PAZZI, reconversion d’un robot en pizzaïolo

Avez-vous déjà vu… Un robot qui fait des pizzas ? Non ? Dans ce cas, allez faire un petit tour du côté de Serris, en Seine-et-Marne, dans une pizzeria obscure perdue en plein milieu d’une zone industrielle; de gros bras en métal s’affairent pour vous préparer leur meilleure Margherita!

Oust les cuistots : bonjour les robots !

PAZZI, la « Pazziria » du futur comme les concepteurs aiment à l’appeler, a été imaginée par deux ingénieurs français, Sébastien Roverso et Cyril Hamon, au sein de la Foodtech EKIM, spécialisée dans l’ingénierie technologique et les intelligences artificielles au service de l’alimentation. Leur ambition est de révolutionner l’univers de la restauration en y intégrant les solutions innovantes et les performances d’une intelligence artificielle.

Le concept ? Le client commande sa pizza sur une borne digitale en y choisissant ses ingrédients, puis PAZZI se met en marche ! Aucun contact avec un employé humain donc, le parcours de vente est entièrement digitalisé.

100% autonome, capable d’évoluer dans un espace de 50 à 60 mètres carrés, ce pizzaïolo du futur est capable de réaliser 100 pizzas par heure, en travaillant 24/24h, 7/7j, et sans pause. Un rendement imbattable et incompatible avec les capacités d’un être humain donc, de quoi mettre nos beaux pizzaïolos moustachus de chair et d’os à la retraite vite fait bien fait. Et le prix onéreux de la concession et du robot (entre 500 000 et 1 million d’euros) ne devrait pas freiner les restaurateurs intéressés car, selon Philippe Goldman, CEO d’EKIM (et ayant également travaillé chez l’Oréal), « Avec 200 pizzas vendues chaque jour, l’investissement sera rentabilisé en trois ans ! »

Source : http://www.ekim.fr

Cet été, la firme française a réussi une levée de fonds de 10 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs français (Eutopia, Daphni) mais pas que; le fond Singapourien Qualdro et la société américaine Partech semblent également voir dans ce nouveau concept un réel potentiel économique. En effet, ce beau pactole va permettre à PAZZI d’accroître son développement technologique et surtout d’ouvrir la première Pazziria au Val d’Europe, centre commercial situé en Seine-et-Marne, dès la rentrée 2019. Mais leur ambition ne s’arrête pas là. L’objectif d’EKIM est de déployer massivement leur concept auprès d’établissements commerciaux (campus universitaires, centres commerciaux, parc de loisirs et artères commerçantes en centre-ville), dès l’horizon 2020. Un concept d’ailleurs déclinable en plusieurs formats : « mode assis, à emporter, food court ou drive-in », comme l’indique le site web de la foodtech. C’est donc le début d’une route toute tracée vers une société entièrement digitalisée, jusque dans nos assiettes.

Les prémices de la société du futur : La Robolution

Il y a encore quelques décennies, la robotisation et la transformation digitale des entreprises avaient comme uniques intérêts l’accomplissement de tâches rébarbatives et pénibles pour l’Homme, le stockage ou encore l’analyse de données. Mais aujourd’hui, nous voyons apparaitre une toute nouvelle génération de robots, aux capacités sans cesse améliorées. L’être humain, limité par ses aptitudes physiques et physiologiques, que les robots étaient censés compléter, mais reconnu pour sa capacité à créer, faire, fabriquer, se voit aussi mis à l’amende par l’intelligence artificielle qui peut dorénavant lui aussi fabriquer à partir de matières premières, à une vitesse plus rapide et avec une précision inégalée. Là où la crainte principale de perte d’emploi face à la robotisation des métiers résidait dans les emplois dit « sous-qualifiés » (caissiers, employés de ménage, ouvriers mécaniques, livreurs), les employés qualifiés ont aussi du souci à se faire. Dans le domaine des ressources humaines, par exemple: de plus en plus de grandes sociétés font en effet appel à des assistants RH numériques, qui présélectionnent les candidats en analysant leurs profils. Dans le domaine médical, des projets futuristes sont en cours ; au sein de Verily, la filiale santé du Groupe Alphabet (Google), des ingénieurs cherchent à améliorer l’efficacité de notre système de santé grâce à l’intelligence artificielle, via des lentilles de contact mesurant la glycémie ou des bracelets détectant des pathologies, par exemple, mais aussi en remplaçant l’étape parfois fastidieuse de la visite chez le médecin pour une simple ordonnance, par un contrôle réalisé au préalable par une machine. Une substitution qui peut avoir du bon certes, mais qui fait surtout perdre la richesse de la perception et de l’intuition humaine, que le robot ne pourra pas (jusqu’à preuve du contraire) recréer.

Dans un souci de constante optimisation des résultats, qu’ils soient financiers, structurels ou managériaux, l’avènement de l’intelligence artificielle fait craindre une mise au ban de l’intelligence « naturelle », ou du moins plus humaine, incapable d’assouvir les besoins décadents d’une économie capitaliste toujours plus avide de rendements, de gains et de prospérité. En effet, les robots ne se fatiguent pas, ne font pas de burn-out, ne sont pas « en quête de sens » dans leur activité et n’ont pas de « passions » ou de rêve d’entreprenariat, propres à la conscience humaine. Pas de risques de turn-over !

Et la Planète dans tout ça, qu’est-ce qu’elle y gagne ?

Une révolution, ou plutôt « Robolution » de ce genre parait pourtant peu appropriée par les temps qui courent, l’Humanité cherchant davantage à se sauver d’une extinction future causée par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, plutôt que de miser sur des robots pouvant étaler la sauce tomate comme le meilleur pizzaïolo du coin. Pourtant, PAZZI assure que son concept apporte malgré tout sa contribution à un modèle économique plus respectueux de l’environnement, notamment du fait d’ingrédients sains et durables : les légumes sont BIO, la pêche est durable, les fromages AOP, etc. Cependant, la question se pose sur la consommation énergétique d’un robot travaillant sans interruption du matin au soir, et des serveurs faisant le lien entre la borne de commandes et le « Pazzïolo ». Il serait intéressant en effet de comparer le bilan carbone d’une pizzeria classique et d’une « Pazziria ». Il y a de fortes chances que ce dernier soit beaucoup plus gourmand en dioxyde de carbone… Est-ce qu’un robot faisant des pizzas vaut vraiment la peine de sacrifier nos belles années sur cette Terre ? Je ne suis pas sûre… Mais tout de même, il faut se l’avouer, on peut quand même saluer cette belle innovation, et l’inventivité de nos deux ingénieurs français. Cocorico ! 😊

Et vous qu’en pensez-vous ? Irez-vous dans ce restaurant lorsqu’il sera ouvert ? Dites moi ce que vous en pensez dans les commentaires !

