Intelligence artificielle contre Intelligence naturelle : l’être humain devient-il obsolète ?

Disclaimer : sortez le second degré de votre poche, vous en aurez besoin! 😉

L’obsolescence correspond à la dépréciation d’un produit qui, malgré le fait qu’il fonctionne, ne répond plus aux exigences du marché, ne parvient plus à suivre le rythme des mises à jour, ou ne plait plus au consommateur. Dans ce cas, il est remplacé par une version plus élaborée, plus performante. Jouons à un petit jeu. Disons, par exemple, que ce consommateur devienne Mr Croissance ou Mme Capitaliste. Est-ce que nous deviendrions, nous aussi, pauvres êtres humains, un produit obsolète qu’il faut remplacer par une nouvelle version plus efficace ?

L’obsolescence de l’homme n’est pas une expression tout droit sortie de mon imaginaire un peu tordu. Edouard Jolly l’évoque dans l’ouvrage dédié à Günther Anders, « la politique de la technique » et y dédie un chapitre. L’homme obsolète, épuisé par une déshumanisation progressive de la société au profit de l’innovation et du shoot d’adrénaline qu’offre l’intelligence artificielle à la croissance. Pourquoi devenons-nous obsolètes ? Quelles sont ces failles si préjudiciables à la société ?

L’être humain n’est pas assez rapide

Dans la course à la croissance, l’être humain semble être à bout de souffle. Il faut sans cesse se réinventer, innover, être productif, être force de proposition, être flexible… Autant de contraintes qui pourraient néanmoins être réalisables si le laps de temps pour le faire n’était pas si serré. Le problème, c’est qu’à ce jeu, un adversaire est passé maître depuis bien longtemps et dicte le tempo. J’ai nommé l’intelligence artificielle, IA pour les intimes. Tel le messie, l’IA promets monts et merveilles à Mr Croissance et Mme Capitaliste : une productivité qui défie toute concurrence, une rentabilité parfaite, une capacité d’apprentissage optimale. Comment l’être humain, avec ces huit heures de sommeil minimum nécessaire par jour et sa rapidité limitée, peut-il rivaliser ?

A l’image de Pazzi, ce pizzaïolo fait de câbles et d’algorithmes. Avec une cadence imbattable de 100 pizzas cuites à l’heure, d’une capacité de travail de 24/24h et 7/7j, il met n’importe quel pizzaïolo moustachu à l’amende. Il est actuellement en test dans une pizzeria de Seine-et-Marne. Ses fabricants, enthousiastes, espèrent le déployer dans les centres-villes courant de l’année 2020.

Depuis quelques décennies, on voit les dégâts causés par cette cadence infernale rythmée par la technologie. L’épuisement professionnel est un des premiers symptômes d’un être humain qui s’est calé au rythme de l’IA et qui perd le contrôle.

En effet, dans une entreprise où les emails sont envoyés à la vitesse de l’éclair, où les projets s’empilent et où la demande évolue constamment, l’employé modèle a souvent l’impression d’avoir besoin de bien plus qu’une journée de travail pour accomplir ses tâches. La seule option est donc d’étendre la durée de sa journée de bureau. Pourtant ce n’est pas la solution. Pour pouvoir aller aussi vite que la vitesse des emails, il faudrait pouvoir augmenter physiquement sa rapidité. Ecrire un email en deux secondes, traverser l’open-space en accéléré pour titiller un collègue… Le rêve. Mais ce n’est qu’un rêve, malheureusement. Nos limites physiques nous le rappellent. Et la poursuite de ce rêve inatteignable tourne inévitablement au cauchemar. Le burn-out, c’est le nouveau fléau des victimes du monde impitoyable du travail.

Et il ne touche pas que les employés du secteur tertiaire. Ce rythme endiablé touche aussi les ouvriers, dont l’IA était censée faciliter la tâche… Le piège. Comme l’évoque Eric Sadin dans son ouvrage « L’intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle », l’automatisation et la robotisation des usines pour épargner l’Homo Faber des tâches pénibles, n’est qu’un leurre. Je cite, « Allez donc demander à un ouvrier qui doit se plier aux cadences imposées par des processeurs […] si cette architecture organisationnelle lui permet […] de s’acquitter de tâches dignes de lui ! ». L’ouvrier devient la marionnette de la machine, dont l’objectif est d’optimiser la productivité, pas le bien-être du travailleur.

Amazon, par exemple, pense à affubler les employés de ses entrepôts de bracelets électroniques, afin de les guider pour qu’ils trouvent immédiatement le colis à récupérer. Des vibrations seront émises, en guise d’alerte, s’il ne va pas dans la bonne direction. Ceci pour éviter une des énièmes faiblesses de l’être humain : sa maladresse, mais nous en parlerons un peu plus tard.

Parlons maintenant de cette fameuse histoire de 5G qui fait tant polémique, mais qui n’empêche pas notre bon vieux Elon Musk d’envoyer des satellites dans le ciel pour en décupler la puissance. Ce dernier l’a d’ailleurs dit lui-même : l’intelligence artificielle met en danger la civilisation. Pourtant, ça ne l’empêche pas de mettre au point une nano-puce qui permettrait de relier le cerveau à la machine.

La 5G s’inscrit également dans cette recherche de rapidité insensée. En effet, la 5G nous permettrait de télécharger une vingtaine de films en moins de temps qu’il ne faut pour dire « au secours la civilisation est en train de s’effondrer ». Les photos et les vidéos se partageraient à une vitesse phénoménale, augmentant d’autant plus nos addictions aux écrans et aux réseaux sociaux. Il faudra suivre le rythme, regarder toujours plus de vidéos pour être à la page le lendemain devant la machine à café.

En clair, tel un hamster dans sa roue, l’être humain pédale, mais ne parvient pas à être à la hauteur. Il a trouvé sa nouvelle version, plus élaborée. Bonjour l’obsolescence !

L’être humain est trop maladroit

La croissance ne laisse pas de place à l’erreur. Une erreur sur une ligne de production ralentit la productivité. Une erreur dans la stratégie marketing réduit le retour sur investissement. Une mauvaise appréciation lors d’un entretien provoque la perte de rentabilité d’un salarié, non compétent pour le poste.

