. Et pourtant, au cours de ces 6 semaines de parcours à travers la terre des Mayas, je n’ai que très rarement ressenti une insécurité ou une hostilité des mexicains envers ma personne. Mieux, ce voyage est (pour le moment) mon plus beau voyage… Petit récit de mon périple au pays de la Tequila !

« Mais pourquoi le Mexique ? » C’est la question qui est revenue le plus souvent de la part de mes proches. C’est vrai qu’à part pour se rendre à Cancun, peu de gens s’intéresse réellement à ce pays. Et encore moins pour un premier voyage en solitaire ! Une des raisons principales pour lesquelles j’ai souhaité visiter le Mexique, c’est ma passion pour la civilisation Maya. Le Mexique (ainsi que ses pays voisins – Guatemala et Belize notamment) est la Terre ancestrale des Mayas, cette ancienne civilisation qui, des millénaires après sa disparition, garde tout son mystère et fascine les archéologues et historiens du monde entier. Des pyramides et sites antiques à couper le souffle, qui dépassent bien souvent les frontières du surnaturel, des rites et traditions sacrées… Je souhaitais voir de mes propres yeux la 7ème merveille du monde, Chichen Itza, et fouler le sol qu’a emprunté cette population mystérieuse, il y a des milliers d’années.

Raison numéro 2 : les paysages. Le Mexique, ce n’est pas uniquement Cancun et ses plages de sable fin. C’est aussi la jungle de Palenque, les montagnes de Puebla, ou encore les villages près de Valladolid. C’est un pays immense aux horizons variés. Je voulais en avoir plein la vue, et je savais qu’au Mexique, je ne serais pas en reste.

Je suis donc partie 6 semaines, et j’ai parcouru la zone EST du pays (je compte y retourner pour découvrir la zone ouest !). 6 semaines, c’était bien, mais pas suffisant à mon goût pour bien apprécier et s’imprégner de l’âme de ce pays. Mais j’ai néanmoins eu le temps de voir quelques villes et sites principaux :

Mon parcours d’un mois et demi au Mexique

J’ai suivi un chemin assez classique, qui permet de suivre une route et ne pas avoir à faire trop de demi-tours :

MEXICO CITY – CANCUN – BACALAR – TULUM – VALLADOLID – MERIDA – PALENQUE – SAN CRISTOBAL – OAXACA – PUEBLA – MEXICO CITY

J’ai même retrouvé des backpackers que j’avais rencontré dans des auberges en début de parcours, sur mon chemin au cours de mon voyage ! C’est pour dire à quel point on fait tous le même parcours. Mais pour un début je trouve que c’est une bonne chose. Pour mon second voyage au Mexique, maintenant que je suis plus à l’aise, j’irai certainement hors des sentiers battus.

J’ai principalement voyagé en bus, car le Mexique possède une très bonne compagnie de bus, les fameux bus rouges ADO, fonctionnelle et moderne. Il y a aussi d’autres compagnies, plus ou moins chères. Mais de manière générale, le réseau de bus est très bien organisé. Le seul moment où j’ai pris un avion interne, a été entre Mexico City et Cancun, au tout début de mon voyage. En effet, j’ai atterri à Mexico City, puis j’ai pris un avion pour Cancun, et mon périple en bus a commencé à partir de là.

Pour le budget, tout dépend de votre niveau de confort et votre façon de voyager. Pour ma part, j’ai volontairement choisi d’être hébergée uniquement en auberge. Pour l’aspect financier, bien entendu, mais aussi et surtout car la vie en auberge est pour moi totalement différente d’un séjour dans des hôtels : il y a bien plus de proximité avec les locaux (car les auberges sont souvent tenues par des mexicains), bien plus d’occasions de rencontrer des gens, et s’ouvrir à d’autres cultures. Si je devais le refaire, je ne changerai absolument aucun des hébergements dans lesquels j’ai séjourné durant mon parcours, tout était parfait. Bien entendu, il faut pouvoir accepter d’abandonner son intimité (en particulier quand on dort dans un dortoir de 10 lits), mais ça n’a pas été un problème pour moi… Bon, tout n’était pas rose, bien sûr, mais j’ai bien plus de bons souvenirs en auberge, que de mauvais souvenirs.

ET, le plus important : STOP AUX IDÉES REÇUES ! Les auberges, ce ne sont pas des motels miteux avec des lits de prison et des rideaux de douche déchirés ! A moins de choisir des auberges à 1€ la nuit, et dans ce cas il faut assumer, la plupart des auberges ont beaucoup d’avantages, et des installations qui n’ont parfois rien à envier aux hôtels ! Installations modernes, piscine, hamacs (petit aperçu en photo ;)), petit-déjeuner local gratuit, activités, sorties, soirées…. Sans oublier que, pour le prix, je préfère de loin dormir dans une belle auberge vivante et chaleureuse, plutôt qu’un hôtel 4 étoiles hors de prix, sans âme et froid. Mais c’est mon opinion ! En moyenne, pour 6 semaines de voyage, j’ai dépensé 350€ pour mon hébergement.

Concernant les transports, les prix sont très souvent dérisoires. 4 à 8€ en moyenne pour un trajet en bus, un peu plus lorsque les trajets sont plus longs… J’ai dépensé en moyenne 70€ pour mon moyen de transport (j’ai principalement pris des bus ADO, donc assez « cher » comparé à d’autres compagnies moins confortables).Pour la nourriture, c’est open bar ! La nourriture est très peu chère au Mexique, sauf peut être dans les villes les plus touristiques (Cancun et Playa del Carmen, notamment). Un repas dans un resto coûte en moyenne 4€, donc pour des tacos en street-food (bien meilleur, parfois), il faut compter environ 1 à 2 petits euros. Je n’ai pas compté précisément mon budget pour l’alimentation, surtout que je pouvais passer une journée à manger des tacos en street food, et une autre à enchaîner les restos plutôt aisés… En moyenne, j’ai dépensé 6 – 8€ par jour pour manger.

Enfin, pour les sorties et activités, encore une fois tout dépend de vos moyens et de votre façon de visiter une ville. Si vous préférez visiter des monuments en groupe, avec un guide, et un tour operator, effectivement vous risquez de payer un peu cher (sachant que les tips ou « pourboires », comme aux Etats-Unis, s’appliquent au Mexique également !). Pour vous donner un exemple concret, lors de mes premiers jours au Mexique, je souhaitais visiter Teotihuacan, à Mexico City. N’étant pas forcément très à l’aise (c’était mon deuxième jour sur place), je décidais de partir avec un tour pour passer la journée sur le site. Prix : environ 500 pesos (22€) pour un départ à 8h et un retour à 17h, avec 3h uniquement sur le site. Dans le reste du temps, il fallait compter le trajet, une visite d’un autre site, puis la Basilique de Guadalupe (qui valait le coup, je l’avoue). Mais ce que je souhaitais voir, c’était Teotihuacan, et je serai volontiers restée plus longtemps pour apprécier le site. Mais timing oblige, notre guide nous pressait à la fin du temps imparti pour quitter le site. Et en plus, nous n’avions pas de guide sur le site de Teotihuacan, nous visitions de nous-même. Donc pas d’avantage à avoir un guide si ce n’est que pour nous emmener sur les sites dédiés, sans nous raconter l’histoire du lieu !

Finalement, le soir, j’ai rencontré un résident de l’auberge qui avait visité le site par ses propres moyens, pour un total de 170 pesos (soit 8€):

Trajet Mexico City – Teotihuacan : 100 pesos (5€) A/R

Entrée sur le site de Teotihuacan : 70 pesos (3€)
Clairement, j’étais tellement dégoûtée que je me suis jurée de ne plus faire de visites avec des tours, sauf lieu particulier où un accompagnement est indispensable !

Petite information, d’ailleurs : tous les sites officiels au Mexique (sites archéologiques, musées) coûtent 70 pesos, c’est le prix officiel (du moins en 2017). Donc, cette anecdote vous donne une idée des différences de prix selon que vous choisissez des visites confortables en tour operator ou plutôt à l’aventure !

Plus concrètement, voilà mon budget, pour 6 semaines au Mexique (sans le billet d’avion) :
Hébergement : 350€ (8€ / nuit en moyenne)

Transports : 97€ (70€ pour 9 trajets en bus, et un avion interne à 27€)

Nourriture : 300 – 350 € (environ 8€ en moyenne, avec parfois des petites folies – le resto 4 étoiles à 8 euros le plat, on se fait plaisir !!!)

Sorties : 200€ (dont une sortie qui a coûté, a elle seule, 120€ – je vous donnerai les détails plus tard!)

Donc en tout, j’ai dépensé environ 900€ sur place pour 6 semaines au Mexique (hors billet d’avion), soit 42 jours de voyage. Un budget plutôt correct selon moi, quand on peut vite dépenser parfois 400 euros voir plus pour un voyage d’une semaine en Europe !Bon, maintenant que vous connaissez tous les détails, passons aux choses sérieuses : mon séjour au Mexique, ville par ville.