Sources :

https://ekim.fr/

https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/pazzi-leve-10-millions-d-euros-pour-ameliorer-ses-robots-pizzaiolos-820665.html

Les 7 aliments végétaux qui contiennent le plus de fer

Si vous êtes végétarien.e.s ou végan.e.s, vous avez très certainement déjà entendu de la part de vos proches cette remarque un peu lourde parfois (aussi bienveillante soit-elle) : « attention, tu vas avoir des carences ! »

Il est vrai que, en retirant une famille entière de produits de son régime alimentaire (ici, des matières animales), on s’expose à un manque important de certains nutriments dont notre corps a besoin. Mais la nature est bien faite, et nous pouvons très souvent retrouver tout ou partie des apports nutritionnels contenus dans les aliments à base de chair animale, dans cette large gamme de matières végétales que la Terre nous offre, et parfois même en plus forte quantité !

Pour ma part, maintenant que je suis devenue végétarienne, je dois redoubler d’efforts et faire d’autant plus attention à mon apport nutritionnel journalier. J’ai fait quelques recherches afin de savoir quels étaient les aliments végétaux contenant le plus de fer, et comment mettre tous les atouts de son côté pour avoir une bonne fixation du fer sur ses petits globules rouges. Je partage mes trouvailles avec vous !

Tout d’abord : fer héminique / non héminique, quelle différence ?

Le fer est un oligo-élément qui entre dans la composition de l’hémoglobine des globules rouges, et qui permet, entres autres, la bonne oxygénation et le fonctionnement des organes et cellules. Un homme en bonne santé renferme environ 4g de fer dans son organisme, et la femme environ 2,5g. Pour maintenir un taux de fer satisfaisant, l’apport journalier doit être d’environ 11g chez l’homme adulte, entre 11 et 16g chez la femme adulte (en fonction de l’abondance de ses menstruations), et entre 25 et 35g chez la femme enceinte. Jusque-là, c’est plutôt simple (source : Anses). Il faut donc consommer des aliments qui contiennent une bonne source de fer, pour atteindre cet apport journalier. Mais les choses se compliquent ! Car il existe deux types de fer :

Le fer héminique : il s’agit d’un fer dont la biodisponibilité est plus importante ; c’est-à-dire qu’il s’assimile facilement dans le corps humain. Sur la totalité de fer consommé, le corps en assimile environ 25% (pour 100mg de fer héminique ingurgité le corps en garde donc 25mg). Cette forme de fer est majoritairement présente dans les produits carnés et les produits de la mer (végétarien.ne.s/végan.e.s, passez votre chemin !)

Le fer non-héminique : C’est la forme chimique du fer que les végétarien.ne.s et végan.e.s consomment le plus, et dont la biodisponibilité est moins importante : pour 100mg de fer non-héminique ingurgité, le corps en assimile réellement 5%, soit 5mg. La contrainte réside donc dans le fait qu’il faut consommer beaucoup de fer non-héminique pour atteindre les apports nutritionnels. Mais il existe des solutions pour augmenter et faciliter l’assimilation de ce fer dans l’organisme.

Les amis et ennemis du fer

 La meilleure façon d’optimiser son apport en fer et de combiner des aliments riches en fer et riches en vitamine C. En effet, la vitamine C augmente fortement la capacité d’assimilation du fer dans l’organisme. Boire un verre de jus d’orange, manger un fruit ou un légume riche en vitamine C en complément d’un plat végétal riche en fer est donc une bonne alternative au fer héminique.

En revanche, certains aliments bloquent l’absorption du fer dans l’organisme. C’est le cas, par exemple, du thé ou du café qui, pris au cours du repas, risquent de réduire vos efforts à néant. Le calcium (notamment le lait, les yaourts et la crème), semblent aussi empêcher le passage du fer à travers les parois de l’intestin. Il faut donc réduire sensiblement la consommation de ces produits, pour mettre toutes les chances de son côté !

Passons à présent aux choses sérieuses ! Je mets fin au suspense, voici le palmarès des aliments végétaux contenant le plus de fer :

6 – Les noix de cajou – 7 mg par 100g

Une portion de noix de cajou (environ 50g) apporte donc environ 3mg de fer. Attention cependant, la noix de cajou reste un aliment très calorique, à consommer avec modération !

5 – Le cacao maigre en poudre – 14 mg pour 100g

Si nous ne consommons que 2 à 3 cuillères à soupes de cacao maigre en poudre occasionnellement (soit environ 28g, 4 à 5mg de fer environ), on peut aussi en agrémenter des smoothies, des gâteaux maison…

4 – Le sésame – 15 mg pour 100g

La pâte de sésame est un bon moyen de consommer en grande quantité cette graine dorée. Pour ma part, j’en utilise régulièrement pour réaliser des houmous, ou tartiner une tranche de pain complet.

TOP 3

3 – Le soja – 16 mg pour 100g

Le soja est une excellente source de fer, et nous pouvons vite atteindre 100g de consommation de soja en une journée : du tofu en accompagnement, par exemple, un steak de soja, un gâteau à la farine de soja…

2 – La spiruline – 83 mg pour 100g

La spiruline est une véritable bombe d’énergie en poudre. A forte teneur en vitamine A, C, D et en calcium, elle apporte également une très bonne dose de fer. Cependant, il est fortement déconseillé de consommer 100g de spiruline par jour, mais plutôt 3 cuillères à soupe, soit environ 30g, ce qui revient à environ 27mg de fer par portion. Un beau score !