Vous souvenez-vous des premiers de la classe, ayant toujours la bonne réponse, le doigt toujours levé à la moindre question ? Aujourd’hui, le premier de la classe, c’est l’IA. Elle est la garante de la vérité, de la justesse. Calibrée au millimètre près grâce à des algorithmes, elle a réponse à tout, et ses réponses sont forcément toujours correctes. C’est au nom de cette justesse implacable qu’elle remplace progressivement certains métiers où le droit à l’erreur n’est pas permis. Dans le domaine de la bourse, par exemple, où 50% des transactions financières sont gérées par des algorithmes. Bientôt, c’est l’analyse financière, qui demande pourtant de la réflexion et du jugement, qui sera déléguée aux machines. Tiens, d’ailleurs en parlant de jugement… Une nouvelle faille de l’être humain que l’IA a l’intention de combler. Nous en parlerons plus tard.

Pourtant, n’est-ce pas la maladresse ou le hasard qui ont conduit à de belles découvertes ? La pénicilline, les grottes de Lascaux ou, plus important encore, la tarte Tatin…

Finalement, l’être humain n’a plus le droit d’avoir deux pieds gauches. Tel un smartphone qui beugue, s’il fait des erreurs, il est mis au ban et remplacée par le premier de la classe.

L’être humain est trop émotif

Enfin, une des plus importantes failles de l’être humain : l’émotivité. Manque d’impartialité, biais cognitifs, erreur de jugement… Que de contraintes que l’IA ne connait pas. Dans une société contemporaine et occidentale qui refoule ses émotions, il est crucial d’éradiquer cette tare qui empêche de prendre des décisions lucides, censées et économiquement viables. Dans les entreprises, une IA aurait-elle soudain besoin de démissionner pour trouver un emploi qui a du sens, qui est en alignement avec ses valeurs ? Non, toutes ces futilités ne l’intéressent pas.

Par ailleurs, pas de place non plus au doute ou à la sensibilité. C’est ainsi que, dans le domaine de la justice, aux Etats-Unis par exemple, des juges utilisent des protocoles algorithmiques pour les aider à se prononcer à propos de l’opportunité de libérer une personne en attente de son jugement, en fonction des probabilités, supposées par l’IA, à commettre entre-temps un nouveau crime.

Pourquoi faire du cas par cas ? Les êtres humains sont tous similaires, ils ont tous la même histoire, les mêmes sentiments, le même fonctionnement… N’est-ce pas ? L’IA ne sera pas attendrie par une mère et ses quatre enfants qui demande un prêt à la banque pour pouvoir s’en sortir. Seule décisionnaire : son algorithme qui estimera que, en fonction de l’historique de cette mère de famille, elle n’est pas apte à recevoir un prêt. Dossier classé !

Néanmoins, on pourrait trouver bien des exemples de sujets pour lesquels la prise en compte de ces émotions prend tout son intérêt. Est-ce que l’IA parvient à faire retrouver le sourire à un enfant malade, comme un clown peut le faire ? Est-ce que l’IA est capable de fédérer une communauté aimante, unie et soudée, comme des êtres humains savent si bien le faire ? Ah, mais tout cela ne rapporte pas d’argent, j’avais oublié ce petit détail…

Cependant, je dois l’admettre, il y a bien un sujet pour lequel l’impartialité de la technologie a fait ses preuves. L’effondrement de la civilisation est un fait que l’IA ne nie pas, bien au contraire. Factuellement, elle est capable de déterminer quels seront les pics de ressources et les périodes de chute des différentes structures de notre société. C’est une simulation informatique du modèle World 3 (créé tout de même par des êtres humains, Donella et Dennis Meadows) qui a permis de mettre en lumière les limites de la croissance. Il suffit d’appuyer sur un bouton, et les faits sont là : selon les modèles de croissance de la civilisation, cette dernière s’effondrera, ou ne s’effondrera pas.

Là, l’IA nous met K.O. Car malgré les faits, l’être humain est incapable de voir l’évidence. La faute aux émotions ? Non, bien au contraire ! C’est parce que l’être humain refuse d’accueillir les émotions que provoquent cette annonce, comme la peur de la mort ou la colère, qu’il refuse d’accepter l’inacceptable.

Comme nous le verrons en fin d’article, la sensibilité et l’émotivité sont les qualités dont l’Homme aura le plus besoin pour survivre dans les décennies à venir.

Quand la technologie devient notre coach de vie

Non contente de nous rabaisser et de nous réduire à un simple être vivant pétri de défauts, l’IA devient à la fois notre bourreau, et notre sauveur.

En effet, sa perspicacité et son intelligence sont indéniables, et nous nous en remettons à elle pour nous aider à vivre une vie plus saine, dans un monde de fou, ou tout va trop vite… Le serpent qui se mord la queue.

Au lever, elle nous réveillera et nous indiquera quelles ont été nos statistiques de sommeil, et comment mieux dormir la nuit prochaine. Alors que nous préparons le petit déjeuner, elle se chargera de régler l’intensité du chauffage ou de la lumière. Avant de partir pour se rendre au travail, elle nous rappellera tous les rendez-vous prévus. Tout au long de la journée, elle nous traquera et comptera nos pas, et nous nous auto-flagellerons de ne pas avoir atteint les 10 000 pas journaliers. Pendant la pause déjeuner, elle nous donnera son avis sur les repas que nous ingérons, et nous en conseillera d’autres, qui nous maintiendrons plus en forme. En fin de journée, nous discuterons avec elle à travers le chat-bot de notre opérateur mobile, qui se chargera de régler la panne de notre smartphone.

Après une journée de travail éreintante, elle se chargera d’allumer la musique, et d’appliquer une lumière tamisée dans le salon, pour se relaxer.

Puis, quand nous surferons sur Internet et que nous verrons une publicité vantant les mérites du dernier smartphone, nous penserons, « c’est un signe, je dois remplacer ce smartphone en panne ! » Non, ça sera simplement l’algorithme qui aura bien fait son travail d’espionnage ce jour-là.