MEXICO CITY : UNE MÉGALOPOLE ENTRE MODERNITÉ ET CIVILISATION ANCIENNE

Durée : 5 jours
Hébergement : Mexiqui Zocalo

Lieux visités :

  • Teotihuaca
  • La basílica de Guadalupe
  • El museo de Frida Khalo
  • El museo nacional de antropología
  • El Palacio de Bellas Artes
  • Templo Mayor
  • El Palacio Nacional
  • La Plaza de las tres culturas
  • Torre Latinoamericana
  • Mercado Ciudadela.

Mon premier contact, ma première vraie rencontre avec le Mexique s’est donc établie dans sa capitale, Mexico City. Arrivée à 22h, dans l’aéroport principal de la ville (El Aeropuerto Internacional Benito Juarez), fin prête à vivre une des plus belles aventures de ma vie, seule, avec comme seul compagnon mon beau (mais lourd) backpack. Mais avant ça, il fallait que je trouve ma première « maison » dans cette aventure, mon auberge.

Pas très rassurée par les taxis locaux, je décidais de rester dans ma zone de confort et choisir la valeur sûre, Uber. 5 minutes plus tard, j’embarquais à bord de mon taxi, accueillie par un gentil mexicain.

Moi : Hola, como esta ?

Chauffeur Uber : Estoy muy bien, y usted ?

Moi : Estoy bien. Habla inglés ?

C’était souvent le début de toutes mes conversations, les premiers jours de mon voyage. Je demandais toujours à mon interlocuteur s’il parlait anglais, car mon espagnol n’est pas très bon… Malheureusement (ou heureusement, en fait), peu de mexicains parlent anglais, à part dans les lieux très touristiques. J’ai donc dû faire des efforts et faire sortir de mon cerveau tous les mots et termes espagnols que je connaissais. J’avais également pris quelques cours avant de partir, pour avoir les bases.

Revenons à mon chauffeur. A mon agréable surprise, il parlait très bien anglais, et nous avons pu discuter tout au long de mon trajet en direction de mon auberge. Une très belle première rencontre avec un local : il m’a raconté, entres autres, l’histoire du Mexique, sa culture, ses spécialités, et les endroits qu’il faut absolument visiter. J’ai réalisé à quel point il était fier de son pays, et c’était un réel plaisir de l’entendre décrire avec passion les merveilles du Mexique. Il m’a aussi partagé les bonnes adresses pour déguster les meilleurs tacos de la ville, ou boire le Mezcal, la fameuse eau-de-vie du Mexique.
De temps en temps, je jetais un regard par la fenêtre, et je ressentais un mélange d’appréhension et d’excitation. Tant de choses m’attendaient, tant d’endroits à découvrir, mais je me demandais aussi si j’aurai le courage de sortir et de me balader seule dans un environnement qui m’est totalement inconnu. Pourtant, à première vue, Mexico City ne me semblait pas hostile. Il faisait nuit, les rues étaient désertes, à part quelques groupes de jeunes discutant au détour d’une ruelle. Rien de très alarmant, Mais je restais néanmoins méfiante.

Au bout d’une vingtaine de minutes, mon chauffeur arrivait dans le « Zocalo », que l’on peut traduire comme le « centre-ville ». Pensant qu’il s’agissait d’un nom de quartier propre à Mexico City, je réaliserais plus tard que chaque ville au Mexique à son « Zocalo », sa place centrale.

En regardant sur mon application, j’ai réalisé que nous étions quasiment arrivés à destination. En même temps, l’auberge s’appelant « Mexiqui Zocalo », ce n’était pas forcément étonnant. En revanche, la fin du trajet était un peu compliquée ; après avoir tourné autour du quartier pendant quelques minutes, mon chauffeur m’expliqua qu’il ne pouvait pas s’arrêter dans la rue de mon auberge, qui n’était pas accessible aux voitures ce soir-là. Il devait donc s’arrêter un peu plus loin, à l’entrée de la rue, la « Republica de Guatemala », et me laisser continuer à pieds. Je n’aurais que 4 minutes de marche avant d’arriver à la porte de mon auberge. 4 petites minutes qui ne m’ont pas empêché d’avoir très peur, à ce moment-là. Ca y’est, j’allais devoir marcher dans une rue, en plein centre-ville de Mexico City, et seule. Montrant, d’après moi, une confiance que je n’avais absolument pas, je dis aurevoir à mon chauffeur, sortait de la voiture avec mon énorme sac à dos, fermait la portière, puis commençais à marcher, très rapidement.Je regardais furtivement autour de moi ; quelques personnes étaient assises sur un banc, une femme discutait avec un jeune homme, et la plupart me regardait avancer en direction de mon auberge. Mais personne ne m’aborda. Au bout de quelques minutes, j’arrivais enfin à mon auberge.

MEXIQUI ZOCALO – MON AVIS SUR L’AUBERGE

Conforme aux photos, l’auberge était très accueillante et atypique : des peintures, un bel escalier en colimaçon d’époque, et une hôte aux cheveux violets et au look punk très sympathique. Elle me présenta rapidement les différents lieux communs de l’auberge :

  • Les douches / toilettes : très propres, avec de l’eau chaude (pas systématique au Mexique), et des aménagements modernes. 6 douches pour femmes, suffisant pour ma part, je n’ai jamais eu à attendre pour faire ma toilette le matin. Note : 4/5
  • L’espace « petit déjeuner » : un espace assez simple, un canapé, une grande table, une télé, et une cuisine. Le petit-déjeuner du matin était très basique : pain, confitures, café. Et si on se levait tôt, on avait droit aux pancakes ! Mais rien d’exceptionnel. Note : 2/5
  • Le rooftop : le plus de cette auberge, une grande terrasse, qui fait office de bar/restaurant. On peut y boire un verre en écoutant de la musique, faire la fête, le tout en ayant une très belle vue sur Mexico City. Note : 4/5

Enfin, elle me montra ma chambre, un dortoir de 9 lits, superposés en 3 lits… Oui oui, 3 lits ! C’est la première fois que je voyais des lits de 3 superposés, mais ça ne sera certainement pas la dernière fois !

  • La chambre : plutôt sombre à première vue, elle en restait pour le moins fonctionnelle, et confortable : une couette pour les nuits froides à Mexico, et une petite boîte en bois au dessus du lit, avec une prise, et assez de place pour y mettre quelques effets personnels. Cette petite boîte se fermait à clé, tout comme l’emplacement réservé à nos valises. Pas besoin d’avoir de cadenas, les clés et les cadenas étaient fournis par l’auberge. Note : 3/5
  • Le prix : 10€ / la nuit. Un bon rapport qualité prix, surtout que cette auberge est placée au centre de la ville, on ne peut pas être plus près des lieux touristiques. Note : 4/5

NOTE FINALE : 3.5/5. Je recommande ! Il y a sûrement de meilleures auberges, mais celle là convient si ne souhaitez pas vous ruiner mais avoir néanmoins une chambre confortable, des toilettes propres et des espaces communs agréables, le tout en étant au centre ville.

Présentations faites, l’hôte me laissait alors dans ma chambre, afin de prendre mes marques. Heureusement, il n’y avait personne dans la chambre à ce moment-là, je pouvais donc tranquillement prendre mes marques et prendre du recul, sans être gênée. Prendre du recul, oui, car en m’asseyant sur mon petit lit, je réalisais que mon voyage au Mexique commençait enfin. Après des mois de préparation, je me trouvais là, dans une chambre un peu sombre, dans un nouveau pays, sans amis ou famille, avec une liste longue comme une autoroute de choses à faire. Je rigolais un peu, me disant que j’étais folle d’avoir fait le choix de partir au Mexique seule. Mais j’étais aussi tellement heureuse de l’avoir fait, et c’est avec enthousiasme que je m’endormais, après avoir envoyé un message aux parents pour leur dire que j’étais bien arrivée, évidemment.

DÉCOUVERTE DE MEXICO CITY ET PREMIÈRES RENCONTRES

Après une nuit de repos bien méritée, mon sommeil était coupé par un bruit inhabituel : une musique, semblant sortie d’une boîte à musique, mais plutôt agréable (à Coyoacan, j’avais filmé une vidéo où on entend cette musique, et vous verrez le petit joueur de boîte à musique à la fin) :

Pour ce premier jour au Mexique, je décidais de ne pas faire d’excursions, mais plutôt de m’imprégner de l’âme de la ville et de ses habitants. Vers 11h (après une petite douche et un petit-déjeuner), je m’aventurais donc dans les rues de Mexico City.

Le premier ressenti intérieur que j’ai eu en me baladant dans la ville était un mélange d’insécurité et d’excitation. Pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression d’être libre, mais un peu « à nu » également : ici, personne ne me connait, ne sais qui je suis, et moi non plus je ne les connais pas. Je ne connais pas leurs codes, leur mode de vie, je ne sais pas ce qui m’attend dans la prochaine rue quand je vais traverser… Tout est nouveau, et il n’y a que moi et moi seule pour ouvrir les portes et découvrir ce qui se cache derrière ce pays et ces gens. Et j’ai adoré ce sentiment.