1 – L’ao nori – 234 mg pour 100g

Le champion de l’apport en fer, c’est lui ! Parmi toutes les algues de mer, l’ao nori est celle qui en contient le plus : 30 fois plus que les épinards ! Ajoutant à cela sa très bonne source de calcium (6 fois plus que le lait), c’est une alliée que tous les adeptes du végétarisme / véganisme se doivent d’avoir dans leurs placards. Vous trouverez cette algue sous forme séchée dans toutes les épiceries bio et spécialisées.

Je réaliserai très bientôt des recettes spécifiques pour optimiser son apport en fer. N’hésitez pas à me suivre sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram : Berlingot Station) pour rester informé !

5 astuces pour se rafraichir naturellement pendant la canicule

La démarche est lente et lourde, les yeux sont cernés par cette nuit étouffante qui vient de passer (la nuit la plus chaude l’histoire de France selon Météo France), la peau est moite et le moindre effort physique (comme courir après son bus pour se rendre au travail, par exemple) fait rapidement perler de grosses gouttes de sueur sur le front. Pas de doute, la France est en train de vivre une période de canicule très intense.

Si la climatisation (ou clim pour les intimes) semble être la solution la plus efficace pour se refroidir rapidement, elle n’en reste pas moins très polluante, et contribue au réchauffement de la planète et aussi des villes (puisque la climatisation expulse de l’air chaud à l’extérieur). Un cercle vicieux donc, auquel personne n’a envie de participer, n’est-ce pas ?

Heureusement, il existe d’autres moyens plus écologiques de faire baisser la température dans son appartement ou sa maison. Je partage avec vous 5 astuces qui peuvent représenter de bonnes alternatives à l’air conditionné !

1 – Installer des plantes vertes

Les plantes vertes, ces magnifiques bêtes silencieuses qui sont bien plus puissantes qu’on ne le croit ! Au-delà d’embellir votre intérieur, certaines plantes ont aussi la capacité de rafraichir l’air ambiant. En effet, lorsque l’environnement se réchauffe, elles libèrent de l’humidité dans l’air grâce à leurs feuilles. Regroupées ensemble, elles peuvent réguler le taux d’humidité de la pièce et donc fortement aider à diminuer la température. De plus, elles absorbent la chaleur et émettent de l’oxygène, ce qui permet d’obtenir une atmosphère bien plus respirable. Parmi les plantes les plus efficaces : l’Aloé Vera, le Ficus, la plante Araignée, les Fougères ou encore les lierres grimpantes, qui créeront un magnifique mur végétalisé rafraichissant ! Allez hop, direction le fleuriste pour faire le plein de belles créatures vertes !

2 – Utiliser un brumisateur

Grâce au phénomène d’évaporation, un brumisateur peut s’avérer être une bonne alternative à la climatisation. En effet, lorsque les gouttelettes d’eau diffusée par brumisation s’évaporent au contact de l’air, elles absorbent la chaleur. Le principe d’évaporation n’apportant aucune chaleur supplémentaire, la température de l’air ambiant peut alors fortement baisser. Vous pouvez donc diffuser votre brumisateur dans votre salon pendant quelques secondes, ou mieux, investir dans un ventilateur brumisateur, qui diffusera de fines gouttelettes d’eau de manière continue.

3 – Étendre un drap mouillé devant vos fenêtres

Sur le même principe que le brumisateur, l’évaporation de l’humidité issue du drap mouillé va aider à rafraichir votre intérieur. Autant joindre l’utile à l’agréable, vous pouvez en profiter pour étendre votre linge et installer le séchoir dans le salon, ça peut aider !

4 – Placer des glaçons devant votre ventilateur

C’est la version « homemade » du rafraichisseur d’air. Plutôt que de pester contre votre pauvre ventilo qui ne sert qu’à ventiler de l’air chaud, aidez-le en plaçant une zone glacée devant lui : des glaçons donc, une bouteille d’eau glacée fera également très bien l’affaire. Votre ventilo va soudain changer de bord et se mettre à ventiler de l’air plus frais ! Seul inconvénient : il faudra régulièrement changer votre bac à glaçons ou votre bouteille d’eau glacée.

5 – Fermer les volets la journée

Enfin, la solution la plus connue : fermer les volets de votre appartement/maison pendant la journée. En fermant les volets, vous empêchez les rayons du soleil de pénétrer dans votre espace et donc de réchauffer toutes les pièces. Votre lieu de vie prend soudain des airs de manoir à vampires, mais c’est pour la bonne cause !

Voilà, vous avez le choix, et donc aucune excuse pour acheter un climatiseur ! Si vous ne souhaitez pas voir se répéter des épisodes caniculaires de plus en plus violents, faites ce petit effort 😊

Lecture du mois : « Les Quatre Accords Toltèques »

Toujours dans la lignée du développement personnel et de cette recherche de bien-être intérieur, ce deuxième épisode de mes lectures du mois va traiter d’un livre que j’ai lu il y a très peu de temps, mais qui fait partie des ouvrages incontournables (selon mes amis déjà familiers de ces thématiques), que toute personne souhaitant un mieux-vivre et un apaisement de l’esprit devrait avoir sur sa table de chevet.

Ce livre, intitulé « Les Quatre Accords Toltèques : la voie de la liberté personnelle » a été écrit par Don Miguel Ruiz, un chirurgien natif du Mexique et baigné dès son enfance dans un univers très ancré dans la spiritualité, élevé par une mère guérisseuse et un grand-père chaman. En ajoutant à cela un chemin de vie parsemé d’évènements marquants (dont une expérience de mort imminente au début des années 1970), c’est tout naturellement qu’il décide de consacrer une partie de sa vie à la maitrise des préceptes de la sagesse intérieure, enseignés par ses ancêtres Toltèques (une civilisation ancienne originaire du Mexique).

Comme vous l’aurez compris, ce livre tente donc de nous éclairer et de nous aider à nous libérer des angoisses et des frustrations de notre quotidien, en nous suggérant un mode de pensées digne des chamans mexicains, qui révèlent entres autres les freins et les causes du mal-être ambiant et constant chez l’être humain : conditionnement collectif, croyances limitantes, peur de l’autre, suggestions erronées… Des blocages qui nous empêchent d’atteindre une paix intérieure, et de retrouver la sagesse, ou encore « L’Amour Inconditionnel », un des fondements des enseignements toltèques. A la fois terre à terre, puis surréaliste, voire mystiqus, il faut rester ouvert d’esprit et ne pas avoir peur des histoires un peu irrationnelles et teintées d’une spiritualité qui frise avec le surnaturel et l’étrange. Pour autant, ses récits n’en sont pas moins clairs, et évocateurs. Pour ma part, je me suis très souvent retrouvée dans beaucoup de situations décrites dans le livre, et ces conseils peuvent s’appliquer au quotidien.