Notre dépendance à la technologie est bien réelle. Bien malin ceux qui pourront dire qu’ils n’ont aucunement besoin de la technologie dans leurs vies. Le tout est de savoir contrôler sa dépendance. Il suffit de suivre ce principe qu’énonce Philippe Bihouix dans son ouvrage « l’âge des low-tech : vers une civilisation techniquement soutenable » : redéfinir ses besoins. A-t-on réellement besoin d’une brosse à dents connectée, ou d’une Alexa au rire douteux qui allume la lumière à notre place ?

Retrouvons notre puissance !

L’être humain vit en quelque sorte un syndrome de Stockholm ; il soutient les responsables de son oppression. Mieux, il crée lui-même l’outil qui provoquera son obsolescence. Car derrière les algorithmes et les câbles, se cachent des êtres humains, aveuglés par cette envie d’aller toujours plus loin, de dépasser les limites.

Qu’est-ce qui pousse un ingénieur aussi intelligent et doué, à vouloir créer un robot capable de surpasser l’être humain, en ayant conscience des enjeux ? Les yeux brillants, l’adrénaline, l’imaginaire débordant. Cette excitation que provoque l’innovation, l’invention, l’incroyable.

Mais rien n’est plus incroyable qu’un être humain capable de surmonter sa peur, d’accomplir des exploits physiques et mentaux impensables. L’intuition, par exemple. L’IA peut-elle se vanter d’avoir cette faculté encore inexpliquée, de ressentir les choses, d’avoir un instinct ?

Pour retrouver sa place, il est nécessaire de changer de siège. Car finalement, si l’IA est première de la classe, c’est parce que nous vivons dans un monde qui lui sied parfaitement. Insensible, capitaliste, contre le vivant…

La force de l’humain ne pourra être révélée qu’en ralentissant, en décroissant. Quand les temps seront durs, ce n’est pas d’une intelligence artificielle dont nous aurons besoin, mais d’un être humain de chair et d’os, apportant de la chaleur physique et émotionnelle à ceux qui ont froid, faisant rire les enfants qui auront perdu leurs parents, motivant les troupes quand il faudra à nouveau fuir.

« Très humain plutôt que transhumain », comme disait un auteur de science-fiction bien connu.

En cette période de confinement, arrêtons de culpabiliser!

Temps de lecture : 8 minutes

A l’heure où je vous écris ces lignes, il est 6h30 du matin, les oiseaux profitent du silence offert par l’absence d’activité humaine pour chanter à tue-tête, et je poursuis sans discontinuer l’errance d’une vie en confinement. Je viens en effet de passer une nuit blanche, à me torturer l’esprit sur ce que j’aurai dû faire dans la journée, sur ce que je devrais faire le lendemain, au rôle qu’on aura à jouer pour le monde d’après, ou encore à remettre en question mes choix professionnels.

Une bonne partie de la nuit aura également été consacrée à scruter l’écran de mon smartphone à l’affut des moindres informations liées à cette sale bête de Covid-19, à revoir les coups de gueule des soignants ou les élucubrations des théoriciens du complot.

Autant vous dire que je ne suis pas fière. Je m’étais promis de « profiter » de cette période de confinement pour créer une routine de vie saine qui consistait à faire plus de sport, à me coucher de bonne heure et me réveiller aux aurores pour m’adonner à une séance matinale de yoga, pour ensuite passer une journée productive à apprendre des nouvelles compétences, et me consacrer à mes passions. Sans oublier les repas sains, le ménage de printemps et j’en passe.

Cette injonction à « profiter » du confinement, à se « déconnecter », à prendre du temps pour soi, me plonge dans la culpabilité. Celle de ne pas optimiser mon temps, de ne pas être efficace. Et après cette culpabilité ci, en vient une autre : comment puis-je me plaindre, quand ceux que nous applaudissons tous les soirs à 20h, sont au front, en première ligne face à cette « guerre » sanitaire ?

Bref, je culpabilise, beaucoup. Mais j’aimerais que la société arrête de me mettre une pression constante en toutes circonstances, et j’aimerais plutôt qu’elle me dise ça :

C’est OK si tu ne « profites » pas de ton confinement

Secrètement, on l’attendait tous. Ce moment où le temps s’arrête, où le monde se met « entre parenthèses ». Où, enfin, nous pouvons faire une « pause », rester un peu chez soi, passer du temps avec sa famille. On n’en demandait certainement pas tant et dans des conditions aussi apocalyptiques, mais toujours est-il qu’on a eu ce qu’on voulait. Du temps. De l’espace.

Mais plutôt que de réellement ralentir et faire une pause, nous gardons cette obsession de la productivité, même dans le repos. 3,2,1… Top chrono ! Ménage, lecture, sport, yoga, méditation, apprendre une nouvelle langue, une nouvelle compétence, prendre un cours de danse, réaliser des recettes de cuisine de chef… Il faut absolument optimiser ce temps qui nous est offert, quitte à se noyer dans une multitude d’activités et finir en burn-out « personnel ».

Sur les réseaux sociaux, c’est un feu d’artifice de lives en tout genre qui nous abreuvent… Quitte à nous étouffer. Quoi, tu n’as pas suivi le dernier cours de danse de l’influenceuse du moment ? Tu ne regardes pas les lives de Cyril Lignac ? Et le cours de yoga en ligne tous les soirs à 19h, t’as oublié ?

Finalement, nous faisons tout le contraire de ce pour quoi nous avions tant espéré faire une pause : pour ne rien faire ! Certes, l’idée n’est pas de passer toute sa quarantaine assis sur son canapé à attendre sagement que ce confinement cesse, mais il ne faut pas s’en vouloir de ne pas être productif. Si vous n’avez lu que quelques pages d’un livre dans la journée, et que votre déjeuner s’est résumé à un plat de pâtes au fromage râpé, ce n’est pas grave.

Car dans cette injonction à combler le vide qu’impose le confinement, nous avons oublié un petit détail : si les journées sont vides, nos cerveaux en revanche, sont surchargés : la surcharge émotionnelle et informationnelle que provoque ce bouleversement sans précédent dans nos vies est telle qu’il est difficile pour certains de parvenir à y voir assez clair pour s’adonner à toutes sortes de loisirs. Alors arrêtons de culpabiliser et de faire la compétition de celui qui profitera au mieux de sa quarantaine !

