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Qui n’aime pas NYC ? La Grande Pomme au goût amer

New York, on aime ou déteste! J'énonce ici les raisons pour lesquelles certains vous diront qu'il ne faut pas y aller, et pourquoi moi j'ai adoré cette ville!

En lisant ce titre, certains vont se dire « Ah, enfin quelqu’un qui pense comme moi ! » et d’autres vont se dire « What ? Elle est folle, je quitte ce blog sur le champ ». Soyons clairs, ni l’un ni l’autre n’ont raison. J’ai vécu un an et demi dans cette ville et je suis tombée amoureuse de cette magnifique cité. Cependant, je comprends ceux qui ont ressenti une certaine déception, par rapport à ce qu’ils s’attendaient à voir en arrivant à New York : les yeux pleins d’étoiles, l’impression d’être le personnage principal d’une série ou d’un blockbuster hollywoodien. Plus que de la déception, des personnes dans mon entourage ont même « détesté » cette ville. J’ai moi-même éprouvé une certaine frustration, dans certaines situations que j’ai vécu au cours de mon séjour. Dans cet article, je vais essayer d’énoncer les différentes raisons entendues autour de moi pour lesquelles les gens ont été déçus de cette fameuse ville, et je donnerai mon avis sur ce constat.

« New York est une ville sale »

Times Square. L’épicentre de Manhattan, LE lieu qu’il ne faut pas rater lorsqu’on va à New York City, au moins pour le principe. Car il y a bien d’autres endroits magnifiques et représentatifs de l’âme de cette ville (mais ce n’est pas le sujet ici). Donc, vous mettez les pieds à Times Square, et là, au-delà des impressionnantes lumières et projecteurs qui vous éblouissent, c’est la saleté et les odeurs qui vous marquent. Beaucoup de détritus, de poubelles qui s’amoncellent sur les trottoirs, des effluves mêlées d’odeurs de pollution et déchets… On ne peut pas le nier, une partie de vos clichés de NYC ne seront définitivement pas « instagram-friendly ».


Effectivement, la gestion de la propreté de la ville est quelque peu particulière : les poubelles sont déposées à même le trottoir, pour être ensuite récupérées au petit matin par les éboueurs. Du coup, des montagnes de détritus jonchent votre chemin tout au long de la journée, laissant échapper des odeurs pestilentielles et une vue peu ragoutante sur les derniers repas du voisin. Pour une ville aussi dynamique, c’est un comble de ne pas avoir des installations sanitaires plus moderne. Mais, à l’inverse, les espaces verts dans la ville sont très propres ; Central Park, notamment, est très agréable à visiter : pas d’excréments d’animaux, ou de bouts de papier par terre. De manière générale, les services publics (propreté, transports en commun) ne sont pas les plus développés à New York, paradoxalement à des initiatives privées beaucoup plus innovantes (jardins souterrains, éco-mobilité, etc.). C’est une problématique sur laquelle les pouvoirs publics américains se penchent et tentent d’améliorer.

« New York est une ville étouffante »

Restons à Times Square. Vous vous êtes faits à l’idée que, à part les panneaux publicitaires mythiques du lieu, vous n’aurez pas beaucoup d’autres lieux à prendre en photo. En revanche, si vous devez prendre un seul lieu en photo, vous aimeriez quand même pouvoir faire votre plus belle pose devant l’objectif. Oui, vous allez pouvoir vous prendre en photo, mais il va falloir attendre bien dix minutes, afin que tout le monde passe devant vous, et malgré ça, vous serez très certainement accompagné d’une dizaine de personnes devant ou à côté de vous, sur votre cliché. Ensuite, il va falloir se frayer un chemin dans les magasins, et selon le jour et l’heure où vous visitez Times Square, il y a de fortes chances que vous ayez à marcher à petits pas, à la queue-leu-leu, tant le trottoir sera bondé. Sans oublier les éternels travaux qui vous forceront à dévier votre route, et les bruits qui vont avec. Enfin, il faudra prendre le métro, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la proximité et le contact humain seront de mise.


Durant votre séjour dans la Grande Pomme, vous allez forcément devoir vivre ce genre de situations. Si vous habitez dans une grande ville comme Paris, par exemple, vous êtes habitués. Pour des habitants de villes plus petites, cela peut surprendre et être désagréable. New York est considérée comme une mégalopole, et qui plus est une mégalopole mondialement connue. Alors oui, il y aura du monde, il y aura des travaux et de la pollution, mais comme toute grande ville qui se respecte, malheureusement. On ne peut pas lui en vouloir d’être victime de son succès. Si je peux donner un conseil, ça serait de ne pas s’attarder dans les endroits trop touristiques, et pour avoir un petit moment de tranquillité dans le tumulte New Yorkais, il faut se rendre plutôt dans le sud de Manhattan, vers West Village et Lower Manhattan, ou à Brooklyn. Pour ma part, lorsque je souhaitais avoir un peu de calme, j’adorais me promener sur les bords de l’Hudson River, en partant de Chelsea jusqu’à Wall Street, puis me rendre à Brooklyn et arpenter les rues de Greenpoint, Williamsburg et Cobble Hill. Vous pourrez admirer les bâtiments et architectures historiques de la ville, dans le calme.