Vous aussi vous souhaitez retrouver la sagesse intérieure ? Ne plus vous prendre le chou pour des broutilles ? Lâcher prise ? Allez, comme je suis sympa, je partage avec vous ces 4 règles d’or !

1er accord : Que ta parole soit impeccable

Cette première règle peut en effrayer plus d’un de prime abord, car il impliquerait de contrôler constamment ses pensées, et de ne s’autoriser aucune transgression. Ce n’est pas tout à fait exact.

Selon l’auteur, la parole revêt un pouvoir qui pourrait aisément s’apparenter à de la magie. Elle a une force insoupçonnée sur la personne qui reçoit cette parole. Et quand on y réfléchit bien, c’est par la parole que se prend bien souvent des décisions importantes et radicales. Dans la politique, par exemple, un simple discours d’un candidat aux élections présidentielles peut déterminer l’issue de sa campagne. C’est également par la parole qu’une sentence est invoquée par un juge. C’est aussi par la parole qu’un infirmier doit annoncer le décès d’un proche à la famille. Bien souvent, un couple se réconcilie en échangeant des mots, en dévoilant ses pensées, en communiquant.

Telle est donc la force de la parole. D’où l’intérêt de mesurer ses mots, qu’ils soient dirigés vers autrui, ou vers soi-même.

Pour ma part, j’aime beaucoup la métaphore de la « magie », l’idée de voir la parole comme un pouvoir, et le fait de lancer une parole peut aussi ressembler au fait de jeter un sort.

« Quelqu’un exprime une opinion : regarde cette fille, comme elle est moche ! La fille en question entend cela, croit qu’elle est laide et grandit avec l’idée qu’elle n’est pas belle. Peu importe qu’elle le soit ou non : tant qu’elle est d’accord avec cette opinion, elle croira qu’elle est laide. Elle subit l’influence d’un sort ».

Don Miguel Ruiz

Dans cette époque où le jugement, la compétition et la concurrence contrôlent nos existences (en atteste ce fléau des émissions télé qui mettent en compétition des personnes sur des sujets divers et variés : la cuisine, le shopping, et même le mariage !), la parole devient de plus en plus décomplexée, libre, sans limites. Mais personne n’a vraiment conscience de l’impact de ses paroles sur lui et les autres. Les « sorts », donc, se jettent sans arrêt, à la volée, sans réfléchir.

Dans mon travail, par exemple, c’est une situation que j’observe très régulièrement, et dont je suis moi-même victime. Les réflexions fusent, et peuvent être parfois blessantes. Le côté pervers d’une parole, c’est que la conséquence n’est parfois pas celle souhaitée par la personne qui l’a lancée. Exemple : un manager fait une réflexion assez dure sur le travail d’un employé; son but aura seulement été de le bousculer un peu (ou pas, les managers malveillants existent). Mais ce que lui ne sait pas, c’est que cette parole n’aura pas la même résonance sur celui qui la reçoit. L’employé, lui, recevra cette parole de manière beaucoup plus violente, se remettra en question, se dévalorisera, déprimera, et la dégringolade peut aller très loin. Voilà l’impact qu’une simple parole peut avoir sur une personne.

Bien sûr, il faut toujours prendre en compte le contexte émotionnel et social d’une situation. Ce manager en question était peut-être sous pression et n’a pas mesuré la portée de ses paroles. De son côté, l’employé est très sensible et réagit plus difficilement que d’autres aux critiques. Mais c’est justement là toute la complexité de l’être humain, mais aussi toute sa richesse : ses émotions, ses ressentis. Il faut les prendre en compte, c’est indispensable pour pouvoir évoluer dans un environnement harmonieux et sain. Relâcher sa pression en jetant des « sorts », en s’acharnant sur une personne peut avoir un effet libérateur pour certains (pas pour moi, en tout cas, c’est un concept que je ne cautionne pas), mais il faut penser à l’impact, toujours. Être actif de ses pensées, de ses paroles.

Encore un autre exemple qui est assez révélateur, et qui je pense vous rappellera des situations que vous avez déjà rencontré, d’un côté ou de l’autre : un appel frustré à un opérateur téléphonique, à la suite d’une panne quelconque (internet, le téléphone, le frigo, la télé). L’incapacité de l’opérateur à régler le problème dans l’immédiat, couplée à la frustration du client de ne pas pouvoir faire usage de son matériel peut, dans certains cas, provoquer une déferlante de haine envers ce pauvre opérateur, qui n’y est très probablement pour rien dans l’affaire. Souvent, après avoir relâché toute cette frustration, le client lancera cette phrase ô combien hypocrite « désolé.e, ce n’est pas contre vous, mais c’est cette situation qui est juste inadmissible ». Si ce n’est pas contre lui, pourquoi donc avoir lâché ce venin ? Car l’impact va bien au-delà d’un simple défoulement occasionnel : cet opérateur prendra cette frustration pour lui, se sentira coupable, ou en colère. Il émettra une mauvaise onde, une mauvaise énergie qui se répandra autour de lui, jusque dans sa vie privée. Eh oui ! Alors, réfléchissez bien avant de disputer ce pauvre opérateur qui ne saura pas réparer votre box internet, la prochaine fois 😉

Mais donc, concrètement, comment passe-t-on cet « accord » avec nous-même ? Comment faire pour que notre parole soit impeccable ?

Pour cela, selon l’auteur, il faut prendre conscience de sa parole et la répandre dans un objectif d’amour et de vérité, et non de médisance et de jugement. Tout en étant honnête, il faut prendre en compte les sensibilités et les aspérités des personnes autour de soi, avant d’émettre un discours. Il faut faire l’effort de se servir de la parole de manière appropriée, juste et censée. Ce n’est pas toujours facile, je le conçois. Mais faire cet effort aura une répercussion que vous ne soupçonnez pas, aussi bien sur les autres et sur votre environnement, que sur vous. Car tout est connecté ; si vous émanez de l’amour et de la bienveillance autour de vous, vous en recevrez en retour. Et l’inverse se produira aussi : du jugement et de la médisance occasionnera irrémédiablement du chaos, de la malveillance et des mauvaises ondes autour de soi.