Bon, ce petit moment seul n’a pas duré très longtemps, car le jour même, je rencontrais des personnes de mon auberge avec qui j’allais passer une super journée : un américain d’origine philippine qui dormait dans ma chambre, et une jeune portuguaise, résidente également de l’auberge. Tous les 3, nous avons visité le Palace des Beaux Rats (El Palacio de Bellas Artes), puis nous avons dîné au rooftop de l’immeuble « Torre de Latino Americana » :

El Palacio de Bellas Artes

Ma visite du Palace des Beaux Arts était très enrichissante : au-delà d’être un très bel édifice, le palace des beaux-arts est l’hôte d’un bon nombre d’expositions autour de l’histoire du Mexique et de la culture en général. Ce jour-là, le Palace abritait l’exposition « Rojo Mexicano : la grana cochinilla en el arte », où l’histoire de la couleur rouge dans l’art, cette couleur issue de la cochinille, un insecte provenant du Mexique.

Pour conclure, cette première journée a effacé toutes mes craintes et a confirmé mon choix de partir seule : je n’étais finalement pas si seule que ça (grâce à mes rencontres), et j’ai réalisé à quel point ce sentiment d’insécurité n’étant que dans la tête et nourrie par cette peur de l’inconnu.

DÉCOUVERTE DE TEOTIHUACAN ET LA MAISON DE FRIDA KAHLO

Les jours suivants à Mexico City sont passés très vite, et étaient ponctués de découvertes, de bons tacos, de tequila et de fêtes avec mes nouveaux amis de l’auberge (j’ai rencontré des chiliens, des colombiens et un suisse).

Cependant, les deux lieux qui m’ont le plus marqué ont été ma visite de Teotihuacan et la maison de Frida Kahlo. Teotihuacan faisait partie de ma checklist d’endroits indispensables à visiter ; je ne pouvais pas quitter le Mexique sans avoir mis les pieds dans ces lieux.

La cité pré-hispanique de Teotihuacan est située à une cinquantaine de kilomètres de Mexico City. Appelée « la cité où les Hommes se transforment en Dieux », elle est notamment connue pour ses deux immenses pyramides : les pyramides du soleil et de la lune, et pour le temple de Quetzacoatl. Ce site attire de nombreux archéologues, qui cherchent à comprendre le symbolisme de ce lieu, construit entre le 1er et le VIIème siècle. Les dimensions et les caractéristiques géométriques de ces pyramides sont par ailleurs uniques et impressionnantes ; c’est une des raisons pour laquelle je souhaitais visiter cet endroit. La pyramide du soleil, le plus grand édifice du lieu, mesure 65 mètres de haut, et il faut monter 235 marches avant d’arriver à son sommet (ce que je n’ai pas manqué de faire, bien entendu !).

Comme je l’ai expliqué au début de mon article, j’ai visité Teotihuacan via un tour operator (grossière erreur), et j’ai donc eu peu de temps pour visiter le lieu : il faut, selon moi, une bonne demi-journée pour prendre le temps de comprendre et admirer ce site, sans compter l’ascension des pyramides du soleil et de la lune : une bonne demi-heure est nécessaire (aller et retour) pour grimper les  deux pyramides. Par ailleurs, nous sommes arrivés à Teotihuacan en fin de matinée (vers 10h) et le lieu était assez désert. Il s’est rempli lorsque nous avons quitté les lieux, vers 12h30 / 13h. Je vous conseille donc de vous y rendre le matin, pour être plus tranquille.

Néanmoins, j’ai eu le temps d’admirer la beauté de cet endroit, et j’ai été impressionnée par la perfection et le souci du détail dans la réalisation de ces pyramides. Certaines personnes diront que Teotihuacan n’est pas un site si important et qu’il n’y a pas énormément d’intérêt à le visiter. Pour ma part, je ne regrette pas ma visite, et je pense qu’il est important de s’y rendre.Le jour suivant, j’ai changé d’ambiance et j’ai pu apprécié une autre dimension de la culture du Mexique : l’art, en visitant la maison de Frida Kahlo.

Situé dans le quartier de Coyoacan (à une trentaine de minutes du centre-ville en métro), cette habitation (transformée en musée), à été le lieu de vie de Frida Kahlo de sa naissance en 1907, à sa mort en 1954. Elle est également appelée Casa Azul, pour son magnifique mur bleu et ses belles couleurs.Frida Kahlo, c’est cette fameuse peintre d’origine mexicaine, que l’on reconnait notamment à son mono-sourcil, et sa couronne de fleurs. Pour être honnête, je ne connaissais aucune de ses œuvres, mais je souhaitais visiter ce musée car il fait partie du patrimoine du Mexique et cela me permettait d’enrichir ma connaissance du pays. De plus, cette visite m’a permis d’en apprendre davantage sur le personnage : Frida Kahlo était une femme forte, intelligente et talentueuse, mais à la santé fragile, et qui a beaucoup souffert au cours de sa vie. Sa maison est néanmoins très chaleureuse et colorée, et j’y ai passé un bon moment.

Mes 5 jours à Mexico City ont donc été une belle entrée en matière : entre sites antiques, arts et modernité (et bons repas), j’ai eu un aperçu de la richesse culturelle de ce pays. Quant à mon voyage, il ne pouvait pas mieux commencer : j’ai rencontré de belles personnes, j’ai appris à organiser mes journées seules (et j’ai adoré), et j’avais hâte de continuer mon périple, qui allait se poursuivre dans un tout autre environnement : Cancun et ses plages de sable fin.

Je vous laisse donc sur ces quelques images de Mexico City, et on se retrouve au prochain épisode!

Bol salé gourmand : lentilles, patates douces et purée d’avocat

Cette petite recette est hyper rapide à faire, et ultra simple! Je la partage avec vous 🙂

Ingrédients

  • 100g de lentilles
  • 2 patates douces
  • 1 avocat
  • 1 botte de persil
  • Un demi citron
  • Huile d’olive
  • Épices : cumin, paprika, sel, poivre (ou un mélange d’épices « cajun » que l’on peut trouver dans les rayons épices
  • Ail
  • Sauce soja

Préparation

  1. Préchauffez votre four à 180°
  2. Faites cuire vos lentilles dans une casserole, comme indiqué sur votre paquet de lentilles.
  3. Lorsque les lentilles sont cuites, égouttez les si elles contiennent beaucoup d’eau, et placez au réfrigérateur.
  4. Pendant ce temps, coupez vos patates douces en fines lamelles, et placez les sur une feuille de papier cuisson. Assaisonnez d’épices (le mélange d’épices cajun est parfait, ou sinon : cumin, poivre, paprika)
  5. Arrosez d’un léger filet d’huile d’olive, puis mélangez vos frites de manière à ce que les épices se mélangent bien.
  6. Étalez bien vos frites sur la plaque, puis enfournez pour 15 minutes à 180°.
  7. Préparez la purée d’avocat : écrasez l’avocat avec une fourchette dans un bol.
  8. Ajoutez les épices (sel, poivre, cumin), et un filet d’huile d’olive. Réservez.
  9. Enfin, préparez la vinaigrette : hachez très finement une botte de persil, et écrasez une gousse d’ail.
  10. Dans un mortier (si vous n’en avez pas, ce n’est pas grave), mélangez bien le persil et l’ail.
  11. Ajoutez ensuite le citron, la sauce soja et l’huile d’olive, et mélangez bien!
  12. Assemblage ! Dans un bol, placez vos lentilles, puis vos patates douces et enfin la purée d’avocat, puis assaisonnez avec la vinaigrette au persil. Bon appétit !

Quand l’industrie « dénature » le BIO

Les fameuses tomates en hiver ; cette illusion prise pour une réalité par des millions de consommateurs en France, et rendue possible par une production contre-nature et aberrante des industriels de l’agroalimentaire.

Aujourd’hui, le vice est poussé à son maximum : un projet de « grande ampleur » est en cours pour massifier la production de fruits et légumes BIO sous serre chauffée, notamment en Bretagne et dans les Pays de La Loire.

C’est une pétition signée par la FNAB (Fédération Nationale des Agriculteurs Biologiques), la FNH (Fondation Nicolas Hulot), GreenPeace, Action Climat, mais également des chefs étoilés, qui a mis au jour cette nouvelle (à lire sur le site de Libération).

POURQUOI DES SERRES CHAUFFÉES ?

Jusqu’à preuve du contraire (et à moins que la Terre en ai décidé autrement), les tomates poussent principalement en été. Les seules tomates que nous trouvons sur nos étales au rayon primeur en hiver viennent pour la plupart de l’étranger (Espagne, Italie, etc). Les producteurs français n’ont donc pas la possibilité de rivaliser avec l’offre agressive des producteurs Outre-Manche; même en proposant des tomates françaises non BIO, il est impossible d’atteindre des prix aussi bas.

C’est donc dans cet objectif toujours aussi pervers de prix cassés et de rendements optimisés que ce type de projet voit le jour. En massifiant le recours à des serres chauffées qui créeraient donc des conditions optimales pour la pousse des tomates (seulement 50 serres de ce type existent en France actuellement), l’industrie aura non seulement la possibilité de commercialiser des tomates toute l’année, mais également de baisser les coûts en augmentant les volumes.

