Quand l’industrie « dénature » le BIO

Les fameuses tomates en hiver ; cette illusion prise pour une réalité par des millions de consommateurs en France, et rendue possible par une production contre-nature et aberrante des industriels de l’agroalimentaire.

Aujourd’hui, le vice est poussé à son maximum : un projet de « grande ampleur » est en cours pour massifier la production de fruits et légumes BIO sous serre chauffée, notamment en Bretagne et dans les Pays de La Loire.

C’est une pétition signée par la FNAB (Fédération Nationale des Agriculteurs Biologiques), la FNH (Fondation Nicolas Hulot), GreenPeace, Action Climat, mais également des chefs étoilés, qui a mis au jour cette nouvelle (à lire sur le site de Libération).

POURQUOI DES SERRES CHAUFFÉES ?

Jusqu’à preuve du contraire (et à moins que la Terre en ai décidé autrement), les tomates poussent principalement en été. Les seules tomates que nous trouvons sur nos étales au rayon primeur en hiver viennent pour la plupart de l’étranger (Espagne, Italie, etc). Les producteurs français n’ont donc pas la possibilité de rivaliser avec l’offre agressive des producteurs Outre-Manche; même en proposant des tomates françaises non BIO, il est impossible d’atteindre des prix aussi bas.

C’est donc dans cet objectif toujours aussi pervers de prix cassés et de rendements optimisés que ce type de projet voit le jour. En massifiant le recours à des serres chauffées qui créeraient donc des conditions optimales pour la pousse des tomates (seulement 50 serres de ce type existent en France actuellement), l’industrie aura non seulement la possibilité de commercialiser des tomates toute l’année, mais également de baisser les coûts en augmentant les volumes.

QUE DIT LA PÉTITION ?

Publiée ce mercredi, la pétition demande l’interdiction de l’utilisation de serres chauffées en France pour produire des fruits et légumes BIO. Ce modèle de production est totalement « incompatible avec le label BIO ».

Petit rappel du cahier des charges de ce fameux label BIO :

  • Respect des cycles naturels : la saison des tomates est de mai à juin et de septembre à octobre… Or ces fameuses serres chauffées permettraient de pousser la production jusqu’en hiver
  • Utilisation responsable de l’énergie : chauffer des serres implique un investissement important en énergie, au lieu de laisser la nature faire son travail…

Sans oublier que pour que ces serres soient rentables, les industriels prévoient de ne les utiliser que pour 1 ou 2 fruits/légumes à haute valeur ajoutée (qui rapporte gros, quoi) = perte de diversité est donc appauvrissement des sols.

EN CONCLUSION…

Encore une fois, cette pétition est le symbole d’une économie totalement folle et incompatible avec un respect de la Nature et de l’environnement. En jugeant la prospérité d’une entreprise par sa capacité à être compétitive, rentable, stratégique, on fait passer le respect de l’environnement au second plan, plutôt que de trouver d’autres alternatives sans contourner les lois fondamentales de la Nature (mieux informer la population sur la saisonnalité des produits, renforcer la vente d’autres fruits/légumes en été, imposer des contraintes plus restrictives à l’export).

Encore une fois, l’Homme croit pouvoir dominer la Nature avec des prouesses technologiques, aveuglé par cette ambition du gain financier qui n’a plus aucun sens.

ET TOI, PETIT CONSOMMATEUR, QUE PEUX-TU FAIRE ?

Continuer à acheter des tomates hors saison confortent ces industriels dans l’idée que la demande existe et qu’elle est lucrative. Alors, si vous ne pouvez pas agir directement sur cette décision, vous pouvez agir indirectement en changeant votre façon de consommer : on achète uniquement des tomates quand c’est la saison ; c’est aussi bien valable pour les autres produits. Et on évite la grande distribution : on achète ses fruits et légumes directement chez le producteur, ou dans des épiceries indépendantes BIO.

Moi j’ai trouvé mon petit primeur près de chez moi : Le Champ des Rêves. L’offre n’est pas forcément variée, mais elle est de qualité. Les produits sont BIO dans la mesure du possible ou de saison. Je suis sûre que vous pouvez trouver des petites pépites similaires près de chez vous !