2ème accord : quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

Cet accord est et en quelque sorte relié à l’accord précédent, car il fait appel au contexte, à toutes les composantes qui créent une situation donnée. L’idée, c’est de se dire que quelque soit ce qui se passe, quelque soit la problématique, qu’elle nous affecte directement ou indirectement, il ne faut pas la prendre pour soi, il ne faut pas en nourrir son Ego. L’auteur parle « d’importance personnelle », le fait de toujours tout rapporter à soi, à sa personne. Selon l’auteur, il y a un côté presque égoïste à cela : le fait de penser qu’on est toujours concerné, que tout ce qui passe autour de nous nous concerne. Alors que, finalement, une personne rencontrera des milliers, si ce n’est des millions de personnes au cours de sa vie, et vous n’occuperez donc jamais toutes ses pensées. De plus, chaque personne à sa façon de penser, sa vision. Pour rester dans cette thématique et le contexte un peu plus imagé du livre, chaque individu vit « dans son propre rêve, sa propre tête », il a son propre vécu, ses blocages… Bref, il y a un nombre incalculable d’équations dans lequel vous n’êtes qu’une donnée arbitraire dans une myriade de probabilités.

Et même lorsqu’une situation ou une parole vous affectent directement, si une personne vous insulte ou vous juge, par exemple, là aussi, vous n’y êtes pour rien et vous ne devez pas le prendre pour vous. Cette réflexion est la conséquence d’une multitude de croyances, de peurs et de blocages qui façonnent la pensée d’une personne et qui se matérialisent par ces injonctions.

 « Si quelqu’un vous donne son opinion en disant : « qu’est ce que tu as l’air gros ! », n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en vérité, cette personne est confrontée à ses propres sentiments, croyances et opinions. Elle essaie de vous envoyer du poison, et si vous en faites une affaire personnelle, alors vous le recevez et vous vous l’appropriez. »

Don Miguel Ruiz

Selon l’auteur, ce qui se passe lorsque vous faites une affaire personnelle d’une situation, c’est que vous êtes offensé par le fait d’être confronté à une autre croyance, à un autre avis qui vous parait injuste, et faux. Vous voulez avoir raison, vous voulez prouver que cette personne a tort. Mais dans quelle dimension souhaitez-vous que cette personne ait tort ? Dans votre dimension, ou dans la sienne ? Dans votre monde, dans votre tête, vous avez raison, vous le savez. Dans la tête d’autrui, c’est une toute autre affaire ; et vouloir à tout prix convaincre autrui, lui prouver qu’il a tort, se défendre, est très souvent un effort vain. Car le façonnement de l’esprit et des croyances d’autrui est une construction de très longue haleine, et il parait très prétentieux de vouloir la changer.

Passer ce second accord avec nous-même, implique donc de lâcher prise, de prendre conscience que vous n’êtes pas responsable des pensées, des paroles et des agissements d’autrui. Il faut cesser de se prendre constamment au sérieux, et il faut parvenir à se détacher d’une situation hostile qui heurte nos croyances, ou qui tente de briser de manière brutale notre rêve, notre idéologie.

Selon Miguel Ruiz, cet accord est crucial car c’est véritablement celui qui nous autorisera à être beaucoup plus apaisé, beaucoup plus serein et maitriser ses émotions.

Si nous reprenons l’exemple de l’opérateur téléphonique qui reçoit le venin du client mécontent, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, et à juste titre, puisqu’il s’agit bien là d’un sort jeté par le client, il devrait plutôt relativiser, et se dire que c’est la frustration de ce dernier, sa croyance selon laquelle tout doit toujours bien fonctionner, sa rigidité, qui a provoqué cette réaction, il n’en est pas responsable. Il ne doit donc pas prendre cette réflexion pour soi.

3ème accord : ne faites pas de suppositions

C’est très probablement l’accord le plus difficile à passer avec soi-même. Faire des suppositions est une spécificité bien humaine, et nous bataillons constamment avec notre esprit pour contrer ces pensées qui nous tourmentent : « il ne m’a pas répondu, il est certainement en colère contre moi », « Je sens qu’il me regarde, il ne doit pas être satisfait de mon travail », « Elle est amoureuse de moi, j’en suis sûr ».

Le problème résulte du fait qu’on ne demande pas d’explications, qu’on ne communique pas ouvertement. Alors nous prêtons des intentions à autrui, sans lui demander son avis.

Selon l’auteur, notre esprit est encombré par nos perceptions, nos suppositions, qui créent un réel chaos dans nos vies. Ce fait se justifie par toutes ces situations que nous avons gâchées, du fait d’avoir supposé des choses, d’avoir imaginé la pensée ou l’opinion d’une autre personne.

En ce qui me concerne, cet accord est quasiment impossible à passer avec mon esprit ; je réfléchis beaucoup trop. De simples situations banales, j’en déduis des conclusions sur ce qu’une personne pense de moi, alors que très souvent, lorsque j’en discute avec cette personne, je réalise qu’il n’en est rien ! C’est très souvent absurde, mais cette supposition me fait énormément souffrir, et peut même m’amener à me faire des films, des montagnes, des histoires fictives complétement farfelues qui se créées uniquement à partir d’une graine ; une simple supposition.

Faire des suppositions, peut également se traduire par la croyance qu’une personne doit forcément savoir comment nous fonctionnons, qu’elle est « dans notre tête », or ce n’est pas le cas !

Les dégâts se ressentent très souvent dans des situations de couple. Exemple : un jeune homme va rentrer du travail, exténué, et va penser que sa femme a préparé un diner. Mais ce n’est pas le cas, car cette dernière a mangé au restaurant avec une amie. Il sera donc fâché, mais elle ne saura pas pourquoi. De cette situation très étrange va en résulter des incompréhensions et des frustrations. Ce jeune homme a supposé que sa femme savait ce qu’il voulait, mais ce n’est pas le cas, elle n’était pas dans son esprit à ce moment-là, et ne pouvait donc pas deviner. Il aurait donc dû exprimer ouvertement le fait qu’il voulait que sa femme prépare un repas. Elle l’aurait très certainement fait (ou pas), mais au moins il n’y aurait pas eu de suppositions, tout aurait été clair.