C’est OK si tu n’es pas efficace en télétravail

De la même manière, cette période compliquée ne serait pas une excuse, selon certains managers, pour être moins productif dans son job. J’ai la chance (ou pas, tout dépend du point de vue de chacun) d’avoir quitté mon emploi avant le confinement et d’être par conséquent libre de toutes directives managériales.

Je parle de chance, car j’entends les témoignages d’une partie de mes proches, toujours en activité, se plaindre d’une overdose de visioconférences et de la surcharge de travail, parfois plus conséquente qu’en temps normal. Pour les entreprises qui ne sont pas en chômage partiel, il faut continuer à produire, à être efficace, quoi qu’il en coûte. C’est à croire qu’ils harcèlent leurs employés par crainte que ces derniers ne relèguent leurs obligations professionnelles au second plan ou mieux, qu’ils réalisent la vacuité de leur poste en ces temps de crise, considérés par le gouvernement comme étant des emplois « non essentiels »…

Et pas question de se plaindre d’une baisse de régime dû à l’angoisse de la situation, ou des enfants qui attendent de leurs parents qu’ils s’occupent d’eux, étant donné qu’ils sont à la maison.

En effet, le télétravail n’est pas toujours bien compris des bambins, notamment les plus jeunes, et voir leurs parents parlant toute la journée à un écran d’ordinateur peut être un réel vecteur de stress.

De plus, si le télétravail est une aubaine pour certains, très à l’aise avec ce mode de fonctionnement, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une méthode de travail propre aux nouvelles générations et qu’il n’est pas adapté à tous.

Et, là aussi, le maintien de la rigueur professionnelle n’est pas toujours compatible avec une situation de crise inédite où notre attention est accaparée et focalisée ailleurs.

C’est OK si tu n’arrives pas à te « déconnecter »

En parlant d’attention, je viens de perdre le fil de mon article, après avoir été interrompue par une notification de mon téléphone et aussitôt happée pendant une dizaine de minutes dans un tunnel de contenus et de sollicitations en tout genre. Entre les groupes Whatsapp de proches se partageant des informations venant de sources douteuses, les notifications des lives Instagram ou les dernières alertes info liées au Coronavirus, il est extrêmement difficile de ne pas se retrouver à passer bien plus de temps sur son téléphone qu’on le voudrait.

La surcharge informationnelle, c’est véritablement le fléau de cette période de confinement. Ce virus à lui tout seul contamine nos cerveaux et notre capacité d’attention, qui se réduit comme peau de chagrin. Déjà affaiblie depuis de nombreuses décennies par l’économie d’attention opérée par les institutions politico-médiatiques, qui mobilisent tous leurs efforts pour nous voler le plus de temps de cerveau possible, le coronavirus absorbe tout ce qu’il nous reste de temps d’attention, rendant toutes les informations environnantes inaudible.

Par conséquent, impossible de rester concentré plus de quelques minutes sans être coupés par ces interférences visuelles et auditives. En ajoutant à cela le fonctionnement habituel du cerveau, qui se nourrit de ces sollicitations et relâche de la dopamine pour nous pousser à regarder toujours plus de contenu, vous comprenez pourquoi la déconnexion tant espérée pendant cette quarantaine est vouée à l’échec.

Et s’il existe des solutions pour opérer une déconnexion « forcée », comme éteindre les notifications ou éloigner son smartphone pendant quelques heures, elles sont d’autant plus difficiles à mettre en application car nos écrans sont actuellement notre seule fenêtre vers l’extérieur, notre seule échappatoire, notre seul contact avec nos proches en attendant de pouvoir les retrouver et les serrer dans nos bras. Alors, même s’il est préférable, pour votre santé, de réduire votre surcharge informationnelle et de vous éloigner pendant quelques temps de votre smartphone, ne vous en voulez pas trop d’avoir passé beaucoup de temps sur Instagram ou sur Twitter ces derniers jours.

C’est OK de te sentir mal, même en ayant des conditions de vie favorables

Enfin, à la lecture de cet article, j’imagine que certains penseront : quel culot, cette jeunesse privilégiée n’a aucune idée de la chance qu’elle a de n’avoir qu’à rester chez elle et attendre que les petites mains fassent le sale boulot. Ceux qui sont en première ligne face à cette crise sont bien entendu les plus à plaindre : le personnel soignant, les caissier.es, les livreurs, les banquiers et tout ceux faisant partie des emplois « essentiels » prennent des risques pour maintenir la nation à flot, avec pour beaucoup d’entre eux très peu de moyens pour se protéger, et un salaire scandaleux par rapport à d’autres métiers bien moins importants pour notre survie.

Cependant, nous sommes tous égaux dans nos souffrances intérieures, et l’homme le plus riche de la planète peut aussi être le plus malheureux du monde. Le confort ne fait pas forcément le bonheur, et il est tout à fait normal de se sentir démuni face à ce traumatisme que nous subissons tous. Que nous soyons en train de sauver des patients au péril de notre vie, forcés de télétravailler avec deux enfants en bas âge, ou seul dans un appartement parisien à regarder les dernières séries sur Netflix, l’émotion est la même pour tous, et il n’existe pas de monopole de l’angoisse, de la tristesse ou de la peur.

Nous avons tous, je crois, le droit de nous exprimer et de faire tomber les masques devant cette crise d’une ampleur inédite, qui va très certainement bousculer notre rapport au monde, au travail, ou encore aux relations que nous entretenons les uns avec les autres.

Ne « profitons » pas à tout prix de cette période de confinement et ne refoulons pas nos inquiétudes et nos faiblesses.

Laissons-nous le temps de nous adapter et de nous préparer à ce nouveau monde qui nous attend, prenons soin les uns des autres, et laissons parler nos émotions, quelles qu’elles soient, et qui que nous soyons.

Avons-nous été piratés ?