QUE DIT LA PÉTITION ?

Publiée ce mercredi, la pétition demande l’interdiction de l’utilisation de serres chauffées en France pour produire des fruits et légumes BIO. Ce modèle de production est totalement « incompatible avec le label BIO ».

Petit rappel du cahier des charges de ce fameux label BIO :

  • Respect des cycles naturels : la saison des tomates est de mai à juin et de septembre à octobre… Or ces fameuses serres chauffées permettraient de pousser la production jusqu’en hiver
  • Utilisation responsable de l’énergie : chauffer des serres implique un investissement important en énergie, au lieu de laisser la nature faire son travail…

Sans oublier que pour que ces serres soient rentables, les industriels prévoient de ne les utiliser que pour 1 ou 2 fruits/légumes à haute valeur ajoutée (qui rapporte gros, quoi) = perte de diversité est donc appauvrissement des sols.

EN CONCLUSION…

Encore une fois, cette pétition est le symbole d’une économie totalement folle et incompatible avec un respect de la Nature et de l’environnement. En jugeant la prospérité d’une entreprise par sa capacité à être compétitive, rentable, stratégique, on fait passer le respect de l’environnement au second plan, plutôt que de trouver d’autres alternatives sans contourner les lois fondamentales de la Nature (mieux informer la population sur la saisonnalité des produits, renforcer la vente d’autres fruits/légumes en été, imposer des contraintes plus restrictives à l’export).

Encore une fois, l’Homme croit pouvoir dominer la Nature avec des prouesses technologiques, aveuglé par cette ambition du gain financier qui n’a plus aucun sens.

ET TOI, PETIT CONSOMMATEUR, QUE PEUX-TU FAIRE ?

Continuer à acheter des tomates hors saison confortent ces industriels dans l’idée que la demande existe et qu’elle est lucrative. Alors, si vous ne pouvez pas agir directement sur cette décision, vous pouvez agir indirectement en changeant votre façon de consommer : on achète uniquement des tomates quand c’est la saison ; c’est aussi bien valable pour les autres produits. Et on évite la grande distribution : on achète ses fruits et légumes directement chez le producteur, ou dans des épiceries indépendantes BIO.

Moi j’ai trouvé mon petit primeur près de chez moi : Le Champ des Rêves. L’offre n’est pas forcément variée, mais elle est de qualité. Les produits sont BIO dans la mesure du possible ou de saison. Je suis sûre que vous pouvez trouver des petites pépites similaires près de chez vous !

Lecture du mois : « petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués »

Pour ce premier article de la série des lectures du mois, j’ai choisi de parler d’un livre qui traite d’un sujet assez personnel. Il n’est pas très récent, mais je suis tombée dessus il y a quelques semaines, alors que je cherchais un bouquin sur le développement personnel, étant en pleine « crise de confiance ». Ecrit par Béatrice Millêtre, docteur en psychologie, il s’intitule « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués ». Ce livre parle donc de confiance en soi, d’assurance et de remise en question dans une société assez unilatérale et dirigée autour d’un mode de fonctionnement commun, qui ne s’applique pourtant pas à tous. Dès les premiers paragraphes, j’ai tout de suite été frappée par la description que faisait l’auteur sur ce type de personne en manque de confiance, qui me correspondait en tous points ; l’impression d’être à part, d’être dispersé dans son travail, le fait d’avoir des idées et des projets pleins la tête mais de ne rien pouvoir achever concrètement… Ce livre m’a rassuré ; je n’étais pas seule à ressentir tous ces gênes, mieux, ils traduisent une facette plutôt plaisante de ma personnalité. Je vous fais un petit résumé !

Avez-vous l’impression de venir de la planète Mars ?

Que signifie « ne pas se sentir très doué » ? Selon l’auteur, il s’agit de ces personnes qui ont du mal à s’intégrer dans leur travail, ou dans la société plus généralement, et qui ont l’impression d’avoir une conception globale un peu à part.

Dans son travail, cela peut se traduire par un manque de concentration et d’implication, dès lors qu’un sujet ne vous intéresse pas trop, ou que vous avez déjà tout compris. On est très vite distrait par ses pensées, ses idées et ses rêves. Ce problème, vous le connaissez depuis l’enfance. Vos professeurs ne vous qualifiaient-ils pas d’élève « dans la lune », sur vos bulletins scolaires ? Pour ma part, j’ai entendu ce reproche tout au long de ma scolarité. Et jusqu’à maintenant ! Il faut parfois me secouer ou claquer des doigts pour me sortir de mon rêve éveillé.

On a l’impression d’être long à la détente, également. Vous est-il déjà arrivé de recevoir une instruction de la part de votre supérieur, un email, mais de ne pas avoir bien compris la demande, qui parait pourtant simple ? A ce moment-là, on se sent un peu « bête », on a l’impression de ne pas bien comprendre les choses, comme tous les autres. L’histoire de ma vie…

Vous avez également un mal fou à faire des « plans détaillés » d’un projet. Pour vous, dans votre tête, vous savez où vous souhaitez aller, et comment y aller, mais il est très dur de l’expliquer aux autres. Prendre des notes, faire des comptes rendus, des tableaux… Tout cela vous parait futile. Le problème, c’est que c’est souvent ce que votre chef attend de vous, et vous allez donc soit oublier de le faire, et donc être mal vu, soit vous allez le faire en prenant un temps fou. Bref, en vous comparant à vos autres collègues qui ne semblent pas être en difficulté, vous vous sentez vraiment très mal. Vous avez également dû mal à comprendre un sujet si vous ne détenez pas les tenants et les aboutissants du sujet en question. Si on vous demande d’exécuter une tâche sans vous expliquer clairement le contexte, l’objectif et la finalité du projet, vous allez avoir beaucoup de mal à vous impliquer et à mener à bien la mission. Ou alors, vous allez chercher par vous-même, et perdre des heures à chercher le fond de chaque dossier… Jusqu’à en oublier la tâche qui vous avait été demandée initialement.

Dans la société, cette personnalité se traduit par un côté un peu « marginal ». Sans forcément être complètement différent des autres, vous vous sentez parfois un peu en décalage, et seul, même en étant entourés de tous vos amis. Sur le moment, tout va bien, vous discutez avec vos proches, vous rigolez, et puis, progressivement, vous allez vous déconnecter du groupe, vous mettre en mode « off ». Vous repartez dans vos rêves, vos pensées. Surtout si le sujet de conversation ne vous intéresse pas. Là aussi, c’est un problème car, vous voulez toujours discuter de sujets profonds, de questionnements, de philosophie, quand vos amis préfèrent parler de la dernière série à succès, du repas de la veille, des histoires du bureau, ou pire, de la pluie et du beau temps… Ce qui n’est pas un reproche bien entendu !

Mais en même temps, cette solitude, ces moments de pure introspection et de rêverie, vous en avez besoin. Vous pouvez passer un bon quart d’heure, voire plus, à réfléchir, les yeux dans le vague, à replonger dans des histoires, réelles ou non. Vous avez besoin de vous retrouver, de vous éloigner un moment de l’effervescence des pensées et opinions des autres qui vous perturbent. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie aussi bien que lorsque j’ai voyagé seule. J’étais libre de rêver, de m’arrêter, de prendre du temps, de me retrouver avec moi-même. J’en avais besoin. En revanche, j’appréciais la compagnie de nouvelles personnes, j’étais curieuse de connaître la vie de toutes ces personnes qui venaient des quatre coins de la planète. Mais j’avais cette possibilité de choisir les moments où je voulais être seule, et les moments où je voulais être entourée. Le paradis !

Et dans la vie, vous avez souvent ce sentiment de perdre votre temps. De rater quelque chose, de ne pas faire des choses vraiment intéressantes. Vous avez besoin d’être constamment stimulé, et c’est pour cette raison que vous avez des projets pleins la tête, vous avez un esprit entrepreneurial. Et pourtant, combien de projets allez-vous vraiment mener à bien ? Vous déprimez car vous avez l’impression de ne jamais finir ce que vous avez commencé. Un blog, l’écriture d’un livre, un cours particulier… Vous commencez pleins de choses, mais vous les finissez rarement. Sur mon ordinateur, j’ai une dizaine de documents Word ; des histoires que j’ai commencé à écrire, mais que je n’ai jamais terminé. Une histoire d’amour, une histoire de science-fiction, une bande-dessinée…

En clair, toutes ces contradictions et ces traits de votre personnalité vous donnent l’impression de ne pas être très doués, de ne pas être très intelligents – bien que vous en ayez l’impression, parfois. Vous avez même parfois cette impression d’être quelqu’un de brillant, mais vous êtes vite rattrapés par les autres, vos collègues, vos amis, qui s’intègrent tellement mieux que vous, qui se sentent tellement plus à l’aise dans le fonctionnement de cette société, que vous en venez à vous dire que c’est vous, le problème. Et pourtant !