Mais ce n’est pas tout ! Nous faisons également des suppositions sur nous-mêmes. Nous pensons à tort, par exemple, être capable de faire une telle chose, ou nous nous sous-estimons, pensant ne pas être assez fort, assez intelligent. Mais sur quels éléments se basent ses conclusions ? Bien souvent, il s’agit de suppositions non fondées, de simples croyances limitantes.

L’unique clé qui nous permettra de respecter cet accord, est la communication et l’action. Cela peut paraitre un peu cliché, mais le fait d’échanger, de parler, de poser des questions, de tenter, est le meilleur moyen d’éviter de faire des suppositions, et donc de se créer un film basé sur aucun fait réel. Le manque de clarté dans un échange entre des personnes est le meilleur moyen de se retrouver dans des discussions compliquées et malsaines, qui occasionnent de la tension et de l’incompréhension.

Il ne faut pas hésiter, de la même manière, à exprimer clairement ses besoins. Nous sommes uniques, nous avons des pensées et un imaginaire qui nous sont propres, nous ne pouvons donc pas supposer que nos proches, aussi familiers soient-ils, savent ce que nous souhaitons, c’est impossible.

Ne cédons donc pas à la rumination constante et au tourment de nos esprits, et discutons ! La difficulté de cet accord réside dans le fait que nous agissons bien souvent inconsciemment, notre esprit construisant ses propres suppositions, souvent à notre insu. Il faut donc rester alerte, maitriser ses pensées, et les analyser. C’est un entrainement, mais vous pouvez y arriver.

4ème accord : faites toujours de votre mieux

Cet accord est le socle des trois accords précédemment cités. Personne n’est parfait, et vous n’arriverez probablement pas toujours à respecter vos engagements. Mais quoi qu’il arrive, faites ce que vous pouvez, en fonction de ce que votre énergie du moment est capable de vous procurer.

« Quelles que soient les circonstances, faites toujours de votre mieux, ni plus, ni moins. Mais rappelez-vous que votre mieux ne sera jamais le même d’une fois à l’autre. Tout est vivant, tout change constamment, par conséquent votre mieux sera parfois à un haut niveau, et d’autres fois à un moins bon niveau. »

Don Miguel Ruiz

Faire de son mieux, selon Miguel Ruiz, ne signifie pas de se tuer au travail, de lutter de manière acharnée contre ses pensées, quitte à se torturer l’esprit. Lorsqu’on est fatigué, ou malade, on ne peut pas faire autant de choses que lorsque nous sommes pleins d’énergie. Pour autant, nous pouvons achever une petite tâche, une petite mission à la mesure que ce que nous sommes capable de donner à l’instant T, sans se sentir coupable.

Dans son activité, par exemple, il vaut mieux travailler tous les jours 2 heures, que de s’épuiser à travailler 8 heures, pour ensuite être entièrement vidé et ne plus pouvoir avancer pendant les deux semaines qui suivent. Car la vie se construit sur des expériences, des moments de joie, de changements d’état d’esprit, qui sont nécessaires pour développer notre créativité et notre efficacité. Il faut donc se ménager, mais tout en faisant de son mieux !

D’où l’absurdité, selon moi, du mode de travail contemporain, où chaque personne est obligée de travailler à heures fixes, du lundi au vendredi, et être constamment efficace. Cela n’existe pas! Qui n’a pas déjà ressenti une fatigue telle qu’il se sentait incapable d’avancer dans son travail, mais s’est forcé à travailler en allant puiser dans une énergie qu’il n’avait pas à ce moment-là? Bien souvent, cet acharnement va provoquer un épuisement qui empêchera par la suite de travailler pendant une plus longue période : de cela en résultera un arrêt de travail, ou un burn-out. Si cette personne avait écouté son corps et s’était arrêté au bon moment, il n’en serait pas arrivé là.

Dans les relations personnelles, le même constat se vérifie. Vous ne pourrez pas toujours être de bonne humeur, et donc vous ne pourrez pas toujours mesurer vos paroles envers autrui. Mais faire de son mieux, signifie que vous pouvez parler ouvertement, ne pas avoir peur de faire tomber le masque, d’être vrai. Vous aurez fait de votre mieux en exprimant honnêtement vos sentiments, ce qui vous rend de mauvaise humeur. Et si vous êtes si épuisés que vous n’en êtes pas capable, alors vous aurez fait de votre mieux en vous isolant, en prenant du temps pour vous, pour recharger vos batteries. Lorsque ce sera fait, vous pourrez ensuite discuter de manière apaisée avec vos proches.

Après avoir lu ce livre, j’ai réalisé à quel point tout pouvait être simple, si nous respections chacun ces accords ; cependant, les stimulations que notre esprit éprouve quotidiennement, les épreuves, les conditionnements, rendent très difficile la bonne application de tous ces préceptes. C’est un effort de tous les jours, que l’auteur nomme d’ailleurs « la discipline du guerrier ». Je vous rassure, je ne suis pas une guerrière et il m’est très difficile, voire parfois impossible, de respecter ces accords. Pour autant, j’essaie d’être active de mes pensées et de mes actions, dans la mesure du possible, car j’ai conscience de l’impact que je peux avoir sur autrui.

Dans tous les cas, de mon humble avis, ce livre est effectivement à avoir sur sa table de chevet, il est crucial est indispensable, au moins pour élever sa conscience et être réellement maître de sa vie.

Insignifiante : l’espèce humaine, grain de sable dans l’univers, mais pourvue d’une arrogance sans limites

En ce dimanche 21 juillet, je vous fait part d’une nouvelle Irréflexion, ce mot que j’ai inventé pour désigner un billet d’humeur spontané, irréfléchi, qui n’est pas un article de recherche sur un sujet en particulier, mais plus d’un avis, d’une opinion, d’un constat. En gros, ce que je ressens, de la manière la plus brute qui soit.

