Mes irréflexions Mes réflexions

Coup de massue : quand tu réalises que tu as pris le mauvais chemin

Un billet d'humeur, une pensée. Quand tu réalises que tu as pris le mauvais chemin...

J’adore écrire. Je peux passer des heures à taper mes pensées ou mon imaginaire sur un clavier, ou avec mon stylo. Dans le disque dur de mon ordinateur, se cachent des dizaines d’histoires, tantôt des récits fantaisistes, tantôt des narrations dystopiques ou de science-fiction, ou encore des histoires vraies. J’écris des tas d’articles issus de recherches sur des sujets qui m’intéressent. J’aime chercher, écrire, raconter. Je ne m’en étais jamais vraiment rendue compte, jusqu’à ce que je retrouve dans le grenier de la maison de mes parents, des « nouvelles » , 5 pages A4 agrafées maladroitement, et dotées d’une page de couverture particulièrement colorée, titrant « Séverine au pays des furbys » ou « Le Bac d’Olivia ». Des récits innocents et maladroits d’une petite fille de 8 ans, mais qui traduisent une passion pour l’écriture dès l’enfance. Aujourd’hui je tiens un blog, où j’écris encore une fois, et même si parfois (souvent) je m’arrache les cheveux devant ma page blanche, une fois que je suis lancée je ne m’arrête plus.

J’aime apprendre. L’école me manque pour ça. Nourrir son cerveau de nouvelles données, de nouvelles informations. J’aime apprendre sur des sujets complètement différents l’un de l’autre : qu’il s’agisse de sciences, de technologie, de culture ou de sujets de société, j’ai une curiosité qui ne connait pas de limites. Si je n’apprends plus, je déprime, je m’ennuie. J’ai besoin d’être entourée de personnes qui m’inspirent et me stimulent. Je n’ai pas nécessairement besoin d’être entourée de Barack Obama ou des 100 personnes les plus influentes selon le TIME Magazine, mais simplement de personnes passionnées, qui ont des choses à dire, des idées, des avis. Je crois que l’apprentissage est un fait dont on ne se satisfait jamais ; on apprend dès son enfance, et jusqu’à ces derniers instants. De mon avis, personne ne peut se permettre de dire qu’il n’a plus rien à apprendre.

J’aime rencontrer des gens. Je n’ai jamais été aussi heureuse que lorsque je suis partie seule, en voyage au Mexique (le premier épisode de mon voyage, ici). Au cours de mon périple, j’ai rencontré des centaines de personnes, venant des quatre coins de la planète. J’ai rencontré beaucoup de locaux aussi, qui m’ont raconté leur vie, qui leur parait très sommaire, mais qui pour moi était fascinante, tant elle est différente de la nôtre ici en France. J’aime discuter et connaitre la vie de personnes du monde entier, quels sont leurs codes, leur façon de vivre, leurs pensées. Je n’arrive pas à me satisfaire d’être simplement entourée de mes proches (que j’aime de tout mon cœur, bien sûr). J’ai besoin de parler à des gens qui ne sont pas de mon milieu, qui vivent dans d’autres sphères, d’autres horizons. J’aime discuter et échanger de vive voix avec les personnes.

J’ai des valeurs fortes. Elles se sont confirmées en évoluant et en grandissant. Je suis particulièrement attachée au respect de l’environnement et aux lois de la Nature, à l’écologie et au bien-être animal. Je pense que nous, êtres humains, nous nous sommes perdus dans l’attrait d’une vie où le confort, le matériel et l’argent sont devenus une priorité au-dessus des choses simples et naturelles. Nous en avons même perdu nos valeurs humaines. Au risque de paraitre un peu « bisounours », je porte beaucoup d’importance aux relations humaines saines et honnêtes, à la bienveillance. Sans forcément être dans une gentillesse à outrance, j’apprécie d’être entourée de personnes qui mesurent la portée de leurs paroles et qui font en sorte de ne pas heurter la sensibilité d’autrui.  L’échange et la transmission sont des valeurs qui me touchent, aussi. Pas seulement une transmission de compétences professionnelles, mais aussi et surtout de compétences humaines, dans sa forme la plus littérale du terme ; en effet, les synonymes d’humain sont « bienveillant, bon ».

J’ai mis du temps avant de réaliser tout ça, tout ce qui faisait ma personnalité, qui je suis, finalement. Mais ce temps qui a été nécessaire pour me comprendre enfin, 28 ans précisément, est passé et j’ai dû prendre des chemins sans vraiment avoir eu le choix. Le temps passe, et nous n’avons pas le temps de réfléchir sur ce que l’on souhaite vraiment. Alors on avance, tête baissée, dans les études, dans les expériences professionnelles. Et on se construit une « fausse identité », avec obstination, une persistance si forte qu’elle prend le pas sur notre vraie identité, nous vivons dans le déni.

Aujourd’hui, j’occupe un poste qui représentait le « job de mes rêves » durant mes études : chef de produit dans le secteur alimentaire. La totalité de mes études supérieures à été dirigée pour y arriver. En y réfléchissant bien, je crois que c’est le côté « créatif » du poste qui me parlait. Je suis en CDI, aussi, le « Graal » pour une bonne partie de la population (même si ce statut est de plus en plus remis en question). Je croyais dur comme fer que c’est ce poste qui me rendrait heureuse et que je pourrais occuper jusqu’au bout de ma carrière. Je voulais même « monter les échelons », devenir « chef de gamme » , « responsable marketing », et toutes ces autres positions si valorisantes aux yeux de la société.