Vous n’êtes pas bêtes, vous êtes des créatifs !

Selon l’auteur, toutes ces caractéristiques ne font pas de vous quelqu’un d’anormal, bien au contraire. Vous avez une intuition très développée, vous comprenez très vite des informations importantes, vous avez une vue globale des choses, que vous percevez rapidement, quand les autres auront plutôt une vision analytique, étape par étape. Vous n’êtes absolument pas long à la détente ! Vous avez simplement besoin d’un peu plus de temps, pour comprendre le projet dans son intégralité. Mais dans le monde du travail, tout est tellement hiérarchisé et séquencé, et vous n’avez pas vraiment le temps de faire fonctionner votre cerveau avec efficacité. Vous apprenez vite, si vite que, parfois, vous vous dites qu’il y a un piège, quelque chose que vous avez oublié, et vous allez bloquer sur le sujet, tourner en rond alors que, si vous vous écoutiez, l’affaire serait déjà pliée !

Vous avez beaucoup d’imagination, aussi. Enfant, vous adoriez inventer des histoires, écrire. Dans votre chambre, vous parliez tout seul, en vous inventant des vies ou des aventures. C’est pour cette raison que vous êtes innovant, vous avez pleins de projets, farfelus parfois, à l’avant-garde, souvent. En faisant du tri dans le grenier, j’ai retrouvé des tas de petites histoires que j’écrivais, où j’étais l’héroïne dans un monde totalement imaginaire. J’inventais des choses également ; comme le tout dernier téléphone capable d’appeler un contact au simple son de la voix (ce qui n’existait pas à l’époque) …

En fait, tout ce qui est plus grand que vous, tout ce qui demande de prendre de la hauteur, du recul, sans forcément s’attarder sur des détails, ça, vous savez faire. Organiser un voyage ? Un jeu d’enfant ! Imaginer le prochain smartphone du futur, avoir des idées pour lancer une gigantesque campagne de communication, pas de problème ! A l’inverse, faire le compte-rendu d’une réunion, rédiger un PowerPoint, passer un coup de fil pour expliquer un projet à votre interlocuteur… Pour certains, c’est bien plus simple, pour vous, c’est une torture.

Vous êtes donc curieux, créatifs, innovants, intuitifs, vous apprenez vite, et pourtant, vous n’y arrivez toujours pas. D’où vient ce mal être ?

Raisonnement intuitif vs séquentiel

Selon l’auteur, si vous avez ce ressenti, c’est simplement parce que la société est basée sur des modèles et des règles qui s’appliquent à la majeure partie de la population, mais pas à tous. La majorité de la population a un raisonnement que l’on appelle « séquentiel ». Il s’agit d’un raisonnement dans lequel chaque action sera découpée, indépendante, et par conséquent, ces personnes seront attachées aux détails, aux procédures, aux process. Leur mode de fonctionnement est méthodique. Ils ont de grandes facilités à suivre les instructions à la lettre, sans s’éparpiller. Minutieux, ils font attention à tous les petits détails, et sont généralement très ordonnés. Ça ne vous ressemble absolument pas, n’est-ce pas ? Comme je vous comprends… Dans la société, la majeure partie de la population fonctionne avec ce raisonnement séquentiel. Et tout est donc construit pour ce mode de fonctionnement : les procédures, la hiérarchie, les règles au travail ; à l’école, l’apprentissage, où un professeur nous donne les instructions que l’on doit suivre à la lettre. Être ordonné est bien vu, mais être « bordélique » même en ayant un bordel bien organisé, est vu négativement. De manière générale, une personne qui sait répondre aux ordres, de manière automatique et analytique, est bien plus appréciée qu’une personne qui remet tout en question, qui propose plein d’idées sans vraiment savoir d’où elles viennent, ou qui rêve souvent. Par conséquent, vous, qui avez plutôt un raisonnement « global et intuitif », allez avoir dû mal à vous intégrer. Ce n’est donc pas vous le problème, c’est la société qui n’accepte pas les différences !

Comment reprendre confiance en soi?

Dans son livre, l’auteur donne quelques conseils pour arriver à trouver sa place dans une société qui n’a pas de siège adapté à nous. Notre cerveau fonctionne différemment, c’est un fait, alors faites en sorte de le laisser s’exprimer ! Nous avons la capacité de comprendre un projet de manière globale, sans pour autant s’attarder sur chaque détail. Mais pour cela, il faut laisser le temps à son cerveau de rassembler toutes les informations. Et vous savez comment faire ? Eh bien, en ne faisant rien ! Nous avons cette faculté de travailler « inconsciemment », notre cerveau est constamment en ébullition. Donc, quand vous recevez une information, un dossier, lisez-le, puis allez vous promener, lisez un livre, faites autre chose. Cela peut paraître déroutant, mais l’auteur explique que c’est en vous éloignant du sujet que votre cerveau peut faire son travail. Pour ma part, j’ai souvent l’impression que j’ai mieux compris un sujet, ou que je retiens mieux une information en y revenant le lendemain. Sur le moment, je n’avais pas compris.

Ensuite, il faut organiser ses pensées, prioriser. Certes, vous avez besoin de partir dans pleins de directions différentes, de réfléchir à tout et rien à la fois. Cependant, pendant quelques heures, il faut essayer de se concentrer sur un sujet, et un seul. C’est très difficile au début, mais c’est un exercice qui vous permettra de mieux cadrer vos réflexions et d’être plus efficace, de finir vos projets. Mais gardez en revanche des moments pour rêver, partir dans des délires et des projets comme vous savez si bien le faire, votre cerveau se nourrit de ça.

Il faut aussi savoir « s’arrêter ». Lorsque vous avez achevé une tâche, lorsque vous avez le sentiment d’avoir atteint votre objectif, il faut passer à autre chose. Vous auriez bien entendu la possibilité d’aller encore plus loin, de remettre en question certains points, et de tout revoir, mais vous perdriez du temps et l’objectif que vous vous étiez fixés au départ.

En clair, apprenez à maîtriser votre cerveau, le canaliser, tout en le laissant s’exprimer au bon moment !

Lorsque j’ai lu le titre de ce livre, je l’ai trouvé un peu prétentieux, au départ, car je ne me trouve pas particulièrement intelligente. Et c’est en fait tout l’objet de ce livre ; il faut arriver à reprendre confiance en soi, assumer ses capacités, dans un monde qui ne nous ressemble pas. C’est très difficile, je le conçois, et il va falloir un long chemin avant d’arriver, enfin, à se sentir bien dans un monde qui n’est pas fait pour nous. Je remets toujours tout en question ; dans mon travail, j’ai un mal fou à me concentrer car je pense à mon blog, à mes projets, à mon livre… Je m’éparpille, je m’égare, et je m’auto-flagelle constamment, me sentant incapable face à des collègues qui semblent tout savoir et tout réussir.

Si je peux également donner un autre conseil, c’est de ne jamais se comparer aux autres. Comme nous venons de le voir, nous sommes différents jusqu’au fonctionnement même de notre cerveau. Si une personne arrive à faire quelque chose que vous ne réussissez pas, ce n’est pas grave ! Vous, vous arrivez certainement à faire quelque chose qu’elle ne peut pas faire. Votre collègue sait faire des comptes-rendus, de super PowerPoint ? Elle est force de proposition, réussit chaque tâche avec brio ? Tant mieux. Mais vous, vous avez des idées pour changer le monde, pour changer la société, vous seriez capable d’être entrepreneur, de monter votre entreprise. Peut-elle en dire autant ?

Votre amie est très appréciée, elle est très populaire. Très sociable, elle parle facilement avec les autres, a de l’assurance et sait ce qu’elle veut dans la vie. Tant mieux. Mais vous, vous avez ce côté mystérieux, vous rêvez, vous aimez bousculez les règles, les choses établies, vous réfléchissez beaucoup. Vous pouvez donc parler pendant des heures de sujets passionnants. Et ça, c’est une belle qualité !

ChangeNOW : le rendez-vous des entrepreneurs de la « Positive Impact »

Samedi 29 Septembre, je serai au salon « Change NOW : International Summit for Change » , qui aura lieu à la Station F, à Paris. Ce rendez-vous annuel, qui en est à sa seconde édition, a pour objectif de mettre en avant des start-ups et entrepreneurs qui développent des solutions pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux de notre époque. Des innovations « For Good », qui ne génèrent pas de croissance au détriment de la planète, et qui font en sorte d’avoir un impact positif sur notre société. Il me tarde d’y être !

Un rendez-vous qui fait le lien entre entrepreneuriat et écologie

ChangeNOW est le premier évènement qui s’intéresse à la « Positive Impact », ou tout simplement l’impact positif, en français. L’impact positif, en terme économique, est un principe qui consiste à optimiser et permettre la croissance d’une entreprise ou d’une économie, tout en prenant en compte les paramètres naturels et environnementaux. Et il serait erroné de penser que les jeunes entrepreneurs n’ont en tête que le profit et l’appât du gain.
Il suffit de se rendre compte, dans l’alimentation par exemple, du nombre de start-ups qui proposent de faciliter l’accès aux produits de saison, au zéro déchet ou aux produits bio… Selon Santiago Lefèbvre, CEO de l’évènement ChangeNOW, « Il y a un mouvement générationnel fort derrière cela. […] C’est à notre génération d’agir, aujourd’hui, et d’être le changement attendu. Et c’est un sentiment, une prise de conscience, qui est de plus en plus partagée ».

De belles initiatives mises en avant

Près de 100 start-ups seront présentes à la Station F pour proposer leurs idées, parmi elles :

  • Sea Bubbles, les bateaux volants permettant une mobilité sans émission en ville
  • Fermes d’avenir, qui met en avant la permaculture et le retour à une agriculture durable
  • MeetMyMama, qui propose des plats concoctés par des femmes immigrées venues des 4 coins du monde
  • TechFugees, qui utilise la technologie pour répondre à la crise des réfugiés
  • Svalbard Seed Vault, pour préserver la biodiversité agricole mondiale

Pour en savoir plus sur l’évènement, rendez-vous sur la page officielle de ChangeNOW : http://www.changenow-summit.com/

L’écologie : 4 hypothèses pour comprendre pourquoi le monde s’en fiche

Depuis l’annonce fracassante de Nicolas Hulot et sa démission du gouvernement, le sujet de l’écologie a soudain grimpé l’échelle de priorité dans le quotidien des français qui ont, pendant quelques jours, compris le danger de notre mode de vie actuel et la nécessité d’agir vite pour de ne pas subir un désastre climatique. Seulement voilà, aussi rapide a été cette prise de conscience, aussi vite elle semble s’estomper et redescend au second, voir troisième ou quatrième plan, loin devant d’autres sujets de société. Ce désintérêt de l’Homme pour la nature est une problématique qui m’importe de plus en plus, et dans cet article je vais essayer de comprendre comment on en est arrivés là.


La semaine dernière, j’ai été interpellée par une annonce du chef de l’ONU, Antonio Gutierres, qui alerte les populations sur les risques immédiats du changement climatique. Selon lui, il nous reste 2 ans pour tenter d’enrayer la crise climatique. A l’horizon 2020, si rien n’est fait, il sera trop tard. Son annonce peut sembler extrême et un peu alarmiste, néanmoins, lorsqu’il indique un agenda aussi serré (2 ans, ça passe très vite), son avis a tout de même le mérite de s’y intéresser et de se poser quelques questions. Cependant, dans mon entourage, cette annonce n’a pas fait beaucoup de vagues, et si j’ai pu entendre ça et là, ce type de commentaires : « c’est vrai que c’est grave », « de toute façon on détruit la planète », « oui, les gouvernements ne font rien » … Concrètement je n’ai pas réellement vu d’actions de la part de ces personnes pour changer leurs habitudes. Je me suis donc demandé pourquoi notre pauvre planète Terre n’arrivait pas à attirer un tant soit peu d’attention sur elle.


Ma réflexion sur le sujet du désintérêt de la population à la crise écologique a été inspirée d’un article très intéressant du magazine Reporterre, intitulé « Pourquoi le drame écologique mobilise-t-il si peu ? » Leurs différentes analyses sur le plan social mais aussi psychologique de l’individu, permettent de mieux comprendre l’immobilisme et le déni de la société face à la question environnementale. J’ai également lu le livre de Raj Patel, « Comment notre monde est devenu cheap », qui s’intéresse à la séparation entre la société et le tissu du vivant. Au fil de mes lectures, j’ai réussi à rassembler toutes ces informations en quatre hypothèses, qui permettent de répondre à cette question de l’inertie des Hommes à la crise écologique.

Il y a d’autres problèmes « plus graves » à gérer au quotidien

La première hypothèse émise est que l’être humain ne peut s’intéresser à la cause climatique s’il n’est pas satisfait. Pour comprendre le principe de satisfaction et d’accomplissement de soi, on peut se référer à ce schéma bien connu, qui détaille en 5 domaines, les besoins vitaux d’un être humain : la fameuse Pyramide de Maslow, également appelée la Pyramide des besoins.

​​Selon Reporterre, si les besoins vitaux ne sont pas assurés, il est difficile pour un individu de se focaliser sur d’autres sujets qui ne l’impliquent pas directement. En effet, si les besoins physiologiques, par exemple, ne sont pas atteints (manger, boire, respirer), il parait compliqué de pouvoir s’intéresser au changement climatique. Lorsqu’on a des difficultés à assouvir ses besoins de sécurité (payer son loyer par exemple), la crise écologique nous parait comme le cadet de nos soucis. Il faudrait donc atteindre le haut de la Pyramide, à l’étape de l’accomplissement de soi, pour pouvoir enfin être serein et s’intéresser à son environnement. Le problème, c’est que peu de gens, finalement, arrivent à atteindre le haut de la pyramide. Dans une société basée sur le matériel, le travail et l’argent, les sentiments de frustration et d’insatisfaction sont constants et permanents. L’économie est instable, et le sentiment de sécurité n’est jamais réellement atteint. Quant aux besoins d’estime, il ne peut être atteint que si on a la capacité de s’aimer soi même et d’être en phase avec sa personne ; malheureusement, la routine effrénée dans laquelle nous vivons ne nous permet pas de prendre le temps de se recentrer sur soi.


En partant de ce postulat, on peut se dire que les personnes qui s’intéressent à la crise écologique sont ces personnes qui ont réussi à atteindre le haut de la Pyramide. Et qui sont ces gens ? Les personnes aisées ou du moins stable économiquement, au détriment des personnes plus modestes…  C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une critique était émise sur le fait que l’écologie n’était qu’une affaire de riches, autrement dit ceux qui auraient atteint le haut de la Pyramide, et qui pourraient enfin s’y intéresser.


Et quand on parle de riches, de pauvres et d’inégalités sociales, un autre point important rentre en ligne de compte : l’argent. C’est un des arguments émis par les personnes qui ne veulent pas s’intéresser à la cause environnementale : le bio coûte trop cher, et toutes les initiatives permettant d’adopter un mode de vie durable coûtent de l’argent. Pourtant lorsqu’on s’y attarde un peu, adopter une démarche zéro déchet et parfois bien plus économique que de vivre dans un monde de consommation de masse.
Mais il est trop facile de jeter la pierre sur les familles modestes qui n’ont pas le temps de se préoccuper de la crise écologique. Certaines personnes, qui sont plutôt stables économiquement et socialement, et qui sont bien partis pour grimper avec succès cette fameuse Pyramide, ne s’intéressent pourtant toujours pas à la cause environnementale. Pourquoi ?

La routine et le confort : dur de s’en débarrasser!

Une citation de Sylvie Granon, citée dans l’article de Reporterre, illustre parfaitement cette deuxième hypothèse : « Quelqu’un qui propose de continuer comme d’habitude aura toujours raison face à quelqu’un qui appelle à changer ». Ce fait peut se vérifier dans tous les domaines : réformes, changement de travail, d’alimentation… De manière générale, le changement est un acte « violent » pour l’organisme. Il implique de se ré-adapter, de perdre ses repères, en clair, de perdre sa zone de confort, si douce, agréable, et pratique ! Car notre mode de vie actuel est basé sur la praticité : sacs en plastiques, plats préparés, voiture, transports… Tout est fait pour nous rendre la vie facile, au détriment de la nature et de la planète. Changer son mode de vie pour adopter un modèle plus durable, implique donc de faire une croix sur un confort, et ça, ça ne plait pas aux êtres humains en général.


Pourtant, lorsqu’on se confronte au changement, on réalise à quel point il est bénéfique, tant sur le point sociétal que psychologique. Je vous recommande de lire une étude très intéressante de l’organisme Alter&Go sur les français et le changement, à lire ici. Dans cette analyse, on comprend que, malgré le fait que les français soient optimistes face au changement, l’idée de changer leur fait peur, et s’ils doivent changer, il faut que leur changement ait un sens, qu’il puisse reconnaître de manière tangible et quantifiable, l’impact de leurs efforts. Et c’est à partir de là qu’on arrive à la troisième hypothèse.

Le changement climatique, ça ne se voit pas et on ne le comprend pas

Cette troisième hypothèse repose sur le principe de dissonance cognitive. La cognition, représente le système de pensées, de croyances, d’émotions et d’attitudes, construites au cours de sa vie et qui façonnent la réflexion de l’être humain. La dissonance cognitive survient quand un événement perturbe ce système, et quand les différentes composantes du système rentrent en contradiction. Ici, l’évènement perturbant est le sujet du changement climatique. En effet, l’information est souvent décousue, et est difficile à comprendre : d’un côté les ONG qui envoient des signaux d’alerte pré-apocalypse, de l’autre côté les gouvernements qui n’ont pas l’air de vraiment s’alarmer, puis les ONG qui annoncent des délais qui vont de 2 ans à 50 ans, de l’autre côté un dirigeant d’une des premières puissances mondiales qui affirme que le réchauffement climatique n’est qu’un complot… Bref, la population ne comprend pas très bien ce qui se passe, et dans ce cas-là, un phénomène naturel se produit : le déni, ou la négation du sujet. Le cerveau préfère occulter l’information, on bouche les oreilles et on agit comme si le problème n’existait pas.