Lecture du mois : « petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués »

Pour ce premier article de la série des lectures du mois, j’ai choisi de parler d’un livre qui traite d’un sujet assez personnel. Il n’est pas très récent, mais je suis tombée dessus il y a quelques semaines, alors que je cherchais un bouquin sur le développement personnel, étant en pleine « crise de confiance ». Ecrit par Béatrice Millêtre, docteur en psychologie, il s’intitule « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués ». Ce livre parle donc de confiance en soi, d’assurance et de remise en question dans une société assez unilatérale et dirigée autour d’un mode de fonctionnement commun, qui ne s’applique pourtant pas à tous. Dès les premiers paragraphes, j’ai tout de suite été frappée par la description que faisait l’auteur sur ce type de personne en manque de confiance, qui me correspondait en tous points ; l’impression d’être à part, d’être dispersé dans son travail, le fait d’avoir des idées et des projets pleins la tête mais de ne rien pouvoir achever concrètement… Ce livre m’a rassuré ; je n’étais pas seule à ressentir tous ces gênes, mieux, ils traduisent une facette plutôt plaisante de ma personnalité. Je vous fais un petit résumé !

Avez-vous l’impression de venir de la planète Mars ?

Que signifie « ne pas se sentir très doué » ? Selon l’auteur, il s’agit de ces personnes qui ont du mal à s’intégrer dans leur travail, ou dans la société plus généralement, et qui ont l’impression d’avoir une conception globale un peu à part.

Dans son travail, cela peut se traduire par un manque de concentration et d’implication, dès lors qu’un sujet ne vous intéresse pas trop, ou que vous avez déjà tout compris. On est très vite distrait par ses pensées, ses idées et ses rêves. Ce problème, vous le connaissez depuis l’enfance. Vos professeurs ne vous qualifiaient-ils pas d’élève « dans la lune », sur vos bulletins scolaires ? Pour ma part, j’ai entendu ce reproche tout au long de ma scolarité. Et jusqu’à maintenant ! Il faut parfois me secouer ou claquer des doigts pour me sortir de mon rêve éveillé.

On a l’impression d’être long à la détente, également. Vous est-il déjà arrivé de recevoir une instruction de la part de votre supérieur, un email, mais de ne pas avoir bien compris la demande, qui parait pourtant simple ? A ce moment-là, on se sent un peu « bête », on a l’impression de ne pas bien comprendre les choses, comme tous les autres. L’histoire de ma vie…

Vous avez également un mal fou à faire des « plans détaillés » d’un projet. Pour vous, dans votre tête, vous savez où vous souhaitez aller, et comment y aller, mais il est très dur de l’expliquer aux autres. Prendre des notes, faire des comptes rendus, des tableaux… Tout cela vous parait futile. Le problème, c’est que c’est souvent ce que votre chef attend de vous, et vous allez donc soit oublier de le faire, et donc être mal vu, soit vous allez le faire en prenant un temps fou. Bref, en vous comparant à vos autres collègues qui ne semblent pas être en difficulté, vous vous sentez vraiment très mal. Vous avez également dû mal à comprendre un sujet si vous ne détenez pas les tenants et les aboutissants du sujet en question. Si on vous demande d’exécuter une tâche sans vous expliquer clairement le contexte, l’objectif et la finalité du projet, vous allez avoir beaucoup de mal à vous impliquer et à mener à bien la mission. Ou alors, vous allez chercher par vous-même, et perdre des heures à chercher le fond de chaque dossier… Jusqu’à en oublier la tâche qui vous avait été demandée initialement.

Dans la société, cette personnalité se traduit par un côté un peu « marginal ». Sans forcément être complètement différent des autres, vous vous sentez parfois un peu en décalage, et seul, même en étant entourés de tous vos amis. Sur le moment, tout va bien, vous discutez avec vos proches, vous rigolez, et puis, progressivement, vous allez vous déconnecter du groupe, vous mettre en mode « off ». Vous repartez dans vos rêves, vos pensées. Surtout si le sujet de conversation ne vous intéresse pas. Là aussi, c’est un problème car, vous voulez toujours discuter de sujets profonds, de questionnements, de philosophie, quand vos amis préfèrent parler de la dernière série à succès, du repas de la veille, des histoires du bureau, ou pire, de la pluie et du beau temps… Ce qui n’est pas un reproche bien entendu !

Mais en même temps, cette solitude, ces moments de pure introspection et de rêverie, vous en avez besoin. Vous pouvez passer un bon quart d’heure, voire plus, à réfléchir, les yeux dans le vague, à replonger dans des histoires, réelles ou non. Vous avez besoin de vous retrouver, de vous éloigner un moment de l’effervescence des pensées et opinions des autres qui vous perturbent. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie aussi bien que lorsque j’ai voyagé seule. J’étais libre de rêver, de m’arrêter, de prendre du temps, de me retrouver avec moi-même. J’en avais besoin. En revanche, j’appréciais la compagnie de nouvelles personnes, j’étais curieuse de connaître la vie de toutes ces personnes qui venaient des quatre coins de la planète. Mais j’avais cette possibilité de choisir les moments où je voulais être seule, et les moments où je voulais être entourée. Le paradis !