Notre cerveau, cette masse compacte d’énergie, de neurones, de synapses. Longtemps exploré, décortiqué, il reste un mystère entier. On le compare parfois à un logiciel, ou un programme informatique, surpuissant, dont sa méthode de fonctionnement fascine autant qu’elle déstabilise. Bien entendu, grâce à la recherche et à l’ingéniosité humaine, une importante partie de sa structure a été dévoilée : ses rouages, ce qui le nourrit, ce qui l’anime. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Quand est-il de la palette de nos émotions, aux couleurs infinies ? Quand-est-il de notre personnalité, si complexe, riche et diversifiée ? Quand-est-il de ces maladies psychiques incurables, qui détruisent tant de vies et dont il est jusqu’à aujourd’hui impossible de réellement en connaître les causes ni l’antidote ? Et, à l’inverse, quand est-il de ces phénomènes inexpliqués, de ces individus aux capacités intellectuelles dépassant l’entendement, capables de clairvoyance, d’intuition, d’auto-guérison ?

Et parmi tous ces mystères, reste celui qui pose le plus question : cette tendance irrépressible à l’autodestruction. Quel est ce bug, ce virus destructeur, qui pousse l’être humain à agir contre son propre gré, contre son bien-être ? Quelle est cette force qui nous pousse à parfois vivre dans le déni, dans l’insouciance, dans l’égoïsme et dans le désintérêt d’autrui ?

Tous les chemins mènent à Rome, et toute la complexité de l’être humain semble mener au cerveau. Sa puissance pousse à croire en ses vertus et aux résolutions qu’il pourrait apporter si son pouvoir était entièrement déployé. Mais pourquoi est-il aussi difficile d’en percer tous les secrets, d’en faire notre allié ? Pourquoi sommes-nous autant à sa merci, sans avoir la possibilité de prendre pleinement possession de cet organe qui pourtant nous appartient ?

Et si, comme tout programme informatique, un réel virus avait infiltré notre cerveau ? Un code, un programme malveillant qui nous empêcherait de faire bon usage de ce logiciel ? Comme un ordinateur défaillant, nous serions alors comme enfermés dans un éternel bug, une cage dans laquelle nous ne saurions nous défaire.

Avez-vous parfois cette impression ? D’être en totale contradiction avec vos valeurs profondes, sans pour autant pouvoir vous échapper ? Avez-vous parfois l’impression que vos émotions vous submergent, vous paralysent ? Avez-vous parfois l’impression d’être attiré par des perturbateurs, des éléments néfastes, qui vous donnent cette envie irrésistible d’agir contre votre bien-être ? Bien loin de la recherche scientifique, bon nombre d’entre nous tentent de trouver un remède grâce à des techniques ancestrales : méditation, hypnose, développement personnel, recherche de soi… Mais il faut une volonté, un courage que tous n’ont pas, pour arriver à suivre ces méthodes. Ce n’est pas inné et bien souvent, le manque de discipline fait retomber les élèves les plus assidus dans leurs travers, à nouveau aux prises avec cette dissonance cérébrale.

Et si un programme malveillant, un « malware » en langage informatique, a effectivement piraté notre cerveau, la première question à se poser est : d’où vient-il, et qui est l’auteur de ce virus qui, vraisemblablement, est au fait des endroits les plus reculés de cet organe ? Car le développement d’un virus ne se fait pas sans une connaissance accrue de son hôte. Il faut en connaître les forces, les faiblesses, et les codes. C’est certainement une des raisons pour laquelle nous sommes autant démunis face à ce virus : son développeur semble avoir acquis des compétences qui nous dépassent, et une maitrise de notre outil le plus complexe. Et, pour avoir la capacité de littéralement paralyser un organe aussi puissant, il faut créer un implacable parasite, un monstre, un poison extrêmement efficace. Qui est donc cette entité, cette force, qui a envahi notre cerveau avec son arme redoutable ?

Depuis la nuit des temps, l’Homme a cherché à comprendre notre cerveau. Aujourd’hui, pourtant capable de découvrir des planètes à des millions d’années lumières de la nôtre, de guérir des maladies, d’opérer à cœur ouvert, de construire des robots et des machines intelligentes, il reste éternellement désarmé face à lui. Nous arrivons peut-être au bout de la courte histoire de notre civilisation, et rien encore ne laisse présager un dénouement heureux. Nous risquons de disparaitre sans avoir eu la chance de profiter de cet intriguant bijou niché à l’intérieur de notre boîte crânienne.

La deuxième question à se poser est donc la suivante : pourquoi ce virus doit-il perdurer ? Quelle est sa mission ? Quels sont les motivations de son auteur, qui semble mettre un point d’honneur à ce que nous ne puissions jamais déployer la force de notre cerveau ? Que se cache-t-il derrière les barreaux de cette cage, au bout du tunnel ? Sommes-nous des esclaves, tentant désespérément de s’extirper d’un maître bien trop fort pour nous ?

Ce cerveau, c’est un cadeau, une arme surpuissante qui nous a été offerte pour nous permettre de nous émanciper, de mieux nous comprendre et de vivre en harmonie. Mon tempérament optimiste me pousse à croire qu’il existe une clé, la clé qui nous permettra de quitter cette cage. Et comme tout programme informatique, un nettoyage est nécessaire pour éliminer un virus. Comme on défragmente les composantes d’un ordinateur lorsqu’il fonctionne mal, peut-être est-il vital de défragmenter les composantes de notre cerveau, d’en déconstruire les normes, les croyances, les blocages. Et si ce virus est bien trop puissant, alors peut-être est-il nécessaire de changer complétement de logiciel, de tout recommencer à zéro. Et c’est à la prochaine civilisation que sera assignée la lourde tâche de ne pas faire la même erreur, de ne pas laisser de programme malveillant s’immiscer à nouveau, de s’en prémunir pour qu’enfin, une civilisation puisse s’épanouir dans l’harmonie, la sagesse et le pouvoir infini de celui qu’on appelle « être humain ».

GIEC : un nouveau rapport alarmant sur l’état de notre système alimentaire

Ce jeudi, le GIEC a rendu public un rapport spécial, basé sur l’étude approfondie de l’état de nos terres agricoles, ainsi que l’impact de nos activités humaines sur la qualité des sols. Ce texte, approuvé hier par 195 pays au terme d’un long débat et d’une session de discussion de plus de 24 heures, est un nouveau cri d’alerte du groupe d’experts, après leur premier rapport en Octobre 2018.

De quoi parle ce rapport ?

Ce rapport de plus de 1 000 pages se consacre au « changement climatique, à la désertification, à la dégradation des sols, à la gestion durable des terres, à la sécurité alimentaire et aux flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». Autant vous dire que ce rapport n’est donc pas à prendre à la légère! C’est d’ailleurs le rapport le plus complet jamais réalisé à ce sujet.

En clair, cette étude a été initiée dans l’objectif de comprendre les limites de notre système alimentaire mondial ainsi que de sonner l’alarme sur la sur-exploitation des sols, qui participe à grande échelle au réchauffement climatique global. Élevage intensif, agriculture de masse, pesticides, labourage excessif… Nous pouvons presque parler d’acte de « maltraitance » envers nos sols, qui tentent tant bien que mal de nourrir une population qui ne cesse de grandir; en 2100, nous serons plus de 11 milliards à se partager les ressources alimentaires sur la planète.

Ce rapport met également en lumière les failles importantes de notre modèle agricole global, fortement remis en question par des déséquilibres importants. En effet, 820 millions de personnes souffrent de famine dans le monde, alors que, en parallèle, 2 millions d’adultes sont en situation d’obésité morbide, et que 30% de la nourriture mondiale est gaspillée.

Finalement, la vraie problématique que pose les experts du GIEC, et qui doit devenir une priorité pour répondre aux enjeux de notre civilisation, est d’arriver à résoudre cette équation : comment parvenir à nourrir une population grandissante et extrêmement gourmande en ressources, tout en maintenant le réchauffement climatique à 1,5°C, limite au delà duquel les conséquences seront désastreuses pour la survie des espèces, y compris l’espèce humaine. Pour le GIEC, c’est notre gestion des sols mais également notre régime alimentaire qu’il faut revoir.

Comment l’exploitation des sols participe au réchauffement climatique ?

Les observateurs du GIEC ont identifié plusieurs raisons aux effets négatifs de notre exploitation des sols, parmi lesquelles :

L’agriculture. Notre modèle agricole est responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre. Ces gaz sont relâchés par les engrais minéraux et organiques, mais aussi par la digestion des animaux d’élevage (la fameuse histoire des pets de vaches qui relâchent du méthane), ainsi que le moteur des machines agricoles.

L’exploitation forestière. Les forêts, qui ont l’avantage de pouvoir absorber le trop-plein de CO2 dans l’atmosphère, sont massivement détruites pour exploiter leurs ressources, ou étendre les terres d’élevage. Selon la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en 2016, 37% de la surface terrestre était occupée pour l’agriculture, et seulement 30% était couverte de forêts (le restant étant occupé par des zones naturelles). Ce ratio est très certainement encore plus inégal aujourd’hui…

Les produits chimiques et l’homogénéité des sols. Les produits chimiques (pesticides, produits phytosanitaires, graines hybrides) sont extrêmement défavorables à la bonne santé des sols, car ils fragilisent leur immunité face aux virus et aux espèces nocives pour l’agriculture. Les surfaces agricoles deviennent donc dépendantes, tout en souffrant d’asphyxie par ces produits chimiques qui empoisonnent les racines et les graines, qui deviennent un danger pour la Terre et pour les êtres humains qui consomment cette nourriture. Par ailleurs, selon les experts du GIEC, la monoculture, (le fait de ne faire pousser qu’une certaine catégorie de produits sur une large partie d’un champ d’élevage) pénalise fortement la bonne pérennité des sols. Il faut impérativement créer un espace varié en ressources naturelles, afin de créer une biodiversité et une interconnexion entre les différents éléments naturels.

Pour réduire tous ces dysfonctionnements et créer un modèle agricole plus durable, des pas de géants sont nécessaires, aussi bien de la part des pouvoirs politiques que de la population globale.

Bioénergies, remèdes de grand-mère et régime alimentaire

Dans son rapport, les experts du GIEC proposent des solutions pour amorcer le virage incontournable de la transition vers un modèle agricole durable et soutenable. Inévitablement, ces solutions appellent à retour en arrière, ou du moins « un retour au bon sens », selon Eric Schmidt, directeur de l’institut de l’agriculture durable.

Premièrement, un des premiers leviers est le recours à des énergies plus vertes, rempart aux énergies fossiles. Il est nécessaire de transformer progressivement les ressources énergétiques, et de faire appel, par exemple aux bio-énergies (également appelés énergies renouvelables) : énergie solaire, énergie au bois… Mais également en faisant fonctionner les machines avec de l’agrocarburant : déchets organiques, bois, etc…

Dans un second temps, il est urgent de revoir nos pratiques agricoles, qui ne sont plus soutenables. Le rapport appelle donc à un retour à une agriculture plus « traditionnelle », suivant un fonctionnement plus doux et respectueux de l’environnement : rotation des cultures pour une meilleure variété des sols, mise en jachère… Ces pratiques peuvent faire penser au mouvement d’agroécologie, de plus en plus plébiscité par les agriculteurs à la recherche de solutions plus durables pour la préservation de leurs sols.

Enfin, et non des moindres car c’est la solution sur laquelle la population peut directement agir, et qui nous concerne, donc! Sans surprise, c’est l’alimentation carnée qui est pointée du doigt. Il est fortement recommandé de réduire sa consommation de produits d’origine animale, afin d’éviter, notamment, une exploitation trop élevée des surfaces terrestres pour l’élevage, et un relâchement trop important de CO2. Les animaux les plus dommageables sont notamment le bœuf, l’agneau et la chèvre.

Les produits laitiers font également partie des produits qui ont un impact négatif sur notre environnement. Aujourd’hui, un français consomme près de 260 kg de produits laitiers par an; les experts du GIEC recommandent de n’en consommer que 33 kg par an.

En conclusion…

Ce nouveau rapport souligne l’importance de revoir notre modèle entier, qu’il soit alimentaire, économique ou social. Le GIEC parle bien d’un risque de « crise » alimentaire, car nos sols deviennent de moins en moins fertiles, et ne sont plus capables d’absorber le CO2, alors que la population ne cesse d’augmenter et que contenir le CO2 dans l’atmosphère devient une priorité majeure. Espérons que l’accord des 195 pays sur ce rapport n’est pas qu’un simple accord de principe et que des décisions seront vraiment prises, à grande échelle.

Sources :

https://www.liberation.fr/planete/2019/08/07/climat-etre-ou-ne-plus-etre-le-cheptel-est-la-question_1744290

https://www.huffingtonpost.fr/entry/rapport-du-giec-remedes-grand-mere_fr_5d440e79e4b0aca3411c1b70

Curry d’aubergines facile, épicé et savoureux

(see below for the english translation!)

Je partage avec vous une recette que je réalise lorsque j’ai peu de temps et que j’ai malgré tout besoin de préparer un plat tout aussi rapide que bon ! Un curry d’aubergines simplissime à réaliser, et vegan, of course!

Ingrédients (pour 2 personnes)

  • 1 aubergine (1 eggplant)
  • 2 tomates (2 tomatoes)
  • 1 échalotte (1 shallot)
  • Quelques feuilles de coriandre (some coriander leaves)
  • 1 gousse d’ail (1 garlic)
  • 1 demi citron vert (1/2 of a lime)
  • 20 cl de lait de coco (20 cl of coconut milk)
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive (1 Tbsp of olive oil)
  • 1 demi-bouillon de légumes (vegan) (1/2 cup of vegan vegetable stock)
  • Epices selon votre goût : curry (j’ai mis 1 cuillère à soupe), cumin, sel, poivre (spices to taste : curry (I added 1 Tbsp), cumin, salt, pepper)
  1. Couper l’aubergine et les tomates en dés (cut the tomatoes and eggplant in cubes)
  2. Dans une poêle, faire revenir l’ail et l’échalotte dans l’huile d’olive, pendant 5 minutes (in a pan, cook the shallot and the garlic in the olive oil for 5 minutes)
  3. Ajouter les aubergines, et saupoudrer avec les épices. Mélanger le tout à feu fort pendant 5 minutes (Add the eggplant, and add all spices. Stir at high heat for 5 minutes)
  4. Ajouter le bouillon de légumes préalablement dilué dans un verre d’eau, et le lait de coco, baisser le feu et laisser cuire pendant 10 minutes en remuant régulièrement (add the vegetable stock, coconut milk, lower the heat and cook for 10 minutes, stirring regularly)
  5. Ajouter les tomates, mélanger et laisser cuire à feu doux pendant 3 minutes (add the tomatoes, stir and let cook at low heat for 3 minutes)
  6. Ajouter la coriandre, baisser le feu (add the coriander, lower the heat)
  7. C’est prêt ! (Ready guys !)

Ce curry d’aubergines peut accompagner une légère semoule de blé, ou du riz… Ou rien, c’est comme vous préférez ! (This curry goes well with rice, couscous… Or nothing!)

Climat : 11 milliards de tonnes de glace ont fondu au Groenland, un record

Si nous pensions que la canicule n’aurait comme seules conséquences nos nuits blanches et la pénurie de ventilateurs chez Leroy Merlin, le Groenland, situé à plus de 3 000 km de l’Europe, nous a prouvé le contraire. Le 1er Août, pas moins de 11 milliards de tonnes de la calotte glaciaire du continent blanc ont fondu et se sont déversées dans l’Océan Arctique, l’équivalent de 4,4 millions de piscines olympiques. Un triste record.

Preuve de notre interconnexion entre tous les espaces de la planète, et des réactions en chaîne qui en résultent, les fortes chaleurs qu’a connu l’Europe ces dernières semaines ont eu un effet dévastateur sur la calotte glaciaire du Groenland. Au total, près de 197 milliards de tonnes de glace ont fondu depuis le début de l’année 2019 (80 millions de piscines olympiques), alors qu’à ce stade de l’année, « seulement » 60 à 70 milliards de tonnes de glace se perdent dans l’océan, conséquence du dérèglement climatique. C’est donc un record qui a dépassé toutes les craintes des météorologues et climatologues. Selon Ruth Mottram, météorologue danoise, il s’agit du « taux de fonte le plus élevé de tous les temps ».

Si les raisons de cette fonte de glace record sont imputables aux fortes chaleurs subies en Europe de l’Est, et qui se sont également ressenties en Arctique et au Groenland (connaissant actuellement des températures de 10 à 15 degrés au-dessus des normales de saison), il faut également noter, selon Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, les conséquences du drame qui se déroule actuellement en Sibérie, à l’indifférence générale : près de 12 millions d’hectares ont péri sous les flammes des feux de forêts touchant actuellement la région (dont les températures culminent actuellement à 30°C), relâchant d’importantes quantités de CO2.

Selon les prévisions, les températures devraient s’atténuer cette semaine au Groenland, apportant un air plus frais, ce qui devrait permettre de diminuer la fonte des glaces, mais le mal est fait. Cette catastrophe écologique a en effet provoqué une montée du niveau des mers de 6 mm. Un dérèglement déjà prévu, certes, par les membres du GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, mais qui ne devait se produire qu’en 2050, et dans les pires scénarios de son rapport paru en Octobre 2018. Vous ne vous souvenez plus de quoi parlait ce rapport ? BRUT vous le résume en 2mn :

Si vous cherchiez une activité sportive à laquelle vous pourriez vous inscrire à la rentrée 2019, vous devriez penser à la nage, ça pourra vous servir dans quelques années…

Sur ces bonnes nouvelles, bon début de semaine !

Source : https://fr.euronews.com/2019/08/03/inquietant-record-de-fonte-glaciaire-au-groenland

PAZZI, reconversion d’un robot en pizzaïolo

Avez-vous déjà vu… Un robot qui fait des pizzas ? Non ? Dans ce cas, allez faire un petit tour du côté de Serris, en Seine-et-Marne, dans une pizzeria obscure perdue en plein milieu d’une zone industrielle; de gros bras en métal s’affairent pour vous préparer leur meilleure Margherita!

Oust les cuistots : bonjour les robots !

PAZZI, la « Pazziria » du futur comme les concepteurs aiment à l’appeler, a été imaginée par deux ingénieurs français, Sébastien Roverso et Cyril Hamon, au sein de la Foodtech EKIM, spécialisée dans l’ingénierie technologique et les intelligences artificielles au service de l’alimentation. Leur ambition est de révolutionner l’univers de la restauration en y intégrant les solutions innovantes et les performances d’une intelligence artificielle.

Le concept ? Le client commande sa pizza sur une borne digitale en y choisissant ses ingrédients, puis PAZZI se met en marche ! Aucun contact avec un employé humain donc, le parcours de vente est entièrement digitalisé.

100% autonome, capable d’évoluer dans un espace de 50 à 60 mètres carrés, ce pizzaïolo du futur est capable de réaliser 100 pizzas par heure, en travaillant 24/24h, 7/7j, et sans pause. Un rendement imbattable et incompatible avec les capacités d’un être humain donc, de quoi mettre nos beaux pizzaïolos moustachus de chair et d’os à la retraite vite fait bien fait. Et le prix onéreux de la concession et du robot (entre 500 000 et 1 million d’euros) ne devrait pas freiner les restaurateurs intéressés car, selon Philippe Goldman, CEO d’EKIM (et ayant également travaillé chez l’Oréal), « Avec 200 pizzas vendues chaque jour, l’investissement sera rentabilisé en trois ans ! »

Source : http://www.ekim.fr

Cet été, la firme française a réussi une levée de fonds de 10 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs français (Eutopia, Daphni) mais pas que; le fond Singapourien Qualdro et la société américaine Partech semblent également voir dans ce nouveau concept un réel potentiel économique. En effet, ce beau pactole va permettre à PAZZI d’accroître son développement technologique et surtout d’ouvrir la première Pazziria au Val d’Europe, centre commercial situé en Seine-et-Marne, dès la rentrée 2019. Mais leur ambition ne s’arrête pas là. L’objectif d’EKIM est de déployer massivement leur concept auprès d’établissements commerciaux (campus universitaires, centres commerciaux, parc de loisirs et artères commerçantes en centre-ville), dès l’horizon 2020. Un concept d’ailleurs déclinable en plusieurs formats : « mode assis, à emporter, food court ou drive-in », comme l’indique le site web de la foodtech. C’est donc le début d’une route toute tracée vers une société entièrement digitalisée, jusque dans nos assiettes.

Les prémices de la société du futur : La Robolution

Il y a encore quelques décennies, la robotisation et la transformation digitale des entreprises avaient comme uniques intérêts l’accomplissement de tâches rébarbatives et pénibles pour l’Homme, le stockage ou encore l’analyse de données. Mais aujourd’hui, nous voyons apparaitre une toute nouvelle génération de robots, aux capacités sans cesse améliorées. L’être humain, limité par ses aptitudes physiques et physiologiques, que les robots étaient censés compléter, mais reconnu pour sa capacité à créer, faire, fabriquer, se voit aussi mis à l’amende par l’intelligence artificielle qui peut dorénavant lui aussi fabriquer à partir de matières premières, à une vitesse plus rapide et avec une précision inégalée. Là où la crainte principale de perte d’emploi face à la robotisation des métiers résidait dans les emplois dit « sous-qualifiés » (caissiers, employés de ménage, ouvriers mécaniques, livreurs), les employés qualifiés ont aussi du souci à se faire. Dans le domaine des ressources humaines, par exemple: de plus en plus de grandes sociétés font en effet appel à des assistants RH numériques, qui présélectionnent les candidats en analysant leurs profils. Dans le domaine médical, des projets futuristes sont en cours ; au sein de Verily, la filiale santé du Groupe Alphabet (Google), des ingénieurs cherchent à améliorer l’efficacité de notre système de santé grâce à l’intelligence artificielle, via des lentilles de contact mesurant la glycémie ou des bracelets détectant des pathologies, par exemple, mais aussi en remplaçant l’étape parfois fastidieuse de la visite chez le médecin pour une simple ordonnance, par un contrôle réalisé au préalable par une machine. Une substitution qui peut avoir du bon certes, mais qui fait surtout perdre la richesse de la perception et de l’intuition humaine, que le robot ne pourra pas (jusqu’à preuve du contraire) recréer.

Dans un souci de constante optimisation des résultats, qu’ils soient financiers, structurels ou managériaux, l’avènement de l’intelligence artificielle fait craindre une mise au ban de l’intelligence « naturelle », ou du moins plus humaine, incapable d’assouvir les besoins décadents d’une économie capitaliste toujours plus avide de rendements, de gains et de prospérité. En effet, les robots ne se fatiguent pas, ne font pas de burn-out, ne sont pas « en quête de sens » dans leur activité et n’ont pas de « passions » ou de rêve d’entreprenariat, propres à la conscience humaine. Pas de risques de turn-over !

Et la Planète dans tout ça, qu’est-ce qu’elle y gagne ?

Une révolution, ou plutôt « Robolution » de ce genre parait pourtant peu appropriée par les temps qui courent, l’Humanité cherchant davantage à se sauver d’une extinction future causée par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, plutôt que de miser sur des robots pouvant étaler la sauce tomate comme le meilleur pizzaïolo du coin. Pourtant, PAZZI assure que son concept apporte malgré tout sa contribution à un modèle économique plus respectueux de l’environnement, notamment du fait d’ingrédients sains et durables : les légumes sont BIO, la pêche est durable, les fromages AOP, etc. Cependant, la question se pose sur la consommation énergétique d’un robot travaillant sans interruption du matin au soir, et des serveurs faisant le lien entre la borne de commandes et le « Pazzïolo ». Il serait intéressant en effet de comparer le bilan carbone d’une pizzeria classique et d’une « Pazziria ». Il y a de fortes chances que ce dernier soit beaucoup plus gourmand en dioxyde de carbone… Est-ce qu’un robot faisant des pizzas vaut vraiment la peine de sacrifier nos belles années sur cette Terre ? Je ne suis pas sûre… Mais tout de même, il faut se l’avouer, on peut quand même saluer cette belle innovation, et l’inventivité de nos deux ingénieurs français. Cocorico ! 😊

Et vous qu’en pensez-vous ? Irez-vous dans ce restaurant lorsqu’il sera ouvert ? Dites moi ce que vous en pensez dans les commentaires !

Sources :

https://ekim.fr/

https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/pazzi-leve-10-millions-d-euros-pour-ameliorer-ses-robots-pizzaiolos-820665.html