Il faut ajouter à cela le fait qu’on a du mal à se projeter sur un problème, lorsqu’on ne le ressent pas émotionnellement. En effet, le changement climatique se ressent pour les populations directement affectées : les victimes de typhons, de tsunami, de famine… Mais pour les occidentaux, à part un été très chaud, on n’a pas vraiment l’impression que le réchauffement climatique est un phénomène particulièrement inquiétant. Alors pourquoi changer ses habitudes ?


Enfin, il y a le phénomène de rejet sur l’autre. Lorsqu’on ne comprend pas un sujet, on préfère rejeter la responsabilité sur un autre. Dans le cas de la crise écologique, on estime que c’est aux gouvernements d’agir et de changer, et pas nous. Cette opinion n’est pas foncièrement inexacte: c’est en effet aux pouvoirs publics de mettre tout en œuvre pour permettre à tous d’aborder la transition écologique. Cependant, les actions individuelles de chacun ont également leur impact, et peuvent réellement jouer un rôle. Mais il est très difficile de s’en rendre compte, car le modèle économique dans lequel nous vivons nous coupe de la réalité environnementale et de son intérêt. On en arrive à la quatrième et dernière hypothèse.

Nature et Société : deux entités incompatibles ensemble?

Nicolas Hulot, dans l’entrevue qui a précédé l’annonce de sa démission du gouvernement, a démontré cette hypothèse par un fait simple : selon lui, la « communauté internationale […] s’évertue à entretenir voire à réanimer le modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres ». Autrement dit, notre modèle économique, basé sur le capital et la marchandise, est la cause du réchauffement climatique et de l’inertie des peuples face à la crise écologique. Et, en effet, lorsqu’on s’intéresse à l’économie de marché, au capitalisme et à la recherche constante de cette idée de « profit », on réalise que, finalement, la Nature n’a pas réellement sa place dans notre société. Pourtant, comme l’explique Raj Patel dans son livre « Comment notre monde est devenu cheap », la Nature et la Société ne devraient pas fonctionner comme des entités autonomes, mais devraient se compléter, car « tout ce que font les hommes est coproduit par le reste de la nature : nourriture, vêtements, maisons et lieux de travail, routes, voies de chemin de fer, aéroports, de même que les téléphones et les applications ». Nous utilisons la Nature pour faire du profit, mais le profit ne bénéficie pas à la Nature. Dans son livre, Raj Patel nous explique que ce modèle existe depuis bien plus longtemps qu’on l’imagine : à l’époque du système féodal, le pouvoir était prédominant sur le respect de l’agriculture et des sols. Par conséquent, c’est tout un modèle global économique qu’il faut réformer. La bonne nouvelle, c’est que ce système est actuellement en train de s’essouffler, mais sans l’appui et la force des individus sur les pouvoirs publics, on peut craindre une résurrection de ce modèle non durable.


Enfin, la séparation depuis toujours de la Nature et de la Société a comme conséquence une déconnexion des Hommes avec la Nature. Une illustration concrète est le fait que de nombreuses personnes ne savent pas que les tomates ne poussent pas en hiver, car il y a des tomates toute l’année au supermarché. Ça parait anodin, mais ce fait démontre une réelle perte de conscience de la normalité ou non, de certains faits naturels. Quelqu’un qui naît à une époque où les températures avoisinent les 40 degrés à Paris, pensera que c’est normal, or ça ne l’est pas. Dans notre société, nous n’avons plus de lien avec la Nature, donc nous ne la connaissons pas, ou plus. D’où l’importance d’éduquer la nouvelle génération et de reconnecter les enfants avec la Nature, afin qu’ils puissent prendre la mesure des changements qu’a provoqué le réchauffement climatique.

Mes pistes de réflexions pour tenter de sensibiliser à la cause environnementale

  1. Le bien-être : on l’a bien compris, si la Pyramide de Maslow n’est pas atteinte, l’environnement passe au second plan. Il faudrait donc se diriger vers un modèle plus humain, qui mettrait en avant l’accomplissement et le bien-être de l’individu avant tout.
  2. La compréhension : pour pouvoir s’intéresser à un sujet, il faut le comprendre. Simplifier l’information et la rendre accessible, et selon moi primordial (c’est tout l’intérêt de mon blog :)). De plus, il faut se reconnecter avec la nature : plus d’espaces verts, plus d’éducation à l’écologie et à l’environnement pour les enfants.
  3. Le dépassement de soi : OUI au changement ! Cette piste est valable pour tout. Selon moi, pour pouvoir s’accomplir et avoir une vie riche et bien remplie, il faut pouvoir se renouveler et changer constamment. Il ne faut pas avoir peur du changement car le cerveau est capable de s’adapter facilement. C’est le changement qui permettra aux individus d’accepter un nouveau modèle économique et social.
  4. Les pouvoirs publics : enfin, même si la société civile a son impact sur l’environnement, les gouvernements ont également une grosse part du gâteau. Pétitions, manifestations, actions… Il faut arriver à faire comprendre aux gouvernements que nous sommes prêts pour le changement, et que nous aborderons le virage de la transition écologique, avec ou sans eux.

Et moi, dans tout ça ? Pourquoi suis-je touchée par ce sujet ?

Si on reprend les hypothèses de mon article, les raisons pour lesquelles je suis intéressée par la cause environnementale sont, dans un premier temps, que j’aurais atteint le haut de la Pyramide de Maslow… Du haut de mes 27 ans, je ne suis pas certaine de pouvoir dire que j’ai totalement atteint l’accomplissement de ma personne ! Cependant, il est vrai que mes besoins physiologiques sont atteints (je peux me nourrir, boire et respirer), j’ai un sentiment de sécurité de par le fait que j’ai un foyer, j’ai des amis et une famille plutôt équilibrée, j’ai un travail qui me permet d’avoir une certaine « estime » de moi-même, mais SURTOUT, j’apporte beaucoup d’importance à la découverte de mon bien-être intérieur, en voyageant et en faisant des activités seules notamment, et enfin, au-delà de tout ça, j’ai des convictions et une envie de partager mon maigre accomplissement avec les autres. Mais tout ça n’est pas éternel : je peux tout perdre du jour au lendemain, et des pans de ma Pyramide peuvent s’effondrer. Cela voudra-t-il dire que je me désintéresserai totalement de la crise écologique, à ce moment-là ? Peut-être, mais c’est justement là qu’il faudra se battre et réussir à surpasser ses problèmes, pour garder en tête l’importance de vivre sur une planète qui respire correctement.


Dans mon entourage, l’environnement n’est pas forcément une problématique qui intéresse beaucoup de monde. J’aurai donc pu me rallier aux opinions de mes proches et faire comme eux. Mais c’est au cours de mes voyages et de mes réflexions, que j’ai compris que l’inertie n’était pas la bonne solution. Pour finir, j’ai réalisé à quel point l’environnement pouvait également avoir un impact sur notre santé, et ça, ça a été le vrai déclic. A vous maintenant de trouver VOTRE déclic !

Sources :

https://reporterre.net/Pourquoi-le-drame-ecologique-mobilise-t-il-si-peu https://www.rtl.fr/actu/politique/l-ecologie-fait-un-bond-spectaculaire-dans-les-priorites-des-francais-7794808375

https://alteretgo.fr/les-francais-et-le-changement/

Raj Patel, « Pourquoi notre monde est devenu cheap », éditions Flammarion, 2017

Qui n’aime pas NYC ? La Grande Pomme au goût amer

En lisant ce titre, certains vont se dire « Ah, enfin quelqu’un qui pense comme moi ! » et d’autres vont se dire « What ? Elle est folle, je quitte ce blog sur le champ ». Soyons clairs, ni l’un ni l’autre n’ont raison. J’ai vécu un an et demi dans cette ville et je suis tombée amoureuse de cette magnifique cité. Cependant, je comprends ceux qui ont ressenti une certaine déception, par rapport à ce qu’ils s’attendaient à voir en arrivant à New York : les yeux pleins d’étoiles, l’impression d’être le personnage principal d’une série ou d’un blockbuster hollywoodien. Plus que de la déception, des personnes dans mon entourage ont même « détesté » cette ville. J’ai moi-même éprouvé une certaine frustration, dans certaines situations que j’ai vécu au cours de mon séjour. Dans cet article, je vais essayer d’énoncer les différentes raisons entendues autour de moi pour lesquelles les gens ont été déçus de cette fameuse ville, et je donnerai mon avis sur ce constat.

« New York est une ville sale »

Times Square. L’épicentre de Manhattan, LE lieu qu’il ne faut pas rater lorsqu’on va à New York City, au moins pour le principe. Car il y a bien d’autres endroits magnifiques et représentatifs de l’âme de cette ville (mais ce n’est pas le sujet ici). Donc, vous mettez les pieds à Times Square, et là, au-delà des impressionnantes lumières et projecteurs qui vous éblouissent, c’est la saleté et les odeurs qui vous marquent. Beaucoup de détritus, de poubelles qui s’amoncellent sur les trottoirs, des effluves mêlées d’odeurs de pollution et déchets… On ne peut pas le nier, une partie de vos clichés de NYC ne seront définitivement pas « instagram-friendly ».