Depuis l’enfance, j’ai toujours été fascinée par ce monde qui bouge, par cette Terre qui pivote à une vitesse si rapide et dont nous ne ressentons pas le mouvement. Mon rêve ultime, l’ultime tâche sur la to-do list de ma vie, serait de pouvoir un jour m’extraire de cette planète, et d’avoir la chance de la contempler d’en haut, perdue dans l’espace, dans le noir abyssal.

Mais en grandissant et en évoluant, cette fascination a malheureusement laissé place à une sidération, une sorte d’incompréhension sur le rôle de notre civilisation au sein du cosmos. Pour être honnête, plus les années défilent et moins je parviens à comprendre le sens que l’Homme moderne a donné à sa condition actuelle.

En quelques centaines de milliers d’années, l’équivalent d’un claquement de doigt pour la planète Terre, âgée de plus de 4 milliards d’années, et non mesurable à l’échelle de l’Univers, âgée de plus de 14 milliards d’années, notre civilisation a réussi la prouesse de contrôler et brutaliser son propre environnement, en s’autodétruisant par la même occasion, à une vitesse jamais égalée par les autres civilisations auparavant.

L’histoire de la Planète se délimite par des Ères. Jusqu’à maintenant, nous vivions dans l’ère de l’Holocène, un épisode géologique qui commença il y a 10 000 ans, et débuta à la fin de la dernière glaciation. C’est une ère durant laquelle le climat de la Terre s’est adouci, causant la fonte des calottes glaciaires qui recouvraient alors plus de 25% des terres immergées. Cette Ère est une ère géologique, causée par un bouleversement naturel, qui nous a permis de bénéficier d’une relative stabilité climatique pendant toutes ces années. Mais aujourd’hui, selon certains scientifiques, cette ère touche à sa fin et nous entrons dans l’Ère de l’Anthropocène, également appelée Ère de l’Homme : cette période durant laquelle les activités humaines ont un impact significatif et global sur l’écosystème terrestre. C’est inédit.

L’Homme commet donc cet exploit d’être directement et durablement impliqué dans le futur de tout un système, le système Terre.

Malgré cette connaisance, l’Homme ne prend toujours pas conscience de son impact, et se pense seul, unique dans son environnement. Il ne se rend pas compte que l’impact qu’il a sur la Terre provoque également des bouleversements pour les autres êtres vivants avec qui il partage cette grande Maison et qui tentent eux aussi de survivre.

J’ai été touchée par un documentaire, diffusé sur Arte il y a quelques mois maintenant, et qui met en lumière de manière claire et évidente l’absurdité de l’Homme dans ses convictions : Une Espèce à Part, une magnifique mini-série, douce et philosophique. C’est ce documentaire qui m’a amené à approfondir mon questionnement sur notre supériorité supposée face aux autres êtres vivants.

Nous nous pensons uniques, intelligents, supérieurs, et justifions la destruction de la Planète par notre besoin d’accroître encore et toujours notre confort.

Mais de quel droit nous permettons-nous d’écraser les autres espèces vivantes, d’envahir et de détruire leurs espaces de vie, de les polluer, des les abattre, de les brutaliser ? Qu’avons-nous de plus que les autres êtres vivants sur cette Planète, pour justifier une telle tyrannie ? Sommes-nous plus nombreux ? Plus intelligents ? Plus forts ? Plus éveillés ? Non, nous ne sommes ni plus ni moins qu’une simple espèce parmi des milliards d’autres, et pourtant, nous n’avons aucune humilité,  aucun respect de la Nature alors que, sans elle, nous ne pourrions exister.

L’insignifiance de l’espèce humaine, minuscule goutte d’eau dans l’immensité de l’océan du vivant

L’Homme se pense être le centre de l’Univers. Fermé dans sa bulle, il se pense géant et si important dans l’Espace. Dans son imaginaire, il pense que sa Planète trône fièrement au beau milieu de la Voie Lactée, majestueuse et puissante. Mais, si nous pouvions avoir une vue globale de toute notre galaxie, nous nous sentirions bien ridicules. La Voie lactée est peuplée de plus de 150 milliards d’étoiles. En sachant que pour une étoile vivante, 1 à 2 planètes gravitent autour d’elle, il existerait donc au moins 240 milliards de planètes dans notre galaxie. Parmi ces planètes, si nous estimons que 0,001% d’entre elles sont habitables, ça ne laisse pas moins de 240 000 planètes potentiellement similaires à la nôtre. De plus, la Terre n’est pas placée au centre de la Voie Lactée, mais dans l’extrémité d’une des multiples branches de cette magnifique galaxie. Et nous ne parlons là que de notre galaxie. A l’échelle de l’univers, qui contient des millions, voire peut-être des milliards d’autres galaxies, nous n’existons pas, nous ne sommes même pas visibles. Nous devrions donc changer cet imaginaire, et nous voir plutôt comme un petit grain de sable perdu sur une plage à l’horizon infini, et qui virevolte au gré du vent sans pouvoir le contrôler.

Et sur notre planète dans ce cas, sommes-nous moins insignifiants ? La biodiversité de notre Planète est riche et complexe, et toutes les espèces n’ont pas encore été découvertes. Jusqu’à présent, les scientifiques estiment qu’il existe entre 3 et 100 millions d’espèces. L’espèce humaine ne représente donc qu’une petite feuille dans l’immense forêt du vivant. Et nous ne sommes même pas les plus nombreux : les plantes, les bactéries, les insectes, se comptent en dizaines de milliards. Par conséquent, dans notre propre maison, nous devrions là aussi descendre de notre piédestal et nous rendre compte de notre petite place dans l’écosystème.

L’arrogance de l’espèce humaine, se pensant plus intelligente, plus forte, et plaçant sa satisfaction et son confort personnels en priorité, au détriment du bien-être des autres espèces vivantes

Lorsque j’échange avec des personnes qui ne sont pas sensibles à l’écologie, l’argument le plus souvent avancé est qu’ils ne souhaitent pas perdre leur confort de vie, et que respecter la Nature implique de faire trop d’efforts, qu’ils estiment trop compliqués pour eux. Le confort de l’Homme, petite poussière dans un immense manoir de milliers d’étages, je le rappelle, justifie donc de détruire tout un environnement, toute une planète.