Et dans la vie, vous avez souvent ce sentiment de perdre votre temps. De rater quelque chose, de ne pas faire des choses vraiment intéressantes. Vous avez besoin d’être constamment stimulé, et c’est pour cette raison que vous avez des projets pleins la tête, vous avez un esprit entrepreneurial. Et pourtant, combien de projets allez-vous vraiment mener à bien ? Vous déprimez car vous avez l’impression de ne jamais finir ce que vous avez commencé. Un blog, l’écriture d’un livre, un cours particulier… Vous commencez pleins de choses, mais vous les finissez rarement. Sur mon ordinateur, j’ai une dizaine de documents Word ; des histoires que j’ai commencé à écrire, mais que je n’ai jamais terminé. Une histoire d’amour, une histoire de science-fiction, une bande-dessinée…

En clair, toutes ces contradictions et ces traits de votre personnalité vous donnent l’impression de ne pas être très doués, de ne pas être très intelligents – bien que vous en ayez l’impression, parfois. Vous avez même parfois cette impression d’être quelqu’un de brillant, mais vous êtes vite rattrapés par les autres, vos collègues, vos amis, qui s’intègrent tellement mieux que vous, qui se sentent tellement plus à l’aise dans le fonctionnement de cette société, que vous en venez à vous dire que c’est vous, le problème. Et pourtant !

Vous n’êtes pas bêtes, vous êtes des créatifs !

Selon l’auteur, toutes ces caractéristiques ne font pas de vous quelqu’un d’anormal, bien au contraire. Vous avez une intuition très développée, vous comprenez très vite des informations importantes, vous avez une vue globale des choses, que vous percevez rapidement, quand les autres auront plutôt une vision analytique, étape par étape. Vous n’êtes absolument pas long à la détente ! Vous avez simplement besoin d’un peu plus de temps, pour comprendre le projet dans son intégralité. Mais dans le monde du travail, tout est tellement hiérarchisé et séquencé, et vous n’avez pas vraiment le temps de faire fonctionner votre cerveau avec efficacité. Vous apprenez vite, si vite que, parfois, vous vous dites qu’il y a un piège, quelque chose que vous avez oublié, et vous allez bloquer sur le sujet, tourner en rond alors que, si vous vous écoutiez, l’affaire serait déjà pliée !

Vous avez beaucoup d’imagination, aussi. Enfant, vous adoriez inventer des histoires, écrire. Dans votre chambre, vous parliez tout seul, en vous inventant des vies ou des aventures. C’est pour cette raison que vous êtes innovant, vous avez pleins de projets, farfelus parfois, à l’avant-garde, souvent. En faisant du tri dans le grenier, j’ai retrouvé des tas de petites histoires que j’écrivais, où j’étais l’héroïne dans un monde totalement imaginaire. J’inventais des choses également ; comme le tout dernier téléphone capable d’appeler un contact au simple son de la voix (ce qui n’existait pas à l’époque) …

En fait, tout ce qui est plus grand que vous, tout ce qui demande de prendre de la hauteur, du recul, sans forcément s’attarder sur des détails, ça, vous savez faire. Organiser un voyage ? Un jeu d’enfant ! Imaginer le prochain smartphone du futur, avoir des idées pour lancer une gigantesque campagne de communication, pas de problème ! A l’inverse, faire le compte-rendu d’une réunion, rédiger un PowerPoint, passer un coup de fil pour expliquer un projet à votre interlocuteur… Pour certains, c’est bien plus simple, pour vous, c’est une torture.

Vous êtes donc curieux, créatifs, innovants, intuitifs, vous apprenez vite, et pourtant, vous n’y arrivez toujours pas. D’où vient ce mal être ?

Raisonnement intuitif vs séquentiel

Selon l’auteur, si vous avez ce ressenti, c’est simplement parce que la société est basée sur des modèles et des règles qui s’appliquent à la majeure partie de la population, mais pas à tous. La majorité de la population a un raisonnement que l’on appelle « séquentiel ». Il s’agit d’un raisonnement dans lequel chaque action sera découpée, indépendante, et par conséquent, ces personnes seront attachées aux détails, aux procédures, aux process. Leur mode de fonctionnement est méthodique. Ils ont de grandes facilités à suivre les instructions à la lettre, sans s’éparpiller. Minutieux, ils font attention à tous les petits détails, et sont généralement très ordonnés. Ça ne vous ressemble absolument pas, n’est-ce pas ? Comme je vous comprends… Dans la société, la majeure partie de la population fonctionne avec ce raisonnement séquentiel. Et tout est donc construit pour ce mode de fonctionnement : les procédures, la hiérarchie, les règles au travail ; à l’école, l’apprentissage, où un professeur nous donne les instructions que l’on doit suivre à la lettre. Être ordonné est bien vu, mais être « bordélique » même en ayant un bordel bien organisé, est vu négativement. De manière générale, une personne qui sait répondre aux ordres, de manière automatique et analytique, est bien plus appréciée qu’une personne qui remet tout en question, qui propose plein d’idées sans vraiment savoir d’où elles viennent, ou qui rêve souvent. Par conséquent, vous, qui avez plutôt un raisonnement « global et intuitif », allez avoir dû mal à vous intégrer. Ce n’est donc pas vous le problème, c’est la société qui n’accepte pas les différences !