Effectivement, la gestion de la propreté de la ville est quelque peu particulière : les poubelles sont déposées à même le trottoir, pour être ensuite récupérées au petit matin par les éboueurs. Du coup, des montagnes de détritus jonchent votre chemin tout au long de la journée, laissant échapper des odeurs pestilentielles et une vue peu ragoutante sur les derniers repas du voisin. Pour une ville aussi dynamique, c’est un comble de ne pas avoir des installations sanitaires plus moderne. Mais, à l’inverse, les espaces verts dans la ville sont très propres ; Central Park, notamment, est très agréable à visiter : pas d’excréments d’animaux, ou de bouts de papier par terre. De manière générale, les services publics (propreté, transports en commun) ne sont pas les plus développés à New York, paradoxalement à des initiatives privées beaucoup plus innovantes (jardins souterrains, éco-mobilité, etc.). C’est une problématique sur laquelle les pouvoirs publics américains se penchent et tentent d’améliorer.

« New York est une ville étouffante »

Restons à Times Square. Vous vous êtes faits à l’idée que, à part les panneaux publicitaires mythiques du lieu, vous n’aurez pas beaucoup d’autres lieux à prendre en photo. En revanche, si vous devez prendre un seul lieu en photo, vous aimeriez quand même pouvoir faire votre plus belle pose devant l’objectif. Oui, vous allez pouvoir vous prendre en photo, mais il va falloir attendre bien dix minutes, afin que tout le monde passe devant vous, et malgré ça, vous serez très certainement accompagné d’une dizaine de personnes devant ou à côté de vous, sur votre cliché. Ensuite, il va falloir se frayer un chemin dans les magasins, et selon le jour et l’heure où vous visitez Times Square, il y a de fortes chances que vous ayez à marcher à petits pas, à la queue-leu-leu, tant le trottoir sera bondé. Sans oublier les éternels travaux qui vous forceront à dévier votre route, et les bruits qui vont avec. Enfin, il faudra prendre le métro, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la proximité et le contact humain seront de mise.


Durant votre séjour dans la Grande Pomme, vous allez forcément devoir vivre ce genre de situations. Si vous habitez dans une grande ville comme Paris, par exemple, vous êtes habitués. Pour des habitants de villes plus petites, cela peut surprendre et être désagréable. New York est considérée comme une mégalopole, et qui plus est une mégalopole mondialement connue. Alors oui, il y aura du monde, il y aura des travaux et de la pollution, mais comme toute grande ville qui se respecte, malheureusement. On ne peut pas lui en vouloir d’être victime de son succès. Si je peux donner un conseil, ça serait de ne pas s’attarder dans les endroits trop touristiques, et pour avoir un petit moment de tranquillité dans le tumulte New Yorkais, il faut se rendre plutôt dans le sud de Manhattan, vers West Village et Lower Manhattan, ou à Brooklyn. Pour ma part, lorsque je souhaitais avoir un peu de calme, j’adorais me promener sur les bords de l’Hudson River, en partant de Chelsea jusqu’à Wall Street, puis me rendre à Brooklyn et arpenter les rues de Greenpoint, Williamsburg et Cobble Hill. Vous pourrez admirer les bâtiments et architectures historiques de la ville, dans le calme.

« Choqué par la pauvreté à New York »

Toujours dans le métro, quittant Times Square pour vous rendre au mémorial du World Trade Center, Ground Zero, vous êtes frappés par les sans-abris qui partagent la rame avec vous, ou qui errent sur les quais du métro. Des sans-abris, vous en avez déjà vu, mais à New York City, ils semblent tous être dans une situation particulièrement précaire. Malades, ou mentalement très instables, ils devraient normalement être placés dans des centres spécialisés. Certains souffrent d’ handicaps qui sont la conséquence d’un manque de suivi médical lors d’un accident, par exemple. Le contraste entre les fastes et les mondanités de la Fifth Avenue est frappant, et le mythe de la ville parfaite dépeinte dans les films s’estompe doucement.


Ce constat peut être fait dans n’importe quelle ville des États-Unis. A San Francisco, par exemple, le nombre de sans abris se piquant le bras ouvertement pour se droguer, allongés dans le quartier d’Union Square, est affolant. A Santa Barbara, ils sont des dizaines à avoir élu domicile sur les trottoirs de State Street, la fameuse rue commerçante de la ville. Ce n’est pas une révélation, les États-Unis sont critiqués depuis toujours pour le manque d’aides sociales, d’accompagnement et de solidarité envers les plus démunis. New York City ne déroge pas à la règle; j’ai été touchée par le désespoir et l’état critique de certains sans-abris, notamment à Harlem, dans le nord de Manhattan.
Cependant, beaucoup d’aides spécifiques à la ville sont mises en place, pour soutenir les New Yorkers qui en ont besoin. Access NYC, par exemple, est un outil accessible à tous, permettant d’accéder rapidement à tous les programmes d’aides disponibles sur le territoire. New York Cares , est une organisation proposant des actions de volontariat à travers la ville, et il est très simple de trouver un programme de volontariat selon le domaine, sur le site. De nombreuses initiatives gouvernementales sont donc mises en place pour trouver une solution à un problème bien trop important et décevant pour une ville flamboyante telle que New York.

« Vivre à New York, c’est trop cher »

Après une journée mouvementée entre Times Square et Wall Street, vous décidez de terminer la journée autour d’un verre dans un bar sympa à East Village, pas trop fancy. Pourtant, en ouvrant la carte, vous vous rendez compte qu’il est quasiment impossible de profiter d’un restaurant à New York sans une addition d’au moins 30 à 40€ / personne. Un cocktail seul coûte 15€, une pinte de bière 8€. Sans oublier les « tips » qu’il faudra donner à la fin. Vous avez déjà un budget serré du fait du prix de votre hébergement (150€ la nuit, une moyenne), alors vous grincez des dents en sirotant votre mojito.


C’est un point sur lequel je ne pourrais pas contre-argumenter : la ville de New York est effectivement beaucoup, beaucoup trop chère. Selon que vous vivez habituellement dans une grande ville ou un village plus éloigné, cela peut être plus ou moins choquant pour vous. Une amie, par exemple, n’a pas aimé la ville de New York car en comparaison à son lieu de vie habituel, la Grenade, en Espagne, où les prix sont dérisoires, tout en ayant des cocktails et des plats de qualité, les prix étaient parfois 50 à 70% plus chers. On peut donc le ressentir comme du vol, ou du gaspillage d’argent. Et il faut ajouter à cela le loyer ! New York est deuxième au classement des villes les plus chères au monde, notamment dans l’immobilier. Un loyer moyen à Manhattan, coûte 1100€… En colocation ! Pour un studio seul, il faut compter entre 1500€ et 2000€ minimum. C’est trop, surtout que les immeubles ne sont pas forcément les mieux bâtis et les plus aboutis. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont poussé à terminer mon aventure à New York. Ce n’était pas la raison principale, bien sûr, mais ça a fortement joué dans la balance. L’idée de payer pendant des années un appartement en colocation à 1200€ / mois ne m’enchantait pas du tout.

Et pourtant…

Pour conclure, je dirai que pour apprécier New York, il faut voir au-delà des inconvénients de cette immense ville, et qu’il ne faut pas se fier à ce que l’on voit à la télévision et dans les sitcoms américains. Je dis toujours que la ville de New York a une « aura », une sorte d’âme qui survole la ville, et une fois qu’on aura ressenti cette âme, et qu’elle sera entrée en nous, notre vision de NYC ne sera plus du tout la même. On en oubliera la pauvreté, la saleté, le trop plein de monde, et on réalisera à quel point chaque quartier de la ville a sa spécificité, son style, on admirera les New Yorkers, ces locaux qui sont des purs produits de cette ville si spéciale. Et une fois qu’on aura compris le vrai charme de la ville, on fera soi même partie de la ville, et à partir de là, on ne pourra plus la quitter ! Pour ma part, il m’a fallu 6 mois pour que cette ville m’aspire et me fasse tomber sous son charme.

Aujourd’hui, rien qu’en écrivant cet article, j’ai ressenti une nostalgie et une envie folle de retourner là-bas et y retrouver mes petites habitudes ; mes promenades à vélo, mon traditionnel moment « cookie » chez Levain Bakery, ma visite de musées et d’expositions, ou juste observer: à Wall Street, les employés en costard cravate qui grouillent et s’encastrent dans des bâtiments si hauts qu’on y voit plus le ciel. A Harlem, cette vieille dame discutant avec les jeunes enfants du quartier, ou balayant son porche devant sa maison. N’ayez pas peur de cette ville, allez voir de vous-même, comprenez là, et elle saura vous accueillir à bras ouverts.