C’est comme si, dans cet immense manoir par exemple, peuplé d’hommes, de singes, de chats, chiens, plantes, papillons, une nuée de fourmis rouges avait décidé que ce manoir leur appartenait, et que, parce qu’ils avaient l’impression d’être plus intelligents grâce à leur capacité à construire des armes et des bâtiments, avaient le droit de prendre position dans toutes les pièces du manoir, investissant les draps et empêchant les êtres humains de dormir dans leurs lits, volant la nourriture des chats et des chiens, ou grignotant petit à petit les fondations du manoir. Et même en ayant conscience des dégâts causés, ils estimeraient qu’ils étaient supérieurs à toutes ces autres espèces, et donc qu’ils avaient tous les droits.

C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui. L’Homme a investi la planète entière, il grignote petit à petit les derniers espaces verts restants, repoussant de plus en plus les autres animaux qui ont de moins en moins d’espaces habitables.

Pourtant, l’Homme n’est pas le plus fort de toutes les espèces existantes. Il détruit l’espace de vie des orangs-outangs, mais il ne ferait pas le poids s’il devait faire face, à mains nues, à ce beau primate. Il tue des centaines de milliers de bœufs pour se nourrir, mais il se ferait rapidement tuer si un bovin décidait de charger en sa direction. Il a réussi à instaurer sa dictature par sa capacité à créer des barricades, à se protéger en créant des machines, des armes, des bâtiments qui lui permettent d’exterminer les autres espèces sans même avoir à les toucher. L’Homme n’a par conséquent aucun mérite, et rien ne justifie sa supériorité sur la Nature. Il s’est octroyé un confort par le sang des autres espèces, et en ne jouant pas à armes égales.

L’inconscience de l’espèce humaine, se croyant supérieure par sa capacité à se construire un confort matériel, mais qui le conduit finalement à sa perte

Donc, l’humain est un minuscule petit pion dans cette immense partie d’échecs qu’est la vie, il n’est pas plus fort que les autres espèces, et pourtant, on assiste encore à des discours hors-sol, d’individus se vantant de leur réussite économique, industrielle, de leurs inventions, de leur capacité à générer de la croissance, bref, ils se gargarisent de leur intelligence supposée.

Cependant, si nous étions réellement intelligents, la famine existerait-elle toujours ? La pauvreté, les guerres, les maladies seraient-elles encore d’actualité ? Comment avons-nous fait usage de notre intelligence ?

Depuis le début de la civilisation humaine, l’Homme a un et un seul objectif : survivre. Pour cela, il va créer des outils qui lui permettront de pallier aux dangers de la Nature : il va créer le feu pour se protéger du froid, construire des habitations pour se protéger des intempéries, chasser et cultiver pour lutter contre la faim. Au fil du temps, l’Homme va se rendre compte de son impuissance face aux forces de la Nature, et va petit à petit en faire son ennemi, plutôt que son allié. Alors, il va tenter de s’en éloigner, toujours un peu plus, cherchant des moyens de se protéger CONTRE elle, et va développer des stratégies pour aller jusqu’à l’exploiter. Plus il va s’en éloigner, plus il va perdre de vue le vrai pouvoir de la Nature : car c’est grâce à son souffle, de l’oxygène fourni par la complexe connexion entre les différentes composantes terrestres, que l’Homme est parvenu à faire du feu, c’est grâce au bois que l’Homme a réussi à construire un toit sur sa tête, c’est grâce à ces fruits et légumes que nous offre la Nature que l’Homme peut se nourrir et se renforcer en vitamines et minéraux, indispensables à sa survie.

Finalement, nous sommes arrivés à un point de non-retour puisque, voulant l’exploiter encore et toujours un peu plus, nous sommes arrivés à un point où nous ne la contrôlons plus, nous sommes entrés dans un cercle vicieux ou nous tentons de nous protéger toujours plus contre la Nature, tout en la détruisant dans le même temps.

Cela me fait penser à cette période de canicule dans laquelle nous vivons actuellement, conséquence du réchauffement climatique dont nous sommes directement responsables. Pour nous protéger face à ce dérèglement de la Nature qui nous met en danger, nous usons à outrance de climatiseurs, « magnifique » invention de l’Homme, qui a réussit à créer un air frais synthétique. Cependant, un climatiseur est extrêmement nocif pour l’écosystème, car il émet énormément de CO2, et va donc réchauffer la planète encore plus, causant des canicules de plus en plus fréquentes et difficilement supportables… L’Homme tourne en rond, ne sachant plus comment faire pour se protéger des dégâts qu’il a lui-même causé.

Comment pouvons-nous donc affirmer que nous sommes plus intelligents que les autres espèces ? Aucune autre espèce ne détruit sciemment son environnement en ayant conscience des enjeux.  

Remettre en question l’importance de l’Homme sur la planète me fait énormément relativiser, prendre du recul sur ma vie. Nous gigotons et nous nous bagarrons sans cesse, mais sans but, pour rien. Comme le dit si bien la narratrice de ce beau documentaire sur Arte, notre civilisation est encore à l’état de nouveau-né, trop immature pour comprendre ce qui se joue réellement autour d’elle. Alors nous continuons à vivre une vie dénuée de sens, à se tuer au travail pour nourrir une machine, un système qui nous tue à petit feu et nous conduit à notre perte. Nous continuons à tuer des animaux pour le confort de pouvoir déguster du saucisson à l’apéro, nous faisons tourner le climatiseur à fond pour ne pas avoir trop chaud.

Tant que nous n’aurons pas pris conscience de notre place minime et minuscule dans l’Univers et sur la Planète, et tant que nous n’aurons pas compris que c’est en vivant en harmonie avec la Nature que nous serons plus heureux et en bonne santé, jouissant donc de ce qu’on appelle le VRAI confort de vie, et non le confort matériel, nous n’élèverons jamais nos consciences, et nous conduiront nos enfants et nos petits enfants tout droit vers une extinction prochaine.

Bien entendu, l’être humain n’a pas que des défauts, bien au contraire. Il renferme une puissance qui ne demande qu’à se déployer pour faire émerger un monde meilleur, à moins de, justement, retrouver sa place dans ce monde!