Comment reprendre confiance en soi?

Dans son livre, l’auteur donne quelques conseils pour arriver à trouver sa place dans une société qui n’a pas de siège adapté à nous. Notre cerveau fonctionne différemment, c’est un fait, alors faites en sorte de le laisser s’exprimer ! Nous avons la capacité de comprendre un projet de manière globale, sans pour autant s’attarder sur chaque détail. Mais pour cela, il faut laisser le temps à son cerveau de rassembler toutes les informations. Et vous savez comment faire ? Eh bien, en ne faisant rien ! Nous avons cette faculté de travailler « inconsciemment », notre cerveau est constamment en ébullition. Donc, quand vous recevez une information, un dossier, lisez-le, puis allez vous promener, lisez un livre, faites autre chose. Cela peut paraître déroutant, mais l’auteur explique que c’est en vous éloignant du sujet que votre cerveau peut faire son travail. Pour ma part, j’ai souvent l’impression que j’ai mieux compris un sujet, ou que je retiens mieux une information en y revenant le lendemain. Sur le moment, je n’avais pas compris.

Ensuite, il faut organiser ses pensées, prioriser. Certes, vous avez besoin de partir dans pleins de directions différentes, de réfléchir à tout et rien à la fois. Cependant, pendant quelques heures, il faut essayer de se concentrer sur un sujet, et un seul. C’est très difficile au début, mais c’est un exercice qui vous permettra de mieux cadrer vos réflexions et d’être plus efficace, de finir vos projets. Mais gardez en revanche des moments pour rêver, partir dans des délires et des projets comme vous savez si bien le faire, votre cerveau se nourrit de ça.

Il faut aussi savoir « s’arrêter ». Lorsque vous avez achevé une tâche, lorsque vous avez le sentiment d’avoir atteint votre objectif, il faut passer à autre chose. Vous auriez bien entendu la possibilité d’aller encore plus loin, de remettre en question certains points, et de tout revoir, mais vous perdriez du temps et l’objectif que vous vous étiez fixés au départ.

En clair, apprenez à maîtriser votre cerveau, le canaliser, tout en le laissant s’exprimer au bon moment !

Lorsque j’ai lu le titre de ce livre, je l’ai trouvé un peu prétentieux, au départ, car je ne me trouve pas particulièrement intelligente. Et c’est en fait tout l’objet de ce livre ; il faut arriver à reprendre confiance en soi, assumer ses capacités, dans un monde qui ne nous ressemble pas. C’est très difficile, je le conçois, et il va falloir un long chemin avant d’arriver, enfin, à se sentir bien dans un monde qui n’est pas fait pour nous. Je remets toujours tout en question ; dans mon travail, j’ai un mal fou à me concentrer car je pense à mon blog, à mes projets, à mon livre… Je m’éparpille, je m’égare, et je m’auto-flagelle constamment, me sentant incapable face à des collègues qui semblent tout savoir et tout réussir.

Si je peux également donner un autre conseil, c’est de ne jamais se comparer aux autres. Comme nous venons de le voir, nous sommes différents jusqu’au fonctionnement même de notre cerveau. Si une personne arrive à faire quelque chose que vous ne réussissez pas, ce n’est pas grave ! Vous, vous arrivez certainement à faire quelque chose qu’elle ne peut pas faire. Votre collègue sait faire des comptes-rendus, de super PowerPoint ? Elle est force de proposition, réussit chaque tâche avec brio ? Tant mieux. Mais vous, vous avez des idées pour changer le monde, pour changer la société, vous seriez capable d’être entrepreneur, de monter votre entreprise. Peut-elle en dire autant ?

Votre amie est très appréciée, elle est très populaire. Très sociable, elle parle facilement avec les autres, a de l’assurance et sait ce qu’elle veut dans la vie. Tant mieux. Mais vous, vous avez ce côté mystérieux, vous rêvez, vous aimez bousculez les règles, les choses établies, vous réfléchissez beaucoup. Vous pouvez donc parler pendant des heures de sujets passionnants. Et ça, c’est une belle qualité !