« Choqué par la pauvreté à New York »

Toujours dans le métro, quittant Times Square pour vous rendre au mémorial du World Trade Center, Ground Zero, vous êtes frappés par les sans-abris qui partagent la rame avec vous, ou qui errent sur les quais du métro. Des sans-abris, vous en avez déjà vu, mais à New York City, ils semblent tous être dans une situation particulièrement précaire. Malades, ou mentalement très instables, ils devraient normalement être placés dans des centres spécialisés. Certains souffrent d’ handicaps qui sont la conséquence d’un manque de suivi médical lors d’un accident, par exemple. Le contraste entre les fastes et les mondanités de la Fifth Avenue est frappant, et le mythe de la ville parfaite dépeinte dans les films s’estompe doucement.


Ce constat peut être fait dans n’importe quelle ville des États-Unis. A San Francisco, par exemple, le nombre de sans abris se piquant le bras ouvertement pour se droguer, allongés dans le quartier d’Union Square, est affolant. A Santa Barbara, ils sont des dizaines à avoir élu domicile sur les trottoirs de State Street, la fameuse rue commerçante de la ville. Ce n’est pas une révélation, les États-Unis sont critiqués depuis toujours pour le manque d’aides sociales, d’accompagnement et de solidarité envers les plus démunis. New York City ne déroge pas à la règle; j’ai été touchée par le désespoir et l’état critique de certains sans-abris, notamment à Harlem, dans le nord de Manhattan.
Cependant, beaucoup d’aides spécifiques à la ville sont mises en place, pour soutenir les New Yorkers qui en ont besoin. Access NYC, par exemple, est un outil accessible à tous, permettant d’accéder rapidement à tous les programmes d’aides disponibles sur le territoire. New York Cares , est une organisation proposant des actions de volontariat à travers la ville, et il est très simple de trouver un programme de volontariat selon le domaine, sur le site. De nombreuses initiatives gouvernementales sont donc mises en place pour trouver une solution à un problème bien trop important et décevant pour une ville flamboyante telle que New York.

« Vivre à New York, c’est trop cher »

Après une journée mouvementée entre Times Square et Wall Street, vous décidez de terminer la journée autour d’un verre dans un bar sympa à East Village, pas trop fancy. Pourtant, en ouvrant la carte, vous vous rendez compte qu’il est quasiment impossible de profiter d’un restaurant à New York sans une addition d’au moins 30 à 40€ / personne. Un cocktail seul coûte 15€, une pinte de bière 8€. Sans oublier les « tips » qu’il faudra donner à la fin. Vous avez déjà un budget serré du fait du prix de votre hébergement (150€ la nuit, une moyenne), alors vous grincez des dents en sirotant votre mojito.


C’est un point sur lequel je ne pourrais pas contre-argumenter : la ville de New York est effectivement beaucoup, beaucoup trop chère. Selon que vous vivez habituellement dans une grande ville ou un village plus éloigné, cela peut être plus ou moins choquant pour vous. Une amie, par exemple, n’a pas aimé la ville de New York car en comparaison à son lieu de vie habituel, la Grenade, en Espagne, où les prix sont dérisoires, tout en ayant des cocktails et des plats de qualité, les prix étaient parfois 50 à 70% plus chers. On peut donc le ressentir comme du vol, ou du gaspillage d’argent. Et il faut ajouter à cela le loyer ! New York est deuxième au classement des villes les plus chères au monde, notamment dans l’immobilier. Un loyer moyen à Manhattan, coûte 1100€… En colocation ! Pour un studio seul, il faut compter entre 1500€ et 2000€ minimum. C’est trop, surtout que les immeubles ne sont pas forcément les mieux bâtis et les plus aboutis. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont poussé à terminer mon aventure à New York. Ce n’était pas la raison principale, bien sûr, mais ça a fortement joué dans la balance. L’idée de payer pendant des années un appartement en colocation à 1200€ / mois ne m’enchantait pas du tout.

Et pourtant…

Pour conclure, je dirai que pour apprécier New York, il faut voir au-delà des inconvénients de cette immense ville, et qu’il ne faut pas se fier à ce que l’on voit à la télévision et dans les sitcoms américains. Je dis toujours que la ville de New York a une « aura », une sorte d’âme qui survole la ville, et une fois qu’on aura ressenti cette âme, et qu’elle sera entrée en nous, notre vision de NYC ne sera plus du tout la même. On en oubliera la pauvreté, la saleté, le trop plein de monde, et on réalisera à quel point chaque quartier de la ville a sa spécificité, son style, on admirera les New Yorkers, ces locaux qui sont des purs produits de cette ville si spéciale. Et une fois qu’on aura compris le vrai charme de la ville, on fera soi même partie de la ville, et à partir de là, on ne pourra plus la quitter ! Pour ma part, il m’a fallu 6 mois pour que cette ville m’aspire et me fasse tomber sous son charme.

Aujourd’hui, rien qu’en écrivant cet article, j’ai ressenti une nostalgie et une envie folle de retourner là-bas et y retrouver mes petites habitudes ; mes promenades à vélo, mon traditionnel moment « cookie » chez Levain Bakery, ma visite de musées et d’expositions, ou juste observer: à Wall Street, les employés en costard cravate qui grouillent et s’encastrent dans des bâtiments si hauts qu’on y voit plus le ciel. A Harlem, cette vieille dame discutant avec les jeunes enfants du quartier, ou balayant son porche devant sa maison. N’ayez pas peur de cette ville, allez voir de vous-même, comprenez là, et elle saura vous accueillir à bras ouverts.

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