Mais y a-t-il un quelconque lien entre ce que je suis vraiment, entre les éléments que j’ai énuméré précédemment et mon poste actuel ? Aucun. Dans ce poste et au sein de cette entreprise, (une situation qui n’est bien entendu pas une situation isolée et qui se retrouve dans beaucoup d’autres structures, je dédierai un article dessus), la créativité est surtout limitée à des contraintes industrielles, des contraintes d’image ou pire, des contraintes d’ego et de jeux de pouvoir entre les dirigeants. Ce type de poste appelle a être innovant et force de proposition, tout en ayant des normes et des règles à respecter dans des chaînes de production qui n’en finissent pas.

L’essentiel des échanges se fait par email ou téléphone, une relation très lointaine et déshumanisée. Les seuls contacts se font avec les collègues, certains avec qui de liens forts se créent, et d’autres avec qui les affinités ne sont pas très engagées. Dans tout ce modèle d’entreprise basé sur le profit et le business, on en oublie les vrais échanges humains ; des échanges simples, désintéressés, honnêtes et bienveillants. Les remarques et les réflexions fusent, soit pour mettre en lumière la faute d’un collaborateur, soit pour rassurer son ego et montrer son autorité. Mais à aucun moment la question de savoir si la personne a été heurtée n’est posée.

Certes, on nous dira toujours que, dans le milieu professionnel, il ne faut pas prendre les choses pour soi, il ne faut pas trop montrer ses émotions. Mais l’être humain est justement la définition même de l’émotion. Autrement, nous nous appellerions des humanoïdes, ou des robots. Comment peut-on mettre ses émotions et sa sensibilité de côté pendant 8h (voire plus) par jour, 5 jours par semaine ? Moi, en tout cas, je ne peux pas, je ne sais pas faire.

Je me sens parfois comme un OVNI au milieu de mes collègues. Cataloguée comme la seule végétarienne-écolo de l’entreprise, je dois parfois me retenir et ne pas m’exprimer sur les opinions de mes collègues qui sont totalement contraire au miennes. Je suis aussi souvent en pleine dissonance cognitive, submergée par du plastique et autres produits nocifs à l’environnement ; obligée d’imprimer du papier sans cesse pour des factures, des documents… Je dois cacher ma personnalité sensible et engagée, et faire bonne figure.

Alors voilà, je me retrouve dans cette situation où plus de la moitié de mon temps de vie et la totalité de mon énergie sont dédiés à un système qui ne me convient pas, et qui ne m’a jamais convenu, finalement. C’est assez dur de le réaliser ; car on se dit qu’on a perdu énormément de temps, 28 ans à se construire une identité en pensant qu’elle nous conviendrait, alors que non.

Mais, je suis cette catégorie de personnes qui pense que rien n’arrive par hasard. Que des évènements, des rencontres et des situations particulières sont placées stratégiquement à un moment précis, dans le but de nous faire prendre conscience de certaines choses, ou de nous aider à changer. Peut-être qu’il fallait que je passe par cette période pour encore plus embrasser ma vraie identité avec passion. A 28 ans, je me pose aujourd’hui cette question : quelles sont mes ressources, qu’est ce que je veux vraiment faire ? Et je crois que ce n’est pas trop tard. Cette prise de conscience peut aussi bien avoir lieu à 18 ans, à 25 ans, à 30 ans, à 50 ans. Quel que soit l’âge, c’est le temps qui vous a été nécessaire pour vous réveiller, et ça n’aura jamais été une perte de temps ; chacun son rythme.

Pour ma part, je crois que cette prise de conscience s’est formée par plusieurs situations, et rencontres qui se sont alignées au bon moment.

Une situation tout d’abord ; un poste qui ne correspond plus à mes valeurs, alors qu’il représentait encore il y a quelques années mon projet professionnel ultime. Mais surtout des rencontres, tellement de belles rencontres… En quelques mois, j’ai rencontré des femmes inspirantes et passionnantes avec qui je construis aujourd’hui une association qui tente de distribuer des produits alimentaires sains et peu cher pour des populations en difficulté. J’ai aussi rencontré une belle âme, une personne qui m’aide aujourd’hui à trouver mes ressources, et à briser toute cette fausse identité que je me suis construite au fil de mes études (que je remercie du fond du cœur). J’ai aussi rencontré pleins d’autres personnes, avec qui je n’ai pas forcément gardé contact, mais dont la simple petite discussion au détour d’un verre a été déterminante et m’a apporté encore plus de forces pour entamer ce changement. Toutes ces personnes, sans le savoir, m’accompagnent dans cette évolution qui est en cours, cette remise à plat totale.

Aujourd’hui, c’est le flou dans la suite de mon aventure en tant qu’être humain sur cette planète. Devrais-je continuer et rester dans ce confort d’être en CDI, d’être dans une position plutôt bien placée dans la société ? Ou plutôt me mettre en danger, et prendre des risques pour faire enfin émerger ma vraie personne, celle qui adorait écrire des histoires farfelues dans sa chambre d’enfant, intrépide, gentille, mais qui s’est cachée pour mon bien, pour me laisser m’intégrer dans un société où elle n’avait pas sa place ? Aujourd’hui, j’ai envie de faire de l’écriture mon métier, j’ai envie de dédier toute mon énergie à mon association, j’ai envie de voyager et rencontrer des nouvelles cultures, et j’ai encore tellement d’idées… Qui vont peut-être se rassembler pour créer ma nouvelle vie.

Si vous avez pris le temps de lire ce long billet d’humeur, merci beaucoup. N’hésitez pas à me donner des conseils ou laisser un commentaire, j’adore discuter et parler avec vous 🙂

0 comments on “Coup de massue : quand tu réalises que tu as pris le mauvais chemin

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :